‹ Sécrétion Rénale et Tension SuperficielleChapitre 47 sur 69 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. 1. — M. Beh..., âgé de 65 ans, concierge, entre le 17 novembre 1934, salle Pasteur, n° 10, pour une anasarque dont l’origine cirrhotique apparaît d'emblée. Depuis trois semaines se sont installés progressivement un œdème discret des chevilles et du météorisme abdominal. Puis brusquement dans la nuit du 16 au 17 novembre, le syndrome s’est complété, annoncé seulement par une courte phase de fatigue et de dépression psychique.

L’interrogatoire révèle des signes très nets d’imprégnation éthylique (troubles digestifs et nerveux), ainsi que l’existence de quelques épistaxis. Le visage est couvert de varicosités, les conjonctives sont subictériques. Les membres inférieurs présentent un œdème blanc, dur, considérable, qui infiltre les bourses, les lombes et l’abdomen. Celui-ci est très distendu, couvert de circulation collatérale. Une ponction faite d’urgence retire 6 litres 1/2 de liquide citrin renfermant de très nembreux lymphocytes et moyens mononucléaires, quelques bématies, de rares polynucléaires, de rares cellules endothéliales et peu d’albumine (moins de 7 gr. 0/00 réfractométrie).

Le foie dur, régulier, sensible, déborde de deux travers de doigts le rebord costal ; la rate paraît normale.

L'examen révèle en outre : un souffle systolique de la base et un clangor aortique ; le pouls régulier est calme ; T. A. 14-7 (Vaquez).

Poumons normaux. Les réflexes tendineux existent, mais la pupille droite ne réagit pas à la lumière. Les deux pupilles sont d’ailleurs en myosis, inégales et irrégulières. A noter enfin une calvitie très marquée et une absence de cils et de sourcils qui serait congénitale.

Poids 91 kg. 800 ; température 37°. Les urines rares (250 cc.) ne contiennent ni sucre, ni albumine : la réaction de lurobiline est très fortement positive, et il y a des traces de sels et de pigments biliaires. Le culot de centrifugation ne renferme que quelques hématies, de rares leucocytes.

L’urée sanguine est à 0 gr. 20 0/00 le 26 novembre; la chlorurémie de 6 gr. 20 0/00, Nacl le 3 décembre. La chlorémie : Cl globulaire 1 gr. 60 0/00, CI plasmatique

CON ef SHIS CE CYCE SÉDOCL 81 CANO U9 JONDICUOU ‘ISIOITOUIES jy ua AUS BI 49 FUOUOIQUIHPISUO9 91JI01998,S SOUTIN S0p 2UINIOA OT ‘TOU8320,p Sori9s xnop S9P 92U9nœur,] ve ji 9HoU HOA uO ‘oijuo9 464 ‘[eydou 91 aed opnboaoïd 9SSINIP EI 9P 99INP 9P }9 9HSU9JUIp nod »1 1910N ee ‘So “"u2g ‘K

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3 gr. 30 0/00 : rapport — 0,48 Protides sanguins : 70 gr. 20 0/00, sérine 33 gr. 80, globuline 36 gr. 40.

Rapport=S/G—0,92 (20 décembre).

Cholestérinémie : 1 gr. 95 0/00 le 13 décembre.

Il existe un certain degré d’anémie (3.560.000 G. R. avec 55 % d’hémoglobine au Tallqwist).

21 novembre : Temps de coagulation : 8 minutes, caillot rétractile.

Temps de saignement : 5 minutes.

Signe du lacet : négatif.

24 décembre : Temps de coagulation : 9 m. 30.

Temps de saignement : 3 minutes.

Evolution :

a) Du 17 novembre au 25 décembre 1934 : l’état reste stationnaire.

__ Le malade mis à son entrée au régime lacto-végétarien normalement salé, est soumis, à partir du 3 décembre jusqu’à sa sortie, au régime déchloruré (boissons 1 litre de lait + 250 gr. d’eau).

