DES 1IIT8 ET METIERS
M. Grouveîle, pour la préparation du sons-chroraate, consiste à faire bouillir le chromate de plomb ordinaire avec de la potasse. Cette méthode est meilleure pour la fabrication en grand de ce sel que celle de M. Dulongy et donne une couleur plus belle. Mais, par quelques erreurs inexplicables, M. Grouveîle s^est loat-à-fait trompé sur la nature du sous-chromate de plomb , obtenu par la méthode dont nous venons de parler.
Je puis conclure avec assurance de mes analyses 9 que le chromate jaune neutre contient :
Acide cbromiqne. ...••• 3i 7.
«O&ide de plomb. •....•.« ti8 3.
Tandis que le âous-chromaU rouge contient z
Acide cbromîque. 18 84.
O&idc de plomb. 81 16.
Pour comble de certitude sur cette composition dtt sous-chromate de plomb rouge , je pourrais encore citer que j'ai obtenu ce même «ous-chromate en trî- (aranl ensemble 60 gr. de cbromate de plomb jaune et 40 gi*. d'oxide de plomb , et en aioutant de temps en temps un peu d^eau cbaude.
Quant à Temploi de ce sous-chromate rouge pour Timpression sur calicot , tout renseignement sera inutile pour ceux qui connaissent la manière de fixer la couleur de chrome sur celte étoffe. Je ferai seulement remarquer ici que ce sont Tacétate de plomh et une solution alcaline de chromate de potasse qui donnent la couleur. On peut en outre inlroduice
j9S l'Es SEC&ETS MODEENBS
dans les pores de Tétoffe quelque sel de plomb in* ' soluble pour donner plus de solidité à la couleur. Le procédé peut même être varié de différentes manières, mais il faut toujours qu'à la fin on fasse passer Tétoffe teinte dans Teau bouillante.
Le sous-chromate de plomb rouge, broyé avec de rbuile, donne une très-belle couleur qui a beaucoup de corps. Mêlé avec de la céruse, il ne perd rien de 9a couleur , comme cela a lieu avec le vermillon ; il peut entrer en mélange ^vec d'autres couleurs., et même dans cet état il ne parait pas s'altérer à la longue. — Quant à son emploi pour la peinture en détrempe , je n'ai pas.assez d'expérience pour pouvoir dire s'il ne lae ternit pas avec le temps. Tout ce que j'en sais, c'est que quelques feuilles de papier mince, peintes avec ce sous-chromate et suspendues durant quelques mois dans un appartement habité, n'ont pas sensiblement perdu de l'éclat de leur couleur.
Couleurs d'application. (Consolidation par la vapeur de l'eau bouillante. )
Une des découvertes les plus importantes qui aîept été faites dans ces derniers temps, pour les manufactures d'impression i^'éloffes, c'est l'effet de la vapeur de l'eau bouillante sur les couleurs locales ou appliquées par le moyen de la planche h, imprimer ; celte vapeur donpe aux couleurs une solidité qu'elles n'avaient encore pas pu obtenir. C'est seulement de l'instant de cette précieuse découverte que le bel art d'imprimer des couleurs locales sur la soie, sur le coton, sur la laine ; peut compter sa véritable e^is-
DES AftTS BT METIE&S. 99
ieoce , puisque cet art ne peut être fondé que sur la solidité et la vivacité des couleurs , et que la vapeur d'eau bouillante leur assure ces qualités.
La première épreuve de Teffet de la vapeur de l'eau bouillante sur les couleurs locales fut faite sur une étoffe de laine imprimée ; les résultats surpassèrent de beaucoup ce qu'on en attendait ^ et peu de temps après Tiodustrie en tira de très-grands avantages. En France et en Allemagne, on confectionna presque en même temps de brillantes impressions sur des schalls de laine , sur des robes de femmes 5 et su d'autres objets de luxe.
