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DÉFAILLANCE CARDIAQUE IRRÉDUCTIBLE

Dans ces cas, l’échec a été constant.

— Qu'il se soit agi de défaillance sans œdème, du type ventriculaire gauche (Obs. 21 et 22).

— Ou d’asystolie avec anasarque rebelle aux tonicardiaques (Obs. 23 et 24).

Nous n’avons noté aucune augmentation de la diurèse, aucune diminution des œdèmes.

Quelles conclusions peut-on tirer de l’étude de ces observations ?

1° En premier lieu, l’octanol en solution aqueuse n’exerce aucune action nocive sur le rein. Chez deux sujets sains, les fonctions rénales n’ont pas été perturbées par la cure octylique. Chez les malades que nous avons traités, nous n’avons jamais vu les injections d’octanol être suivies d’une augmentation de la défaillance rénale ; dans les cas où la maladie a continué à évoluer sans être améliorée par cette thérapeutique, l’évolution de l’azotémie, la diurèse, l’élimination de la P. S. P. sont restées telles que lallure antérieure de la maladie permettait de les prévoir.

Les incidents de la cure eux-mêmes n’ont jamais eu de retentissement durable sur le fonctionnement du rein (une seule oligurie transitoire : Obs. 19).

2° Dans certains cas, l’eau octanolée s’est montrée un agent diurétique d’efficacité variable.

a) Son effet nous a paru avoir son maximum d’intensité chez des malades œdématiés, avec rétention hydrochlorurée (cirrhoses hypertrophiques, néphrites), qui, sous l’influence de l’octanol, ont éliminé immédiatement eau et NaCL, alors que souvent ni le régime déchloruré, ni les autres diurétiques n’avaient agi.

b) Dans les néphrites chroniques sans insuffisance cardiaque ni rénale trop avancée, la cure octylique nous a semblé avoir parfois une action heureuse sur

l’évolution de l’azotémie et la perméabilité rénale, explorée à l’aide de la P. S. P.

c) Dans les cas de cirrhose maligne, de cirrhose de Laënnec, d’asystolie irréductible, de grande azotémie, le traitement octanolé a toujours été absolument inefficace.

d) Enfin chez les hypertendus, l’octanol provoque dans certains cas une diurèse prolongée.

3° Nous nous sommes demandé si l’étude préalable de la T. S. du sang ne pourrait nous renseigner sur l’action diurétique de l’octanol. Nous nous sommes rendu compte que le chiffre antérieur de la T.S. ne peut jamais faire préjuger de l'efficacité du médicament ; il dépend essentiellement de l'affection que présente le malade.

L'action diurétique de l'octanol finit-elle par s’épuiser ?

Nous avons observé ce fait dans quelques cas. En particulier le malade de l'observation 1 qui, après avoir vu disparaître son anasarque et après avoir perdu 19 kg., a conservé, malgré une nouvelle série d’injections, de légers œdèmes malléolaires.

Citons encore observation 8 où la P.S. P., qui était passée de 20 à 50 % (en contradiction avec une hausse de l’azotémie), est retombée à 10 % malgré un nouveau traitement.

L'observation 14, où, au cours de la quatrième série, la P. S. P. est tombée de 15 à 5 %,, alors qu'après chacune des précédentes elle s'élevait légèrement.

Mais à côté de cet épuisement de l’action, il est des cas où une deuxième, une troisième cures accentuent les résultats des premières (Obs. 1 et 2) ou même arrivent seules à obtenir une amélioration (Obs. 15).

Enfin, pour terminer, nous insisterons sur un phénomène que nous avons observé une fois (Obs. 5) — et que MM. Clerc, Sterne et Paris signalent dans leurs travaux — c’est, après une cure octylique, l’augmentation considérable et persistante de la diurèse aqueuse et chlorurée, sans modifications des apports salés ou hydriques et sans changement de poids.

Ce phénomène évoquerait immédiatement lhypothèse d’une erreur dans l’établissement du bilan hydrique ou chloré, si nous ne l’avions observé nousmême dans des conditions de rigueur qui ne nous laissent aucun doute à cet égard. Maïs nous devons avouer que jamais nous n’avons pu en trouver une explication pleinement satisfaisante (diminution des autres sécrétions, salive, sueurs, ou plutôt brusque débâcle d’une rétention chlorée sèche qui avait résisté au régime sans sel, alors que ce dernier avait

fait disparaître une rétention hydrochlorurée).

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