DES 1BT8 ET MÉT1EB
pour évitei- de se brûler , el la tourne el relourne en tous Ben» en la frollant et la frap|i3nl à petits coups avec une brosse à longs poils. Il répartit ainsi bien également la couche d'amalgame.
Il remet la pièce au feu et la traite de la m^mc manière jusqu'à ce que le mercure «oil entièrement volatilisé, ce qu'il reconnaît au bruit que fait une goutte d'eau qu'il jette sur ta pièce, et au temps qu'elle met à se vaporiser. Pendant ce temps il répare les endroits défectueux, ayant bien soin de ne volatiliser le mercure que très-lentement. La pièce . amenée à l'étal de dorure parfaite, est lavée et gratte-bossée avec soin, dans une eau acidulée avec du vinaigre.
8i la pièce doit porter des parties brunies et d'autres mises au mat , on couvre les parties qui doivent être brunies avec un mélange de blane d'Espagne, de cassonade et de gomme délayée dans de l'eau. Celte k(^ratîon s'appelle épargner. Lorsque le doreur a Mirgné les i^runis , il fait sécher la pièce, et la e à un degré de chaleur suffisant pour chasser le E^Wu de mercure qui pourrait encore y rester; ce qui i est indiqué par la couleur que prend la pièce, et |Mr la teinte noirâtre que preoiU'ipargne. Alors il la plonge, lorsqu'elle est encore un peu chaude, dans de l'eau acidulée par l'acide sulhirique; il la lave ensuite , l'essuie el lui donne le iruni.
5* Le iiruni se fait en frottant la pièce avec des brunissoirs d'hématite ou de pierre sanguine. L'ouvrier trempe son brtiuissoir dans de l'eau acidulée Bvec du vinaigre ; il frotte la pièce toujours dans le tataie sens, en allant el venant, jusqu'à ce qu'elle
558 LES 8BGBBT8 MODElKBfl
présente un beau poli et tout l'éclat métalKqoe. Lorsqu'elle est bien brunie ^ TouTrier Id lave dans de Teau froide, Tessuie avec un linge £n, et termioc l'opération en la faisant sécher lentement snr ut grillage posé sur un réchaud chargé de braÎK allumée.
6° Le mat se donne comme il suit : la pièce • oooverte d'épargne sur les parties qui doivent être braniesy si elle doit eu avoir , est attachée avec du fiide fer à l'extrémité d'une tringle de fer; on la ià chauffer fortement pour teindre en brun i'épargnêt c'est-à-dire en caramélisant la cassonade et en brûlant un peu la gomme qui entrent dans cette composition. La pièce dorée prend alors une belle teiote d'or; on la couvre avec un mélange de sel maria, de nitre et d'alun liquéGés dans la seule eau de cristallisation de l'alun. On reporte la pièce au feu, etoi la chauffe jusqu'à ce que la couche saline qui la couvre devienne homogène , presque transparente, et entre en véritable fusion ; on relire alors la pièce du feu, et on la plonge subitement dans de l'eau froide , qui ou sépare la couche saline et doit même enlever la couche de {'épargne. On passe alors Je pièce dans de l'acide nitrique très-faible, on la lave à grande eau , et on la fait sécher en l'exposant soit à l'air , soit sur le réchaud à sécher , ou en l'essayant légèrement avec des linges propres et
7** De ta couleur d'or moulu» Lorsqu'on veut mettre une pièce de bronze dorée , en couleur d'or moulu, on la gratte-bosse un peu moins que de coutume; on la fait revenir en la chauffant plus
DBS ARTS BT idTlBRS. SSq
!i forlement que si on voulait la mettre au mat, et on
i la laisse un peu refroidir. On délaie avoo du vinaigre
! la couleur d*or moulu , qui est un mélange- de san*
: guine y d'alun et de sel marin. On prend cette com-
e position avec un pinceau, et on en couvre la pièce
de bronze dorée, en ayant soin de réserver les érunis :
( on la met sur des charbons allumés, on anime un
: peu le feu à Taide d'un soufflet, et on la laisse cbauf-
I fer )usqu*à ce que la couleur commence à noircir.
r La pièce doit être assez chaude pour que de Teau
jetée dessus ' se réduise en vapeurs avec bruit. On
retire alors la pièce du feu et on la plonge dans
Teau froide; on la4ave bien , et on égalise la couleur
orangée que présente la dorure, en frottant la pièce
avec un pinceau imbibé de vinaigre si la pièce est
unie , et d'acide nitrique faible si elle est gravée ou
chargée de ciselures. Dans ces deux cas on lave la
pièce à grande eau , et on la fait sécher sur un feu
doux.
