‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 3)Chapitre 29 sur 54 · PAINS A CACHETER · texte numérisé non relu

PAINS A CACHETER

Des itistrumens employés dans la fabrication des

pains à cacheter.

Ils se réduisent à deux gaufriers et à des emportepièces de diamètres variés. Les faces des patelles de ces gaufriers sont bien polies et sans aucun dessin.

Les emporte-pièces sont des cônes en acieri bien coupans à Textrémité dont le diamètre est plus petit.

Fabrication des pains à cacheter blancs.

La pâte se prépare en délayant, avec beaucoup de soin 9 de belle fleur de farine dans de l'eau de puits, de manière à former un mélange demi-solide, qu'on ne peut mieux comparer qu'à la pâte employée dans les cuisines pour la préparation des crêpes. On donne la préférence ordinairement à Teau de puits pour cette pâte. 9n prétend (mais cela parait peu probable) que Teau de rivière donne des pains à cacheter moins légers. La pâte demi-solide étant préparée et disposée dan un vase convenable , l'ouvrier fait chauffer un des gaufriers , et à l'aide d'une cuiller qui contient la dose de pâte à mettre dans le gaufrier, il verse cette pâte y ferme son instrument, procède à la cuisson I et retire un ovale des dimensions

DES àVfê BT KiTIXAf. 3O7

do moule, et d*eiiviroD an tiers de ligne d'épaisseur. On a deux gaufriers, afin de pouvoir eu remplir un pendant que Fautre chauffe.

Plus les patelles des gaufriers sont polies , plus fins et mieux glacés sont les pains, lyiais ou ajoute encore à ce giacéf par une diss<dution très-claire de gélatine, dans laquelle on plonge rapidement les gaufres, que l'on met ensuite sécher à l'étuve.

Le découpage des pains à cacheter se fait de la manjëre suivante : On place Tovale sur une table en bois polî et assez tendre , puis au moyen d'un emporte-pièce d'un diamètre déterminé , on enlève successivement les pains à cacheter dans toutes les parties de la gaufre.

Pour les pains de couleur, on peut se servir d'une farine un peu moins blanche. La matière colorante doit être mêlée à la pâte demi-solide. Si c*est une couleur soluble que l'on emploie, il faut la dissoudre dans l'eau même de délayage de la farine ; si celte couleur est insoluble, on la réduit en poudre extrêmement fine 9 on la mêle à la pâte, et on donne ainsi au pain à cacheter une nuance plus égale. La proportion de couleur varie avec la teinte qu'on veut avoir. Il faut au surplus bannir de cette fabrication toutes les couleurs vénéneuses tirées des minéraux, telles que les cuivres, mercure, plomb, arsenic, etc., ainsi que les couleurs végétales désagréables au goût, telles que gomme-gutte, aloès, etc., etc.

Coloration' des pains,

Bletês, Bleu de Prusse en poudre impalpable.

908 £S8 8EGBBT8 MODSBNES

Rouges, Cochenille en poudre délayée dans une eau acidulée par Talun (rouge carmin magnifique) 9 mais cela est trop cher; on y substitue des décoctions de garance 9 de fernambouo^ etc.

Jaunes. Safran , gaude , fustet , quercitron , etc<

Verts. Mélange du bleu et dutsvt.cTAunc

Violets, Mélange du bleu et du rouge.

Bruns, Les ocres du commerce donnent divers bruns.

Des pains pour hosties.

Farine très-blanche : les gaufriers ont des patelles beaucoup plus grandes ; elles portent des empreintes.

Pains à cacheter transparens.

On forme des feuilles minces en coulant de la colle de poisson, de la colle de Flandre^ ou toute autre colle animale, sur un carreau bien poli, ou sur une glace entourée d'une bordure faite avec de petites tringles de bois, enduites de fiel de bœuf pour empêcher Tadhérence de la colle : il faut employer la colle au degré de consistance convenable^ pour que les feuilles ne soient que de douze à quinze heures à sécher; enfin , on place les glaces sur une table bien de niveau, pour que les feuilles aient partout la même épaisseur : douze heures après la coulée^ on coupe la feuille en suivant le cadre pour l'en isoler, et on la laisse sécher tout-à-fait ; elle se détache elle-même de la glaco- Oi^ découpe alors dans cette feuille de

BBS IBTS BT MBTIBB8. lOQ

colle même, les pains à cacheter avec les emportepièces.

On colore la colle à volonté ; on peat y incorporer de la poudre d'aventarine^ etc.^ etc.

PAPIER C Collage du J.

Les ingrédîens dont on fait usage le plus générale* ment pour composer la colle qu'on applique au papier fabriqué dans la Grande-Bretagne 9 sont :

Du saron dissous dans l'eau i livre.

De IVdan ^Ivtrw*

Telle est la colle que Ton emploie pour le papier à impression.

Au papier fin on applique une colle composée de rognures et déchets des gantiers, des mégissiers, des pelletiers , des fabricans de parchemin.

Cette colle donne à la texture du papier cette consistance , ce moelleux qui le fait rechercher pour sa beauté, pour sa surface si lisse, à laquelle ajoute beaucoup la presse chaude ou satinage.

On colle le papier de deux manières :

1* On mêle la colle dans la pâte du chiffon.

Cette manière, beaucoup moins coûteuse sous le rapport de la main-d'œuvre, n'est employée que dans la fabrication commune, c'est-à-dire lorsqu^on se sert du savon et de Talun.

1^ Le beau papier est trempé, cahier à cahier, dans la colle animale ou gélatineuse; opération longue,

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qa*OD pourrait rendra Uès-étoiioiiuque si Ton faisait passer les feuilles entre deux brosses douces qui les encolleraient <

SUB UN MOYEN DE FABRIQUEE BU PÀPIEB ATBC DE Là PilLLB ET AUTRES vécÉTAUX 9 ET SUR LA PRJ&FAB^TION DES CHIF- FONS DESTINAS A FAIRE DU PAPIER.

Procédé pour ie papier de paille.

Prenez de la paille ^ meurtrissez* la , mettez^ la tremper; mélangez-la, soit avec de la chaux, soit avec de la soude ou de la potasse caustique; laissez-la séjourner jusqu^à ce qu^cUe soit suffisamment altérée pour en faire une pâte liante; lavez et broyez cette pâte, soit au pilon, soit au cylindre, et réduisez-la en feuilles à la manière accoutumée; on obtiendra par ce moyen du papier coloré.