Ces premiers succès firent présumer qu'on pourrait également fixer, par le même procédé, sur la soie et sur le coton, les couleurs locales ou d'application , et les divers essais qu'on fit à cet égard réussirent parfaitement.
Ce qu'il y a de très-remarquable dans cette découverte, c'est que les couleurs d'application qui , après Timpression , sont si facilement enlevées par le lavage' à l'eau pure, se trouvent consolidées à un haut degré de perfection par la vapeur de l'eau bouillante, non> seulement sur la laine et sur la sole, mais aussi sur le coton et sur le lin. -
Dans les grands établissemens, on a une chambre à vapeur construite en bois de chêne , de 7 à 8 pieds de haut, d'uM largeur d'environ 5 pieds, et d'une longueur égale à 3 fois et demie la largeur d'une pièce. D'après ces dimensions, on peut exposer à la vapeur, dans une seule opération, douze pièces d'étoffes à la fois, comme on va le voir.
Cette petite chambre a une bonne porte qui ferme
1 QO LES DECRETS UÔDERNES
hermétlqnement ; elle est placée à côté d*un fourneau qui porte la chaudière à vapeur, surmontée d*un tuyau qui aboutit à la diambre. Un robinet peroiei e^u arrête rîntroduction de la vapeur. On autre robinet, placé dans le bas de la chambre 9 donne issue à Teau de condensation. La chambre et la chaudière ont Tune et Tautre une soupape de sûreté. Au plancher supérieur de 4a chambre est placé un bon thermomètre, dont la houle est dans 4a chambre et la tige au dehors.
Dans la partie supérieure de la chambre sont pla« céès intérieurement de fortes pièces de bois armées de forts croehets en fer , qui supportent les pièces d^éfoffes qu'on veut soumettre àl*action de la vapeur, disposées comme on va le dire.
Pour les pièces d'étoffes, et afin qu'elles occupent le moins d'espace possible, on a des espèces de cages formées de quatre moutons, un à chaque angle, et tenus à la distance convenable j)ar des liteaux ajustés à tenon et mortaise. Les cages ont 1 m. 20 de hauteur* intérieurement, la largeur de l'étoffe pour leur largeur, et un pied d*épaisseùr. Dans les deux petites traverses de haut et de bas , sont ajustées, à tenon et mortaise , dix à douze petites tringles en bois blanc, espacées de 6 lignes. Au haut de chaque montant est fixé un fort crochet en fer pour recevoir des cordes destinées à supporter la cage chargée de la pièce d'étoffe.
Tout étant ainsi disposé , et la pièce bien seiche après l'impression, on en coud un bout sur 4e premier liteau, on fait passer l'étoffe sur le liteau inférieur; on tend bien en largeur et en longueur, ou la p^Bse sur le second liteau , et ainsi de suite jusqu'âi
lliSS ABT8 BT MJTIEES, 191
ce qu'on soit arrivé à Tautrc bout, en faisant atten-^ lion qu*il n'y ait aucun pli , et que les surfaces ne se touchent pas entre elles. On fixe le dernier bout avec le dernier Ikeau, par le moyen de gros (M ou de petites ficelles.
Alors on met certte cage dans un sac d'élainine , lyae l'on ferme en dessus par une coulisse. On accroche aux quatre crochets quatre cordes qui se réunissent en une, qui porte une boucle, par laquelle on^ raccroche au crochet en fer de la forte pièce de bois.
Lofsqti^on n*a que de petites pièces, telles qu'un coupon d'étoffe, un schall, etc. , on^ a un cadre qui porte de petits liteaux ; on place ces pièces à cheval par-dessus, et Fon enferme ce cadre dans un sac d'étamine, au fond duquel est un cadre semblable qui tient le sac écarté, afin qu'il ne touche pas ces petites pièces. On ferme ce sac , et on le suspend , comme le premier, au crochet.
