BRIQUES
Briques très-solides faites par compression avec de
i'argiie crue.
H. Mollerat a fait voir à Texposition des produits de Tindustne , des briques régulières , solides 9 réu<^ nissant toutes les propriétés désirables , et qui ont été fabriquées sans le concours de la chaleur ^ en y em* ployant le puilssant moyen qu'offre une presse hydraulique. Il prend de Targiie sèche ^ réduite en poudre p qu'il soumet dans des moules à cette énorme pressio»*
B&IQUBT FHOSPHORIQmS.
Le bMquét phosphorique , dont VViri^uXvQiik xi^ ^^^
rSi» LE» 8EGRBTS MODEBKfiS
que de quelques années, est devenu d'un usage très^ fanailier. On le construit de plusieurs manières. Le plus- ordinairement on fait liquéfier, à une très-douce ehaleur , un peu de phos.phore dans un petit flacon de cristal long et étroit,;: lorsque le phosphore est en fusion 5 ou plonge dans le flacon une petite tige de fer rougie au feu : le phosphore s'enflamme; on agite pendant quelques iustans;.et lorsque la couleur est devenue bien rouge ^ on retire la tige et on bouche le flacon, puis on laisse refroidir, et le briquet est préparé. Il ne reste plus qu'à adapter le flacon dans un étui de fer-blanc disposé de manière à pouvoir contenir en même temps quelques allumettes ordinaires et bien soufrées. Pour faire usage de ce briquet, on introduit une allumette dans le flacon, on imprime^ une sorte de mouvement de torsion en appuyant légèrement sur le phosphore, dont on détache ainsi une parcelle, et on retire; aussitôt l'inflammation a lieu et se communique au soufre.
Une deuxième méthode consiste à introduire dans un flacon de cristal ou de plomb, un cylindre de phosphore, et à le refouler à Taide d'une tige d*UR I diamètre à peu près égal. Pour que cette opération puisse se faire sans danger, il faut avoir la précaution, de prendre des cylindres de phosphore qui ne soient pas creux , ce qui arrive quelquefois lorsqu*ils ont été maulés à une basse température.. Dans ce cas, l'air intercepté dans le cylindre pourrait oocasioner une déflagration , par suile de la compression exercée. Les briquets ainsi préparés durent plus long- temps que les précédens, qui ont l'inconvénient de s'huinec/er par /a combustion Jente et la prpducSioo Cfn-
liofuelle d'acide phosphatique. Dans ceux-ci le pho8« phore ne touchant Tair que par un seul point, n'éprouve pas cet effet d'une manière assez sensible pour que cela puisse devenir nuisible. Lorsqu'on veut se servir de ces briquets, il faut frotter la surface du phosphore assez^ fortement pour que l'allumette en détache quelques portions qui se fixent au soufre : pour en déterminer l'inflammation on ^t obligé de frotter Textrémité de l'allumette phosphorée sur un corps un peu rug.ueux9 tel que le liège, le feutre, etc. Le faible dégagement de chaleur qui se produit suffit pour faire prendre feu au phosphore , et le commu-^ niquer au soufre.
On emploie encore une troisième méthode pour faire les briquets phosphoriques , et composer ce qu'on appelle le mastic inflammaiie. Ce moyen consiste à faire allumer du phosphore dans un petit vase à petit orifice et à y projeter immédiatement de la magnésie calcinée, qu'on agite ensuite à l'aide d'une tige de fer. Quand le tout est pulvérulent et n'a plus de compacité, on bouche.
B&ZÇU8TTB8 »£ OBABBOH »£ T8BBB.