Si l'on veut avoir du papier un peu plus beau, on séparera les nœuds et Técorce, dont on pourra se servir pour faire de la même manière du papier commun.

Pour obtenir du papier encore plus beau , il faut passer la pâte à l'acide muriatique oxigéné ( chlore ) jusqu'à ce qu'elle soit bien blanche» et la laver ensuite avec un peu d*acide sulfurique étendu d'eau.

En suivant ce même procédé, on pourra faire du papier avec du lin, du chanvre, des feuilles mortes, des aloès, des roseaux, d^s cannes à sucre, des écorces d*arbres , et en général avec la plupart des végétaux filamenteux ; mais plus particulièrement

m» AHis ET MinBM. 21 r

aveo les paimifèré» , les soitamitiées et les malva-

cées.

Procédé pour rendre, sans putréfaction , tes chiffons propres à faire promptement du papier.

Faites tremper les chiffons, soit dans de Teaa de chaux f soit dans de la soude ou de la potasse oaustiqiie 9 soit dans de Tacide sulfurique à uni^trentième , soit dans tous les autres acides minéraux > à des degrés convenables; laissez-les y séjourner jusqu'à ce qulis soient suffisamment altérés ; lavez-les , réduisez-les en pâte, etfaites«en du papier.

Si TOUS voulez avohr du papier plus beau , faites passer la pâte au chlore , jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment blanohie. On peut à volonté mélanger toutes ces pâtes en diverses proportions, pour en db« tenir du papier plus ou moins beau.

FAPisa BS C0za.

M. Samuel Hoopes a pris, en Angleterre, une patente pour la fabrication d'une espèce d'étoffe, avec les rognures de cuir, qui auparavant n'avaient d'autre emploi que pour la cémentation de l'acier, et pour les fabriques de sel ammoniac.

Ces rognures sont battues, comme de vieux chiffons, dans un moulin à papier. L'étoffe qui en résulte, convenablement collée et soumise à la presse , a beaucoup de douceur et de ténacité. Elle convient à merveille pour la reliure, la couverture de certains

%l% LES 8EGEBT8 MOBEBHES

meubles; elle reçoit les vernis , la dorure. On en tire un très-bon parti.

PAPtfia MAaÔÇVZHÉ.

PEOGEDis DE FABRIGATIOK DE PAPIERS MABOQUIVfés IHË DIVERSES GOUI.EDRS; ET BBOSSis A LA MAI71ÈRE ANGLAISE.

Composition de la taquc rouge.

Dix livres du meilleur bois de Brésil moulu , dix onces de cochenille pilée , soixante pintes d*eau de rivière naturelle, dans une chaudière, pour la réduire à moitié ; y ajouter au premier bouillon trente gros d'alun de Rome : tirer cette première décoction à part ; jeter sur le marc du bois de Brésil et de coche-' nille quarante autres pintes d*eau; ajouter au premier bouillon trente autres gros d*alun de Rome; faire réduire le tout à moitié; tirer cette décoction dans le premier vase, et recommencer une troisième fois la même opération que la seconde. Cette troisième faite ^ et pour la quatrième ^ au lieu d'alun de Rome^ on mettra trois onces de crème de tartre ; ensuite , ces quatre décoctions faites, et la tourbe extraite du fond, on y versera le murîate d'étain dont il sera question ci-après, ayant soin de le verser modérément y tandis qu'un autre remue fortement avec un bâton la décoction de couleur.

Composition du muriate d'étain.

Huit livres de la meilleure eau-forte (acide nitri-

DBS 1RT8 IT MiTIEBS. ai5

4[ue) dans un yase de verre, huit onces de sel ammoniac ^ huit pincées de sel marin , qu'on laisse macérer pendant cinq heures. On y fait dissoudre , en l« projetant peu à peu , deux livres d'étaîn fin effilé. Celte co^iposilion est alors préparée 9 on la réserve pour précipiter les couleurs.

Douze heures après que le muriate d'étain a élé versé dans la décoction de couleur^ il faut en retirer Peau claire surnageante , et y remettre l'eau de rivière en môme quantité, et répéter six fuis, de douze heures en douze heures, cette même opération; ensuite on jette la laque sur une toile pour en extraire J*eau surabondante : elle sert pour colorer le papier, comme il sera dit ci-après.

Préparation du tain pour fencoiiage du papier véiin, soit grand^raisin , soit carré ou cou^ ronne.

fJne livre d'amidon avec une livre de laque ci-dessus, un seau d*eau de rivière naturelle , cuite pendant une heure à petit bouillon ; se servir de cet encollage pour colorer le papier des deux côtés proprement.

Deuxième bain deux fois répété sur le même calé.

Quatre livres de laque, trois quarts de vermillon, un quart d'amidon et huit pintes d'eau de gomme adragante légère ; faire cuire le tout Tespace de dix minutes, se servir à tiède dudit bain sur l'un des deux côtés de l'encollage décrit ci-dessus : on peut l'employer aussi à froid; mais les pores du papier prennent moins de coMleur.

ai 4 ^<^ SSCHETS MODBRItM

Troisième et dernier 6ain.

Trois livres de laque, an quart d'amidon, treize pintes de gomme adragante cuite comme ei-dessus ; en donner la dernière couche.

Ensuite on passe au vernis, comme il sera dit cîaprès«

Autre préparation de taifue rouge en supprimant ta cochenilie indiquée en VartieU premier.

On y ajonte un quarteron de bois de Brésil, en remplacement de Tonce de oochenilie par livre de bols; on exécute le même procédé pour la cuisson de la couleur et Taddition du muriate d'étain^ et Ton obtient une laque rouge tirant moins sur le vjolet.

£n suivant les mêmes procédés, et ajoutant trois grosses noix de galle pilées, on obtient une laque rouge plus rembrunie.

Autre opération de bain pour le papier maro*

(juin.

Deux livres de vermillon , quatre livres de laque de Tune des trois compositions , un quart d*amidon , seize pintes d'eau de gomme adragante légère; faire cuire le tout l'espace de dix minutes, et donner une couche de ce bain sur un des côtés d'encollage, soit qu'on se serve de ce bain tiède, soit à froid.