8** De ia couleur d'or rouge. Lorsqu'on veut donner à la pièce dorée la couleur rouge que présente Talliage triple d'or, de cuivre et d'argent, employé pour la fabrication des bijoux , on la soumet à l'opération dont voici le détail :
On prend la pièce en sortant de la forge à passer, étant dorée sur 6uis (i) et encore chaude; on Fattache à un fil de fer; on la trempe dans la composition connue sous le nom -de cire à dorer , qui est
(i) L'«urrier doreur appelle buia, l'application de ramalgame : il dit faire 1, a, 3, etc., buis sur une pièce, dorer une pièce à i, a, 3, etc.^Auù.
36o L«8 8BGBET8 H0DEBVB8
formée de cire jauDe, d'ocre rouge, de vert-de-gris, et d'alun ; on la porle sur un feu de charbon de bois allumé ; on fait chauffer fortement la pièce, et on favorise Fin flamma Lion du mélaoge qui la recouvre en jetant quelques gouttes du même mélange sur les charbons ardens ; on la tourne et retourne sur le feu de manière à ce que la flamme floit pa^ tout égalemeat vive. Lorsque toute la cire de la con- i leur est brûlée , et que la flamme s'éteint « on plonge la pièce dans l'eau , on la lave et on la gratte-bose avec du vinaigre pur. Si la couleur n'«8t pas belle et bien égale de teinte , on couvre la pièce de vert-degris délayé dans du vinaigre , on la fait sécher sur un feu doux , on la plonge dans l'eau et on la grattebosse avec du vinaigre pur , ou même avec un peu d'acide nitrique faible, si la teinte que présente la pièce est trop noire. On lave alors la pièce dorée, on la brunit, on la lave de nouveau, on l'essuie avec un linge fin, cl on la fait sécher sur un feu doux.
Moyens de dorer à Vhuiie » en or éruni , toutes sortes d'objets fabriqués en mêlai et vernis.
Premier procédé. Les pièces étant vernies et polies, l'opération consiste à appliquer le mordant ( dont la composition sera décrite plus tard ) de ia manière suivante :
Il faut d'abord réchauffer la pièce et la faire ressuyer à l'étuve , afin de s'assurer qu'il ne reste pas la moindre humidité sur les parties qu'on destine à être enduites du mordant. Dans cet état parfait de fiiccité, on place avec précaution et le plus également
possible 9 tant en quantité qa*en distance , au naoyen d'an petit bâton effilé en forme de crayon , des moucbes du mordant préparé qu'on a dans un un petit godet. Cette opération doit se faire avec la plus grande promptitude possible 9 afin que les premières gouttes mises ne prennent pas un degré de consistance qui pourrait nuire à la parfaite extension du mordant ; cette extension se fait de suite f d'abord en se servant d'un petit tampon de taffetas , et ensuite d'un velours qui étend le mordant et en diminue l'épaisseur au point nécessaire : sans 'Cette précaution il y aurait l'inconvénient majeur de nettoyer l'or en l'appliquant, ce qui lui ô;terait tout le brillant qu'il acquiert par la seule application, dont la réussite dépend encore plus des moyens de manipulation que des procédés de composition du mordant.
Composition du premier mordant. Or couieur et huile cuite dégraissée , mêlés en proportion égale. ' L'or coutcur se trouve chez les marchands de cou* leurs.