On délaie dans l'eau l'argile alumineuse dite terre glaise , en proportion suffisante peur former une bouillie claire; on verse cette bouillie terreuse au milieu d'un tas de charbon de terre menu 9 et l'on mêle bien exactement à la pelle ces matières entemblcr h faut que le mélange q|a\ tèvoXV^ ^^ ^^\\»
cfpMLÛén faiM3 im tfeioHièt trèt-épais, qui ne lirbse oouler rkiiï de ilqèHâëi,
Hàins Kftl état cm e^ firit des boulettes {ûfàrtâe s , eàpressant <reft6 pâtéei^ïïH les mains, ou Wîèux ehetfré on en remplit nb ihbule cohiqUie sanrs fotrd de 6 à S céntîtnëttiei^die hài!kteut*, 16 à 18 cèinthnèttes de p'Md d!amèn*e , et de 14 & 16 de pclit diamètre. €e Mioutè <}ôit étrie posé à plat sut une plamche unie, son gtàtod dfiamètre appuyé sur le bois; on le remplit bien cù¥n6(e avec une palette èo fer; on frappa MsdîtiB, tttt le ptrtit tbs qrti excède les bords , deux coups avec !a mèniB palette dont \t dessous est bien poli. Pour retirer cette palette on la fait glisser hoi*i2t)nta1ciiient, eu appuyant sur les bofds du liiôïile et sut là ftui^fàco du chai-lbon moulé, afin de tae pas enlever le charbclù. On soulève le moulé enti-e les deut mains eiilé faisant glisser sur la planche , et Ton pose cette btiquistte sur une autre planche. Il suffît, pour la détacher du moule, d*appuyer légèrement avec les deux pouces sul* la surfkce supérieure de la briquette, en reirei^tonien même temps les doigts qui étaient recourbés dessbas pour la soutenir pendant qu'elle était en Pair. On range les briquettes au fur et à mesure qu'on les fait, sur la même planche, et Ton en élève trois ou quatre rangées lès unes sûr les Mitres.
Un ouvrier habile peut fabriquer quatre mille de ces bri^ettes en un jour, et un enfant dé dod^e à qtiînzè ans en fait àîsétnent deut mille. Il faut les laissei' sécher complètement à raît.
DÈS 11T8 BT MéliEffS. l5S
BRONZAGE.
Pôut donner Vapparence duhronze aux figures eit plâtre t en bois, en carton 9 etc.
Pour cela on délaie dans une solution étendue de colle- forte y du ileu de Prusse ^ du noir de fumée et de Vocre jaunes on étend cette couleur au pin* ceau sur toute la surface à bronzer ; et avant que la dernière couche soit complètement sèche , on trempe le bout d'un pinceau humecté dans de la poudre d^or mussif, et on en applique un peu sur Textrémité de toutes les parties saillantes, dans le but d'imiter les effets produits par le frottement sur les bronzes antiques. On sent qu'il faut fondre les teintes vives que donne Tor mussif pour bien rendre ces efi*ets , et que tout dépend ici de l'adresse de l'ouvrier.
La peinture de bronze à l'huile se fait en broyant bien fin du beau rouge d'Angleterre aveo de l'huile de lin ; on donne deux couches de cette couleur qu'on laisse séoher successivement; quand la seconde couche est sèche 9 on y passe un vernis au éronze formé d'une solution de gomme laque dans l'esprit-de-vin ; on trempe ensuite le pinceau au vernis dans la poudre d'or mussif; on délaie et on étend plus particulière* ment sur les vives arêtes et les bosses.
Cette peinture à Thuile résiste bien à l'eau.
Art de bronzer les ouvrages en cuivre allié avec
le zinc.
La première chose à fiiiire est 4^ ^t6\^«x^i \\ ^^^
1^ U8 8BCRBT8 MODBBHES
leur dont on doit se servir. On a publié un grand nombre de recettes pour cette préparation ; nous pensons que les deux suivantes sont les plus économiques.
Pour faire le bronze vert , prenez :
{ . 1 litre de boa rinaigre ;
' i5 grammes ( 3 gros 5/6 ) de vert minerai ;
x5 grammes de terre d^ombre ;.
i5 grammes de sel ammcoiac ;
x5 grammes de gomme arabique;
6o grammes de graines d^Avignoo:;
i5 grammes de sulfate de fer;
85 grammes ( la 'gros ) environ d^avoine rerte.