On obtient un très-beau papier, en ne lui doxmant que deux couches l'une après L'autre après les en-

BBS AftTS m MiriERS. 21$

collages. Nous venons d'indiquer le premier bain, yoici la composition du second :

Trois livrejs de laque , na qqart d'an;iidoo , et seize pintes d*eau de |g;omme adragante lé^re.

Composition de feau de gomme adragante.

Une demi-livre de gomme sur deux seaux û*oau de rivière..

Il est bon d'observer que les couleurs sont faciles à varier 9 et qu'on leur donnerait uii ton plus brillant si le carmin n'était pas si cher; il 4onne un plus beau rouge. *

Composition du vernis qui sert à donner te bril" tant à lùutes Us eoU'ieurs de vfiaroquin.

Six douzaines de pieds de mouton dans qualre seaux d'eau de rivière , à bouillir pendant douze heures à petit feu , pour en tirer une forte gelée ; la passer à la chausse de laine; faire dissoudre dans cette eau un quart de gomme adragante et quatre livres de colle-forte la plus blanche ; repasser le tout dans la chausse de laine ^ et se servir de ce vernis pour couvrir les couleurs avec une éponge fine et à chaud. Pendant long-temps je me suis dispensé d'employer la gomme.

Ensuite on procède au maroquinage sur une planche de ouivre sous une presse à cylindre, et dont le grain maroquin peut être plus fort ou plus niible.

ai6 LES 8BGBBT8 HODBEHBS

Composition du éain pour te élcu hitondellc.

Faire les efncollages ordinaires comme pour le rouge , adapïaot chaque couleur aux encollage».

Préparation du tain.

Dix livres de bleu de Prusse, deux livres de laque rouge, deux pintes d'eau de gomme adragante légère, six pintes d'eau de rivière, et un quart de bleu de vitriol (indigo dissous dans Tacide stilfurique)) lé tout bien amalgamé ensemble ; et répéter deux fois successivement le même bain sur un des deux côtés de Tencollage ; procéder ensuite au vernis, puis passer à la presse.

Composition du tain pour le tieu-de-roi.

Après les encollages ordinaires, pour le premier bain , cinq livres de bleu de Prusse , trois onces de bleu de vitriol (sulfate d'indigo) et trois pintes d'eau.

Pour le deuxième bain : cinq livres de bleu de Prusse, trois pintes d'eau de rivière.

Troisième et dernier bain : cinq livres de bleu de Prusse, trois onces de sulfate d'indigo, trois pintes d'eau de rivière et une pinte d'eau de gomme adragante.

Composition du tain pour le vert.

Après les encollages ordinaires , premier bain , prendre la décoction de teinte de graine d'Avignon, ^'est-à-dire faire bouillir trois livres de graine d'Avi-

»E8 ARTS £T lli.TlBR8. 817

gnon sur un seau d*eau réduite au moins à moitié ; ajouter au premier bouillon un quart d*alun de Rome ; passer cette décoction au tamis, et lorsqu'elle est refroidie, y ajouter trois livres de blanc de Prusse, un quart de sulfate d*lndigo, et donner deux couches sur un des côtés de Tencollage.

Et pour avoir un vert clair , on ne donne qn*une couche de ce bain sur rencollage; ensuite-le vernis, et passer à la presse.

Préparation de ifain pour te violet.

Après les enccjlages , une livre de bois d'Inde «ur six pintes d'eau , deux onces d*alun de Rome , au premier bouillon , le tout réduit à moins de moitié ; passer la décoction au tamis, y ajouter un tiers d'eau de gomme adragante, donner deux couches sur un des côtés d'encollage, et une couche de pareille décoction sans gomme adragante pour la troisième; le vernis ensuite, et passer à la presse.

Pour avoir un violet plus clair, on supprime une' des couches joù il y a de la gomme adragante. ,

Préparation du bain pour ie jaune.

Faire bouillir huit pintes de lait, les jeter sur une livre de terra-merita (curcuma), brasser et laisser infuser une demi-heure ; ensuite passer au tamîs de soie, et se servir de cette décoction deux fois après les encollages ordinaires; le vernis, puis passer à la presse.

S|8 lES 8BGBET8 M0DEE1IB8

Préparation d'un nouveau vernis qu'on peut emptoyer sur Us papiers maroquinés de toutes eouteurs.

Une demi-livre de gomme arabique fondue dans nu verre d'eau de rivière, une once de sucre candi fondu dans pareille quantité d'eau, un demi-poisson d'eau-de-vie à 22 degrés, un blanc d'oeuf battu; le tout amalgamé ensemble pour en vernir les papiers •barges de couleur.

Composition du papier noir maroquiné et brossé à la manière anglaise , portant avec tui son vernis.

\ine livre de noir d'Allemagne délayée dans un poisson d'eau-de-vic, une pinte et demie d'eau de rivière , et deux onces de savon de Marseille ; le tout bouiUi une demi-beure dans un vase de terre ver-* nissé.

Après refroidissement, broyez cette pâte sur marbre avec un quart de colle de farine et cire jaune fondues ensemble , une once de sucre candi fondu dans un verre d'eau, une once de gonime arabique, et gros comme une noix de fleur de soufre ; ensuite ajoutez deux blancs d*œufs battus et un quart de colle de peau blanche : on se sert de ce bain pour couvrir le papier des deux premières couches.

Autre préparation pour le dernier bain. l^e demi-livre de noir de fumée du plus fin,

IIES ABT» ET MBTIEH6. 91 9

boaiHi avec les mêmes ingrédiens et en même quantiié que pour le uoir d'Allemagne ; et après refroidis* sèment y broyez sur marbre cette pâte avec les mêmes ingrédiens et en même quantité que pour la préparation ci-dessus. du noir d* Allemagne, et donnez^ une seule couche de ce bain sur les deux précédentes.

Après quoi Ton procède à battre ce papier sur le marbre avec un marteau d^acier, ainsi que s'en servent les relieurs et les batteurs d*ory et on le brosse pour lui donner le lustre sans vernis.

Préparation des matières opaques pour les papiers

de couleur.

Quelle que soit la couleur que Ton veut mettre sur le papier, soit blanc, soit viulet, soit hortensia, etc.'» etc. , il est bon d^observer que Ton peut plus ou moins foncer ces couleurs, suivant lé goût des personnes.

