‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 48 sur 59 · ENCRE A ÉCRIRE · texte numérisé non relu

ENCRE A ÉCRIRE

La noix de galle, le sulfate de fer ( couperose verte ) et la gomme , sont les seules substances vraiment indispensables dans la préparation de Fencre noire ordinaire ; celles que Ton y ajoute quelquefois n*ont d^autre effet que de modifier la nuance , et de rendre la préparation moins coûteuse.

Yoici quelques-unes des receltes les plus usitées et les plus approuvées :

Pour préparer aoo litres d'encre , on emploie :

Noix de galle x5 kilogr.

Sulfate de fer lo.

Gomme du Sénégal. . ao.

Eau aoo.

On met dans une chaudière cylindrique en cuivre , d'une profondeur égale à son diamètre y les noix de galle concassées ^ avec environ 1 5o kilogrammes d'eau ; on place un couvercle sur la chaudière ; on chauffe jusqu'à j'ébuUition , et l'on maintient à cette température pendant trois heures environ , en ayant le soin de remplacer par de l'eau bouillante celle qui se réduit en vapeur. Au bout de ce temps ^ on soutire dans un récipient ( on se sert communément d'un baquet ) 9 on laisse déposer , puis on tire à clair , et l'on fait égoutter le marc sur un filtre. Pour obtenir la solution plus limpide et précipiter une partie du tanin , qui se trouve toujours en trop grande proportion, on peut clarifier avec des blancs d'oeufs ou du sang.

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D*un autre côté , on fait dissoudre la gomme dam une petite quantité d'eau tiède» puis on délaie le mucilage qu^on en a obtenu dans la décoction de noix de galle.

On fait dissoudre encore séparément le sulfate de fer, et Ton verse la solulion dans le mélange de gomme et de noix de galle 9 en brassant fortement. Le liquide prend une teinte brune ; on le laisse exposé à Taîr dans des tonneaux défoncés d*un bout, et on Tagite fréquemment à Taide d*une spatule, afm de favoriser la réaction de Toxigène de Tair, qui augmente par degré» l'intensité de la couleur.

Il vaut mieux obtenir une encre un peu pâle , qui se fonce sur le papier, qu'une encre trop noire, parce que celle-ci serait moins fluide. On essaie donc de temps à autre le liquide exposé à Tair, et dès qu'il a acquis la teinte désirée , on le laisse déposer en couvrant le tonneau, on le soutire à clair avec précaution , puis on le met en bouteilles, que Ton bouche bien , et même que Ton cachette ordinairement. Quelques fabricaos laissent l'encre se couvrir d'une moisissure dans les tonneaux avant de la soU" tirer ; il paraît qu'ils l'obtiennent ainsi plus claire et moins sujette à se moisir dans les bouteilles et les encriers.

On peut abréger l'opération , et avoir dès le premier jour l'encre d'un noir aussi intense que possiblcy en calcinant préalablement le sulfate de fer^ ou en le traitant à chaud avec une petite quantité d'acide nitrique ; mais ce dernier procédé donne une encre moins coulante, et qui ne se fonce plus sur le papier.

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La noix de galle étant d^uo prix assez élevé, on en remplace souvent nne partie par du sumac , du bois de Campéche y et même de Técorce de chêne pulvérisée. L'encre ainsi préparée est toujours moins fluide, et d'une nuance moins belle. Plusieurs fabricans la préparent de cette manière ; ils doublent la dose d'eau que nous avons indiquée, pour faire leur encre simple, et nomment douhie celle dont nous donnons la proportion.

Pour obtenir uue belle encre double d^un noir tirant sur le violet, quelques fabricans ajoutent une petite quantité de carbonate de manf^anèsc.

Assez ordinairement on prépare l'encre simple en épuisant le marc des noix de galle par plusieurs lotions d'eau; on réunit les décodions obtenues ainsi . on filtre à travers une toile, et on ajoute la moitié des galles employées précédemment , ainsi que la moitié de sumac ou de bois de Campéche quand on en fait emploi. On fait bouillir, et la décoction est traitée comme ci-dessus, avec les deux tiers des proportions indiquées en gomme et sulfate de fer.

Les dépôts noirs qui se forment au fond des tonneaux, chez les fabricans d'encre, sont vendus sous le nom deéoues d'encre aux emballeurs, pour marquer et numéroter les caisses.

