LAMES DITES DAMAS
Ce sont des lames de sabre dont le plat présente *s dessins moirés (rès-varîés, des veines alternati- ''ement blanches 5 argentines, noires^ fmes ou ruban- . ^ées, fibreuses^ croisées» enlacées ou parallèles^ etc.9
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que nous tirons de rCtrlent , mais dont la fabrication a particulièrement lieu à IXatnas, ville de Syrie » ce qui leur en fait conserver le nom. Leur excellente qualité est passée en proverbe , et elles sont d'un prix très-élevéy et fort recherchées.
On fabrique maintenant en France des lames damassées qui imitent parfaitement Taspect» la qualité et, la légèreté de celles du Levant.
Le premier qui s'en est occupé chez nous est Clouet^ qui indiqua trois méthodes de fabriquer des lames damassées : i"* celle des iamta paràliUea / ao celle de torsion f 3o celle des mosaïques.
La méthode des lames parallèles ^ que suivent encore avec succès quelques-uns de nos fabricans» consiste à creuser avec un burin les faces d'un mor« ceau d'étoffe composée de lames minces de diverses sortes d*acier. Ces creux « par un travail subséquent^ se remplissent, et se remettent de nouveau avec les faces extérieures, où ils forment ensuite des 6gure» tourbillonnées.
La méthode de torsion, la plus généralement employée pour la fabrication de nos damas d'étoffe , consiste à faire un faisceau de différentes baguettes ou lames d'acier, qu'on soude ensemble pour en former une barre bien corroyée, qo*on tord plusieurs fois sur elle-même , qu'on reforge pour la retordre encore à plusieurs reprises, el toujours reforgeant et corroyant à chaque fois avec le plus grand soin; après quoi, refendant cette -barre jBuivant son axe, et ressoudant ces deux moitiés dos à dos, on a sur les deux faces des Ggures extrêmement variées.
La méthode des mosaïques consiste à préparer
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une barre d'étoffe à peu près comme nous venons de l'expliquer pour la méthode de torsion j et à couper cette barre par bouts à peu près égaux, dont on forme un faisceau qu'on soude , ayant soin de conserver les sections de chaque bout ^ à la surface de la lame. De cette manière on met en évidence toute la variété de dessin, de figure, que renferme chaque tronçon de la barre découpée*
Les lames à la Ctouet , indépendamment de leur excellente qualité, de leur souplesse et de leur extrême élasticité, ont encore, sur celles de l'Orient, davantage de présenter, dans le corps même de Té^ toffe qui les compose, des dessins, des lettres j des inscriptions, cl généralement toutes espèces de figures déterminées d'avance f tandis que, sur les dama» même les plus estimés, on ne voit que des dessins moirés, jaspés, fibreux, tourbillonnes, qui, quelque fins, quelque précieux qu'ils soient, ne sont que le résultat d*un travail habilement exécuté pour ménager et développer la contexture lamellaire ou cri* slalline de l'acier fondu dont sont faîtes ces lames.
Malgré le succès des travaux de Clouet, il restait évident que les dessins moirés des véritables^ damas différaient essentiellement de ceux des nôtres. Depuis, M. Bréant a d«^montré, d*après de nombreux essais, que la matière du damas oriental esl un acier fonda plus chargé de carbone que nos aciers d*£urope , et dans lequel, par l'effet d'un: refroidissement convenablement ménagé, il s*opère une cristallisation de deux combinaisons distinctes de fer et de carbone. Celle séparation est la condition essentiels ; car, si la inaljèrc. en fusion est subitement refroidie, cpmme^
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elle le serait dans une petite iingotîère^ il u*y a pas de damassé apparent.
Le carboue, irrégulièrement réparti dans le métal et formant deux eombinaisons distinctes, est donc ce qui donne lieu au damassé ; et Ton conçoit aisément que plus le refroidissement est lent, plus les veines damassées doivent être larges. C'est pour cette raison qu'on doit éviter de fondre à la fois des masses trop considérables.