Si i*on ne pouvait pas se procurer d*àvoine verte, la préparation pourrait très* bien se £siire sans cela. Faites dissoudre les sels et la gomme dans de petites portions de vinaigre ; mêlez ensuite le tout dans un vaisseau de terre très-solide; ajoutez-y la graine d'Avignon et Tavoine, et faites bouillir sur un feu doux; laissez refroidir ensuite, et filtrez par une chausse de flanelle. La liqueur sera propre à l'usage.
Recelte pour faire ie brome qu*emptoUnt ordi-
nairement tes fondeurs.
Prenez :
I litre de fort vinaigre ; 3o grammes de sel ammoniac;.
x5 grammes d^alun;
8 grammes d*arsenic.
Mêlez le tout ensemble, et quand la dissolution des sels sera achevée , vous pourrez vous en servir. OU peut même avoir un beau bronze, en ne se servant que de sel ammoniac fondu dans le vinaigre. Beaucoup
DES- AET0 BT MixiEBS. l35
cle fondeurs u*en emploient pas d'antre^ el quand leur alliage est bien fait, il réussit presque toujours» Le bronze étant préparé , on polit le métal, ce qui se fait ^ soit à la lime , soit au tour , soit avec le papier à polir, soit en le trempant dans Teau-forte. Il est indispensable 9 pour le succès de Topération» que le métal soit bien net, et surtout qu'il n'y reste aucune trace de graisse. L*ean- forte est y de tous les moyens employés , celui qui réussit le mieux, et Ton doit y avoir recours quand on désire un bronze fini. Les autres méthodes sont très-suffisantes pour les ouvrages moins soignés.
Manière d'appliquer ie hronze.
Le bronze s'applique avec une petite brosse , et l'ouvrier doit avoir grand soin d'entretenir constamment rhumidité du liquide sur l'ouvrage, pour l'empêcher de verdir. Lorsqu'on est parvenu à la couleur que l'on veut avoir, ce qui arrive généralement en vingt-cinq ou trente minutes, l'ouvrage doit être promptement passé dans de l'eau froide très^propre, et séché ensuite dans de la sciure de bois, à une douce chaleur; après quoi on y met une couche de vernis ,. pour conserver la couleur.
Il arrive cependant assez souvent qu'à raison de la qualité de l'alliage de cuivre et de zinc, le bronze préparé ne peut pas donner à Touvrage une couleur assez, foncée.. Voici comment on peut remédier à ce défaut.
Prenez environ 8 grammes de noir de fumée, le plus beau que vous pourrez trouver ; remuez- le dans>
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un verre d'csprit-devio rectifié; passez la liqucor par un linge serré. La pièce sur laquelle on a applic|uë le bronze doit être chauflfée, soit sur une plaque, 9oit à feu clair, jusqu'à ce qu*on ne puisse qu^à peiûe la tenir dans la main : alors on étendra successivement sur Touvragie , avec une brosse en poil de chatneiau , des couches très-peu épaisses de la liqueur préparée avec le noir , et l'on s'arrèlera quand on aura obtenu la nuance que Ton veut avoir.
Quand les couches sont refroidies complètement, on les polît avec une brosse très-douce , ou bien avec un chiffon trempé dans de Thuile verte limpide. On étend sur le tout une couche de laque, et Ton obtient ainsi la plos belle couleur de bronze que puisse prendre l'alliage de cuivre et de zinc. Si le mélange de noir de fumée ne se trouve pas trop noir» et si le vernis n'est pas d'un jaune trop clair, la coûlfetir du cuivre bronzé sera un superbe vert foncé. On eh pènt conclure qu'il eist possible d'obtenir toutes les nuâtoitieis de ce qu'on appelle le vert de hronze , ou vert aHkh tique , ou patine antique , en employant pluti ou moins du mélange de noir de fumée, et un vëitiis o^ laque d'un jaune plus ou moins clair^ et eii dotitt^ânt plus ou moins d'épaissent aux couches. Toutefois l'ouvrage conservera beaucoup plus long-teitt)[»à ita couleur, si la couleur du bronze peut étl^ réiidue assez foncée pour qu'on ne soit pas obligé dVw^loyélr le noir de fumée préparé ; et c'est ce qui peut sefait^» quoiqu'â la vérité il faille plus de temps qU^ Idrë^ l'on se sert du noir.
