MOIRÉ MÉTALLIQUE
Cristallisation Yariée qui se maniTeste à la surface du fer^bianc quand on le décape au moyen d'un acide. Cette cristallisation préexiste » et on ne fait que la mettre à nu en dissolfant la légère pellicule d'étain qui la recouvre. Il est facile de s'en convaincre par l'examen attentif d'une feuille de fer*blanc placée dans un endroit vivement éclairé, et en variant lea degrés d'inclinaison de sa surface ; on aperçoit alors dans l'épaisseur de Tétamage des lames chatoyantes qui réfléchissent diversement la lumière, et l'on peut, par cette seule inspection , juger d'avance quelle es- ][»èce de moiré l'échantillon qu'on examine est susceptible de donner.
On a prétendu que les plus beaux moirés s'obtiennent avec des étamages dans lesquels on fait entrer en alliage un peu de bismuth ou d'antimoine. Ce qu'il y a de certain , c'est que ce sont les fers^blancs, surtout ceux marqués d'un F, qui réussissent le mieux pour cet objet, et l'on sait que cet élamage est le plus pur.
Nous avons déjà dit que le procédé consiste à décaper la surface de l'étain au moyen d'une liqueur acide ; mais ou a indiqué un grand nombre de recettes, qui, pour la plupart, peuvent également bien réussir, lorsqu'on prend les précautions convenables. On ne doit pas perdre de vue qu'il faut que l'action de l'acide soit extrêmement limitée , et qu'elle ne s'étende pas au-delà de cette mince pellicule qui a été planée , soit par les cylindres du laminoir , soit
lyô LS9 8ECABT8 MODERNES
par le martelage qu*on a fait subir au fer-blanc après rétamage. Lersque Faeide péoètre plus avant « il met la tôle presque à découvert, et il en résulte des reflets sombres et même noirâtres , qui se substituent à réclat argentin et nacré de Tétain. Ainsi , l'opérateur doit avoir pour principal soin d'arrêter l'action de l'acide aussitôt qu'il en est temps, et voici comment on doit s'y prendre pour réussir.
On a d'une part une eau régale faible, composée, par exemple, de 4 parties d'aeide nitrique, i de muriate< de soude ou d'ammoniaque , et a d'eau distillée ; de l'autre, on place une feuille de fer blanc au-dessus d'une terrine de grès pleine d'eau ; puis , à Taide d'une petite éponge fine légèrement humectée de la liqueur acide, on imprègne très- également toute la surface du fer-blanc , qu'on a préalablement un peu chauffée; et aussitôt que les reflets du moiré se manifestent d'une manière bien nette , on plonge la feuille dans de l'eau pure, on la lave, soit à l'aide d'une barbe de plupae, soit avec un peu de coton, mais toujours de manière à éviter un frottetoent capable d'enlever la très-petite portion d'étamage qui consiiUie le moiré.
Lorsque le moiré est convenablement développé et qu'on l'a bien lavé de manière à ne laisser aucune portion d'acide, ce qui ne manquerait pas lA'oxIder la tôle et de tout ternir très-promptement , on fait sécher la pièce avec précaution , et sans avoir recours à une forte chaleur , car dans ce cas aussi le moiré perd de son éclat ; et pour prévenir tout effet ultérieur de l'air, on le vernit immédiatement, soit d'une maijJère définitive^ soit provisoirement, en le recouvrant
DBS A&T8 BT m£tIEE8. tify
d*une simple solution de gomme ^ qu^on pcfut ensuite enlever au moyen de Teau.
Les différentes couleurs que Ton donne aux moirés sont dues aux vernis colorés et transparens dont on les recouvre ; on a seulement soin de les poncer , afin de les rendre d'une épaisseur moindre , plus ég^ale 9 et qui par conséquent laisse mieux apercevoir les différens reflets des cristaux stanniques.
La trop grande malléabilité des lames minces d*étain de ces sortes de cristallisation , ne leur permet pas de résister au fort martelage auquel on est obligé d'avoir recours pour façonner des objets en creux; aussi n'en peut-on faire avec du moiré , mais seulement des surfaces planes ou légèrement courbes, qui ne nécessitent que le maillet.
Chacun sait combien les cristallisations en général sont susceptibles d*ètre modifiées par Tinfluence de quelques agens / et principalement par la •chaleur ambiante. 11 en est absolument de même pour la cristallisation du moiré ^ et Ton peut pour ainsi dire la faire varier à son gré ^ en la détruisant en tout ou en partie, suivant Teffct qu'on veut obtenir , et la laissant se reproduire sous l'influence d'un refroidissement plus ou moins prompt. Qu'on expose 9 par exemple y une feuille de fer-blanc à une température suffisante pour liquéfier l'étaîn : si on la laisse refroidir lentement 9 la cristallisation se reproduira à peu près semblable à ce qu^elle était dans le principe; mais si la feuille était encore très-chaude , on la plonge subitement dans Teau froide; alors la cristallisation sera toute confuse » et n'offrira qu*une espèce de sablé. Si , au lieu d'opérer ce TçXTQ\àSfi«fe«
I7B IE8 SBCaETS MODERITBS
ment sur toute la surface, on ne refTectue que partiellement au moyen de quelques aspersions d*eau froide, on aura une cristallisation variée. On obtiendrait des résultats analogues en insufflant çà et là de l'air froid sur la surface de l'étamage pendant qu'il est encore en fusion , et au moment où il commence à se figer. Enfin, on peut tracer différens contours, des caractères, etc. , en promenant à la surface d'une feuille de fer-blanc le dard d'une flanime, qu'on dirige à l'aide d'un chalumeau. Comme l'étaiu se trouve liquéfié dans tout le trajet de la flamme, et qu'en se refroidissant il afifecte une cristallisation autre que celle qu'il avait primitivement, il en résulte différens dessins qu'on peut varier d'une infinité de manières. Il y a encore d'autres moyens de modifier la cristal» lisation du moiré.