Deuxième procédé» Toutes les préparations cidessus étant effectuées , on peut parvenir à produire le même effet par l'addition de deux parties de cire à une partie de vernis, va mastic fait d'huile de lin dégraissée, et demastic qu'on applique de même que le mordant ci-dessus; lorsqu'il est frotté et bien étendu , il faut l'exposer à la chaleur d'une étuve pour achever l'extension. L'application de l'or se fait comme il va être indiqué dans le procédé suivant , reconnu pour le meilleur , tant par la séourité qu il offre au manipulateur dans l'opération , que par l'ë* olat et la solidité qu'il donne à ce genre de travail. I. \^
36a us SBGBBTS MODBlHtS
Tfoiêième procédé. Il consiste à faire an mordant composé d*une portion de vernis blanc au karabé, ou de vernis noir aussi au karabé , qui se trouvent cliez les marchands , et de deux parties d*huile grasse. Ainsi 9 dans la supposition que la portion de vernis karabé blanc ou noir soit d*ane once , la po^ tion d*huile grasse sera de deux onces ; le tout employé sans essence 9 de la manière ci-après détaillée.
On couche le mordant au pinceau » et après cette opération » on essuie avec un velours ^ et Ton met an intervalle entre Tapplication du mordant et celle de Ter. L'usage seul peut enseigner le moment Juste de siccité du mordant pour appliquer l'or. On se sert d'un coussin de peau de veau fauve : ce coussin se vend , ainsi que le couteau et la palette , chez les marchands de couleurs.
Sur ledit coussin on étale une feuille d'or battu, qu'on divise en petites portions proportionnées à la dimension de la place mise au mordant; on applique sur le mordant cette portion , par le moyen de la palette k dorer ou du bilboquet 9 ou d'une simple carte, suivant l'habitude de l'ouvrier.
L'or une fois appliqué , on appuie dessus avec un morceau de peau bien propre ; on repasse ensuite avec un velours bien net 9 afin d'unir et de donner le brillant nécessaire ; on laisse sécher dans une étuve très-douce , et on donne après à l'or une ou plusieurs couches de vernis gras , avec l'attention de ne faire cette dernière opération que lorsque l'or est parfaitement sec 9 et qu'il n'est plus susceptible d'être imbibé du vernis qu'on y applique et qui lui ôterait son éclat.
VBS AKTB BT ttixiEBS. 36S
Les couches de Ternis que Ton donne par-dessus l'or servent à le mettre à Tabri des frottemens j et à même d^être lavé en cas de souillures par les mouches 5 etc.
Manière de dorer sans or, Oo forme la composition suivante :
Une once de sel ammoniac.
Une dend-once de mercnre.
Ces deux substances ^ jetées dans un creuset cou* vert et bien luté 9 sont mises pendant une demi-heure sur un feu modéré^ qu*on pousse ensuite jusqu'à ce que le creuset devienne rouge.
Alors on relire le feu du fourneau, et l'on jette la matière dans Teau froide j où elle devient dure comme de la pierre. On la pulvérise , et on la délaie dans de l'eau de gomme. Quand elle est sèche, elle prend réellement la couleur de l'or , partout oîi on rapplique.
Or mussif.
L'or mussif est une combinaison d'étain et de soufre ; il présente des écailles fines couleur d'or, et des feuillets hexaèdres qui sont gras an toucher. L'acide muriatique ne l'attaque pas.
Ptéparaliùn> ' On peut le préparer de diffèrenl«% tciaxx\^\^ \
364 I-Bi 8ECAETS MODBRHKS
1* en chauffant de l'oxide d*étaia et du soufre; 2" en chauffant cinq parties de proto-sulfure d'étaio, avec huit parties de deuto-muriate d*étaÎD; 3» en chauffant du soufre et du chlorure d'étaio; 4^ amalgame d'étaio^ soufre et sel ammoniac. La moitié de Tétaln se combine avec le soufre. Il se volatilise dei chlorures d*étain et de Tammoniaque.
