LES SECRETS MODERNES
dessus de celui qui coupe , et dont la fonction est de redresser le bois coupé. Ainsi Tallumelte vient droite comme elle doit l'être pour Tusage auquel elle est destinée.
Cet outil est d*uu usage plus simple et plus facile qu'on ne le croirait. M. Pelletier est parvenu à faire avec lui des millions d'allumettes, qui^ plus régulières que par tout autre procédé , consomment moins de soufre. .
AUumtitei oadgénées.
Elles sont très-commodes pour se procurer promptement de la lumière. Il suffît d'en plonger l'extrémité dans un flacon contenant de l'acide sulfurique concentré , et de l'en retirer à l'instant; bientôt elle prend feu.
Pour préparer ces sortes d'allumettes , on fait un mélange d'une partie de soufre et de trois parties de chlorate de potasse (muriate suroxigéné ) légèrement gommé. Ces deux substances doivent être broyées à part, précaution nécessaire pour éviter le danger d'une explosion qui pourrait résulter de la chaleur produite par le frottement. On lave la fleur de soufre pour enlever la petite portion d'acide sulfureux dont elle est ordinairement imprégnée , et on la fait bien sécher. On mélange ensuite les deux poudres sur le papier, au moyen d*une carte, et sans opérer aucun frottement brusque ni percussion. On incorpore dans le mélange un peu de mucilage de gomme adragante pour lui donner de la consistance, mais on en met en 9U8si petite quantité que possible. On y ajoute aips^
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un peu de lycopode, et Ton colore en rouge avec du cinabre 9 ou en bleu avec de Tindigo. Les allumettes sont faites exprès de forme ronde; elles sont minces, et on les fait sécher au four ; elles sont plus soufrées que les allumettes ordinaires , mais par un bout seulement. C'est ce bout que Ton imprègne du mélange dont nous venons de décrire la préparation ; ce qui en fait alors des allumettes oadgénées. Pour les laisser sécher 9 on les enfonce par le bout non imprégné dans du petit sablon ou dans du grès eu poudre dont on remplit un plat.
Le flacon qui contient l'acide sulfurique est ordinairement garni d'amiante, qui est imbibé de Tacide à la manière d'une éponge , et qui n'en transmet à l'allumette que la quantité nécessaire pour l'allumer. S'il en était autrement, la portion excédante deTacide serait projetée d'une manière incommode sur les vètemens. On se sert d'amiante pour récipient de l'acide sulfurique , parce que cette substance minérale n'est pas attaquable par les acides comme le ferait le coton ou une éponge.
ALUN ( Fabrication de V )•
Pour les mines où l'alun se trouve tout formé , le traitement est fort simple : on n'a qu'à extraire le sel soluble et cristallisable qui y est contenu en quantités plus ou moins considérables, en mélange aveo d'autres matières insolubles et étrangères à la composition de l'alun. C'est cette vaTvé>\i& ^e mvck^%
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qui a été le plus anciennement connue. £Ue forme les mines de Syrie, d'Italie^ et de quelques points de France et d^Allenoiagne.
Mais on fabrique aussi maintenant beaucoup d'alun de toutes pièces» c'est-à-dire en en combinant entre eux tous les élémens. Ce genre de fabrication est aujourd'hui très-perfectionné.
Plusieurs modes d'opérer ont été successivement indiqués par ceux qui se sont livrés à la fabrication de l'alun par l'acide sulfurique et la glaise* M. Alban, à Javelle j près Paris, et M. Chaptal, à Montpellier, ont précédé dans cette carrière une multitude de fabricans qui depuis eux se sont établis en France.
Le choix de la terre glaise est important dans celte fabrication ; on doit surtout s'attacher à employer celle qui contient le moins de fer et de terre calcaire : le sable y est bien moins nuisible. En effet , il n'a aucune action sur l'acide sulfurique , tandis que le fer s'y dissout , et rend l'alun impur : quant à la pierre calcaire ou carbonate de chaux , elle soJture en pure perte une quantité d'acide sulfurique proportionnelle à la chaux qu'elle représente.
On calcine la glaise dans des fours à réverbère, à la suite desquels sont placées des chaudières d'évaporatîon, afin de tirer parti de la chaleur excédante. Cette terre ainsi calcinée est réduite facilement en poudre à l'aide d'un manège à meules vertioaUs, et pour s'assurer de sa division complète , on passQ kl poudre obtenue à travers un tamis de toiie nUtailique en cuivre ; les morceaux restés sur le tamis sont de nouveau portés sous les meules. Cette opéra»
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tion est la plas essentielle à la réussite ; la plus grande division possible est nécessaire : en effet , tandis que les parties, les plus ténues sont bientôt attaquées et combinées à Tacide sulfurique > cette combinaison n*a lieu qu'à la surface des grumeaux.