Diverses recettei indiquées pour ta composition de
(a liqueur acide.
lo a parties acide nitrique, a acide mu^iatique, a eau distillée.
«o a parties acide nitrique, a acide murialique, et 4 eau distillée.
30 I partie acide nitrique , a acide muriatique , 3 d'eau distillée.
40 a parties acide nitrique, a acide murialique, a eau distillée, et a acide
sulforique.
50 4 onces muriaie de sonde ,8 onces d'eau, a onces d'acide nitrique. Q« 8 onces d'eau, a onces acide muriatique > et i once d'tcide sulfurique.
BBS ÂBTS ET MilIfiaS. 1|79
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OBJETS DITEBS.
BAS-aSLZSFS SH ALBATRS.
L'albàtbb n'est autre cbose que le dépôt d'un blanc jaunâtre que donnent certaines fontaines. La source la plus célèbre en ce genre est celle des bains de St~ Philippe en Toscane. L'eau de cette source presque bouillante coule sur une masse énorme de stalactites qu'elle a formée; et, selon M. Alexandre Brongniart» la chaux carbonatée y est tenue en dissolution par du gaz hydrogène sidfuré qui se dégage dès que l'eau a le contact de l'air. On a tiré parti de cette propriété pour faire des bas-reliefs qui sont d'une assez grande dureté. Ou se sert de moules en soufre qu'on place très-obliquement contre les parois de plusieurs cuves de bois ouvertes par leurs deux fonds. Ces cuves sont surmontées à leur ouverture' supérieure d'une croix de bois assez large. L'eau de la source , après avoir déposé hors de l'atelier du moulage le sédiment le plus grossier, est amenée au-dessus des croix de bois : elle s'y divise en. tombant ^ et dépose dans les moules un sédiment calcaire d'autant plus fin que la position de ces moules approche davantage de la verticale. Il faut de un à quatre mois pour terminer ces bas^* reliefs, selon l'épaisseur qu'on veut leur donner. Par des procédés analogues^ on est parvenu à vblqvxV^x ^<^^
l8o IE8 SEGBET8 M0DER1IE9
vases 9 des figures , et autres objets en relief de toutes formes ^ qu*on n'a plus ensuite qu*à réparer et à polir lorsqu'on les a sortis des moules.
BRUiriTUaS DU FSR.
M. J. Duntze , de Ifew-Haven , a publié la recette suivante pour brunir le fer.
On prend :
Acide nitrique r/a once.
Esprit-de-vin •'...'. x once.
Vitriol blei; ( sulfate de cuivre } a.
Teinture d'acier i.
Esprit de nitre dulcifié. ....... a.
D'abord on fait dissoudre le vitriol bleu dans une quantité d'eau égale^ en^ poids, au quart de celui de tous les ingrédiens réunis, et on mêle le mieux possible le tout.
On nettoie ensuite le canon du fusil ou du pistolet, dont on ferme Tembouchure avec un bouchoa.
On trempe tme éponge dans le mélange , et on l'applique bien également sur toutes les surfaces. Après avoir laissé à l'air pendant vingt-quatre heures les objets qui ont reçu cette première couche, on les frotte avec une brosse très -dure pour enlever l'oxide.
Après avoir recommencé la même opération une
seconde ou une troisième fois , on plonge le métal
dans une solution alcaline bouillante pour neutra-
User et détruire toute action subséquente des acides.
BKS ABJTS BT HBTIIE6. l8l
Quand le métal est parfaUemeQt sec» on le polit avec un brunissoir de bois très-dur^ jusqu'à ce que sa surface soit devenue trèS'douce au toucher.
On Texpose à une chaleur sèche et modérée (température de Teau bouillante ) ; ensuite on y applique le vernis composé comme suit :
Esprit-de-rin • . • i/4 de piate.
Sang-dragon pulrérisë. . . . • . 3 gros.
Laque en écailles concassées. ... i once.
Lorsque ce vernis est complètement sec, on le frotte avec le brunissoir ^ jusqu'à ce que la surface soit unie et très-brillante.
CHLORURE D'AlTTZMOZiri:.
Dans les arts on se sert du chlorure d'antimoine pour bronzer les métaux, surtout le fer : les armuriers en font fréquemment usage sous ce rapport.
Le chlorure d'antimoine était connu autrefois sous la dénomination ridicule de éaume d'antimoine, et ce, parce qu'il a la propriété de se liquéfier facilement par la chaleur, de couler à la manière des huiles, de se figer par le refroidissement, et de conserver un aspect gras. Néanmoins il cristallise très-bien loi^sque le refroidissement est lent; exposé au contact de Tair, il en attire puissamment l'humidité et se résout en un liquide oléagineux , très-dense , et qui se coagule aussitôt qu'on y ajoute une nouvelle portion d'eau.
Le chlorure d'antimoine, soumis à Faction de la
l8a LES SECaETS HODEEMIS
cbaleur , perd d^abord lliaEniditè qu'il peut contenir» puis il se volatilise sans reste s*il est pur.
