‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 44 sur 59 · DORURE · texte numérisé non relu

DORURE

Dans an mémoire qui» en 1818, a remporté le prix décerné par TAcadémie des sciences ^ M. Darcet a décrit parfaitement l'art du doreur sur brome.

Cet art consisto & appliquer sur la sucbc^ 4?x

35a LCS 8BG&ET8 HODE&IIES

bronze une couche d^or , à l'aide du mercure avec lequel on Tamalgame^ et à l'y fixer par la chaleur. ] On brunît ensuite ou Ton met au mat les diverses parties de l'ouvrage , selon que le goût l'exige.

L'or doit être pur ou presque pur; il doit être réduit en lames très-minces , soit au marteau , soit au laminoir , afin de favoriser Faction du mercure , et pour rendre plus facile la dissolution de l'or dans ce métal.

Le mercure aussi doit être parfaitement pur; 8*il ne rétait pas, les métaux étrangers quMl contiendrait seraient déposés avec l'or sur la surface du bronze, et y détruiraient tout TefTet de la dorure ^ ou lui donneraient une teinte désagréable.

Préparation de Vamaigame d'or.

L'ouvrier pèse l'or fin qu'il veut dissoudre dans le mercure; il le met dans un petit creuset, avec un feu de charbou de bois allumé sur la paillasse de la forge; il fait légèrement rougir le creuset, et y verse la quantité de mercure nécessaire. 11 agite le mélange avec une baguette de fer recourbée en crochet, en laissant le creuset sur le feu , et le retire quelques minutes après, lorsqu'il sent que la combinaison est achevée. Il ver«e alors l'amalgame dans une petite terrine qui conlieut de l'eau, le lave avec soin, et en exprime , en le comprimant avec ses deux pouces contre les parois du vase où s'est fait le lavage, tout le mercure coulant qui peut ainsi s'en séparer.

L'amalgame qui reste sur les bords inclinés du vase est pâteux ^ au point de conserver Tempreinte

DES ÂETS BT MBTIEBg. $52^

des doigts. On le garde à Tabrî de la poussière , et on remploie pour en couvrir les pièces de bronze qu'on Teut dorer ^ comnae on je dira plus bas.-

Plus la proportion de mercure est grande , par rapport à Tor, et plus la couche d'or qu'il laissera sur la pièce où elle sera appliquée sera mince 9 et vice versa. De là il est facile de conclure qu'on peut faire des amalgames dans toute proportion. L*ouvrier met ordinairement 8 parties de mercure contre une d'or. C'est par conséquent un amalgame avec excès de mercure qu'il prépare ; car , après qu'il Ta comprimé dans la peau de chamois, 11 abandonne facilement assex de mercure pour ne plus contenir, ai> cent, que

Mercure 33

Or 6r ^ •~*-

Le mercure qui coule et se sépare de l'amalgame sous la pression des doigts , contient beaucoup d'or en dissolution ; c'est un amalgame avec un grand excès de mercure : on s'en sert soit pour faire de nouvel amalgame , soit pour couvrir les pièces de cuivre qui n'ont besoin que d'être très-légèrement dorées.

Préparation de ta dissolution mersuriede.

L'amalgame d'or s'applique sur le bronze au moyen de l'acide nitrique pur tenant en dissolution un peu de mercure. Voici un des procédés proposés par M. Darcet:

Oa met dans un matras de verre loo grammes

354 ^^ SECAETS HODBEBTES

de mercure et iio grammes d*acide nitrique pur à 36« ; on porte le matras sous le manteau de la forge, dans l'endroit où le courant d'air est le plus fort, et on Ty laisse jusqu'à ce que la dissolution soit complète. On ver]se cette dissolution dans une bouteille propre 9 et l'on y ajoute cinq litres et demi d'eau distillée ou d'eau de pluie; on agite bien le mélange, et on le garde pour le besoin.

Dorure, Ces diverses préparations faites , on pro« cède à la dorure.

