‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 14 sur 59 · DES ÀET8 ET METIERS · texte numérisé non relu

DES ÀET8 ET METIERS

ARGENT FULOnNANT.

Ce nom a élé imposé par M. Berthollet, et on Ta également appliqué depuis à un autre produit découvert par M. Howard. L'argent fulminant de Berthollet s'obtient en préparant d'abord Toxide d'argent exprès , afin d'éviter qu*îl ne soit combiné avec uoe certaine portion de Tacide carbonique de Tair» qui nuirait J^eaucoup au succès de l'opération. Il faut aussi 9 pour le même motif ^ avoir soin de bien laver Toxide. £n supposant toutes ces précautions prises 9 on égoutte l'oxide sur du papier Joseph , et on le dépose ensuite dans un verre à expérience. Sur cet oxîde on verse une petite quantité d'ammoniaque caustique et très-concentrée : au moment du mélange une légère décrépitation se fait entendre. On laisse le tout en macération pendant 8 à 10 heures ; une partie de l'oxide se dissout et vient former pellicule à la surface du liquide à mesure que l'ammoniaque se volatilise : cette pellicule, qu'on avait assuré n'être que de l'argent réduit, est très- fulminante. Après le temps prescrit , on décante la liqueur surnageante, et on divise le dépôt sur de petits morceaux de papier. On ne saurait apporter trop de précautions dans cette manipulation ; car , bien qu'il y ait encore de Thumidilé , «cuvent le plus léger frottement suffit pour déterminer une détonation des plus vives. On prévoit qu'une préparation aussi dangereuse ne doit être faite qu'en très-petite quantité. Pour obtenir l'argent fulminant d'Howard , le procédé le plus sûr est celui que L'on doit à Brugnatelli.

90 tSS SECRETS MODEBmBS

Sur 5 grammes de pierre infernale ( nitrate d'argent fondu ) pulvérisée , on verse 3o grammes d'acide nitrique très-conoentré, et même quantité d'alcool à 4o^ Ces deux liquides réagissent et s'échauffent à tel point 9 qu'ils entrent bientôt en ébullition. Pendant la première action de la chaleur ^ le nitrate d*argent se liquéfie et forme ^ dans le fond du vase, une couche d'un aspect huileux. Par les progrès de la réaction^ cette couche disparaît; il se développe une trèsgrande quantité d'éther nitrique qui se vaporise; bientôt le liquide devient laileux , et on voit se déposer une quantité toujours croissante de flocons blancs. Il est bon de tempérer l'action en versant de temps à autre un peu d'eau distillée froide. Enfin ^ quand l'effervescence est terminée, on aioute une plus grande quantité d'eau , et on laisse en repos pendant quelques instaus. On décante , on lave , on verse sur un filtre , on fait sécher entre des papiers Joseph et sans le secours de la chaleur. La proportion qu'on obtient est à très-peu près la moitié de la quantité de pierre infernale employée. La portion d'argent restée en dissolution peut être précipitée par l'acide muriatique.

Cette préparation est beaucoup moins intactiie que la précédente; cependant elle détone encore assez facilement. C'est avec elle qu'on fait les cartes et les bonbons fulminans, etc. On a voulu aussi la faire entrer dans la composition d'une poudre d'amorce ; mais son emploi pour cet objet est trop dangereux.

Argenture au pouce.

Ce procédé convient pour le cuivre jaune ou laî-

0ES AATS ET MSTIB11S. gt

ton. L*argent s'applique sur le cuivre par le simple froUemoDt. Cela serl principalemeot pour les cadrans d'horlogerie et les limbes gradués des instrumens de physique , de météorologie 9 etc.

On prend de l'argent fin de coupelle^ que Ton rend très-mince^ soit par le laminoir ou par le marteau; ou le coupe par petits morceaux, et on le jette dans de Tacide nitrique contenu dans un vase de verre ou de porcelaine. Lorsque l'argent est dissous 9 on iette encore dans ce vase deux fois autant d'eau qu'il a. été employé d'acide nitrique.