La préparation ordinaire consiste à chauffer pendant quelques heures au bain de sable, dans une retorte, d'abord faiblement 5 ensuite plus fort, mais au-dessous de la chaleur rouge^ les mélanges suîvans. ( La partie la plus belle mais la plus petite de Tor mussif se sublime; la plus grande partie reste sur (a fond du vase. )
X* Limaille d'ëtain i , soufre i, sel ammontoc x;
a* Limaille d*étain 4 ^ soufre 3 , sel ammoniac % ;
3o Amalgame de a ëtain et a mercure, i i/a de soufre et x sel ammoniac
( Thënard ) ; 4* Amalgame de la d'ëlain et de 6, arec 7 soufre et 6 sel ammoniac; 5* Amalgame de 4 étain et 4 mercure, 3 soufre et a sel ammoniac; 64 Amalgame de la ëtain et 3 de mercure, 7 soufre et 3 sel «mmomac; 70 a oxidule d'élain et i de soufre; t* S oxide d'étaia, 7 soufre, 4 ^^ ammoniac.
Black a donné le procédé suivant : On précipite une dissolution de nitrate d*étain avec du sulfure de potasse ; on sèche, on le mêle avec moitié de son poids de soufre et ^ de sel ammoniac, et on fait rougir. On obtient ainsi de trë8-ji)el or mussif.
Quand la chaleur rouge a été maintenue assez long-temps, Tor massif n'a ni goût ni odeur, et il ui d'une teinte jaune foncé; dans le cas contraire 9 jia couleur est moins foncée, et ilcopsenre imje odeur
DBS AHT8 KT MitlEBS* 355
sulfurease et une saveur âpre. Par une très-forte chaleur, il devient facilement gris.
Quelques fabricans assurent que Tor mussif préparé avec du mercure a une couleur plus belle, x Kaster n*a point confirmé cette observation.
Broyé avec de la gomme 9 Tor mussif sert pour dorer, pour Tencre couleur d'or, pour frotter les coussins des machines électriques^ pour faire la cire à cacheter de couleur d'or , pour bronzer , etc. On le prépare depuis long-temps h Nuremberg.
366 U8 SBCIBTS HOMuns
m^M^nm^tMt/tnmMtnnM^nMnn^f w mtMvm^t w^imt m iutMWtMnnM n Mmniyt^MtmMmivtm^tttytnM %»mii»
EAV DE COLOGNE.
II. existe une foale de recettes ponr la préparatioi» de l'eau de Cologne , et chaeon prétend à ravantag^ de posséder la véritable.
Becette de Farina pour la véritable eau de Coiogfte»^ R. 110 pots d'eau-denrie.
Thym I . 6 K«>«-
MëlisM sèche I
Menthe I '* «»***•
Ctlamus aromtticus. . . 4 C^o**
Racine d^angélique. . . a gros.
Camphre . i gros*
Pétales de roses. . . I
de Tiolettes. I * <«^«*-
Flenrs de lavande. . . a onces.
— d'oranger. ... 4 %fos- Grande ahsiothe. . . . i once»
Noix muscades. • • • j
Clous de girofle. . . f
Casia lignea [ ^ ^^^'
Uacis 1
Deux citrons et deux oranges coup^ par morc«aax.
Laissez macérer pendant vingt-quatre heures» dfotillez au bain-marie et retirez 80 pots.
Ajoutez dans le produit :
Essence de citron. . .
— — dé cédrat. . .
de mélisse. .1 lonce^iti^
— — de laitande. .
tB8 ÂET8 ET wKtIEM. 5^7
Nérdli I
Essence de semences d^authos. . I ^ ^^ '
Essence de jasmin t once.
«— ' de bergamote ta onces.
Filtrez et conservez pour l'asage.
Gomme on recherche bien moins maintenant dans l'eau de Cologne un médicament utile qu'un aromate agréable, on en a beaucoup simplifié la composition, et parmi les nombreuses recettes qui existent pour cette préparation, il en est quelques-unes qui prescrivent une solution simple de diverses essences dans l'alcool. Cependant il est bon de savoir que le procédé de la distillation est toujours préférable « parce que Tunion est plus intime et le bouquet mieux fondu.
Le Codex de Paris donne la recette suivante :
R. HttUe Tolatile de bergamote.
->>— ^e eitron I
de cédrat. . • I «oogrammes.
