partie est un tour qui fuçoone environ aoo^ooo livres de fer par mois
Le hasard, cet ami des arts utiles, leur a procuré la découverte de cet emploi de la sléatite, qui se répand de plus en plus dans les États-Unis , et passera sans doute en Europe. Toutes les épreuves sont terminées, il ne s'agit plus que d'appliquer.
On xait que la stéatite est composée de silice , d'alumine , d'un peu de magnésie et d'eau , et quelquefois d'une matière colorante qui est de l'oxide de fer. Comme elle abonde dans la province de CornouaiUes, les Anglais l'emploient à des usages Irtadivers : celle qui est bien blanche entre dans la pdie de porcelaine î quelle que soit sa couleur, on en fait d'excellcns creusets pour les fondeurs, etc.
Imitatiou des pierres précieuses-
La Société d'encouragement a accordé à M. Douault Wiéland , l'oaiElier à Paris, une récompense de 1,200 fr. pour les procédés qu'il a fait connaître. Les voici :
t l.a base de toules les pierres artificielles est le strass, que j'appelle fondant lorsque je l'unis aux. oxides métalliques pour former les pierres colorées. Travaillé seul il imite lesbrillanset les roses de diamant.
• Du strass. II se compose avec la silice, la potasse.
3a$ ita BECBETs «
le borax, l'oxide de plomb, et quelquefois l'arseuio.
EiaminoDs chacune de ces substaoces.
1 La lilice peut se prendre : i" dans lo cristal de roche; %' dans 1$ siAle ; S* dans le silex pyromaque (pierre & fusil]. Le cristal de roche dooDe un verre plus blanc; le silex oonlient toajovrs ua peu de fer qui colore le verre en |atiae. Le sable , que l'on choisit le plus pur et le plua translucide, a besoin d'Être lavé avec de l'acide murialique, et ensuile à grande eau, avant d'être employé. Pour pulvériser et tamiser le criHlal de rocbc, ainsi que le silex, il faut d'abord en faire rougir les fragmeus au feu , les plonger ensuite dans l'eau froide , pour les étonner , les fendiller et les rendre friables ; puis on met en poudre et ou tamise.
> La potasse doit £tre exemple de mélange avec d'autres sels : il faut choisir la plus belle perlasse ou la potasse caustique purifiée par l'alcool {■].
> Le borax du commerce , celui de Hollande, par exemple, produirait un verre brun. Il faut préférer l'acide boraciquecristallisé, extrait desmarais de Toscane; il est blanc, pailleté , très-fusible, et je te regarde comme le meilleur fondant.
* L'oxide de plomb doit âtre d'une pureté parfaite. S'il contient seulement un alome d'étain, le verre devient louche et laiteux. Le minium est préférable à la plus belle lilhai^e et ooéme à la céruse de Clicbf ,
(i) Lu rtiimîtfw qui ont fait du Kcharïhu lur ! tiail, ont lecoanu, dui leura eiHis, qu'un n'obt qn'iTcc la polauc. Lei crlitiui âe »1> ia toudi le! joBriaat ltlDteJiiui*Ttrditr<<u)T«rr*.
DEB ARTS ET uéllEBS. ZllÇf
(juidoDoe ua beau verre , mais noD exempt de bultes. Il faut analyser le miDium aviinl do l'employer, pour s'assurer qu'il ne contieDt aucun autre oside. Il L'arsenic doit être également très-pur.
■ Le chois des creusets est trts-imporlant. Ceux de Hesse sont meilleurs que ceux de porcelaine. Les creusets colorent quelquefois la matière en jaune ou brun , quand leur surface inlerne laisse échapper quelques particules de fer. On n'a pas à craindre cet inconvénient avec des creusets de porcelaine dure; mais ils se cassent ou se percent souvent, et sont trop perméables.
■ On se sert, pour fondre la matière, d'un four à potier ou d'un four à porcelaine , et les creusets restent vingt-quatre heures environ au feu. Flus la fusion est tranquille et prolongée, plas le strass acquiert de dureté et de beauté. Si l'on avait des creusets parfaits, on pourrait se servir du four à porcelaine; mais comme on y fait trop de pertes , il faut se contenter du four à potier , que l'on chauffe avec du bois bien sec, fendu en petites biUeltes.
> J'ai réusai à faire de très-beau straff , en employant diverses proportions. Les quatre mélanges suivuns ont produit de trèâ-bous résultats.