On suspend au milieu du liquide une planchette de cuivre rouge bien décapée; on Vy laisse pendant un quart d'heure : l'argent vient se déposer sur la surface. Lorsqu'elle en est couverte, on retire la planchette 9 on y en met une autre» et l'on jette la première dans un autre vase plein d'eau fraîche : l'argent se détache de la planche de cuivre, et se dépose au fond du vase. Ou réitère cette opération jusqu'à ce qu'on ait retiré tout l'argent que l'acide nitrique tenait en dissolution.

Cet argent est soigneusement lavé à plusieurs eaux : on décante et on laisse presqu'à sec l'argent ; on le met dans un mortier de cristal.

Sur 1 gros de cette poudre d'argent, on met 2 gros de crème de tartre et autant de sel commun bien blanc. On broie le tout ensemble , en ajoutant quelques gouttes d'eau claire , de manière à former une espèce de bouillie. Avec un linge fin et ferré, dont on enveloppe le doigt , on prend un pea de cette pâte , et l'on eu frotte là surface du laiton bien décapé et bien propre. On a près de soi un vase plein

9^ XttS SBGBETS MODEENBS

d'eau liëde, dans lequel oo fait dissoudre une pincée de cendrés gravelées. G'esl dans cette eau tiède qu'on lave la pièce de laiton blanchie ; ensuite on la trempe dans de Teau pure et tiède, et enfin dans de Teau froide et claire. On essuie Touvrage avec un linge blanc de lessive , et Ton expose la face blanchie devant le feu jusqu'à ce qu'il ne paraisse plus d'humi-* dite. Il faut laver avec promptitude.

Procédé de Meîlawitz, pour argenter faeUemônt sans employer ^argent en feuilies.

On humecte la surface du métal bien polie et bien nette y avec un pinceau trempé dans de l'eau commune qui tient un peu de muriate de soude en dissolution. On tamise doucement et également , sur le métal humecté , la poudre dont on parlera ci-après , qui y adhère et y forme une couche. Là pièce, ainsi chargée , est mise au milieu des charbons bien embrasés ; on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle soit rouge , ce qui est très-prompt. On la retire avec des pincettes; on la plonge un peu dans l'eau bouillante pure , ou tenant en dissolution une petite quantité de sel marin ou de crème de tartre ; ensuite on la gratte-bosse pour enlever de sa surface une légère couche d'impuretés produites par la poudre dont on a chargé la pièce.

Cette première opération est la plus essentielle , parce qu'ici l'argent mis en fusion pénètre la pièce chargée, fait corps avec elle, et dispose aux opérations suivantes. Le métal pénétré par cette première couche parait déjà argenté.

DES AITS BT lUÊTIEBS. 9^

On procède ensuite à nne noQYclle .charge avec une pâte que Ton étend également sur la surface de la pièce avec un pinceau.

On remet cette pièce au feu jusqu'à ce qu'elle ait pris une couleur rouge-cerise. On la retire avec les pinces; on la plonge un peu dans l'eau bouillante, et on la gratte-bosse dans l'eau froide.

On continue de même Jusqu'à ce qu'on ait chargé 4 à 5 fois , sans compter la première ; alors la pièce est suffisamment argentée : dans cet étal elle a l'œil de l'argent mat. Le ciseau et ensuite le brunissoir achèvent de donner à l'ouvrage le brillant et le poli.

1** Composition de ta poudre pour (a première

charge. '

Ayant fiiit dissoudre de l'argent dans de T^cide nitrique , précipitez cet argent en tenant dans la dis-

solution des lames de cuivre. Prenez de cet argenf précipité et bien séché , i partie;

Du muriate d'argent bien lavé et séché , i partie;

Du borax purifié bien calciné , a parties ;

Mêlez le tout dans un mortier de verre , en triturant pour faire une poudre fine, qui sera passée au tamis de soie.

a* Composition de ia pâte pour tes charges

suivantes.

Prenez de la poudre composée et préparée pour la première charge» i partie;

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Sel ammoniac parifié , i parde ;

Muriate de soude pur, i partie;

Sulfate de zinc » i partie ;

Fiel de verre ^ i partie.

Mêlez le tout exactement, en triturant d'abord dans un mortier de verre, çt ensuite sur le porphyre. Humectez peu à peu cette poudre avec de Teau distillée , très légèrement gommée , jusqu'à ce qu'il en résulte une espèce de pâte qu'on puisse saisir et étendre au pinceau.

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