‹ Sécrétion Rénale et Tension SuperficielleChapitre 44 sur 69 · SUJETS NORMAUX · texte numérisé non relu

SUJETS NORMAUX

Dans les deux cas observés (25 et 26), les éliminations rénales, normales avant les injections d’alcool octylique, ne nous ont pas semblé subir de ce fait de modifications sensibles (eau, chlorures, P. $S. P.).

— CIRRHOSES DU FOIE :

a) Cirrhoses hypertrophiques avec gros œdème :

Nous en avons étudié deux cas à peu près semblables (Obs. 1 et 2). Ces malades, chez qui les diurétiques (digitaline, théobromine, nitrate de NH“, cyanure de mercure, neptal), les ponctions et le régime déchloruré (Obs. 1 seulement) n’avaient agi ni sur la diurèse, ni sur l’évolution des œdèmes — et cela pendant plus d’un mois — ont fait à la suite des différentes cures octyliques, des crises polyuriques telles que les œdèmes et l’ascite disparurent rapidemeni,

DELAMARE

l’action diurétique du médicament se traduisant par une perte de 19 kgs pour le premier malade et de 14 kgs pour le deuxième.

L'étude attentive de ces observations et des courbes d'élimination rénale fait ressortir le parallélisme frappant entre les cures et la diurèse :

— l'élévation lente de cette dernière au cours de la première série d’injections, immédiate au contraire et encore plus accentuée au cours des suivantes ;

— la persistance de la polyurie entre les différentes cures, mais moins élevée que pendant les injections ;

— la progression simultanée de la chlorurie et, dans l’observation 1, l’amélioration de la concentration du NaCI.

A chaque crise urinaire correspondait une accélération de la fonte des œdèmes et de la perte du poids. Notons enfin la persistance du résultat qui, dans l’observation 1, s’était maintenu 11 mois après la fin du traitement.

b) Cirrhose de Laënnec :

Chez les malades des observations 3 et 27, l’octanol n’a influencé ni la diurèse, ni la progression des œdèmes et de l’ascite.

c) Cirrhose maligne :

Là encore (Obs. 4 et 28) l’effet diurétique de l’alcool octylique a été nul.

NÉPHRITES AIGUËS ŒDÉMATEUSES.

Dans deux cas (Obs. 5 et 6) la cure octylique fut

suivie au bout de quelques jours d’une crise urinaire, dans des conditions différentes d’ailleurs chez nos deux malades :

1° Chez celui dont l’histoire est relaté dans l’observation 5, les injections d’octanol ont eu un effet intéressant. Alors que, sous l’influence du régime déchloruré, les œdèmes avaient disparu, que le poids s'était stabilisé, ainsi que les éliminations rénales en eau et en NaCl qui paraissaient en équilibre avec les apports alimentaires (ceux-ci ayant fait l’objet d’une surveillance très attentive), nous avons vu à la suite d’une cure très réduite, le taux des urines doubler, la concentration et la quantité par 24 heures de NaCIl augmenter considérablement, et tous ces phénomènes se maintenir pendant 25 jours, et sans modification de régime ni de poids. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point.

Pendant ce temps l’urée sanguine baissait de 1 gr. à 0,69 et l’élimination de P. S. P. progressait de 25 à 35 %.

2° La malade de l’observation 6 dont les œdèmes avaient persisté malgré un régime hypochloruré suivi pendant un mois (traitement qui avait amené la guérison rapide d’une poussée antérieure) et un régime déchloruré strict pendant trois semaines, a présenté une crise urinaire libératrice 6 jours après la fin de la cure octanolée. Peut-être ce retard est-il à rapprocher d’une diarrhée dont la durée a coïncidé avec une oligurie plus marquée, avec élimination presque nulle de NaCI et qui a cessé au moment de la crise

urinaire ? Fait particulier : les lipides du sérum sont tombés de 16 gr. à 8 gr. après la cure.

3° Dans la néphrite hématurique de l'observation 7 l'action de l’octanol semble s’être confondue avec l’évolution naturelle vers la guérison. Cependant il faut remarquer la rapidité avec laquelle cette hématurie s’est arrêtée, alors que le caractère traînant de

ces affections est bien connu.

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