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• Le strass que l'on oblienl avec le cristal de roche est, en général, plus dur que celui qu'on fait avec le sable ou le silex; mais il est quelquefois trop blanc; ce qui n'est pas avantageux pour les petites et moyennes pierres, parce qu'elles ont moins d'oi-îcnt el jettent moins de feu que celles dont la matière est légËrement colorée en jaune. Cette teinte disparait dans la division et la taille des pierres. La matière qui nous vient d''Allemagne est toujours colorée , et souvent trop colorée.
1 De ta topaze. Cette composition est très-sujette avarier dans lu fonte. On pourrait l'appeler le camiUon vitré, tant elle change facilement de couleur suivani le degré de température qu'elle éprouve, ou la durée du feu. Elle passe du blanc de strass au /aune de soufre, au violet elaa tow^c çourpre, sui-
DES ADTa EX, :UÉTIEIIS. 33l
vant des circoDSiances que je n'ai pu dëlerminer encore parfaitement. On peut comparer celte matière au rutiin-gtass des Allemands et des Italiens. 11 faut qu'on éprouve de grandes difBcullés dans la fabrication de cette pierre, car la matière est rare dans le commerce. J'en ai eu besoin pour compléter une commission de parures de ma fabrique , et il ma été impos.sible de m'en procurer une once à Paris. J'en ai fait venir de Genève, que j'ai payée a4 f. la livre > encore n'étail-elle pas belle; elle devenait presque toute blanche au feu. Voici o je la prépare :
■ Il faut choisir le verre d'antimoine le plus transparent et d'un jaune orangé clair. On peut avec le fur seul obtenir une topaze assez belle. Pour cet eifel, on prépare le mélange suivant :
» Du ruhis. C'est la plus rare et la plus chère des pierres artificielles. J'ai cherché sa composition, en suivant les données de M. de Fontanieu ; mais le grand nombre de substances qu'il emploie rend le succès toujours douleujt, cl la fabrication du rubis très-difQcile. Mes essais sur la topaze m'onl fourni un czcclleol moyen d'obtenir constamment et à vo-
f^Sa LES SECHF.TB MODEfiHES
lonlé de ti'ës-beaux rubis. Trés-gouvent le mélange' ' (jue je fait! pour obtenir des topazes ne me donne qu'une masse opaque, translucide fiur ses bords seulemcDl, et offrant, daux ses lames minces, une couleur rouge quand on les place entre l'œil et la lumîÈre. J'ai pen^é que l'opacité de cette matière résultait de ce que les oxidea n'étaient pas bien combinés avec le fondant, et qu'on obtiendrait de la transparence par une seconde Fusion , en diminuant les proportions d'oxides , ou, co qui est la mCme chose > en augmenlaut celle du fondant. L'expérience suivante m'a parfaiicmcnt réussi. J'ai pris une partie de matière topaze opaque, et l'ai mélangée aveo huit parties du fondant. Je l'ai fondue dans un creuset de Hesse , qui est resté trente heures au feu d'un four à potier. J'ai eu pour résultat un beau cristal jaunâtre , semblable au strass. J'ai refondu cette matière au chalumeau pour l'essayer, et elle a produit le plus beau rubis d'orient. J'ai répété cet essai plus de vingt fois, et l'effet a toujours été le même.
1 On peut faire un rubis moins beau et d'une teinte difTérente, en employant les proporltous qui
» De l'émeraude. L'émeraude est trÈs-facilc à fabriquer. D'après les formules de M. de Fontanieu, celle qui réussit le mieux est le simple méUnge de l'oiidc vert de cuivre avec le fondant. Quant à celle
DES JlBTS ET MÉTIEBS. 355
dans laquelle il fait entrer de l'uxide de cobalt, elle donne un verre dout le fond est bien celui de l'émeraude, mais qui a des reflet§ bleus. La compositiou qui imite le mieux l'émer'aude nalurelle est la
> On peut, en augmentant la proportion de cbrôme ou d'oside de cuivre, et en y mélaugeant de l'oiide de fer, varier la nuance verle et imiter le péridot ou l'émeraude foncée.