Avant d'introduire les pièces , on ouvre le robinet inférieur pouv faire évacuer toute Tcau qui pourrait être dans la- chambre , et on laisse ce robinet ouvert Jusqu'à ce que l'opératien soit en train , afin que l'eau de condensation puisse s'évacuera mesure qu'elle se forme. Il faut avoir bien attention que les sacs soient assez élevés pour que> dans aucun cas, ils ne puis* sent tremper dans l'eau de condensation ; car, si cela arrivait , les étoffes se mouilleraient , les couleurs couleraient et se confondraient, ce que la vapeur seule D'occasione jamais.
Lorsque toutes ces précautions sont prises et que les étoffes sont placées, on ferme la çovU) ou Q>\\\t&
lOa £ES SECRETS MODERNES
le robinet à vapeur, on laisse le robinet du bas ouvert jusqu'à ce que le thermomètre marque 700; alors on le ferme, et bientôt le thermomètre monte à loo*'. Les étoffes doivent rester pins ou moins long- temps 4ans la chambre, suivant la température de la vapeur, et suivant qu*elle a plus ou moins de force et de pension. J^ai toujours remarqué que lorsque la température est constamment à 100°^ trente minutes suffisent. On ne doit commencer à compter ce» trente minutes que du moment où le thermomètre est à 1 00°.
Traitement des étoffes aprlsHeiain de vapeur.
Lorsque les étoffes ont été assez long-temps sou-*^ mises à la vapeur, et que cette opération est termi* née, on ferme le robinet qui conduit la vapeur, et l'on ouvre celui qui sert à évacuer l'eau de condensation. On ouvre la porte de la chambre à vapeur, et on laisse refroidir ; alors on enlève les étoffes , et on les lave lorsqu'elles sont entièrement refroidies. Le lavage se fait beaucoup mieux dans une eau courante que dans un bassin. Il faut continuer de laver jusqu'à ce que les substances que Too a employée» pour épaissir les couleurs soient entièrement enlevées, et que la couleur se montre pure et brillante sur le tissu. On fait sécher les étoffes en les plaçant à rétendoir, et on les livre ensuite aux apprêteurs, qui les disposent pour la vente.
DBS âMS et MéTlEBS. 105
lODUBE DE POTASSIUM.
( Préparation par un procédé économique. )
Ce procédé, publié par M. Corîol, et qui est au- {ourd'hui assez généralement adopté dans la fabriqua en grand, consiste à verser dans un vase en grès ou en fonte une quantité convenable d*eau, et à y délayer toute la proportion d^iode qu'on veut traiter; puis on y ajoute peu à peu de lajimaille de fer bien nette et bien décapée. On agite avec un bâton , et quand on s*aperçoit que toute la limaille est dissoute, on en atoute une nouvelle portion. On continue ainsi jusqu'à ce qu'un excès de limaille reste inattaqué; alors on laisse pendant un certain temps en repos , puis on décante. On lave le résidu à diverses reprises, et lorsque toutes les liqueurs claires sont réunies, on transforme Thydriodate de fer qu'elles contiennent en hydriodale de potasse, au moyen d'une solution de sous-carbonate de cette base , qui précipite le fer à l'état de sous-carbonate et sous forme d'un magma très-abondant. On filtre de nouveau , on lave le 80 us- carbonate de fer avec beaucoup de soin, et Ton soumet tontes les liqueurs à l'évaporation. Quand elles sont suffisamment rapprochées, on obtient pai^ refroidissement des cristaux cubiques, blancs, opaques, qui sont l'iodure de potassium. Les derniers cristaux sont un peu colorés, et pour éviter de les redissoudre, on les lave avec un peu d*aloool, qui les débarrasse des eaux-mères dont ils sont 60ulU^«. W
104 LES 8EGBETS HODEaKES
est bon de filtrer la liqueur à chaque nouvelle cristallisation.
On fait en médecine une assez grande oonsommatian d'iodure de potasse.