1*" L'ouvrier recuit la pièce de bronze qu'il veut dorer, après qu'elle est sortie des mains du tournepr et du ciseleur. Pour cela , il la pose sur des cbarlMos de bdSs allumés, et l'entoure de charbon , et surtout de mottes à brûler, qui donnent un feu plus égal et moins vif; il la couvre entièrement, afin qu'elle s'oxide moins. Il veille à ce que les parties minces de la pièce ne soient pas plus chauffées que les parties épaisses. 11 est bon de faire cette opération d^ins un endroit obscur. Lorsque la pièce a été portée à la couleur rouge-cerise, Touvrier enlève le combustible qui Tentoure , prend la pièce avec des pinces

à longues branches , et la met à refroidir à l'air et lentement.

a» Dérochage ou décapage. Cette opération a pour but d'enlever de la surface de la pièce de bronze recuite la couche d'oxide qui s'y est formée.

On trempe la pièce dans un baquet rempli d'acide sulfurique très-étendu d'eau ; on l'y laisse assez longtemps pour que la couche d'oxide soit bien dissoute ou au moins délayée , et on l'y frotte avec une brosse rude. Lorsque 1^ pièce est bien décapée, oii la lave

DBâ Â&T8 ET MÉTIERS. 555

el on la fait sécher. Sa surface est encore irisée ; on la trempe alors dans de Tacide nitrique à 56" , et on Vy frotte avec un pinceau à longs poils. Cette opération met le métal à nu 9 mais ne le rend pas éianCf comme disent les ouvriers. Pour lui donner tout l'éclat métallique 9 on passe enfin la pièce dans un bain d'acide nitrique à 56®^ auquel on ajoute un peu de suie ordinaire et de sel marin. Cette dernière circonstance a fait pensera M. Darcet qu'on pouvait dérocher parfaitement en employant Tacide sulfurîque et l'acide muriatique , en place de l'acide nitrique j qui attaque le cuivre pur avec beaucoup plus de facilité et d'énergie que ne le font ces deux acides.

Dans tous les cas , dit-il , le dérochage bien fait ne doit dissoudre que l'oxide formé à la surface de la pièce pendant le recuit , et ne doit attaquer en aucune manière le métal , ce qu'il est difficile d'empêcher lorsqu'on déroche le bronze en se servant d'acide nitrique.

La pièce étant bien dérochée, on la lave avec soin à grande eau 9 et on la roule dans de la tannée 9 du son, ou de la sciure de bois , pour la sécher complètement, et pour éviter ainsi l'oxidation que l'humidité déterminerait à sa surface.

La pièce 9 en sortant du dérochage , doit paraître parfailement récurée et dégagée d'oxide ; le métal doit être partout mis à nu et avoir une belle teinte jaune pâle ; sa surface doit être grenue ou légèrement dépolie. Si elle était trop unie 9 l'or n'y adhérerait que difficilement ; si elle était trop rayée ou trop fortement dépolie 9 la dorure emploierait beaucoup d'or et coûterait trop cher.

556 LU SlCABTf MODiuns

3* 'Jppiicaiion de i'amaigame. La pièc< bien dérochée » on y applique Tamalgame , q mis dani un plat de terre non vernissé et d'ui grossier. On trempe la gratie-~ha$êô à dore pinceau fait avec des fils de laiton an lieu dt dans la dissolution nitrique de mercure do été question.

On appaie avec la gratte-bosse sur Tarn que Ton a posé sur la paroi légèrement incli plat de terre ; on tire la gratte- bosse à soi , e\ charge par ce moyen d*one quantité convenab amalgame que Ton porte de suite sur la pièi s*agit de dorer* On Vj étend avec soin en tn de nouveau , si cela est nécessaire , la gratt dans la dissolution mercurielle , et ensuite d malgame. L'ouvrier intelligent répartit égalcn inégalement Tamalgame sur la pièce , selon diverses parties doivent recevoir plus ou moii On lave ensuite la pièce à grande eau; il fa Teau soit propre et qu'elle n'ait pas servi à vages antérieurs ; on fait sécher la pièce , et porte au feu pour faire volatiliser le mercur( première couche de dorure ne suffît pas , c de nouveau la pièce ^ et Ton recommence Top jusqu'à ce qu'on soit satisfait de Touvrage.

4** Volatilisation du mercure. Lorsque U est bien recouverte d'amalgame , le doreur V sur des charbons allumés; il la retourne ^ Téc peu à peu au point convenable 9 la retire di la reprend avec la pincelto à longues branch pelée moustache $ la met dans sa main gaucl est garnie d*un gant de peau épais et mate

Page 1