— L’'ascite est ponctionnée trois fois :

17 novembre : 6 1. 600.

28 novembre : 8 litres.

12 décembre : 7 litres.

— 2 cc. d’extrait hépatique concentré sont injectés chaque jour du 17 novembre au 8 décembre.

— 8 injeclions de HgCy (1 cc. intraveineux) sont faites du 21 au 28 novembre.

— Du 29 novembre au 3 décembre le malade absorbe 1 gr. 50 de théobromine — sans compter la teinture de belladone et le bismuth que des troubles digestifs persistant vont nécessiter pendant tout son séjour à l’hôpital (à certains moments même, nécessité de sédol ou de barbituriques).

— Le 29 novembre (lendemain de la deuxième ponction), le malade reçoit 3/4 cc. de neptal intraveineux et le 12 décembre (après la troisième ponction), 1 cc. 1/2.

— Du 13 au 20 décembre il prend du nitrate de NH à

doses croissantes (2, 4, 6 et 8 gr. par jour) qu’il supporte mal d’ailleurs (vomissements).

Pendant ce temps :

1° La diurèse reste faible (500 cc. par jour) avec des clochers éphémères à 1.090 cc. les lendemains de ponction ; même celles suivies de neptal n’amènent pas de débâcle plus considérable ni plus durable.

— La concentration en NaCl par litre se maintient entre AEMONEE

— La quantité de NaCI excrétée en 24 heures oscille entre 1 et 3 gr. Signalons cependant que le lendemain de la deuxième injection de neptal (13 décembre) et bien que la diurèse ne se soit élevée qu’à 800 cc., la concentration en NaCI a atteint 7 gr. 20 (6 gr. 25 par 24 heures) pour retomber ensuite le lendemain au chiffre antérieur.

— La concentration uréique par litre, très variable, passe selon les jours de 16 à 30 gr. ainsi que la quantité d’urée rejetée par 24 heures (9 à 21 gr.).

2° Le poids baisse après les ponctions et reprend ensuite. Après la troisième ponction évacuatrice il est de 84 kg. 500 (13 décembre), mais remonte à 87 kg. le 24.

3° Cliniquement ne se manifestent que peu de modifications : Les œdèmes tendent à se reconstituer après chaque ponction.

b) Du 25 décembre 1934 au 8 janvier 1935, le malade reçoit 11 injections intraveineuses d’octanol (5, 10, puis 6 cc.) qui provoquent presque toutes, 2 à 3 heures après la piqûre, un léger malaise avec frissons, céphalées et parfois vomissements. Toujours régime déchloruré.

1° La diurèse s’accroit progressivement à partir du 30 décembre (500 cc. le 29; 1.000 le 4 janvier; 1.250 le 10; 1.500 le 14), avec deux clochers à 1.500 le 31 décembre et le 5 janvier. |

Puis le 16 janvier (le malade ayant de la diarrhée) elle retombe à 509 cc., mais se relève rapidement et régulièrement: 1.000 le 19 ; 1.250 le 21 ; 1.500 le 25 ; 1.750 le 28, mais retombe à 750 le 29 janvier.

— La concentration en NaCl par litre reste stationnaire

jusqu’au 12 janvier (entre 2 et 4 gr.), puis elle monte brusquement à 7 gr. le 13 et jusqu’au 29 oscillera entre 4 gr. 5 et S" gr.

__ La quantité de NaCl éliminée par 24 heures s’élève plus vite, suivant la diurèse aqueuse: elle passe de { gr. 59 Île 23 décembre à 2 gr. 20 le 31; à 4 gr. 25 le 5 janvier ; oscille entre 2 et 4 gr. jusqu’au 12. Le 13 janvier, le chiffre monte : 8 gr. 75, redescend à 2 gr. 20 le 16 (oligurie à 500), puis jusqu’au 28 janvier montera régulièrement, parallèlement à la diurèse aqueuse, de 5 gr. à 10 gr. Le 29 (diurèse 750), elle est de 4 gr. 56.