— ■ de romarin \
— de ilenr d*oranger. > • } ^o gramme».
.— — de lavande • 1
■ ' de cannelle a5 grammes^
Dissolyes dans alcool à 36o. . . la kilogrammes.
Eau de mélisse compo^. • • i k. 5oo.
Esprit de romarin. ....... i k.
Laissez macérer pendant dix {ours, et faites distiller au bain-marie jusqu'à obtention des | du poids total; ajoutez ensuite :
Eau d0 bouquet. 5oo grammes.
Cadet-Gassîcourtpropose» dan» Vq Dk^<wiUVix^ ^^%
368 LES 8ECBBT8 MODEEKBS
Sciences médicales , de la préparer eomme soit :
B. Alcool i 3ao a litres.
Nërolî
Essence de cédrat. . . .
d'orange. .
94 gouttes, de citron. • . . '
de bergamote. .
de romarin;. • .
. Ajoutez semences de petite cardamome deux gro», distillez au bain-marie, et retirez les trois quarts de TalcooL
. La recette suivante ne prescrit point de distillation.
R. Aicool k 3so i Titre.
Essence de citron I
de bergamote. . . î ' S'os*
de cédrat 1 gros.
de lavande i/a gros.
de fleur d*oranger. . 10 gouttes.
Teinture d'ambre xo gouttes.
— — • de musc i/a gros.
— — de benjoin 3 gros.
Essence de roses a gouttes..
Agitez I^ tout et filtrez.
EBENISTERZE.
Procédés pour imiter les hais exotiques.
L'art est parvenu à imiter les bois de couleur destinés an placage. Les bois de poirier , de noyer ^ et celiiiâe Sainte- Lucie (^^Tumex iï\^\v^\tfe\, soot ceux
DBS ÀBT8 BT uitlBHB» 36g
que Ton emploie de préféreoce pour ce genre d'imitation. Voici quelques compositions à l'aide desquelles on peut donner à nos bois indigènes l'aspect et les couleurs brillantes des bois exotiques.
Bois imités : Acajou. Rien n'est plus facile à imi* ter que ce bois ; mais comme il a des nuances variées^ on peut employer des teintures diverses qui» appliquées sur diflférens bois 9 offrent des tons plus ou Hioins foncés ^ plus ou moins brillans. Les teintures^ qui réussissent le mieux sont les suivantes :
Acajou clair à reflet doré, — Infusion de brésil sur le sycomore et l'érable.
Infusion de garance sur le sycomore ^ sur le tilleul d*eau.
Acajou rouge clair, — Infusion de brésil sur le noyer blanc; roucou et potasse sur le sycomore.
Acajou fauve,^^ Décoction de bois de Campêclie sur l'érable et sur le sycomore.
Acajou foncé. — Décoction de brésil et de garance sur Tacacia^sur le peuplier.
Solution de gomme -gutte sur le châtaignier vieux; solution de safran sur le châtaignier.
Bois citron. — Gomme-gutte dissoute dans Tessence de térébenthine sur le sycomore.
Bois jaune» — Infusion de curcuma sur le hêtre ^ le tilleul d'eau , le tremble.
Bois jaune satiné. — Infusion de curcuma sur l'érable.
Bois orangé. — Infusion de curcuma et muriate â*étain sur le tilleul.
Bois orangé satiné foncé. — Solution de gommegutte ou infusion de aafran sut \% ^qvx\&x.
3jF0 lES êtlÙiÈfÉ itOHEiHf»
Buis de eouréarii, dit éois dt eoraii. -— Infudoir d« bréfiil ou de catnpêche appliquée sur retable, kf sycomore, le charme, le plartaue, l'acacia, et altérée par Tacide sulfurîque.
Biriê de gaîae* — Décoction de garance sur le platane; solution de gomme -gutte ou de safran sur Terme.
Bais hrun veiné* — Infusion de garance sur le platane, le sycomore^ le tilleul, aveo une couche d'acétate de plomb.
Bois vert veiné. — Infusion de garance sur le platane , le sycomore , le hêtre, avec une couche d'acide sulfurîque.