DES ARTS Et néTlERS. iSy
Manière de donner au bronze ia teinte convenable sans se servir de noir de fumée.
Lorsqu*une pièce sur laquelle on a appliqué la couleur du bronze a été séchée, si la teinte n*eQ parait pas aussi foncée qu'on le désirerait, il faut la placer devant un feu vif, ou Texposer aux rayons d'un soleil ardent, à Tabri de tout courant d^air^ et la retourner de temps en temps : on la brosse ensuite avec une brosse douce, et Ton obtient un très-beau bronze. Cette méthode a cependant rinconvénient d*être un peu longue^ et quand on est pressé, on trouve plus d'avantage à se servir du noir de fumée.
Bronzer (es canons de fusit
C'est faire prendre au canon d'un fusil une couleur brunâtre que les arquebusiers appellent couleur d'eau. Ils font chauffer ce canon jusqu'à un certain point, et le frottent ensuite un peu fort avec de la pierre sanguine jusqu'à ce que le canon ait pris la couleiiisr désirée.
On obtient une plus belle couleur et plus durable, sf, après avoir fait chauffer le canon , on le frotte avec du chlorure d'antimoine, connu vulgairement sous nom de beurre d* antimoine.
Quelques arquebusiers bronzent leurs canons avec de la corne. Pour y parvenir, ils les font chauffer presque au rouge obscur; ensuite ils les frottent fortement avec de la corne; le canon prend alors une ei pèce de couleur de bronze.
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Brossdtge de la draperie , casimirs et autres étoffes.
M. John Jones, fabricant de machines à brosses » à Léeds en Angleterre, a perfectionné cette opération importante de la fabrication de ia draperie , casimirs et autres étoffes.
Il a obtenu en France un brevet pour Timportation de deux appareils mécaniques , dont Tun est propre à brosser à la vapeur, et Tautre à brosser à sec ou mouillé.
La première machine , pour brosser à la vapeur , est composée de deux cylindres garnis de brosses confectionnées, soit en soies de sanglier ou de porc, entremêlées à volonté de fils métalliques ou d'autres matières. Ces cylindres à brosses sont placés horizontalement Tun derrière Tautre, laissant un espace entre eux pour Taction d'un rouleau de pression.
La pièce de drap est retenue entre deux rouleaux de tension en avant de la machine ; de là elle passe sur le premier cylindre à brosses, d'où elle est guidée parle rouleau intermédiaire vers le deuxième cylindre; { \nsuite, deux rouleaux attîrans la reçoivent. Le chef et la queue du drap étant réunis pour former la toile sans fin, l'opération du brossage peut être plus ou moins continuée sans déplacement.
Le tube à vapeur, percé de petits trous dans toute sa longueur, est placé au-dessous des rouleaux alimentaires^ d'où rejaillit la vapeur sur le tissu à vo* lonté.
La lame de vapeur opère sur la face du drap ; elle en amollit l'àpreté que lui a laissée la presse, et elle
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BKS ARTS ET MÉTIERS. iSq
lui donne du moelleux et une apparence supérieure. L'émission de la vapeur étant supprimée au moyen d'un robinet^ le brossage est continué jusqu'à parfaite dessiccation de l'étoffe. L'effet de la vapeur est de resserrer le lissu et de le rendre plus compacte.
La seconde machine 5 pour brosser mouillé ou à sec, est aussi plus simple et occupe moins de place que celles qui sont en usage dans les fabriques françaises. Elle n'a qu*un seul cylindre garni de brosses , au-dessus duquel est placé un tube percé de petits trous, qui font rejaillir Teau sur l'étoffe à son passage. Deux rouleaux attirans la reçoivent et en expriment l'humidité. En supprimant le tuyau de la conduite d'eau 9 on brosse à sec.
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