ARDOISES ARTIFICIELLES
Les substances qu'on y emploie sont : i* la terre bolaire blanche, rouge ou ferrugineuse , selon les circonstances; a* la craie ou carbouaV^ ^^ tiï\^\xv%
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^^ la colle-forte , dite colle d'Angleterre ; ^j* la pâte de papier ; 5* l'huile de lio.
La terre bolaire et le carbonate de chaux sont réduits, chacun séparément, en poudre dans un mortier f et passés par un tamis de soie.
La colle est dissoute dans l'eau à la manière ordl* naire.
La pâte de papier qu'on emploie est celle que l'on connaît dans les papeteries sous le nom de papier-^ huile» que Ton fait macérer dans l'eau , et on exprime ensuite cette eau à l'aide de la presse. Au lieu de pâte, on emploie avec plus d'avantage des débris de papier blanc et des rognures de livres , que Ton fait bouillir pendant vingt-quatre heures, et dont on exprime l'eau par la presse.
L'huile de lin est employée crue.
La masse de papier étant mêlée dans un mortier avec la colle dissoute, se forme en pâte par l'addition de la terre bolaire et du carbonate de chaux. Le tout ayant été bien battu dans le mortier, on verse dessu» de l'huile de lin lorsque la recette l'indique. On prend alors une quantité de ce mélange, que l'on étend avec une spatule sur une planche munie d'un rebord propre à déterminer l'épaisseur de la couche : on a recouvert auparavant la planche d'une feuille de papier commun. On pose ensuite par-dessus le mélange une autre feuille de papier sur laquelle on touche une autre planche; on renverse alors le tout;^ )n enlève la planche à rebord, ainsi que la première reuille de papier. Après cette opération , on renverse de nouveau le carton-pierre , on l'étend sur un plancher saupoudré de sable très -fin ;on enlève la seconde
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planche et la seconde feuille de papier^ et op laisse sécher la composition.
Ces cartons ne se gercent ni ne se orevassent jamais pendant leur dessiccation; mais ils se tourmentent et se voilent toujours ; ils sont rarement lisses. Pour remédier à tous ces inconvéniens, on les passe entre les cylindres d'un laminoir, ce qui les unit parfaitement et leur donne plus de fermeté ; enfin , on les soumet pendant quelque temps à Taction d'une presse , pour les redresser. La dernière opération consiste à oindre les deux surfaces du carton avec de rhuile de lin bouillie^ ou rendue siccative par un peu d*oxidc de plomb.
Voici les diverses compositions qui donnent les meilleurs résultats :
i"" Une partie de pâte provenant de vieux papiers et de rognures de livres^ une demi-partie de colle y une partie de craie , deux de terre bolaire « et une d'huile de lin , donnent un carton mince 9 dur et très-lisse.
a** Une partie et demie de pâte de papier, une de colle>) une de terre bolaire blanche , donnent un carton très-beau , très-dur et très-uni.
3* Une partie et demie de pâte de papier , deux de coUc , deux de terre bolaire blanche , et deux de craie , donnent un carton uni 9 aussi dur que l'ivoire.
4** Avec une partie de pâte de papier, une de colle , trois de terre bolaire blanche, et une d'huile de lin, on obtient un carton très-beau et qui a la propriété
d'être élastique.
5" Une partie de pâte de papier, une demi-partie de colle y trois parties de terre bolaire blanche ^ uue
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de craie , et une et demie d'huile de lin , forment un carton iofiniment supérieur à celui qu'on obtient par le procédé n* 4* Cette substance a en outre la propriété de retenir le type qu'on lui imprime : teinte de quelques grammes de bleu de Prusse, elle prend une couleur bleu -verdâ Ire.
Les diverses expériences faites sur ces cartons^ pierre ou ardoises artificieUeSs ont prouvé, lo que par une macération dans l'eau froide , continuée pendant quatre mois consécutifs, ils n'ont pas éprouvé le moindre changement, ni aucune augmentation de poids ; a* exposés à un feu violent pendant i5 minutes , ils étaient à peine déformés, et ils furent convertis en plaques noires très-dures : ils paraissaient seulement comme grillés. On a construit à Caris* croon une maison en bois que Ton a recouverte de toutes parts avec ce carton ; on Ta ensuite remplie de matières combustibles, auxquelles on a mis le feu : la maison a résisté à Faction de la flamme. La môme expérience , répétée à fierliô, a eu le même succès.
On peut employer avec économie et fiioilité ces ardoises pour la couverture des maisons , usage pour lequel leur légèreté les rend préférables à Tardoise naturelle. En ce cas on les attache par grandes feuilles sur les toits avec des clous de cuivre ; on remplit les joints de ciment , et on enduit le tout d'une couleur à Thuile : c'est alors la couverture la plus légère et la plus imperméable à l'eau. Le ciment pour ^es joints est un composé d'huile de lin siccative , blanc de céruse et de craie (mastic des vitriers )\