Une livre de beau blanc de plomb, une once de talc de Venise superflu, une once de cire vierge fondue dans de la colle de farine , demi*once de sucre candi fondue dans un verre d*eau ; broyez le tout trèsfin sur le marbre, et ajoutez deux blancs d*œufs battus, avec demi*once de gomme arabique blanche fondue dans un peu d'eau, dcmi-poîsson d'eau-devie ou le jus d'un citron. On ajoute telle quantité de couleur, soit rouge, rose ou violette, etc. , etc., selon le goût du consommateur. Enfin , l'on éclaircit le bain à volonté avec de Teau de rivière.

Nota, L'encollage dont nous avons parlé dans cet article, et qui est l'opération préliminaiirQ^'^f^ V^\i

%20 LBS SBGBBfS' HODBEinsS

peut aussi regarder comme la préparation du papier pour le rendre apte à recevoir et à retenir la couleur, se fait de la manière suivante :

On prend de la colle de Flandre bien transparente qu^on fait dissoudre dans de Teau de rivière ; on tient cette colle légère. On se sert aussi avec avantage de la colle légère faîte avec des rognures de peau blanche ou du parchemin ; on la passe à tï^avers un tamis pour la débarrasser de toutes les parties étrangères ou non dissoutes , et Ton obtient par ce moyen une colle très-blanche et qui ne peut pas altérer la nuance des couleurs tendres ou délicates que Ton place dessus.

On fait chauffer la colle de manière à la rendre bien liquide , et à l'aide d'une brosse ronde à longs poils, que l'on tient de chaque main, on passe la colle bien rapidement, et on l'unit en passant dessus une brosse longue, semblable à celle dont on se sert pour balayer les apparlemens.

Lorsque la colle est passée bien également sur la feuille, on la met à l'étendoir pour la faire sécher, et ce n*est que lorsqu'elle est parfaitement sèche qu'on y passe la couleur, comme on l'a indiqué.

PAPZER-ZVOZIIS, A Z.'USAGS BE8 PEZATTREfl^

EST MZSrZATURE.

M. Ceinsîe a présenté au comité de la Société d'encouragement de Londres, qui lui a décerné en récompense la médaille d'or, valeur de 5o guînées, j^lusîeurs^échantillons de son papier-ivoire qui avaient un huitième de pouce d'épaisseur, et surpassaient en

DES AATS ET MiïlElUB. A21

superficie les 'piD^s larges lames d'ivoire connues. Xieur surface était dure et parfaitement unie. D'après les eslsais faits par divers artistes , membres de la Sor ciété, il parait que te lavage enlève les couleurs de dessus ce papier plus complètement encore que de l'ivoire , et que l'opération peut être répétée trois Qt quatre fois sur le même point , sans que pour cela le grain du papier soit usé : on s'est servi aussi avec précaution de la pointe d'im canif pour gratter^ et la surface n'a pas été sensiblement altérée.

Des lignes tracées sur cette substance avec un crayon dur de mine de plomb se laissent tout aussi facilement effacer que sur le papier ordinaire; on pourra donc s'en servir avec avantage pour le dessin des Qgures et des objets très-fins.

13 o peintre en miniature d'une grande réputation a affirmé que, s'étant servi souvent du papier-ivoire, il l'avait trouvé supérieur à Tivoire lui-même» tant à cause de sa grande blancheur que par la facilité avec laquelle il reçoit tes couleurs. Il ajoute avoir remarqué que les nuances sur l'ivoire sont souvent altérées par la transsudatioq de l'huile que cette substance renferme, ce qui n'a pas lieu avec le papierivoire.

Quelques marchands des plus accrédités ont assuré que des échantillons de papier-ivoire ont été gardés pendant long-^temps dans leurs magasins, sans que la blancheur primitive de ce papier ait éprouvé la moindre allératioui

Voicj le procédé de cette fabrication, qui a été répété avec succès en présence des commissaires institués par la Société ;

Prenez un quart de livre de rognures de bon parchemin, et metiez-ie dans une terrine de deux quartes, que vous remplissez d*eau ; faites bouillir lentement pendant quatre ou cinq heures, en ayant l'attention de renouveler Teau qui s*ëvapore ; passez la liqueur au linge pour Ta voir claire. Cette liqueur refroidie formera une forte gelée, que nous appelle--^ rons coile n* i .

Prenez les restes de la précédente opération , et faites-les bouillir de nouveau dans la môme terrine pendant quatre ou cinq heures ; passez encore la liqueur à travers un linge, vous aurez la coiie n* a.

Prenez trois feuilles de beau papier à écrire; mouillez-lés des deux côtés avec une éponge douce trempée dans l'eau , et collez les trois feuilles ensemble avec le n° a. Pendant qu^elles sont encore humides, étendez-les sur une table, et appliquez dessus une ardoise à écrire un peu plus petite que le papier; reployez les bords de celui-ci, attachez-les à Tardoise avec de la colle, et laissez sécher graduellement. Mouillez ensuite de nouveau trois feuilles do papier semblables aux premières , que vous collerez successivement aux précédentes; enlevez avec un canif les parties qui dépassent Tardoise. Quand le tout sera parfaitement sec, vous envelopperez une petite lame d'ardoise avec un papier grossier, et vous frotterez les feuilles qui recouvrent la grande ardoise, jusqu'à ce que la surface supérieure devienne douce et unie : alors vous collerez dessus une feuille de papier belle et exempte de taches; avec un canif vous enlèverez encore les parties excédantes , et après cela vous frotterez de nouveau, mais en vous servant celte

DU àMU BT HÉTlBiS. 19$

fois d'une feuille de papier fia , ce qui procurera une surface parfaitement unie. Arrivé à ce point, on prend une demi- pinte de la colle u"" i ; on la fait fondre à une douce chaleur , et on y verse trois cuil« lerées à bouche de pldtre fin de Paris. Quand lo mélange est bien fait 5 on Tétend sur le papier, et à Taide d'une éponge douce et humide, on le répartit aussi également que possible. Laissez ensuite sécher le tout lentement, et frottez de nouveau avec un papier fin. Prenez enfin quelques cuillerées de la colle n* 1 , et ajoutez-y les trois quarts en eau pure; mélangez le tout à une douce chaleur ; laissez refroidir , et quand le liquide aura pris une consistance demi'gélatineuse^ répandez-en un tiers sur le papier, et étendez avec une éponge. Ne versez le second tiers qu'après que le précédent sera séché, et de même pour le troisième. Enfin , quand ce dernier sera sec à son tour^ vous frotterez légèrement la surface avec une feuille de papier très-fin , et l'opération sera terminée. Vous détacherez le tout de l'ardoise, et le papier pourra être employé immédiatement.