Bois incitant le grenat. — Décoction de brésil ap-^ pliquée sur le sycomore aluné ; le bois teîttt altéré ensnite avec une couche d'acétate de cuivre.
Bois bruns. — Décoction de campôche sur Térable, le hêtre, le tremble; le bois étant aluné avant d'être teint.
Bois noirs. — Décoction très -forte sor le hêtre, le tilleul, le platane, l'érable, le sycomore; le bois teint altéré par une couche d*acétate de cuivre.
Préparation des hois. Ils doivent être bien dressés et polis avec de la prêle ou de la pierre-ponce , pour qu'ils prennent la couleur d'une manière uniforme. Il ne faut pas qu'ils soient épais, mais débités en planches minces comme le bois de placage : alors on peut les plonger entièrement dans la teinture; mais si Ton opère sur des bois forts ou épais , on applique les teintures chaudes par couches, ainsi qu'il sera dit plus bas. Avant de les mettre en couleur, il est avantageux de les \eu\t ^eu^^ux Nvci^i-^^tiatre
i>B8 Â&T8 BT HértEBS. S7I
henres dans une étuve^ à la température de So*" en* viron, afin d'ouvrir leurs pores et d'évaporer rhum!* dite qu'ils peuvent contenir.
Teinture, Il faut avoir une chaudière longue et étroite / posée sur un fourneau en forme de galère. €*est dans cette chaudière que Ton fait bouillir les bois avec les différentes décoctions colorantes; on ne les retire que lorsque la teinture les a pénétrés à cinq ou six millimètres d'épaisseur.
Si Ton ne peut faire bouillir le bois » il faut appVi* qoer la teinture bouillante avec un pinceau doux, en mettre quatre ou cinq couches successives, sni« vaut la porosité du bois, et attendre toufours, pour mettre une couche , que la précédente soit sèche.
Quand le boisest coloré et bien sec, on le polit avec la prêle.
Application du vernis. Quelle que soit la couleur qu'on ait donnée au bois, il restera terne, si on ne le polit pas avec soin , et si on no le couvre pas d'un vernis. De tous les vernis , celui qui réussit le mieux est le suivant :
Sandaraque 4 hectogrammes.
Mastic ea larmes a
Gomme laque en tahlettes. ... 4 C ^^ jaune est pre'fe'rable. )
Alcool de 36 à 4o° • 3 litres et demi.
On concasse les résines, et on opère leur dissolution au moyen d'une agitation continuelle, sans le secours de la chaleur. Quand les bois sont très-poreux, on ajoute au vernis deux hectogrammes de térébenthine. Dans la vue de diviser davantage les résines ^ et a^w de Icat faire présenter unç p\us çtaxiflLe ^wciâ^R.^ V\^-
^7^ LES 8ECEET8 MODEEVES
cool , on mêle aux substances résineuses on poids égal de verre pilé. Ce verre pilé empêche la poussière de résine de se tasser, et la dissolution 8*en fait mieux et en moins de temps.
Avant de mettre le vernis, on imbibe légèrement le bois avec un peu d*huile de lin ; on le frotte ensuite avec de la vieille laine, pour enlever Tezcédant d'huile. On peut employer au même usage du papier gris, ou de la sciure de bois passée au tamis fin.
On imbibe ensuite un morceau de gros linge usé et plié en quatre ou six (de manière à former ce qu*on appelle une poupée ) , avec le vernis , et Ton frotte bien doucement sur le bois, en retournant de temps en temps le linge , jusqu'à ce qu*il paraisse presque sec. OnTimbibe de nouveau, et Ton continue de la même manière, jusqu'à ce que les pores du bois soient couverts. Il faut avoir attention de ne pas trop mouiller le linge et de ne pas frotter trop fort, surtout au commeneement. Lorsqu*on sent que le vernis grippe, ou met avec le doigt une très-faible goutte d'huile d'olive qu'on étend bien sur la pelolte.
On verse ensuite sur un morceau de linge propre un peu d'alcool, avec lequel on passe bien doucement sur le bois verni ; et à mesure que le linge et le vernis sèchent, on frotte plus fortement, jusqu'à ce que le bois ait pris un beau poli et un éclat vif.