Le procédé le plus anciennement connu pour Tobtenir, est celui qui consiste à prendre 16 parties de sublioié corrosif et 6 parties d'antimoine métallique^ l'un et l'autre pulvérisés. L'antimoine peut être rem^ placé par son sulfure» mais alors il en faut employer la parties. On fait un mélange exact de ces deux substances, en ayant grand soin de ne pas respirer la poudre ténue qui peut se dégager pendant qu'on les triture; et Ton y réussit en ayant soin d'humecter un peu le sublimé pendant sa pulvérisation; alors il ne répand plus de poussière^
Le mélange étant bien exactement fait, on l'introduit , à l'aide d'un entonnoir à long col » dans une cornue très-sèche; à défaut d'entonnoir^ on se sert d'un tuyau de papier pour garnir l'intérieur du col de la cornue » afin de ne pas la salir. On place ensuite cette cornue dans un fourneau muni de toutes ses pièces» et l'on adapte au col de la cornue un single matras. L'appareil étant ainsi disposé » on chauffe d'abord lentement» puis on augmente peu à peu la chaleur» jusqu'à ce que la première réaction ait lieu ; elle se manifeste ordinairement par une effluve de vapeurs qui entraînent quelques portions du mélange» et saliraient le produit si l'on ne changeait de récipient. Une fois cette première émission terminée» les vapeurs se condensent facilement» et il ne s'agit plus que dé soutenir la chaleur tant qu'on voit le liquide couler» en ayant soin cependant de l'accroître d'autant plus que les gouttes se ralentisrsent davantage; on ne cesse de chauffer que quand
Dlfr àRTS BT BIÉTIEIS. l85
il ne se produit plus de vapeurs. Lorsque l'opération ne marche pas rapidement , le beurre d'antimoine se concrète dans le col de la cornue même , et produirait un engorgement, si Ton ne prenait la précaution de le liquéfier en promenant un charbon ardent autour du col.
Si l'on a eu la précaution indiquée de changer à temps le premier récipient, et que Topération ait été conduite avec soin , il arrive quelquefois que le chlorure d'antimoine est assez beau pour être mis en vente sans autre préparation ; mais le plus ordinairement on est obligé de le purifier, surtout lorsque c*est le sulfure d'antimoine qu'on a employé. Alors on chauffe doucement. le matras pour liquéfier le produit, et on le verse dans une cornue de verre, puis on procède à une nouvelle distiUation. On sépare les premières portions qui passent dans le récipient, parce qu'elles contiennent un peu d'humidité, et se concrètent difficilement; on les met de côté pour faire ce qu'on appelle habituellement éettrre d'antimoine iiquide, qui s^obtient par la simple exposition du <îh]orure k l'air. Lorsque la rectification est achevée , on liquéfie de nouveau le produit, on le coule dans une capsule de porcelaine, qu'on recouvre avec une plaque de verre; et quand il est entièrement refroidi et figé, on le brise par morceaux, qu'on introduit dans un flacon à rémeri et à large ouverture
}84 - LB8 8EGBETS KODEBNSS
COUIiStlR POUR ZiES CARaSAUZ £V PABL^ QUETS l^'APPARTSMEirS.
Carreaux. Dose de ia première couche pour une toise carrée : Un quarteron de colle de Flandre dans un litre et decni d'eau, qu'on fera chauffer jusqu'à oe qu'elle soit bouillante. Alors on la retirera du feu, et on y jettera une livre de gros rouge ; on remuera le tout jusqu'à ce que le mélange soit bien fait; on étendra cette couche y la couleur étant bien chaude ^ sur les carreaux qu'on aura pris soin de bien gratter et nettoyer.
La seconde couche, qu'on appliquera à froid, se composera de six onces de rouge de Prusse , broyé avec deux onces d*huile de lin et détrempé dans une demi-livre d'huiie de lin , dans laquelle on aura mis deux onces de litharge et uue once d'essence pure.
Pour la dernière couche, qu'on appliquera tiède, on jettera trois quarterons de rouge de Prusse dans un litre d^eau , dans laquelle on aura fait fondre trois onces de colle de Flandre ; on agitera ces matières pour faciliter le mélange.
Paeqdets. La couleur que l'on donne ordinairement aux parquets tire plus ou moins sur le jaune. Dose pour une toise carrée: Dans un litre et demi d'eau, jetez une once de graine d'Avignon, autant de terra mérita, autant de safranum; faites bouillir iusqu'à ce que le liquide soit réduit à un litre ; pendant qu*il est encore chaud , faites-y dissoudre une âewi-ODoe d'alun > en remuant bien le mélange, que
lOBê ÂBT8 n MiTlEKg. l8$
VOUS passerez ensuite à tfovers un linge ou un tamis de soie; puis vous mêlerez cette teinture avec un quart de litre d'eau , dans laquelle vous aurez fait fondre deux onces de colle de Flandre ; facilitez la mîiLtion^en remuant le tout : si le parquet est vieux , vous ajouterez un peu d'ocre de rue.
Étendez sur le parquet deux ou trois couches do cette composition pendant qu'elle est encore tiède 5 et frottez avee de la cire quand le tout sera sec.
Le8 doics que nous venons de donner rie sont pas invariables. Chacun peut les modifier d'une infinité de manières 9 en ajoutant ou en retranchant plus ou moins de chacune des matières qui entrent dans la composition.
Pour appliquer les couleurs sur les carreaux ou sur les parquets^ on se sert de petits balais de crin un peu usés.
Quand la couleur d'un carreau ou d'un parquet dëfflait, il faut, si déjà elle a été cirée, la frotter ^ avec du sablon et de l'oseille, assez seulement pour que* la couche de cire soit enlevée, parce que les couleurs qui resteront pourront servir, sans inconvénient, comme base pour la nouvelle teinte qu*on a l'intention de donner au plancher.