■ Du saphir. Pour produire une couleur d'un beau bleu oriental , il faut employer du strass trèsblanc et de l'oxide de cobalt très-pur. Cette composition doit être mise dans un creuset de Hesse, soigneusement luté, et rester 3o heures au feu. Si la fonte a été bien conduite, on oblieut un verre trèsdur et sans bulles. Il prend facilement le poli. Voici les proportions :
1 De l'améthyste. L'améthyste est une pierre estimée quand sa couleur est belle et veloutée. M. de Fontanicu fait entrer dans sa composiliun trop d'oxidc de manganèse et beaucoup trop de pourpre
354 LES SECHETS HODEBNES ^^^^|
de Cassiua. Cela nuil à ti (ransparence et donne une ' couleur vineuse qui n'esl point naturelle ; on réussit beaucoup mieux en adoptant le dosage suivant :
■ De t'aigue ' marinô. L'aiguë -marine est une pierre peu rechercbée , même quand elle est naturelle; c'est une émeraude pdle, tirant sur le bleu plutôt que sur le vert , et imitant assez la couleur de l'eau de mer. On l'obtient en mêlant :
* Ou grenat syrien. Cette pierre, que les anciens appelaient ejcar£ouc<e, a une couleur vive qui platt beaucoup dans le commerce. Elle est surtout employée pour les petits bijoux. On m'en a souvent demandé pour les colonies espagnoles. Le grenat artificiel est une espèce de rubis foncé, que l'on fabrique d'après la formule suivante :
Ondt <[* I
DES AI1T9 ET aÉllEHS. ^55
■ Dans la fabrication des pierres artificielles, il e^t beaucoup de précautions ù prendre, de soins à observer, que l'babitude de la manipulation peut seule faire connaître. Eu général , les matières doivent être pulvérisées et même porphyrisées avec attention. Les mélanges ne se font bien que par une tamisation répétée. Il ne faut point se servir du même tamis pour passer différentes compositions, quelque soin que l'on prenne de le nettoyer après l'opération. Enfin, pour obtenir des masses bien fondues, bien homogènes, sans stries, sans bulles, il faut n'employer que des substances d'une grande pureté, mélangées à l'état de (énuïlé extrême; choisir les meilleurs creusets; fondre à feu gradué et bien égal pendant toute la continuité du maximum de température; laisser la matière au feu pendant a^ ^ 3a heures, et ne refroidir les creusets que très-lentement. •
A'ota. M. Lançon , autre fabricant de strass, dont les produits sont très-beaux, et qui a ooncouru avec M. Wiéland pour le prix que celui-ci a obtenu de la Société d'encouragement , n'opère pas, dans toux les cas, absolument comme son concurrent. Far exeniple , il bannit l'arsenic de toutes ses compositions.
Four son strass , ou fondant , il emploie r
336 LES SECRETS MODEBKES
Dans la fabricalîon de l'émeraude', M. Lançon ajoute par livre de fondant, i gros d'acétale de cuivre [ verdet cristallisé), et i5 graine de safran de Mars ( tritoxide de fer).
Pour Taméthystc, les proportions adoptées par U. Lançon sont les suivantes , et elles paraissent meilleures :
Procédé pour durcir et purifier te suif et toutes (es graisses animâtes.
Le but que l'auteur, M. Héard, s'est proposé, a été de durcir le suif et les graisses animales au point de les rendre susceptibles de résister à une température élevée sans se fondre. 11 obtient cet effet en mêlant au suif en bain de l'acide nitrique très-pur et d'une pesanteur spécifique de i,Soo. La quantité qu'il en ajoute par kilogramme de suif est d'environ demi-once.
On fait fondre le suif sur un feu doux ; et , après y avoir ajouté l'acide, on entretient la fusion, en remuant continuellement jusqu'à ce que le suif ait pris une teinte orangée : alors on le retire du feu , et yuand il est refroidi, on le soumet à l'aclion d'une
DES IBTS ET HiTIEKS, Z5^
très-forte presse. La pression en sépare un fluide huileux ijui est combÏDé avec l'acide.
Le suif , jauni par ce procédé, reprend toute sa blancheur par l'exposition à l'air et à la lumière, et devient très-propre à la fabrication de chandelles excellentes, qui ne coulent pas et ne tachent pas les
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TANNAGE ET TEINTCRERIE.
■Sur des perfectionnemens obtenus dant l'art du tanneur et dans celui du tHnturier.
M. Guillaume Good, construcieur de vaisseaux à Bridport en Anglelerre, a obtenu, pour le tannage des cuirs, et pour la teinture des toiles à voiles, des résultais irès-satjsfaisaus , par le moyen de quelques substances qui jusqu'ici avaient été trop peu ou point employées dans ce but,
M. Good a découvert que la sciure du bois de chêne, des brindilles du même bois coupées menu , et même encore les feuilles de cet arbre hachées, renferment une quantité assez considérable de tannin pour que leur emploi puisse être avantageux dans le tannage des cuirs. Peu importe quelle soit la partie de l'arbre que l'on choisît pour en avoir la sciure : les racines, le tronc, les branches, tout est utile; cependant les racines et les brindilles paraissent être plus riches en matière tannante.