M. Chaptal a indiqué la recette suivante dans sa Chimie appliquée aux arts : On mêle un tiers de copeaux de Campéche avec deux tiers de noix de galle concassées; on fait bouillir dans vingt-cinq fois le poids total d'eau, pendant deux heures, en remplaçant l'eau évaporée. On fait dissoudre dans de l'eau tiède de la gomme, et l'on ^tè^;vt^ ^ww ^\:w\\^

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côté une solution, à 14** de raréomëtre de Baume, de sulfate de fer calciné , à laquelle ou a joint du sulfate de cuivre dans la proportion d'un treiziëme de la noix de galle employée^ On mêle six mesures de la décoction de noix de galle et Campéche avec quatre d*eau gommée; on y verse ensuite quatre mesures de solution de sulfate de fer , en agitant la liqueur, qui devient aussitôt d'un beau noir. On achève l'opération comme il a été dit plus haut.

Lewis avait depuis long-temps annoncé que de toutes les substances astringentes, les noix de galle méritaient la préférence dans la préparation de Tencre. Il indiqua la proportion de trois parties de noix de galle pour une de sulfate de fer, conamie celle qu*il faut préférer.

On sent que ces proportions doivent varier suivant la nature des noix de galle. £n employant la meilleure variété, connue dans le commerce sous le nom de gailc d' Aiep y on obtiendra assez constamment de bons résultats.

M. de Ribaucourt a publié la recette suivante , qu'il dit lui avoir bien réussi :

Eau i»livves.

Noix de galle cPAlep concassée 8 onces.

Copeaux de bois de Campéche 4.

Sulfate de fer 4.

Gomme arabique • . . . 3.

Sulfate de cuivre • i.

Sucre candi i.

Ces ingrédiens sont traités comme nous Tavons dit plus haut.

Les solutions végétales qui entrent dans la compo-

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sîtion de l'encre sont sujettes à des altérations spontanées ; on voit souvent Tencre se couvrir de moisissures 9 puis il se forme un dépôt épais. 11 paraît que ces altérations sont déterminées par des animalcules ; du moins est-il certain qu'on les prévient par Taddition d*un poison actif. On emploie dans cette vue de petites quantités de sublimé corrosif ou de pcrozide de mercure ( précipité rouge ).

ENCRES DITES IBTOÉUÊBILES^

Lorsque les manuscrits sont exposés à Taclion dii chlore 9 aux vapeurs acides, ou tachés par des solutions alcalines, une partie de l'écriture disparait; on a même des exemples de remploi du chlore , de Tacide oxalique , du sel d*oseilie , du suc de citron , etc. f employés par des faussaires pour effacer deà mots auxquels on en substitue d'autres. Cet inconvénient n^est pas moins grand pour des écrits exposés pendant long-temps à une forte humidité : les mots ont été plus ou moins altérés , et il est souvent impossible de les lire. Ces considérations ont provoqué depuis bien long-temps des recherches sur les meilleurs procédés à suivre pour obtenir une encre bien claire y bien fluide , capable de s'imboirc dan? le papier , de ne pas s'effacer par le frottement , et cependant inaltérable par les agens chimiques.

Plusieurs recettes ont été publiées; on en obtient des résultats qui approchent plus ou moins de la perfection. Voici celles qui ont le mieux réussi îusqu'ici.

5g3 LES SECBETS H0DEBKB8

Weslrumb a préparé une encre indété6He , en ajoutant dans une pinte de bonne encre ordinaire lOjgros d'indigo en poudre impalpable et 6 gros de noir de fumée 9 préalablement délayés dans environ 4 onces d*alcool.

Un bâton d*encre de la Chine frotté sur une soucoupe contenant un peu d'eau , en ajoutant à Tencre ainsi obtenue un égal volume de bonne et forte encre ordinaire, donne une couleur bien coulante, bieo fluide, et que n'attaque sensiblement ni le chlore, oi l'acide oxalique.

M. Sheldrake a préparé une encre indestructible, en mêlant ensemble de l'asphalte dissous dans de rhuile de térébenthine , du vernis à la terre d^ombre et du noir de fumée. Mais l'emploi de cette encre n'est pas très-commode , et elle sèche lentement*

2S grains de c opale en poudre , dissous à une doace

chaleur dans 200 grains d'huile volatile de lavande,

y ajoutant deux grains et demi de noir de fumée et

un demi-grain d'indigo en poudre, font une assez

[ bonne composition.

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