Encaustigtiô pour tes carreaux et parquets*
On sait que pour donner du brillant aux planchers qu'on a mis en couleur, on promène dessus un morceau de cire , et qu'on polit ensuite avec une brosse très-rude. Cette manière est fort bonne; cependant, si l'on était curieux d'avoir un plancher d'un éclat
j80 les sbgrbts hodebnes
uniforme, il faudrait 8*y prendre différemment pour appliquer le cirage. Voici comment : Pour une toise, faites fondre une once de cire neuve avee huit grammes de savon blanc dans un tiers de litre d^eau de rivière; afoutez quinze grammes de sel de tartre, quand la cire et le savon seront fondas; mélangez les matières lorsqu'elles seront refroidies , puis étendez-les sur le plancher; vingt-quatre heures après, et même plus tôt, on peut frotter. La composition dont on vient de parler se nomme encatMtiqtic.
cfi[AilTi:pz.Enass sir PORCEi.AZirs.
MIMi. Ridgewdy (des poteries de Staffardshire) s'expriment ainsi dans leur brevet d'invention:
« Beaucoup de tentatives infructueuses ont eu pour objet de remplacer convenablement, sous le rapport de la solidité, les chantepleures métalliques, qui sont très-sujettes à la corrosion , à Toxidation , et dont on ne peut faire usage pour les vaisseaux* qui contiennent des acides et des préparations chimi** ques. Nous sommes parvenus à fabriquer des chantepleures qui réunissent tous les avantages, puisqu'elles résistent aux coups , aux chocs qu'elles peuvent recevoir; puisque, à cause de leur composition terreuse, elles sont inattaquables par tous les fluides, même les plus mordans.
» La pâte de nos chantepleures est la même que celle de la porcelaine; elle se compose principalenaent d'alumine , de silex , de quartz et de granit , bien pulvérisés et mêlés ensemble.
DES ÀET8 Kl IfiTlEE». 187
» Les parties rondes ^ creuses » ou saillantes, sont travaillées au tour, après avoir reçu dans des moules les formes et les proportions extérieures qu'elles doivent avoir.
» On forme les {oints en humectant la pÂte; ensuite le tout est mis an four et à demi vitrifié, comme la porcelaine ordinaire, v
OOMSERVATZOII DES SUBSTAMOES v£g£ j
TAZ.es et AirZMALES.
(ÏÀqwur éKte de Gujrot p€fur laj.
On prend vingt litres de la meilleure eau-de-vie , dont on retire par la distillation 5 lilres d'alcool ; on ajoute ensuite à ce qui reste parties égales d*eau de puits et une livre de fleurs ou de feuilles de lavande verte ; on distille de nouveau et jusqu*à siccilé» Gela fait, on prend onze parties de Talcool qui a passé dans la première distillation , on les mêle avec soixante-neuf parties d'eau de puits, et Ton ajoute à ce mélange parties égales de la liqueur fournie par la seconde distillation. On obtient ainsi la liqueur conservatrice de Guyot, qui est de la plus grande limpidité , dont la saveur est un peu amère , dont Todeur est légèrement aromatique , qui ne contient guère qu'une partie d'alcool sur treize parties d'eau, et qui n^exîge qu*une dépense très-modique.
Les bocaux doivent être hermétiquement fermés avec du liégc , que l'on a fait tremper pendant quelque temps dans une composition de trois parties de
l88 LEB SECB£T8 MODSRS£S
cire et d'une de suif , tenus liquidés à une température qui ne soit pas capable de faire boursoufler le liège. Le bouchon se trouve ainsi couvert d'un enduit flexible ; qui en pénètre les pores et qui empêche toute évaporation. On les bouche encore mieux aveb un disque de ^erre bien ajusté sur Torifice du bocal ^ dont on use les bords sur une planche bien dressée, et à Taide de Témeri , afin de les mettre sur un même plan ; on met par-dessus un morceau de papier huilé; on recouvre ce papier huilé avec un morceau de plomb laminé y sur lequel on pose un parchemin trempé dans de Thuile colorée avec, du noir de fumée ; enfin , on lie ce parchemin autour du bocal avec une ficelle très-fine, que Ton serre le plus qu'il est possible. A l'aide de ces précautions, on n*a à craindre aucune évaporation de l'alcool.
COUPEZ.Z.ATZOXV.
Petites coupeiies de M» le Bailli f pour (es essais
au chalumeau.
M. le Baillif a proposé, pour les essais au chalumeau, l'emploi de petites coupelles qui n'ont guère que 8 millimètres de diamètre, et seulement un millimètre au plus d'épaisseur. Ces eoupelles sont composées de parties égales en poids de terre à porcelaine et de belle terre à pipes, obtenues Tune et l'autre à l'état de grande ténuité .par lévigation, et préalablement séchées. On humecte ensuite le tout avec un peu d'eau; pn malaxe soigneusement à l'aide d'un
DES ABT8 ET IfiTlEBS. I89
couteau d'ivoire ôa d'os , jusqu'à ce' que la pâte ait acquis assez de consistance pour ne plus adhérer au moule et ne point se fendiller par la pression. Une lame d'ivoire dans laquelle on perce des trous légèrement coniques, de 8 millimètres de diamètre, sert de moule. On applique cette lame sur un rond de craie; puis, avec une espèce de grattoir en ivoire, on enfonce une petite boule de pâte dans chaque trou , et l'on retranche tout ce qui excède la surface du moule; on sippUique enfi»da«8 le centre une petite boule d'ivoire bien polie et fixée sur un manche ; on donne un léger mouvement giratoire, et lorsque la cavité est bien formée, on retourne le moule pour détacher les coupelles. On les cuit dan/s un creuset couvert, et qui ne sert qu'à cet usage, et on les doit conserver dan« une boite bien fermée, ou dans un flacon exactement bouché, pour éviter tout contact de poussières métalliques.
M. le BâilJif a réussi, au moyen de ces coupelles, à rendre sensU)les les plus faibles quantités de substances métalliques.