— La concentration uréique par litre continue à présenter de grandes variations, de 9 à 30 gr. Mais à partir du 8 janvier elle diminue, ne dépasse plus 18 gr., bien que le chiffre d’urée éliminée en 24 heures reste le même (10 gr. à 21 gr.).

2° Le poids oscille aux environs de 87 kg. jusqu’au 16 janvier, atteignant même 88 kg. 500 le 8. Puis il diminue progressivement ; le 29 janvier, il est de 83 kg. 150.

3° Les œdèmes commencent à fondre et l'abdomen à s’aifaisser.

c) Du 30 janvier au 9 février, le malade reçoit une seconde série de 10 injections de 10 cc. d’octanol (très légère réaction seulement à la première piqûre) ; il reste soumis au régime déchloruré.

1° La diurèse qui était tombée le 29 à 750 cc. remonte à 1.750 le 30, le 31 et le 1er février ; à 2.750 le 2; 2.000 le 3 ; descend à 750 le 4 pour remonter à 2.000 le 5 et le 6, chiffre qu’elle atteint encore le 9 après une chute transitoire à 1.000 le 7. Puis jusqu’au 20 février elle va osciller entre 750 et 1.250.

— La concentralion en NaCI par litre se tient entre 6 et 9 gr. jusqu’au 20 février, avec le 7 (jour où la diurèse est tombée à 1.000) une brusque élévation à 12 gr. 50.

— La quantité de NaCI éliminée en 24 heures monte brusquement à 12 gr. 30 le 30 janvier ; 13 gr. le 1% février; 22 gr. le 2, puis à part une chute le 4 à 3 gr. 75, se maintient jusqu’au 9 entre 12 et 16 grammes (taux moyen de 12 gr. 50 par jour pendant les injections d’octanol). Du 9 au 20 février le chiffre oscille entre 4 et 9 grammes.

2° Le poids passe de 83 kg. 150 le 29 janvier à 74 kg. 650 le 9 février et à 72 kg. 700 le 20 février.

3° Les œdèmes disparaissent, l’ascite également.

À sa sortie, le 20 février, le malade a perdu 19 kg., il n’a plus d’ascite, son abdomen est affaissé ; il ne persiste plus qu’un léger œdème malléolaire. Le foie est dans le même état; le subictère n’a pas diminué.

Pendant tout le séjour à l’hôpital : température à 37°, 37°5, T. A. à 13-7 au Vaquez.

Urée sanguine entre 0,35 et 0,40 0/00.

Vitesse de sédimentation des hématies :

24 déc. 11 janv. 28 janv. 16 fév.

— au bout de 1h. 15 mm. 45 43 34 — au bout de 2 h. 54 65 70 71 — au bout de 24 h. 79 115 103 120

Le malade est revu en mars, avril, mai 1935. Il dit suivre un régime hypochloruré. Il est dans le même état. Pas d’ascite, léger œdème des jambes. Subictère, foie toujours gros et sensible, rate percutable sur un travers de main. T. A.—15-7 (Vaquez). U. S.—0,24 et 0,31. Mais son poids remonte progressivement ; le 26 mars 76 kg.; le 2 mai 78 kg.; le 23 mai 81 kg.; le 25 juin 80 kg.

Du 27 juin au 18 juillet, à la consultation du Professeur Clerc à La Pitié on lui injecte 10 ampoules de 10 cc. d’octanol. Aucun incident.

Le 18 juillet 1935, le poids est de 78 kg. 500, mais malgré une diurèse accrue au dire du malade (plus de 2 litres), l’œdème malléolaire persiste. À noter une action sédative très marquée (sommeil plus paisible, douleurs hépatiques moins fortes).

Le 26 novembre, le malade est dans le même état. Poids 75 kg. Très légers œdèmes malléolaires.