Les proportions indiquées ci-dessus suffisent pour une feuille de papier de 17 pouces ^ sur i5 pouces ^«

Le plâtre de Paris donne une surface parfaitement blanche : l'ozide de zinc, mêlé au plâtre dans la proportion de quatre parties du premier sur trois du second, produit exactement la teinte de l'ivoire; enfin, la nuance qui résulte de l'emploi du carbonate de baryte, précipité des dissolutions barytiques, est intermédiaire entre les deux précédentes.

224 ^ÈS SECRETS MODEEUEH

C Marbrure y jaspure et granitage du).

Le marbreur est ud ouvrier qui s'occupe de rimlt^tion des nuances irrégulières du marbre sur divers sujets.

Les outils dont le marbreur se sert consistent : 1** en un baquet formé de planches de chêne bien ajustées, de manière à contenir parfaitement Teau; 2"* un petit bâtonnet rond; 5° quelques vases de terre pour renfermer les couleurs et les diverses prépara* tions ; 4° u" petit fourneau ; 5* une pierre à broyer ou porphyre^ avec sa molette.

Le baquet, d'une forme rectan^laire, a 3o pouces de long sur i8 à ao pouces de large, et 5 pouces de profondeur. Voilà les dimensions requises quand le marbrage doit s'appliquer aux livres; mais elles peuvent varier selon l'espèce d'ouvrage que l'on a en vue.

Préparation de ia gomme»

On met dans un vase propre un demi-seau ou environ 7 à 8 litres d'eau, et on y fait fondre à froid 3 onces de gomme adragante, en remuant de temps en temps pendant cinq à six fours. C'est ici ce que l'on peut appeler V assiette on le matelas; c'est la couche avise laquelle les couleurs ne doivent pas se mêler, comme on le verra par la suite.

On doit toujours avoir delà gomme préparée « plus forte que celle que nous venons d'indiquer, afin de pouvoir à volonté augmenter la force de celle-ci , lorsqu'on en fera l'épreuve.

BBS ARTS BT IuItIEES. !I1|5

Préparation du fiei de bœuf.

On verse dans un plat un fiel de bœuf ^ auquel on ajoute une quantité d'eau égale à son poids , et Ton bat bien ce mélange; après quoi on y ajoute 18 gr. de camphre qu'on a préalablement • fait dissoudre dans 25 grammes d'alcool ; on bat bjen le tout en«semble et Ton filtre au papier Joseph. Cette préparation doit se faire au plus tôt la veille du jour auquel on veut marbrer, sans quoi elle risquerait de se gâter.

Préparation de ta être,

• Sur un feu doux et dans un vase vernissé , on fait

fondre de la cire vierge; aussitôt qu'elle est fondue ^

on la retire du feu et on y incorpore petit à petit, et

en remuant coniinuellement, une quantité suffisante

d'essence de térébenthine pour que la cire conserve

la consistance du miel. On reconnaît qu'elle a une

fluidité convenable 9 lorsqu'en en mettant une goutte

sur l'ongle et la laissant refroidir, elle coule comme

le miel. On ajoute de Tessence lorsqu'elle est trop

épaisse.

De même que le fiel de bœuf, la cire ne doit pas

être préparée trop long-temps à l'avance.

Des couleurs.

On ne doit jamais employer, ponr la marbrure, des couleurs extraites des minéraux , excepté les ocres; tout le reste doit être végétal. Les coulftus^

996 US BBGBins MObEERBS

mîoérales sont trop lourdes, et ne pourraient pas être supportées à la surface de Teau gommée.

Pour le jaune, on prend la laque jaune de gaude. Le {aune doré se fait avec la terre d'Italie naturelle.

Pour les Meus de différentes nuances, on emploie rindigo flore.

Pour le rouge, on se sert du carmin ou de la laque carminée en grains.

Le brun se fait avec la terre d'ombre.

Le noir, avec le noir d'ivoire.

Le fiei seul produit le biahc.

Par le mélange du bleu et du jaune, on fait les verts ; du rouge et du bleu , on fait les violets ; du jaune et du rouge, on fait les aurores, etc., tout comme dans la peinture ordinaire.

En employant seulement, et sans les mêler, comme nous allons l'indiquer, la terre d'Italie, l'indigo flore et la laque carminée, on peut faire de très*belles tranches qu'on varie à rinfîui.

Préparation des couleurs.

On ne saurait broyer les couleurs trop finement. On les réduit en consistance de bouillie épaisse, sur le marbre. ou porphyre, avec de la cire préparée et de l'eau dans laquelle on a versé quelques gouttes d'alcool. Lorsque les couleurs sont broyées, on en prend avec le couteau à broyer, on le renverse, et elles doivent tenir dessus. Au fur et à mesure qu'on a broyé une couleur , on la met dans un pot à part : elles doivent être toutes séparées.

DBS AftTS EV MiriBftS. "^^

Préparation du haquet à marbrer.

Dans le vase qui renferme la gomme préparée , qui doit être en assez grande quantité pjur occuper , dans le baquet, la hauteur d'un pouce au moins, on verse aoo grammes d*alun en pouilre fine; on bat bien pour dissoudre Talun» On prend une cuillerée ou deux de cette eau, ainsi préparée^ qu'on verse dans un pot conique semblable aux pots a confitures. C'est avec cette petite quantité qu'on fait les essais pour s'assurer si l'eau gommée a trop ou trop peu de consistance.

On prend un peu de la couleur qu'on a délayée en consistance suffisante avec du fiel de bœuf préparé; on en jette une goutte sur la gomme danà le pot conique, et on Tagite en tournant avec un petit bâton : si elle s'étend en formant bien la volute sans se dissoudre dans la gomme ^ c'est que celle-ci est assez forte; si, au contraire, la couleur ne tourne pas, l'eau gommée est trop forte , il faut y ajouter de Teau, et la battre fortement de nouveau ; mais si la couleur s'étendait trop et se dissolvait dans l'eau gommée, on ajouterait de l'eau gommée forte de la réserve. Toutes les fois, au surplus, qu'on ajoute de l'eau ou de la gonune, on doit battre fortement Teau, afin que le mélange soit parfait. A chaque essai que Ton fait, on doit jeter l'essai précédent dans un vase à part, et reprendre de nouvelle eau gommtc. LorS" qu'on a amené cette eau au point de consistance voulu , ou la passe au tamis et on la verse dans le

datS JLKS SECRETS HODEIRIS

baquet à la hauteur d^un pouce ^ comme nous Tavons dit.