Deux ou trois couches de vernis suffisent pour les bois qui ont les porcs serrés.
Les bois d*acaiou , du moins ceux récemment travaillés p sont so^et» \ se noW^x ^^t V^^^t d'une
DES AET8 ET MiTlEHS. 5^3
température humide, ce qui obligea les faire séchev préalablement, opération longue et dispendieuse. De beaux blocs d'acajou sont souvent déparés aussi par des taches et des veines verdâtres, ou renferment des insectes qui ne tardent pas à les attaquer.
On abrège considérablement la dessiccation^ et ou remédie efficacement aux inconvéniens, en employant le procédé qui suit : il consiste à placer les bois dans uae caisse ou chamibre hermétiquement fermée, où Ton fait arriver, par un tuyau aboutissant à une chaudière, de la vapeur d*eau qui ne doit pas être au-'dessus de la température bouillante. Après que les bois ont été exposés environ deux heures à Teffiet de la vapeur, et qu'on juge qu'ils en sont bien pénétrés , on les porte dans une étuve ou dans un atelier chauffé, où ils restent pendant a/j^eures avant d'être mis en œuvre. Ces temps suffisent pour les bois de moyenne dinoLcnsion, c'est-à-dire qui n*ont pas plus de 4 ou 5 centimètres d'épaisseur^ et qui servent pour chaises, balustrades, lits , etc. ; mais les pièces de plus fort échantillon exigent plus de temps.
EGAILLE, r Manière de la souder. J
Pour souder ensemble deux morceaux d'écaillé , il faut d'abord limer en biseau ou chanfrein les deux bords qui doivent se joindre , de manière que les deux biseaux aient la même inclinaison et qu'ils se conviennent parfaitement. On les place l'un sur Taulre ^ et quand ils joignent bien eus^vxvV^Vft ^ ^\^
3^4 ^ES 8ECBET8 HOBEBim
les entoure de papier un peu fort , plié en trob oa quatre doubles; on arrête le tout avec du fiL Peidant ce temps on fait chauffer des pinces qui rei* semblent à un fer à papillotes ^ mais dont les mâchoires sont assez grandes pour qu'elles embrassent toute la longueur du îoint, qu'on serre avec ees pinces jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que l'écaillé, devenue molle, ploie par son propre poids , ou dn moii» obéisse aisément sous le doigt. Mors en la retire des pinces, on la laisse refroidir, et elle se trouve par* faitement soudée.
Il faut prendre garde que les pinces ne soient pa§ trop chaudes , car elles brûleraient l'écaillé sans la souder. Il est donc utile par conséquent , avant qae de serrer le joint avec les pinces, de les essayer sur du papier , comme on le fait pour les papillote». Les pinces sont à un point de chaleur convenable» lorsqu'elles ne font que roussir un peu le papier sans le brûler.
On soude aussi Técaillc par le moyen de l'eau bouillante. Pour cela , on dispose le joint en bec de flûte , puis on met les deux pièces ajuslées dans la presse , entre deux morceaux de cuivre , en observant que les joints se chevauchent un peu. On serre médiocrement la vis, pour mieux assujétir les morceaux à leur place , et quand on est certain qu'ils sont bien , on met le tout dans l'eau bouillante , après quoi on achève de serrer la vis de la presse ^ pour faire prendre le joint de Técaille à mesure qu'elle s'amollit.
De quelque manière qu'on soude l'écaillc , il faut avoir grand soin que les joints soieut très-vifs et
6t8 AITS ET MÉTIEirs. SfS
très- propres 9 parce que la moindre particule de graisse ou la moindre ordure empêcherait Taction de la soudure. Il faut même éviter de diriger l'haleiae sur CCS foints; ni d*y toucher avec les doigts.
Quand on soude ensemble deux morceaux d*é« caille 9 il faut les choisir de manière qu*à Tendroit du joint , leurs couleurs ou leurs nuances soient à peu près semblables , afin ^ue le joint ne soit pasapparent 9 ou le soit le moins possible*
Ouvrages en écaiHe fondue.