M. William Wood» da. comtà de JUiddlessex,. ayant dé;couvertqti*uQ.felitrQ lâche ^QL^ger^^^omposé de poil, de rognuiies4etpeau};^>Pli;di9il9Mr: mélange avec la laine, formait une étoSa:tKti'é|ià^0ben|( élastique et imperméable, lorsqu'elle était complélement iHiprégnée et encollée de gottdr^,.a conçu l'heureuse et
igO LfiS 8SCEETS MODEEVES
Utile idée de faire Tapplication de ce feutre au doublage extérieur et ÎDlerinédiaire des vaisseaux. Il en a établi une manufacture dans laquelle il le fabrique ( de la même manière que le feutre des chapeaux ) en feuilles de toutes les dimensions ^ et avec autant de promptitude que d*économie.
Quand les feuilles sont formées , on les trempe dans un mélange de goudron et de poix ( dont les proportions ne sont pas indiquées)^ et le léger resserrement qu'elles éprouvent ajoute encore à leur élasticité.
On les étend ensuite en plein air pour les faire refroidir , et quand elles sont sëches, on peut les employer sur-le-cbamp. Je vais dire de quelle manière.
On applique ces feuilles soit au doublage du dehors des vaisseaux , soit entre le» planches qui forment le bordage, le pont, etc. , etc. 9 où on les attache avec des clous de cuivre. Leur élasticité est si grande , qu'elles s'étendent et s'allongent en- tous sens, sans se rompre, sans se gercer, sans ouvrir, jamais aucun filtre à l'eau , lorsque les coutures du vaisseau s'entKouvrent dans les gros temps, ou lorsqu'il se brise en échouant. Il arrive même, dans le premier cas, que quelques plis de ce feutre pénétrant dans les vides qu'ont formés instantanément les coutures des planches, celles-ci, en se refermant sur eux, se trouvent mieuxétanchées qu'elles ne pourraient l'être par le meiHeiir calfat. EnGn , Mj Wood affirme que les vers nd plquAilt jfaimais cette étoffe, ce qui pré* serve le- bois de la destruction qu'il éprouve dans de certaines mers. Or, ce doublage est à vil prix, si on le compare à celui qu'il coûte en cuivre.
DES À&TS ST HéTIERS. IQl
JAUGB A RUBAN.
C'est un ruban de taffetas (rès-fort et à peu près inextensible , long de u34 centimètres 9 et qui 8*enroule sur un axe au centre d'un petit baril ^ d*où Ton peut le faire sortir et rentrer au moyen d'une petite manivelle. Les rubans gommés de M. Champion sont ceux qu'on préfère, parce qu'ils ne sont pas cassans. Les deux surfaces sont marquées de divisions, les unes pour mesurer les diamètres, les autres pour les longueurs ; ces degrés sont précisément égaux à ceux que porte une jauge à crochet, et l'usage en est le même. Ce n^est à proprement parler qu'une jauge graduée et flexible, facile à porter dans la poche. On mesure les diamètres des fonds des futailles en portant le ruban à leur face extérieure entre les jables opposés, à compter du zéro qu*on applique sur l'ub. Quant au bouge, on suspend par la bonde une baguette , ou un fil-à-plomb , qu'on laisse tomber verticalement sur la douve opposée; on remarque le point qui est au niveau de la surface intérieure des douves d'en haut, et retirant cette baguette ou ce plomb , on porte la mesure sur le ruban à partir du zéro. La longueur de la pièce se prend à l'extérieur , de l'extrémité d'un des jables à l'autre, et on lit sur la surface du ruban qui y est destinée , la longueur totale.
iga l'Es 8ECBBTS MODBaiWS
MACBINB POUlt FAIRE ZiB VIDE ,
Ou condenser Pair .dans un récipient sans le secours des soupapes.
Cette machine, inventée par Bl. Buchanan, est très-îngénieûse. £lle a deux corps de pompe » l'un vertical et l'autre horizontal : le premier est porté sur le milieu du second, avec lequel il est en libre communication par un petit orifice percé à leurs parois en contact ; le fond du cylindre horizontal porte un tube qui se rend dans le récipient de la machine. Quand le piston de la pompe horizontale est appliqué sur le fond de son cylindre , les deux corps de pompe communiquent avec l'air extérieur, par l'ouverture qui est percée dans l'un et l'autre; on abaisse alors le piston vertical , puis on tire l'horizontal : l'oriGce qui était en arrière de celui-ci passe alors au-devant. On soulève alors le piston vertical ^ et le ressort de l'air intérieur est affaibli, puisque cet air s'est ré* pandu dans les deux cylindres : on rentre d'abord le piston horizontal, et le ressort de l'air n'est plus affaibli que par le volume de l'une des capacités cylindriques; puis on abaisse le vertical , et ainsi de suite: le vide se produit peu à peu par cette manœuvre alternative. Le même appareil peut servir à la condensation de l'air sous le récipient , en donnant au mouvement des pistons une action dans un autre ordre , et chacun peut aisément reconnaître le mode de succession qui est capable de produire cet effet.
M. Ritchie aussi a inventé une machine pneuma-
DBS ABtS BT MBTIBB8. IQS
tique «ans soupape 5 avec une seule pompe. Lorsque le piston est au bas du cylindre, Torifice du tuyau latéral de romtuunication avec le récipient se trouve situé immédiatement au-djBssus du piston : le haut du cylindre est hermétiquement fermé par un fond que la tige du piston traverse en fessant dans une hotte à cuir^ sans permettre à Tair d*y passer; il y a un petit trou au fond supérieur. Lorsqu'on soulève le piston , le conduit d^en bas se trouve au-dessous, et l'air du récipieot se raréfie. Quand le piston est au bout de sa course , on ferme avec le doigt l'orifice supérieur 9 et Ton abaisse, le piston jusqu'au bas du corps de pompe, ce qui fait le vide au-dessus 9 et force Tair à refluer dans le récipient et à revenir à sa tension primitive. Mais dès que le piston a passé sous Torifice inférieur, cet air se répand au-dessus du piston où le vide est fait ; et en enlevant le piston , puis débouchant le trou supérieur, on chasse cette quantité d'air , et l'on vide le cylindre de tout celui qui s'y trouve. £n répétant cette manœuvre, on fait le vide dans le récipient.