' Le baquet ainsi disposé 9 on colle toutes les couleurs avec le fiel de bœuf préparé, et Ton fait en sorte qu'elles ne soient ni trop consistantes, nr trop liquides. Plus on met de fiel, et plus eHes s'étendent sur Feau gommée. La couleur qu*on jette la première est la moins collée ; celle qu'on jette par-dessus Test un peu plus, et ainsi de suite. Le rouge, par exemple, est la première qu'on jette. Toutes les fois qu*on jette une couleur sur une autre , celle-ci est étendue par la dernière, qui la pousse de tous côtés; et plus le nombre des couleurs est considérable , plus la première jetée se trouve étendue et occupe de place. Lorsque toutes les couleurs qu*on veut employer ont été jetées, si Ton désire que la marbrure présente des volutes, on enfonce le bâton verticalement, et on l'agite en faisant la spirale*

On jette la couleur avec des pinceaux que l'on peut fabriquer soi-même. On prend pour cela des brins d^osier d'un pied environ de longueur et de 2 lignes de diamètre. D'un autre côté on fait choix , pour chaque pinceau , d^ine centaine de soies de porc de la plus grande longueur possible; on arrange ces soies de porc tout autour de Textrémité la plus mince du brin d'osier, et on les lie fortement avec de la licelle. Ces pinceaux, dont les soies sont longues, ressemblent assez à un petit balai. A l'aide de ces pinceaux on jette çà et là . sur la surface de l'eau gommée, la première couche; sur le milieu du tas de ceUe-ci une seconde couleur , puis une troisième , etc. ; de sorte qu'eu s'étendant, les paquets de ces

DBS ÀMXB M XiriBBS. 929

ooQlenrs se rap][>rockeQt les uns des autres : ensuite on les agite eu tournant en spirale lorsqu'on le juge nécessaire. En voici un exemple :

Supposons qu'on veuille former une marbrure qui est ordinairement désignée sous le nom à'œii de pôrdriay; on a préparé deux sortes de bleu avec l'indigo flore : l'un , tel que nous l'avons indiqué plus haut^ et que nous désignerons sous le nom à^indigo n*" 1 ; l'autre, qui est le même indigo qu'on a mis dans uo vase à part, et auquel on a ajouté une plus grande quantité de fiel préparé, nous le désignons par le n® a. On jette, i*^ la laque carminée; a® la terre d'Italie; 3^ Tindigo n*" i ; 4*" Tindigo no a , auquel on ajoute^ avant de le jeter, a gouttes d'essence de térébenthine, que l'on remue bien ; puis l'on agite en volute lorsque cela est nécessaire.

Le bleu n^ a fait étendre toutes les autres couleurs, et donne ce bleu clair pointillé qui produit un si joli effet. C'est à la seule essence de térébenthine qu'est due cette propriété. On peut incorporer cette essence dans toutes les couleurs qu'on voudra jeter les dernières ; elle serait sans effet 'si on Tincorporait dans les précédentes.

Pour le papier marbré, au lieu de bâtonnet,. on se sert de peignes dont les dents sont plus ou moins espacées entre elles , pour former les volutes ou toute autre figure que l'on désire , et que l'on peut varier à l'infini.

Toute l'adresse consiste à poser convenablement la feuille de papier à plat sur la surface de Teau gommée qui supporte les couleurs, et à. retirer cette feuille sans les déranger. Pour cela l'ouvrier prend

3$0 ' I£8 BEGKBTS MODERNES

d*tiDe maÎQ ^ entre le pouce et Tindex^ la feuille par le milieu d^un des petits côtés , et de Tautre main, entre les mêmes doigts » le milieu du côté correspondant; il couche la feuille sur le baquet, et la relève ensuite sans la laisser glisser sur la gomme. Il la place de suite sur un châssis, la couleur en dessus, pour faire écouler Teau et la faire sécher.

Cette feuille terminée, il en marbre une seconde; mais il a soin d'ajouter des couleurs au fur et à mesure qu*il y en a d*enlevées.

Lorsque les feuilles sont sèches, on les cire, on les lisse , et on les plie.

De ia jaspure ou granitage.

Les couleurs les plus usitées pour la jaspure des papiers, sont le rose tendre, le jaune, le bleu clair, le vert pâle , le gris.

Pour le rouge, on prend du vermillon; pour le jaune, le jaune de chrome; pour le iieu, le bleu de Prusse; pour le noir, du charbon de braise lavé. Ou broie toutes ces couleurs à l'eau sur le porphyre, avec la molette, en y ajoutant une quantité suffisante de blanc de plomb pour en affaiblir la nuance au point convenable. Lorsque les couleurs sont parfais tement broyées , on les délaie avec de la colle de parchemin ou de farine suffisamment liquide et bien nette. On met chaque couleur dans un vase particulier.

On ne jaspé ordinairement que sur le fond blano, ou fond jaune ^ ou gris, ou rose très-pâle.

tiBS ÂETS ET HiTIEM. dSt

On peut fasper en deux ou même en un plus grand nombre de couleurs; mais on ne doit jamais employer la même couleur du fond , à moins que celle-^ ci ne soit d'une nuance plus claire 5 et que celle dont on se sert pour la jaspure ne soit très-foncée ; sans quoi la jaspure n'aurait pas d'effet. On jaspe sur le jaune, d'abord avec le bleu clair^ et ensuite avec ,1e rouge; sur le rouge, avec le bleu un peu plus foneé que sur le blanc, ensuite avec le jaune foncé.

Le vert mêlé dans les jaspures produit aussi un très-joli effet, lorsqu'il y est introduit avec goût. On se sert pour cela du vert de vessie, qui n'a pas besoin d'être broyé; il se délaie facilement dans l'eau , et il porte avec lui sa gomme ou sa colle. On le mêle ~ avec plus ou moins de gomme-gutte , qui se délaie de même dans l'eau; e^ par ce mélange, en propor^ tion plus ou moins grande , on donne des nuances très-variées et extrêmement agréables. Il se combine trës*bien avec le jaune, le bleu^ le rouge ^ dans les jaspures.