En résumé : cirrhose hypertrophique ayant débuté rapidement par une anasarque, contre laquelle les ponctions d’ascite, le régime déchloruré, le cyanure, la théobromine, le neptal se sont montrés inefficaces pendant 5 semaines. Fonte des

œdèmes avec débâcle urinaire, hydrique et chlorurique, amorcée par une première série de solution aqueuse d’alcool octylique, accentuée par une seconde série. Résultat maintenu 11 mois après.

Obs. 2. — M. Gon..., âgé de 62 ans, emballeur, entre le 29 décembre 1934 salle Pasteur, n° 13, pour une ascite dont le début remonte à juin 1934.

C’est un sujet d’aspect floride, au facies variqueux, légèrement subictérique, apyrétique et pesant 87 kg. Les jambes présentent un œdème blanc, mou, important et qui s’étend aux lombes et à l’abdomen. Ce dernier est très volumineux, tendu, parcouru de veines dilatées. Il existe une abondante ascite libre. Le foie est gros, dur, régulier, indolore. La rate ne semble pas hypertrophiée. Rien d’anormal par ailleurs, aucune manifestation hémorragique. T. A.—10,5-7,5 au Vaquez. Signes nets d’imprégnation éthylique.

L’urée sanguine est à 0,23 0/00, le B. W. négatif dans le sang. Le 4 janvier le temps de coagulation est de 11 minutes, le temps de saignement de 1 m. 50; le signe du lacet est négatif. Les urines (750 cc. par jour), hautes en couleur, con-

Date Co Observations Volume Hits Na CI

Dyn. 5 m. 24 b. p p. 24h déc. 53,8 49,9 43,2 Du 25 déc. au 8 janvier: 500 3,15 1,57 janv. .. 58,1 56,6 43,7 octanol. QD, Sn y janv. 49,9 45,6 41,3 LPO AAS SNA janv. 55,7 49,9 51,4 1250. 6208775 janv. .. 60 58,1 43,7 Du 30 janvier au 9 fév.: 750 56,08 4,56 févr. 58,1 55,7 45,6 Octanol. 2.000 7,72 15,44 févr. 62,4 60 41,8 750 8,77 6,58 févr. OT 2 SET US 750 8,19 4,09 MALSS. 093,0. 49/4402 MASSE RO LT AET (2 nette os YA PAS Cl] juin ... 58,1 50,4 44,2 Du 28 juin au 18 juillet:

octanol.

tiennent des traces d’albumine, de nombreuses hématies, quelques leucocytes et de rares cylindres hyalins. Evolution :

a) du 20 décembre 1934 au 5 février 1935, l’état du malade reste stationnaire.

Mis au lait, puis à partir du 8 janvier au régime lacto-végétarien normalement salé (ce régime sera continué pendant toute la durée de l’hospitalisation), il reçoit successivement :

— outre 1 ampoule d’extrait hépatique chaque jour jusqu’à sa sortie,

— L gouttes de digitaline, du 3 au 7 janvier 1935 ;

— 3 gr. de CaC!? par jour, du 8 au 18 janvier ;

— du nitrate de NH“ à doses croissantes (de 3 à 12 gr. par jour), du 17 janvier au 4 février.

Malgré cela :

1° Les urines, après une polyurie très transitoire (un jour à 1.250 gr.) due à la digitaline, reviennent au taux moyen de 500 à 750 cc. et s’y maintiennent.

— La concentration en NaCI par litre est forte : du 1% au 5 février entre 7 et 11 gr.; la quantité de NaCI éliminée en 24 heures est pendant cette période de 4 à 5 gr. 5.

2° Le poids, après s’être abaïissé à 83 kg. 900 lors de l’augmentation de la diurèse, se stabilise à 85 kg. 500.

b) Du 6 au 15 février 1935, le malade reçoit chaque jour une injection intraveineuse de 5, puis 10 cc. d’octanol. Aucun incident. Régime normalement salé.