NTCTOG&APBB DE M. JUZiIElV ZiElLOT*
Cet instrument est destiné à récriture de nuit, c'est-à-dire dans l'obscurité. C'est un pupitre sur lequel est retenue la feuille de papier qui doit recevoir l'écriture. Un fil de métal est disposé transversalement et appliqué sur ce papier, selon la direction des lignes qu'on veut tracer; et le petit doigt, glissant le
194 ^^^ BBOKETS liODERlVBS
lùtg de 06 fil 5 dirige et conderve la main dam la Bif aatioa qtii kii est nëoessatre. Arrivé au bout de la Hgne, un mottvenidtit de créttiaillère fatt monter un pêVL la feuitle , ev Vôn recototnenee une autre ligne en êuitant le «lêttle fil de^ ibéial , qui ne correspond pltts au mémelteU) mab se Irothre un peuphis bas SUD* la feuille f laissant un pefit espace sans écriture entre la ligne qu^oit a traeée Mie ép'dettiétai. De la sorte ottr peut écrire une au^reîigi^e exactement pa-- HWhle à la pr6tntèt^^ l^ufi^' U0e troisième , et Mnëi de édite. Deat trîngli^ paràllëlëà retiennent la feuille et senreut à Indiquer le commencenkenl et la fin des ^gnes. Cet appareil est utile aux aveugleis etf aux perso tiUfes qui Veulent écrire là nuit dans Icimiéte.
i ii4 il » ni I
Ai.(I)eîU;ai«r a publié^ danê le- ttùnovrian tnaga* zinc t les compositions suif antes données par M. le professeur Hermstaêdt.
Or artificiel
Platine pur i6 parties.
Cuivre pur. . •• . .7*
Zihc pur '. 1.
On fkit fondre ces trois métant dâfnèuW creuset, aptes les ^voîr couverts atec du poussier de charbon
de bois.
Non-seuièment , assure-^t-^oh , ce métal ressemble
VBM ÀittS ET uéTlimS. IQ^
parfaitemefii à for par la coaleUr, mais même par la densité et la dactttité*
Piatûie artificiet.
Cuivre x Uvr«.
POZiISSAGB.
ManUre de polir tes meubtes communs.
Od fait bouillir très-doucement, pendant un quartd^heure^ dans un vase de terre ^
Alan de rocbe - . . i once.
Hnilo <le lin Urée i froid « vi"^*
On frotte le bois à plusieuKs reprises, durant quelques heures, aveo un llog;e ou un tampon imbibé de cette composition , et on obtient un poli trës^beau , très-durable.
prooiéUpotsr dontur déVéetat è €a éijouterie^
Le D.-M. Gulloch recommande de soumettre les bijoux à fébullition dans l'ammoniaque liquide, laquelle dfesout le cuivre de l'alliage jusqu'à une cer-
196 1.88 SECRETS HODEENES
taioe profondeur ; de sorte qu*à la surface il ne reste plus que de Tor très-pur et très>beau. On brunit ensuite par le procédé connu.
Procédé pour donner aux vases de verre ia propriété de résister au changement suiit de tem-pérature.
Mettez le verre dans un vase rempli d'eau froide, et dans laquelle il doit être totalement imn;iergé ; chauffez graduellement fusqu*à ce que Teau soit bouillante : laissez ensuite refroidir peu à. peu sans retirer le verre. Les nombreuses expériences qui ont été faites à Weimar (Saxe) ne laissent aucun doute sur rinfaillibilité du moyen. Une fois préparés de cette manière, les vases de verre peuvent recevoir subitement de Teau bouillante sans jamais se fêler : il n*est plus nécessaire de répéter Topération; la propriété qu'ils ont acquise est indestructible.
S! Ton avait besoin d*exposer ces vases à une chaleur plus forte que celle de Teau bouillante, il est probable qu'on réussirait en les faisant bouillir de la même manière dans de Thuile ou dans des dissolutions salines qui ne seraient pas susoepjtibles d'attaquer le verre 9 et qui atteignent à plus de 100 degrés de.^tempéBâtui«^ ou dans des alliages métalliq;aes fusibles.
BB8 AATS ET MiTIBAt. 1^7
Procédé commode et éconamique pour ie iûsrivagc des matériaux imprégnés de suôstanees satines , elc , etc.
Aux anciens modes on a substitué récemment un appareil fort simple 5 qui n'exige ni machines , ni beaucoup de main-d'œuvre, ni un plus grand local. Il consiste en quelques tonneaux posés de champ , très-près les uns des autres, sur des chantiers, et ouverts par le haut. La matière à lessiver y est placée de manière à occuper le milieu de chaqu^e tonneau , c'est-à-dire un double fond à claire-voie, fait de . douves , recouvert de paille longue , dont on remplit aussi l'espace compris entre les deux fonds. Un tuyau de plomb, destiné à conduire l'eau, règne le long des parois de haut en bas ; le bout supérieur du tuyaii dépasse le bord, mais seulement dans le premier tonneau, pour recevoir la tige d'un entonnoir, tandis que l'autre bout recourbé plonge dans l'entre-fond.