Les jaspures sur fond blanc ou sur fond gris trèsclair produisent un joli effet, même quand elles sont faites avec plusieurs couleurs, mais non pas entas* sées, et qu^elles sont distribuées avec goût.

Les peintres en décors donnent une dénomination plus raisonnable à la jaspure, et plus analogue à son effet : ils l'appellent granitage , et ils remploient pour les lambris des appartemens ou les parties inférieures des maisons à l'extérieur. La seule différence consiste en ce que les peintres en bàtimens se servent, pour le dehors des maisons et pour les endroits bas sujets à rbumidité , de couleurs à Thuile^ tandis

33a LES SEGIET8 M0DEI1IK9

qu'ailleurs on emploie deg couleurs à la colle; mais les procédés du granitage sont les méaies.

I^RÉPARATZOSr BES COUX-EUIB^S Bfi VASTE!.,

On désigne sous le uoni de pastel , des couleurs solides, crayeuses et formées en crayons, avec lesquelles on peint à sec. Ces couleurs ne diffèrent des crayons ordinaires que par plus de mollesse.

On mêle des couleurs broyées en proportions convenables, avec des substances qui leur donnent la consistance nécessaire; on les forme en petits cylindres , que Ton fait sécher. Tout dépend de la finesse des matières colorantes, et ()e la dureté convenable des crayons.

Les couleurs qui ne sont pas susceptibles d^ètre très-finement broyées et divisées ne peuvent pas être employées; telles sont plusieurs couleurs métalliques, etc.

On ne peut pas employer les couleurs qui sont altérables à Tair ou par d*autres couleurs : tels sont le bleu de Prusse, qui se trouve détruit par les crayons qui contiennent de la chaux; le blanc de plomb, qui se noircit facilement par les exhalaisons sulfureuses; les couleurs de laques végétales, qui souffrent par le contact de Tair ou par la chaux. On emploie cependant plusieurs de celles-là, mais avec les précautions convenables.

Dans la peinture au pastel , on ne peut pas mêler les couleurs comme quand elles sont liquides ; par conséquent il faut faire des crayons d*un grand nom? bre de nuances différentes.

ttS ABTS ET BliTlBBS: ^33

io Bases des crayons dt pastêt*

Lés couleurs bFanches servent de bases à la plupart des crayons de pastel; en partie pour leur donnée plus de corps et la structure terreuse , et en partie pour les rendre plus claires. Lés principales bases blanches sont les suivantes :

Craie. Pierre blanche finement broyée , et dégagée par la décantation de toutes les parties sablonneuses.

Argiîe hianche (terre de pipe) décantée et moulue très -fin. Elle est principalement propre pour les couleurs qui sont altérées par la chaux ^ et pour celied qui, par elles-ïhémes, ont peu de dureté. Cependant elle diminue la vivacité de quelques couleurs, et pai^ le séchage elles sont sujettes à durcir.

Plâtre, provenant d*albâtre gypseux et éteint; il est très-convenable pour quelques couleurs, mais les crayons sont sujets à durcir trop. Le plâtre provenant de la calcination' du sulfatse de chaux transparent est préférable.

Blanc de éismuth ( blanc de perle). Il est main-" tenant peu employé.

Bianc de plomba II donne des crayons lourds, cassans, et ne peut pas être utile à toutes les cou-^ leurs ^ ainsi qu'on Ta observé plus haut.

Farine d'^amidon» On Tajoute quelquefois , mais en petite quantité.

a* Des corps tians,

On peut employer les suivans :

»34 LB8 6ECEBT9 MODËERtS

Lait. Il ne forme qu'une faible agglomération entre les parties, et ne peut être employé que pour les couleurs qui ont déjà de la consistance.

Décoction d'orge. Cette matière est propre pour le bleu de Prusse, Tindigo , et d'autres couleurs qui deviennent dures au séchage ; pour les autres , elle ne donne pas assez de cohésion.

Gomme. On préfère la gomme adragante à la gomme arabique, parce que la dernière est sujette à former une croûte sur les crayons. On peut diminuer sa fragilité par un peu de sucre.

Eau de savon. L*eau de savon ordinaire , de même que celle de savon de cire, peut être eïtaployée pour les crayons de couleur qui, comme ceux faits avec de la graisse, doivent servir à peindre sur toile.

Huile» cire, graisse. Ces matières servent pour quelques crayons, principalement pour ceux qui sont faits avec du plâtre et de Talumine; aussitôt qu'ils sont formés, on les plonge dans de Thuile, alors ils deviennent plus mous. On en a aussi préparé avec des mélanges huileux, mais ils ne peuvent pas être employés pour peindre sur du papier ou du parchemin; ils ne peuvent servir que sur toile ou sur cartons lisses, enduits d'un vernis à Thuile, et recouverts de poudre de verne ou de pierre-ponce. Le mélange gras consiste en 16 parties de suif,' 4 parties de cire, et 1 partie de blanc de baleine. On fait chauffer une partie de ce mélange avec a à 4 parties de matière colorante. On plonge de suite les crayons dans de Peau froide pour les faire durcir vite. Il est plus difficile de peindre avec ces crayons , mais la peinture est plus solide.

DVS AiTS £T HÉ^EIS» a55

5* Préparations.

]* Par ie routage. Dans le laboratoire de Demacbys j Tauteur rapporte la recette suivante :

On broie les couleurs sur un marbre, et on divise la matière en trois parties.

La première donne des crayons de couleur simple^ la seconde est rehaussée par deft additions , et la troisième est mêlée avec d'autres couleurs.

Pour mettre la première en crayons , il faut avoir à la main différentes petites planches; on les couvre avec du papier de rebut, 4 jusqu'à 6 doubles, mais d*abord avec du papier non collé; on applique la couleur avec une spatule de bois : une partie de Teau en excès pénètre dans le papier, et la couleur devient plus sècfare. Quand la couleur est assez sèche pour pouvoir être maniée, on en prend un morceau gros comme une noisette, on le roule entre les deux mains pour en former un cylindre épointé, et on passe ensuite entre deux petites planches lisses pour rendre le cylindre plus régvilier et plus poli. On donne à ces cylindres ta longueur de a pouces, et la grosseur d'une forte plume. On les met ensuite sur une autre planche , on les recouvre de papier pour éviter la poussière, et ou laisse sécher à Tombre.