1° Les urines deviennent plus abondantes. Le volume par 24 heures atteint le 13 un litre, 1.250 cc. le 16, 1.500 cc. le 18.

Jusqu'au 2 mars (après une chute à 500 le 19 février), il oscille entre 750 et 1.250 cc., puis tombe à 500 (jusqu’au 7).

— La concentration en NaCI varie peu ; elle est de 11 gr. 81 le 7, puis oscille entre 7 et 13 gr. jusqu’au 7 mars.

— La quantité de NaCI éliminée en 24 heures augmente parallèlement au volume des urines : 5 gr. le 11; 11 gr. le 18. Jusqu'au 8 mars elle oscille entre 4 gr. 30 à 12 gr. avec un taux moyen de 9 gr.

2° Le poids s’abaisse progressivement de 85 kg. 500 à 74 kg. 650 le 5 mars.

DELAMARE

SO

3° Dès le 18 février, les œdèmes des jambes, des lombes et de l'abdomen avaient disparu. L’abdomen reste gros, mais moins tendu (aucune ponction d’ascite n’a été pratiquée pendant le séjour du malade à l’hôpital).

c) Du 8 au 18 mars, nouvelle série de 10 injections d’octanol ; toujours régime normalement salé.

1° La diurèse reprend : elle passe de 500 ce. le 7, à 1.300 le 9, 1.750 le 10, puis oscille jusqu’au 31 mars entre 1.000 et 1.750 cc.

— La concentration en NaCI reste comprise entre 9 et 12 gr. du 8 au 18, puis entre 7 et 9 jusqu’au 31 mars.

— La quantité de NaCl émise en 24 heures passe brusquement de 5 gr. le 7 mars à 12 gr. le 8 et à 14 gr. 5 le 9, à 17,73 le 12. Jusqu'au 31 mars, elle oscille entre 8 et 15 gr. 5 (chiffre moyen de 11 gr. 50).

2° Le poids descend progressivement de 72 kg. 500 à 71 kg. 100.

3° Cliniquement : il n’y a plus trace d’œdème. Le volume de l’abdomen semble peu modifié. Le 13 mars : U. S. — 0,29 0/00.

d) Du ier au 6 avril, le malade a la diarrhée. Sa diurèse tombe à 750 et 500 cc.; l’élimination du NaCIl par 24 heures à 8 et 5 gr., malgré une concentration de 11 et 12 gr.

Du 8 au 17 avril : troisième série de 10 injections quotidiennes d’octanol toujours très bien supportées. Même régime salé.

1° La diurèse monte de 1.000 cc. le 6 et le 7, à 2.000 le 8, le 9 et le 10; 1.500 le 11 et le 12; 2.000 le 13. Puis jusqu’au 30 avril elle oscille entre 1.000 et 1.500 cc.

— La concentration en NaCl se maintient entre 6 et 10 gr.

— La quantité de NaCI par 24 heures varie de 7 à 14 gr. 50 avec un taux moyen de 10 gr.

2° Le poids, cette fois, reste stationnaire, aux environs de 72 kg. 500. L'aspect clinique ne change pas.

Le 9 mai 1935, le malade quitte le service sans œdème, mais avec une ascite toujours appréciable. Il a perdu 14 kg. Pendant la dernière semaine de son séjour, sa diurèse a été de 1.500 à 1.700 cc. par jour.

Signalons pour terminer que pendant toute son bospitalisation, sa température a été normale, et que sa T. A. s’est toujours maintenue aux environs de 11-6 au Vaquez.

En résumé : cirrhose hypertrophique avec anasarque et oligurie chez un malade de 62 ans, éthylique ancien. La digitaline, le nitrate de NH“ n’amènent pas de modification appréciable.

L’alcoo! octylique en solution aqueuse a déclenché une diurèse hydrique et chlorurée et a fait fondre les œdèmes, chaque série amenant une recrudescence marquée de la diurèse et de la chute du poids.