La calcination préalable a pour but d*en]ever à la glaise toute Teau qu'elle contient, afin de la rendre plus perméable à Tacide. Il faut prendre garde cependant d'élever trop la température dans cette calcination ; on courrait risque de rapprocher les molécules de la glaise au point de les rendre tout-àfait inattaquables par l'acide.
On mêle loo parties de cette glaise calcinée et pulvérisée avec 4^ parties d'acide sulfurique à 4^" ^^ Baume 9 c'est-à-dire au degré qu'il a à la sortie des chambres de fabrication en plomb. Il convient que ce mélange soit fait le plus exactement possible; on le porte ensuite dans des bassins de pierre recouverts d'une voûte sous laquelle passent les produits de la combustion émanés du four à réverbère , dont nous avons parlé ci-dessus, après avoir échauffé deux chaudières évaporatoires destinées à rapprocher les dissolutions. La température du mélange d'acide et de glaise s'élève dans ce bassin à 70'' environ ; on le remue de temps en temps , et on l'en retire après quelques fours pour le mettre en tas dans un endroit chaud et humide de Tatelier.
Dans quelques fabriques, la combinaison de l'acide sulfurique avec l'alumine s'obtient par le procédé suivant , qui donne aussi de bons résultats. La glaise 9 après avoir été calcinée, broyée et tamisée, est délayée en pâte avec de Tacide f a\b\e k ^ o\x ^
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degrés de Baume , que Ton obtient dans les fabriques* d'acide sulfurique; cette pâte est introduite dans une chambre de plomb disposée pour la fabrication de cet acide, et toute la surface du fond en est reeouverte à une épaisseur de 20 centimètres. On fait passer dans cette chambre les gaz sulfureux, nîtreux, et Tair atmosphérique , comme dans les fabrications ordinaires de Tacide sulfurique; et , à chaque renouvellement de l*air dans la chambre , on retourne ce mélange , afin de présenter le plus possible de surfaces à Faction de Tacîde. La durée du temps que la pâte doit passer dans la chambre se détermine assez facflement.
Lavage des pâtes alumineuses.
Cette opération se fait par le touillage et la décantation successive 9 et en renversant les dissolutions faibles d'un baquet sur Tautre pour les renforcer, etc.
Les premiers soutirages marquent de i5 à 18* â l'aréomètre ; les seconds de 9 à 12, et en diminuant ainsi graduellement à chaque fois ; mais , pendant plus de quinze jours, on n'obtient plus ensuite que des dissolutions à 5 et a*.
Le procédé de lessivage par filtration n'^est pas ici praticable pour les terres ainsi préparées, à cause de leur extrême ténuité , qui les rend presque impénétrables à Teau.
Au fur et à mesure que les dissolutions sont réduites à 200 par la première évapora lion , on les remet dans un bassin où elles déposent, et on les soutire à clair pour les rapprocher jusqu'à 25"* , si Ton
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doit les breveter par le sulfate d'ammoniaque ; ou à 4o* , si Ton doit y employer le sulfate de potasse.
Brevetage.
On nomme ainsi Topération qui consiste à ajouter un sel de potasse ou d'anoimoniaque 9 ou un mélange de Tun et de Tautre , dans le sulfate d'alumine préparé par Vun des procédés indiqués ci- dessus.
Le sulfate de potasse et le sulfate d'ammoniaque s'emploient pour l'ordinaire ooncurreomient dans le brevetage du sulfate d'alumine. Cette maniël'e d'opérer est plus commode et plus avantageuse aux fabricans.
Par le brevetage on précipite falun en petits cristaux grenus ^ qu'on lave à Teau froide pour le purifier.
CristaUUation»
Quand on a ainsi obtenu Talun purifié en petits cristaux , il ne reste plus que bien peu de chose à faire pour le mettre sous la forme où on le trouve dans le conunerce; il sufiGit de le dissoudre dans Teau en quantité suffisante pour que, bouillante , la dissolution marque de 4B à So® de Baume , et de le couler dans une espèce de cristallisoir en plomb , appelé tnasiô, dont on peut démonter les côtés pour en extraire les pains d'alun très-solides , que Ton scie pout les livrer aux consommateurs.
éf tes ncBBts KoDEasi»