Quand on a ainsi traité la première partie de la couleur, on remet la seconde sur la pierre, et on la broie avec moitié de blanc; on en forme la moitié en cylindres comme précédemment : l'autre moitié peut être mêlée avec une quantité plus grande de blanc, pour former des nuances de plus en plus

336 IM SECRETS UODEHNES

claires j qui sont mises en cylindres comme cidessus.

Le troisième tiers est employé pour être mêlé avec d'autres couleurs, pour former des nuances que Ton n*obtient pas directement. On mélange, par exemple 9 le bleu et le rouge, ou le noir et le rouge, pour obtenir des violets ; le jaune et le rouge pour avoir l'orangé; le bleu et le jaune pour les verts, etc.

Avec ces mélanges, on procède comme précédem-ment; une partie est mise directement en cylindres, et les autres son t mêlées avec des quantités croissantes en blanc.

Quand les crayons sont secs, on les essaie pour fi'assurer s*ils ont le degré convenable de dureté. A la fin , il faut avoir six petites caisses pour les différentes 'nuances d*une même couleur. On entreprend les couleurs les unes après les autres , et on éprouvé chaque crayon Isolément. Les crayons trop durs, qui, sur un papier bleu à écrire pas trop lisse, ne le colorent pas facilement , sont placés dans la première caisse ; ceux qui cèdent leur couleur, mais ne la donnent pas d'une manière certaine , sont placés dans la seconde caisse ; ceux qui sont cassés sont placés dans la troisième. Ceux qui donnent des traits qui ont assez peu de ténacité pour que le souille les fasse disparaître du papier sont placés dans la quatrième. Quand les^ crayons ne peuvent pas supporter la moindre pression, ils sont placés dans la cinquième; les bons et parfaits sont placés dans la sixième.

Les cinq premières Sortes doivent être améliorées de la manière suivante :

Le prenûer défaut provient d'une trop forte pro*>

DB8 ABTS ET METIERS. ^Zy

portion de plâtre , et on les améliore en les broyant de nouveau avec de Teau et du lait.

Les autres défauts proviennent en général de la même cause. Les troisième et quatrième proviennent du manque de liant; on y remédie en ajoutant un peu d'argile blanche et du lait.

La cause du cinquième s'explique d'elle-même ^^ et peut se réparer par l'addition d'un peu de plâtre.

La règle générale pour faire ces couleurs est d'employer du plâtre , de l'argile ou du lait, en proportion strictement nécessaire pour donner quelque soutien aux couleurs.

Le lait et de l'eau de miel sont des additions qui produisent une faible agglomération. A quelques couleurs il est utile aussi d'ajouter un peu de savon blanc dissous.

a* Par coulage.

Les crayons obtenus parle roulage ont des et^paces vides et cassent facilement ; quelques fabricaos moulent la pâte liquide, ou pressent dans des formes la pâte ferme. Dans lé premier cas, la couleur doit avoir seulement la consistance du miel.

Hochheimer recommande, dans seç instructions sur les couleurs, de faire ainsi les formies pour le cou-r lage : On fait couler un modèle en cuivre jaune poli; la longueur peut être de 8 à lo pouces, sa forme doit être un peu coniqua; on coupe den feuilles d'é « tain de la longueur des crayons, on les tourne sur le moule en cuivre, et on les remplit à l'aide de la couleur liquide.

a38 L£8 gEClETS HODEENES

3* Queiques proportions de mélange.

GAÀTONS BLÀRGS.

1* Craie pure, molle» sans aucune préparation.

a*" Blanc de plomb broyé avec du lait , et séché à l*ombre. S*il n'était pas assez solide , on ajouterait au lait un peu de gomme.

3"* Blanc de zinc » traité de la même manière. On se sert aussi du sulfate de baryte , du blanc d*£spagne> de la magnésie, des os calcinés, etc.

CBATOKS XÀVNB8.

^i« Ocre naturelle coupée en morceaux, ou broyée avec plus ou moins d^eau de gomme , et mise en forme.

!k^ Jaune minéral , jaune de Naples , jaune de «hrôme, turbitli, seuls ou broyés avec de la craie et de Teau de gomme , et noiis en forme.

3* Arsenic jaune, traité de la même manière. Ces crayons ne doivent pas être employés avec ceux de blanc de plomb, à cause du sulfure d*arsenic.

4* Stii de grain , seul ou piiéparé avec du lait. On Testime peu , parce que la couleur en est bientôt altérée par la lumière.

QIATOKS mOlFGBSà

I* Craie rouge, molle, terre rouge, bol$, seulsou broyés arec du lait ou de Teau de gonun<S.

DIS ABT9 ET uttltM. aSg

S» Cinabre y vermillon, rouge - brun ^ rouge de chrome 9 seuls ou mêlés avec des terres blanches, et rendus solides par la gomme adragante.

3® Laques de Fernambouc, de garance, de carmin, mêlés avec de Targile et quelquefois avec de Tamidon^ et rendus solides avec de la levure de bière 9 du lait ou de Teau de gomme.

4^ Le pourpre d'or et le carmin.

CaATORS BLEUS,

1* Bleu de Prusse ou indigo, broyé avec de la décoction de malt.

a* Smalt ou bleu de cobalt , seul ou avec de la craie , et broyé avec de la gomme adragante.

CBATORS VEITS.

i« Terre verte, avec craie broyée avec de la gomme. 9* Vert de Brunswick ou toute autre couleur verte de euivre , avec gomme.

3<^ Jaune et bleu , mêlés.

CRAYONS BRUV8.

1* Terre d'ombre, seule ou avec craie broyée avec eau de gomme.

^GBATOVS VOIBS.

1* Charbon de bois de saule.

a» Noir de charbon, noir de fumée calciné, avec

fà^O IBS SBCaBTS MODERNES

lin peu cle terre d'ombre et d'indigo ^ et gomaie ou décoction de malt.

4* Différentes observations.

L'usage des couleurs de pastel est peu répandu. Autrefois le pastel de Lausanne était trës-répulé ; maintenant c'est à Paris, à Londres, à Vienne et à Nuremberg que se fabriquent principalement les .crayons de pastel. On les livre au commerce en caisses plates contenant 3a, 5o, 80, 100, i5o, 200 9 a5o crayons ; et quand ils sont moutés en bois blanc » en assortiment de la, 25, So, 80^ loo, i5o^ 200^ a5o pièces. Les crayoïis de pourpre d'or et de carmin iiént vendus à part^ à cause de leur prix très-élevé.

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