On a vu divers ouvrages en écaille fondue , surtout des tabatières assez belles 9 mais rarement transparentes cependant. M. Lenormaod dit que le procédé, tenu secret, lui a été communiqué par un habile ouvrier, qui ne lui a pas imposé la condition de s*en taire, et il en a publié la description suivante :
« Il faut ramasser tous les débris d'écaillé, les rognures , les tournures, les râpures, etc.
• Cet ouvrier avait des moules en bronze en deux pièces 9 dont Tune entrait dans Tautre comme les poids de marc; sa partie inférieure était fixée à un châssis en fer qui portait une vis à sa partie supérieure, et qui pressait sur la partie supérieure du moula. Il avait un moule semblable pour le bas de la tabatière 9 et un autre pour le couvercle. Il avait une cinquantaine de moules diflférens.
• Dans un fourneau construit exprès 9 était placée une chaudière parallélogrammique qui contenait trois moules dans sa largeur 9 et huit dans sa lon^ gueur.
3^^ l'Es 8BGBETS M0BBEM8
» Ses fragmens d'écaillé étaient cassés par petits morceaux; il en pesait une certaine quantité» car il avait fait beaucoup d'essais pour savoir au juste le poids de Técaille nécessaire pour faire un fond, et celui indispensable pour faire le couvercle 9' y compris le déchet qui se fait en les tournant et les ajustant.
» Il mettait dans chaque moule le poids voulu de récaille en fragmens ou en râpures ^ il posait dessus le contre-moule et serrait sa vis. Lorsque ses a4 moules étaient ainsi disposés , il les arrangeait par ordre dans la chaudière » dont Ueau était déjà trèschaude. Lorsque Teau était bouillante , il serrait tant qu'il pouvait la vis de la première pièce , puis celle de la seconde » et ainsi de suite jusqu'à la a4*; puis il recommençait en entretenant toujours rébullition, jusqu'à ce que le coutre-moule ne s'élevât plus audessus de la surface du moule ^ ce qui lui anoooçait que le vide pratiqué entre les deux moules était rempli par i'écaille fondue.
. 3> Il entretenait constamment l'eau bouillante à la môme hauteur dans la chaudière , en remplaçant celle qui s*évaporait par un filet d'eau chaude que fournissait un vase supérieur ^ mis et entretenu en ébullition par le feu du même fourneau. Les têtes de vis étaient toujours hors de Teau, afin de pouvoir les tourner facilement à l'aide d'une clef. Les 24 presses se calent réciproquement , de sorte qu'elles ne peuvent pas bouger pendant qu'on serre les vis.
B Dans le contre^moule du fond de la boite , il. avait pratiqué une rainure profonde, dans laquelle
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il plaçait un cercle en jolie écaille , qui devait servir à faire la gorge. Ce cercle était irréguliet dans la partie saillante hors de la rainure ; c'était parlà qu*il se soudait avec le restant de l'écaillé , et ne faisait plus qu'une seule pièce avec elle.
» Lorsque tout était froid 5 on démontait les moules et Fou en retirait des fonds et des couvercles de tabatières moulées^ sur la surface extérieure des-* quelles étaient des dessins en relief, des figures , etc. Il ne s*agissait plus que de mettre les pièces sur le tour pour les ajuster ensemble , les approprier in-; térieuremenl et les polir tant à l'intérieur qu*à rez-^ térfeur , afin de les livrer au commerce. >
Lorsqu'on veut plaquer Técaille sur des objets recherchés 9 tels que de petits ornemens d'ébéniste* rie 9 on ne l'applique pas immédiatement sur le bois; mais après l'avoir dressée et mise d*épaisseur 9 on la double pour lui donner du fond ^ et pour que la colle et les nuances du bois ne paraissent pas au travers^ Cette doublure n'est autre chose qu'une couche de noir fait avec du noir de fumée et du rouge de vermille n délayés et broyés avec de la colle de poisson 9 qu'on étend sur Técaille du côté de la chair , et qu'on recouvre ensuite avec du papier qu'on applique immédiatement après la couleur, qui sert de mordant pour retenir le papier.