L'extrémité supérieure des tuyaux des tonneaux suîvans, et servant à établir communication entre eux, est courbée horizontalement et plus basse de quelques pouces que leurs bords supérieurs, attendu qu'elle est destinée à verser le trop-plein du tonneau précédeni dans celui qui le suit. Les choses ainsi disposées, on verse dans le tuyau du premier tonneau, surmonté d'un entonnoir, de l'eau qui vient occuper le fond de ce tonneau; celle-ci, en s'élevant, atteint bientôt la matière superposée, et agissant successivement de couche en couche et de bas en haut, elle se charge des substances les plu8solubl^%,L^V^%^v^^>
1^8 LES SBOftBTS M0BBERB8
parvenue jusqu'à la hauteur du tuyau de communicattoo et au niveau de «on ouverture, passe dans le tonneau suivant, dont elle vient d'abord occuper le fond 9 s'élève de nouveau , et baig^ successivement les couches des matériaux neufs , par le contact desquels elle se charge de nouveaux sels , jusqu'à ce que^ par le même mécanisme, elle arrive dans un troi* sième, et, s'il est besoin , dans un plus grand nombre, oti elle s'enrichit encore ; de là elle so^t aussi chargée que possible, et d'autant plus propre à être mise en évaporation.
Quelquefois aussi , au lieu d'employer pour le lessivage des vases plus ou moins profonds, remplis de matières dont l'eau baigne et pénètre suceessivemenl les oouches, soit de bas en haut , soit de haut en bas, e» se sert avec avantage de longues et larges cailses qui n*ont que quelques pouces de profondeur. On place sur le fond » recouvert de paille longue et garni de draps assez grands pour qu'ils en dépassent les bords, les matières à laver; celles-ci, étendues en couches mincesj se trouvent en contact avec une légère couche d*eau qui les baigne et se charge aisément de leurs parties solubles. En multipliant ainsi les surfaces des deux corps , et par conséquent les points de contact entre eux , on accélère Faction de l'eau sur la portion soluble. La lessive faite s'éooule par un robinet placé vers le fond et à l'un des bouts de la caisse. Ce procédé expéditif porte le nom de Ussivage far surface.
i>JM AUTS ET MJBTIBBS. IQQ
Procédé pour imnâporter êur U uBrre , sur une baudruche , ou sur du papier huiU , {'impres-sion d^une gravure en taiUe^^douee,
Broyez tm peu de noir de fumée et un peu de blaoc de plomb avec de Thuile siccative , potir faire une espèce d'encre à peu près semblable à celle des imprimeurs en taille-douce. Encres avec la planche dont vous voulez obtenir la gravure , et imprimez sur un papier fort à la presse en taUle-douce. Au sortir de la presse, appliquez ce papier sur le verre ^ et pour l'y faire adhérer servez- vous d'un rouleau en bois d'un pouce de diamètre sur trois de longueur. Pressez doucement avec ce rouleau , en le passant sur le revers de la gravure. Ensuite 9 pour favoriser l'adhérence du noir de la gravure sur le verre, on fait légèrement chauffer celui-ci sur la flamme d'une ou plusieurs bougies; après quoi on laisse dessécher le tout pendant quinze jours. La gravure se trouve ainsi parfaitement fixée sur le verre, qu'on a soin de bien nettoyer avec du coton.
Pour que l'obiet produise plus d'effet , on rend le fond du verre opaque.
Pour imprimer sur une baudruche 9 ou sur du papier verni et huilé » tant de soins ne sont pas nécessaires ; il suffît d'employer de l'encre composée de noir de fumée et d'huile.
aOO LES SECRETS MQJDBENES
KAFFIirAGB BU SUORB.
M. Charles Freuad, de Spitai-Fields^ à Londres, donne la courte spécification suivante de la patente qu'il a prise, au mois de janvier 1827, pour son perfectionnement dans, le raffinage du supre. Il fait dissoudre 16 livres de potasse pure dans 84 gallons d'eau ( le gallon contient environ 4 ^ pintes de Paris ) ; il mêle cette dissolution avec 1800 livres de sucre brut.
Lorsque le tout est bien incorporé , il y verse environ 25 livres de terre à foulon , mêlée d'une assez grande quantité d'eau pour lui donner la consistance d'une crème.
Pendant que ce mélange bout, il le fait remuer à plusieurs reprises 9 et il suspend TébuUition de temps en temps pour enlever l'écume, qui est très-abondante.
Lorsque le sucre est clarifié, il le verse dans un grand vaisseau qui a trois robinets placés à de certaines distances les uns au-dessus des autres. Ce vaisseau est monté (dans son centre) sur un axe droit, le long duquel , au moyen d'une vis, on l'élève ou on le descend à volonté.
Environ 12 heures après le transvasement, le sucre de la partie supérieure étant parfaitement clair, il le soutire par le robinet le plus élevé. Il fait le soutirage des deux autres portions lorsqu'elles ont formé leur dépôt; mais le dernier exige que le vaisseau soit élevé avec la vis, afin qu'il puisse s'égoutter par le fond.
DBS À&T8 ET MiTlBBS. 201
Lorsque le liquide cominence à se brouiller, le outirage est interroibpu , le résidu est enlevé et mis dans une cuve à part avec i'écume , et quand ils forment une assez grande quantité pour remplir la chaudière 9 ils sont soumis au même mode de clari* fioation*
Moyen d'eniever, ou même de prévenir {es dépôts terreux qui se forment dans l'intérieur des chaudières à vapeur.