Néanmoins il est probable qu'indépendamment de cette séparation du carbone, il y a certains ailiage» métalliques qui peuvent contribuer à la perfectîdn des lames damassées. M. Bréant en a tenté plusieurs. Une des lames qu'il a mises à l'exposition de i8a5y contenait ^ pour cent de platine, et une proportion de carbone plus forte que dans les aciers ordinaires. Elle était d'un beau damassé. Des rasoirs faits avec cet alliage .étaient excellons.
Le manganèse uni à l'acier se forge aisément; mais cet alliage est très-cassant à froid : le damassé qui en résulte est très-prononcé.
Cent parties de fer doux et deux parties de noir de fumée fondent aussi facilement que l'acier ordinaire^ Quelques-unes des meilleures lames présentées à la Société d'encouragement sont le produit de cette combinaison. C'est un moyen facile de fabriquer de l'acier fondu , sans faire préalablement cémenter le fer.
Cent parties.de limaille de fonte très-grise, et cent parties de limaille préalablement oxidée, ont produit un acjer d'un beau damassé et propre à la fabrication des armes blanches. Il est remarquable par son éU'»
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sticité, qualité essentielle dont tie jouit pas Tacier de l'Inde. Plus la proportion de fonte oxidée est forte , plus Tacier est nerveux. On doit avoir soin de remuer la matière en fusion avant de la laisser refroidir^ autrement le damassé ne serait pas homogène.
Plus Tacier contient de carbone , plus il est difficile à forger. On ne peut Tétirei^ qu'^à une température dfont les limites sont assez resserrées : chauffé au rouge blanc, il s*émîette sous le marteau ; au rougecerise 9 il devient dur et cassant, et cette disposition augmente en proportion de l'abaissement de la température. Il ressemble entièrement à Tacier de l'Inde, que nos ouvriers ne peuvent pas forger, parce qu'ils ne connaissent pas les limites de la température qui lui convient.
L'expérience a démontré que les veines orbiculaires que les ouvriers appellent ronces, et qui se voient sur les belles lames orientales, sont le résultat de la manière de forger, ainsi que dans la méthode de torsion des damas d*étoffe. Si Ton tire l'acier en long, les veines seront longitudinales ; si on l'étend également en tous sens^ le damassé a une apparence cristalline; si on le rend onduleux dans les deux sens, on obtiendra des veines ondulées, comme on en voit sur les damas d'Orient.
Quant à la trempe, à l'émoulage et à l'aiguisage, ces travaux se font comme dans la fabrication des sabres ordinaires.
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XAMES BXTES BAMA8 {Imilation des).
Quelques couteliers ont cherché les moyens d'augmenter la valeur d*opioion de leurs rasoirs 9 en donnant à la lame une apparence de damas de l'Inde. Il y a deux manières d'obtenir ce damassé; ou bien il représente du granit, ou bien des dessibs irréguliers. Yoici le procédé dans les deux cas.
Damassé à petits grains hianes. On place les lames sur une assiette, et après avoir pris, avec le bout des poils d'une petite brosse rude et étroite, quelques gouttes d'huile répandue sur la surface d'une autre assiette, on la fait tomber en petites gouttes presque imperceptibles sur les lames, en frottant les poils avec une petite tige en fer. Cette huile se répand comme une fine pluie sur la lame, qu'on place dans une autre assiette , sur laquelle on verse de l'acide nitrique étendu d'eau. L'apide ne produit aucun etfet sur les parties touchées d'huile, et attaque toute l'autre surface de l'acier, qui prend une teinte grise uniforme. On laisse cette lame immergée le temps suffisant pour que le damassé soit bien apparent; on lave à l'eau pure, et l'on essuie avec soin.
Damassé à grands dessins. On prend un vase à large ouverture et plus profond que la longueur de la lame ; on remplit le vase d'eau pure , et l'on y répand au-dessus une légère couche d'huile ; on y plonge la lame de quelques lignes, et on l'agite dans l'eau dans le sens de sa largeur seulement , en la faisant descendre de quelques lignes à chaque j09ouvement. Pendant ce trajet , la lame s'emçate dQ