Tension superficielle Urines

Date sang total Observations Volume Dyn. 5 m. 24 h. p. 1 fév. 5057210 410 DuNCrauriSrfévrier.: 500 10,76 fév. 62,4 61,9 45,6 ocianol. 750 8,19 fév. OPOMCIAEAG 1 50077 fév. 60000 1122 12250766 mars 62,9 61,4 51,4 Du 8 au 18 mars : 509 10,18 mars 62,4 61,4 48 octanol. 1 50001182 mars .. 62,9 60,5 47,5 15007772 MAS 0710048598 De IT avril 55,7 49,9 40,2 750 10,65 avril SHALA OS AT 7 DISS au IT AvruUE: 2.000 7,25

octanol.

Obs. 3. — Mme Ter, 63 ans, femme de ménage, est bospi-

talisée salle Lermoyez n° 8, depuis le 20 août 1934 pour cirrhose de Laënnec. Cette affection a débuté 6 mois avant par de la faiblesse et des troubles digestifs.

La malade est très amaigrie; sa peau est sèche et rouge. Les membres inférieurs sont infiltrés d’un gros œdème blanc et mou. Le ventre est très distendu par une ascite mobile (albumine 20 à 30 gr. 0/00 réfractomètre; très nombreux lymphocytes et polynucléaires; quelques cellules endothéliales. N’a pas tuberculisé le cobaye). Après ponction on perçoit un foie ptosé, petit, très dur, clouté, irrégulier; et une rate très ptosée,

grosse comme les deux poings, et très dure. Epanchement pleural à la base droite (lymphocytes).

Rien d’anormal par ailleurs, sauf T. A. à 10,5-9, température normale. Pas de subictère. Pas de signe d’éthylisme. Pas d’hémorragie. Les urines ne renferment ni albumine, ni sucre, ni pigments, ni sels biliaires ; pas d’urobiline non plus. Le B. W. dans le sang est négatif à deux reprises. L’urée sanguine à 0 gr. 48 et ne dépassera pas ce chiffre.

Cliniquement et radiologiquement le tube digestif et les poumons sont normaux.

Evolution :

Régime normalement salé jusqu’en février-mars 1935: les œdèmes augmentent progressivement. Le poids passe de 41 à 56 kg. Les urines diminuent lentement de 1.000 cc. en août à 250 cc. malgré l’extrait hépatique, les rayons ultra-violets, les diathermies sur le foie.

Une ponction d’ascite évacue 14 litres le 6 mars, n’amenant qu’une fonte temporaire des œdèmes et aucune diurèse. 3 injections de 1 cc. 5 de neptal intraveineux faites en janvier et février n’amènent que des débâcles éphémères de 2.000 cc. Le nitrate de NHA reste sans effet (8 et 10 gr. pendant 10 jours en janvier 1935).

Du 14 au 20 mars, la diurèse est de 250 cc. Malgré une concentration du NaCl par litre qui varie de 2 à 6 gr., l’élimination en 24 heures n’est que de 1 à 2 gr. Le poids abaissé par la ponction, remonte régulièrement (51 kg. 700 le 19).

Du 20 au 29 mars, on injecte à la malade (toujours au régime normalement salé), pendant 10 jours, 10 cc. d’octanol qui ne provoquent aucun incident. Mais jusqu’au 15 avril, la diurèse aqueuse ne se modifie pas, pas plus que l'élimination du NaCI (malgré un clocher le 27, concentration 11 gr. 40 ; en 24 heures, 2 gr. 80).

Le poids s’accroît régulièrement (57 kg. le 3 avril) ; l’augmentation de l’ascite et des œdèmes nécessite une ponction qui, le 3 avril, donne issue à 13 litres d’ascite. Une injection de neptal (1 cc. 5 intraveineux) faite le 4 n’élève la diurèse qu’à 500 cc. le 4 et le 5, mais fait passer la concentration du

NaCI par litre à 8 gr. 70 et la quantité de NaCI en 24 heures à 4gr.