Depuis que Ton se sert de chaudières à vapeur , on a pu remarquer que toutes les eaux laissent un précipité plus ou moins abondant ^ suivant qu'elles sont plus ou moins séléniteuses ou calcaires ^ et que ce dépôt se forme en croûtes si dures au-dessus de la
chauffe, et si adhérentes, qu'il est très-diffîcile de
les enlever, même avec de bons outils acérés. Lorsque ces croûtes ont acquis une certaine épaisseur, elles interceptent d'ailleurs entièrement la communication de Teau avec le métal échauffé, qui, pouvant alors passer à la température rouge, est bientôt endommagé.
En Angleterre on emploie, et notamment dans les bateaux à vapeur qui naviguent sur la Tamise, un procédé très-simple pour remédier à ce grave inconvénient. Il consiste à jeter dans une chaudière à vapeur de force de lo chevaux, par exemple, 12 à
aOd ' XEfl SBCftETS KODBBITBS
i5 kiiogrammes de ponunes de testre. On peut iravaUier ensuite pendant vingt ou trenle jouirs sans nettoyer la chaudière ^ et, sans avok à craindre que le dépôt pierreux se forme. Les pommes de terre disparaissent ; il est probable que par leur diasolutîen elles communiquent assez de viscosité à Teau peur que la matière boueuse y reste en suspension , et ne s'attache pas aux parois.
Lorsqu'aprës vingt ou trente fours on veut se débarrasser du résidu , il suffît de laisser écouler l'eau^ qui l'entratue.
KÉDUCTXOIV HES SUBSTANCES EN POUDRE
XMPAX.PABX.E.
On connaît les poudres dites atigiaiscê , dont Textrème ténuité ne semble pas pouvoir être surpassée*
Pour amener une substance quelconque à une
division extrême par le moyen du bocard, il faut pouvoir en retirer la partie suffisamment pulvérisée, au fur et à mesure qu'elle se forme ; alors le choc du pilon ne portant plus que sur les parties grossières qui restent à pulvériser., y produit constamment un effet utile , tandis qu'en le laissant battre sur la masse entière, son action devient nulle ou presque nulle au bout de très-peu d'instans.
Le meilleur moyen de retirer la poudre déliée à mesure qu'elle se forme, est de diriger au centre de la trituration le vent d'un ou plusieurs soufBets qui,
1>B8 AMB ET MÉTIEAS. ^03
enlraloant cettepoudre fine à travers des conduits dans une chambre disposée à cet effet, l'y dépose sur des tablettes placées à diverses hauteurs^ où elle se trouve naturellement distribuée par numéros de finesse, la plus déliée étapt; toujours celle qui s'élève le plus. Quelques ouvertures pratiquées dans la partie supérieure de cette chambre ^ garnies d'un cUnevas serré , laissent une issue à Taîr que les soufflets introduisent dans la chambre, et ne permettent pas à la poudre de s'échapper.
 Texposition des produits de l'industrie nationale de 1819, tout le monde a vu l'appareil de M. Auger, construit d'après ces principes, et qu'il appelle hocard vaporisateur des poudres éthérées. Il s'est servi des tiges des pilons du bocard pour faire agir des soufflets à pompe* Au lieu d'une chambre pour recevoir les poudres, il se sert d'un réservoir métallique , sur le contour duquel il a placé un grand nombre de bouteilles de fer-4)lanc; ces bouteilles ont leurs ouv^<tures supérieures garnies de petits sacs de toile remplis de son, au travers desquels l'air s'échappe^ et que les poudres ne peuvent pas pénétrer.
SAZiUBltXTÉ.
AppareU pour empêcher la suffocation par la
fumie-
Un mineur anglais, nommé Robert, a inventé un appareil destiné à couvrir la tète d'un homme et à
%0i LBS 8ECEET8 MODKfiHES
lai permettre de respirer et de trayailler, pendant un temps assez long^ au milieu d'une atmosphère de fumée capable de suffoquer. Cet appareil consiste en une sorte de coiffe de cuir qui se serre autour du cou, au moyen de courroiës^et de boucles. Yis^-à-vis des yeux se trouve un verre qui permet à ropérateur de voir, et en face de la bouche une espèce de trompe en cuir de 5 à 4 pieds de long , qui se ter-* mine par un entonnoir contenant une éponge imbibée d*eau , et fermé par un morceau de drap. Cet appareil n'est pas entièrement de Tinvention de M. Robert, car les doreurs se servent depuis longtemps d'une coiffe absolument semblable pour s'em* pécher de respirer des portions du mercure qu'ils emploient dans leurs travaux. Mais ta différence consiste en ce que la trompe des doreurs leur permet de respirer Tair venant du dehors, tandis que Robert bouche Textrémité de rentonnoir , et se préserve des effluves nuisibles par la filtration qu'éprouve l'air en passant à travers l'éponge mouillée. Robert a fait dernièrement Texpérience de son appareil en présence du docteur Birbeck, président de la société des artisans de Londres, et de [ilusieurs autres personnes versées dans les sciences. Il est resté plus d'une demi-heure dans une petite salle qu'on avait remplie de fumée en y brûlant du soufre et des copeaux de bois mouillé , et il n'en est sorti que sur l'invitalion des spectateurs. Une chandelle qu'on avait allumée dans la salle s^éleîgnit au bout de quelques minutes, et un thermomètre placé près de la fenêtre ne tarda pas à s'élever à son maximum , à 36** de Réaumar ( aj5' F. )• Robert avait été muni , non
DBS ABT8 ET MBT1EE8. 1q5
d'après son désir (car il avait une entière confiance en son appareil ) » mais d'après celui des spectateurs, cTune clochette qu'il devait sonner en cas de danger. La clochette sonna plusieurs fois, mais ce ne fut que pour demander de quoi alimenter le feu et augmenter la fumée et la chaleur. Robert est sorti de son antre enfumé aussi bien portant et aussi frais qu'il j était entré.
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