IVOIRE , OS ET CORNE. C Teinture. }
Teinture pour Vivoire et ies os. On fait bouillir les pièces que Ton veut teindre dans un bain d'eau claire 9 où Ton aura mis parties égales de sulfate de fer et de nitre. Ces sels pénètrent Tivoire et les os, et les disposent à recevoir les parties colorante» de la teinture. C'est au sortir de ce bain encore chaui qu*on plongera le» pièces dans la teinture, où on les laissera autant de temps qu^il sera nécessaire peur que la teinture soit belle et solide.
Rouge. Pour obtenir cette couleur, on emploie deux procédés diffërens : i^ on fait macérer dans Talcool du bois de Fernambouc en poudre ; lorsque la couleur a acquis assez dlntengité , on y pilonge la pièce , qui se pénètre en assez peu de temps de la couleur à Tépaisécur de 2 millimètres ;
a^ On fait bouillir dans de Teau commune de la tenture de drap écarlate ; lorsque Teau commence à bouillir, on y jette des cendre» gravelées pour dégager la couleur de la laine, ce qui rougit fortement Teau. On y jette un peu d*alun, et Ton passe le tout par un linge, pour en séparer la laine. On trempe Tivoire ou lesoSf pendant un instant seulement, dans de Teau
DES ARTS ET HÉtlEftS. lo5
seconde (acide nitrique éfenda d'eau ); et on les jeUe dans le bain de teinture.
Bieu. On fait une bonne lessive de potasse marquant 3 degrés à l'aréomètre de Baume; on en prend un litre et demi ; on y ajoute du sulfate d^indigo . on fait bouillir le tout^ et Ton y plonge Tivoire ou Tos lessivé; on ô(e le vase de dessus le feu , et Ton y laisse Tivoire jusqu^à ce qu*il soit assez colorer
c/atine. On fait subir à Ti voire et à Tos la préparation générale que nous avons indiquée, et on les plonge dan» un bain de graine d^ Avignon ou de cur« ^uma*
Noin On friît tremper les pièces* pendant cinq ou six heures dans une infusion de noix de galle,' de cendres gravelées-et d'arsenic. Quand les pores auront été ouverts, on leur donnera quelques eouches d'une composition pareille à celle qiii>sert à teindre les bois en ébèoe.
Froeidés pour (Htidre ta corne hihttchci'
La seule préparation préliminaire qo^exige la corne pour recevoir différentes couleurs, consiste à la laisser tremper pendant douze heures dans une solution d alun ou d'acide acétique un peu concentré. Il suffit de la plbnger ensuite dans une décoction de bois de Fernambouc, pour là teindre en beau rouge; dans une de safran môlée d'alunà parties égales, ou d'écorce d'épine-vinette avec un peu d'alun , pour la teindre en jaune; et dans une dissolution de vert-dcgris dans l'acide acétique^ avec un tiers de sel ammoniac > pour la teindre en* veru Ou cotvn«x\\v ^\k^
106 LCg SECBETS MODEHNE» /
Meu la belle couleur verte ^ en la plongeant à plusieurs reprises dans une lessive bouillante de potasse la soude ne produit pas le même effet.
ivozas.
( Moyen de iianehir ceiui qui a jauni. }
On fait dissoudre dans une suffisante quantité d'eau autant d*alun qu^il en faut pour que l'eau soit blanchâtre; on lui fait prendre un bouillon; on y jette les pièces d'ivoire , et on les y laisse tremper pendant une heure environ 9 en frottant de temps en temps avec de petites brosses. Quand les pièces sont devenues blanches, on les met sécher lentement, enveloppées de linges ou de sciure de bois, pour éviter qu'elles ne se fendillent.
. On peut aussi frotter la pièce avec du savon noir qu'on étend bien également. On rapproche ensuite du feu pour chauffer toute la surface au même degré; et lorsque le savon aura un peu bouillonné, on essuiera l'ivoire; la rousseur sera emportée. Si la pièce n'était pas enduite de savon partout , ni chauffée également, elle deviendrait jaspée.