Dès le 7, la diurèse et le chiffre des chlorures reprennent leur taux antérieur et les œdèmes se reforment.

En résumé : Effet nul des injections d’alcool octylique sur la diurèse d’une malade atteinte d’une cirrhose de Laënnec.

Tension superficicile Urines Date sang total Observations \olurit Na CI 5m 24h. p.l p.24h.

19 mars .. 61 52,3 44,6 250 5,80 1,45 26 mars .. 54,7 54,2 43,8 Du 20 au 29 mars: octa- 250 5,60 1,40 DAV RSS RS ARS SON 7 07, 250 1,17 0,29 Obs. 4. — Mme Tro.…, 33 ans, blanchisseuse, entre le 3 juin

1935, salle Potain n° 17, pour une rapide augmentation de volume de son abdomen.

Depuis deux mois, la malade était fatiguée, anorexique, elle avait des épistaxis et des vomissements fréquents; il y a 15 jours sont apparues quelques douleurs abdominales, mais c’est seulement depuis une semaine que son ventre a enflé

Dans les antécédents : éthylisme léger (?). La malade tousse tous les hivers depuis une bronchite survenue à l’âge de 12 ans.

A l'entrée : facies pâle, légèrement cyanosé. Varicosités des pommettes. Subictère des conjonctives. Amaigrissement (52 kg.) avec amyotrophie. Nombreuses ecchymoses sur les téguments. Abdomen distendu, ascite libre. Cœur rapide (120) ; souffle systolique de la base. T. A.—18-9 (Vaquez). Température 38°5. Les deux sommets des poumons sont submats et présentent de nombreux râles sous-crépitants, mais radiographies pulmonaires normales. Pigments biliaires dans les urines. Pas de B. K. dans les crachats. B. W. négatif dans le sang.

Le 17 juin : glycémie à 0,90 ; urée sanguine : 0,14.

Temps de saignement : 4 minutes ; de coagulation : 18 minutes 30; signe du lacet positif.

Du 3 au 28 juin, malgré les injections d'extrait hépatique concentré, l’état s'aggrave progressivement. L'ascite augmente,

nécessitant deux ponctions (21 — 3 litres 5 ; 25 — 6 litres ; liquide citrin, Rivalta négatif, très nombreuses cellules et placards endothéliaux, quelques lymphos). Des œdèmes blancs, mous, apparaissent aux jambes et remontent aux lombes et à l'abdomen. Le poids atteint 57 kg. La courbe d’urines oscille entre 500 et 1.000 cc. (élimination de P. $. P. intraveineuse : 35 % le 15; 65 % le 19). Pouls entre 120 et 140. T. A. — 15,6. Température entre 37 et 38°. Après la ponction le foie déborde le rebord costal, dur, insensible, régulier. Rate non perceptible.

Du 29 juin au 11 juillet, la malade reçoit 12 injections d’octanol. L'évolution ne subit aucune modification. Les œdèmes s’étendent ; l’ascite augmente (ponction le 9 juillet — 8 litres); la diurèse ne s'accroît pas. Pouls 130.

A partir du 10 juillet la température oscille entre 37 et 38°5. Les urines malgré le neptal, la digitaline restent à leur taux antérieur. Le pouls bat toujours à 130. Temps de saignement: 3 m. 30, de coagulation 25 m. le 13 juillet. La malade devient somnolente. Le 22 juillet elle est dans le coma et meurt le lendemain.

En résumé : cirrhose maligne rapidement mortelle, accompagnée d’œdèmes, sur lesquels l’alcoo!l octylique n’a eu aucune . influence.

Tension superficielle

Date sang total Observations Urines Dyn. 5 m. 24 h.

TDR CLOS 461 500 TOO 76 51047 5090 juin .. 54,2 51,4 45,6 500 juillet . 59 51,4 44,1 Du 29 juin au 11 juil- 1.000 let: octanol.

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