Pour tanner les peaux de veaux ou d'autres peaux légËres , on prend cent livres de brindilles de chêne coupées menu; on les fait cuire dans environ 937 litres d'eau, jusqu'à ce que, par l'ébullilion et par l'effet de l'évaporalion , il n'en reste plus qu'environ i3 ) à i5o litres. On laisse déposer et l'on décante. Oa rerse ensuite i5o litres de nouvelle eau sur le
M8 *BTg ET HÉTIEBS. aSg
résidu, et l'on fait bouillir jusqu'à ce que celte eau soit réduite à 95 lilres. Celte dernière décoclion est employée pour faire subir une première immersion aux peaui de veaux, après qu'elles out reçu lea autres préparations usitées. On les fait séjourner eosuile dans la première décoclion, et l'on remplace ainsi enliëremcnt l'écorce de cbêne dont se servenl les tanneurs.
Pour teindre les toiles et les voîies, M. Good prend 100 livres de brindilles de chêne coupées menu, et autant de tan qui a déjà servi; il les fait cuire dass environ 38o litres d'eau jusqu'à réduction d'un tiers environ. Les toiles doivent bouillir pendant trois heures dans ce bain.
Bois de teinture.
Moyen simple et facile d'épurer de leur parliefauve les bains faits avec des bois du Brésil d'une qualité inférieure, savoir : les bois de Bimas, de Sle-Marthe, d'Âniola, de Nicaraga , de Siam, ou de Sapan , etc. ; et de substituer avec succès ces qualités inférieures au vérilaHe femambouc.
Les bois que nous venons de désigner sont, som tous les rapports, moins riches en couleur rouge que le véritable bois de Fernambouc. Ils conticunejit d'ailleurs presque tous une quantité assez considérable d'une couleur fauve qui ternit le lustre du rouge, et oppose des obstacles presque insurmoutables à l'application dans la teinture ou l'impression des calicots.
Lo véritable fernambouc étant devenu tt^-T^x^ ,
S4o I>ES SECRETS M0DEBNE9
et SOU prix si exorbitaot que les fabricans ne peuvent plus presque s'en procurer, il ne peut être eans intérâl de faire coonafire un moyen de le remplaeer avec succès.
Les bois de qualilt! inférieure , indiqués ci-dessus. Étant couples ou raclés, comme à l'ordinaire, ou en extrait, soit par rébuliilinn, soit par l'action des vapeurs aqueuses, toute la couleur qu'ils recèlent. On fait évoporer les décoctions obtenues , jusqu'à ce que , par exemple, sur quatre kilogr. de bois employé, il ne reste que douze à quinze kilogrammes de liquide. Ce résidu étant refroidi, on y verse, douze A dix-buit lieures après, deux kilogrammes de lait écrémé. Après avoir bien remué ce mélange, on le fait bouillir pendant quelques minutes, puis on le fait passer par un morceau de flanelle d'un tissu bien serré. On verra alors la matière fauve s'attacher â la matière ca-^cuse du lait qui se précipite d'ellemême dans cette décoction, sans causer la mcMudre perle dans la quantité de couleur ronge.
Pour employer à la teinture la liqueur obtenue de cette manière, on n'a qu'à la délayer avec la quantité convenable d'eau pure. Mais , si l'on veut s'en servir pour imprimer ou peindre les toiles, il faut encore faire évaporer la liqueur obtenue de quatre kilogr. de bois, jusqu'à un résidu de cinq à six kilogr. En y ajoutant alors, soil de l'amidon, soit une autre substance propre à l'épaissir à un degré convenable, et la quantité suffisante d'une solution d'étain ou d'une base quelconque pour raviver la couleur, od aura un rouge propre à l'application sur toiles ; leguel, a'il ne «urpasse pa» \e ïovi(;e du véritable fer-
DES ARTS ET ME-riEBS. A^l
irambouc, rivalise du moins bieii certaiiiemenl avec lui, tant par l'éclat que par l'intensité de la couleur. Il faut que la quanlilé de lait écrémé qu'on emploie soit toujours en proportion de la quantité de couleur contenue dans les bois dont on se sert. Deux kilogrammes de lait suQiront pour six à huit kilogr. de bois jeanes , et aonséquemment pauvres eu couleur, et l'évaporalion sera réglée d'après le même principe , dans le cas où l'on voudra s'en servir pour les couleurs d'application sur toiles. J'ai opéré avec des bois rouges d'une qualité inférieure, et qui étaient aussi riches en couleur que le meilleur fernambouc véritable. Le fabricant de laques rouges déterminera facilement ^ par les différentes nuances des couleurs qu'il obtient de ces bois, la quantité qui lui en est nécessaire pour remplacer le fernam-
On peut se servir des décoctions immédiatement après les avoir traitées de la manière que je viens d'exposer : elles acquièrent, par celte opération, toutes les qualités qu'elles n'obtiennent ordinairement que par un long repos.
Bleu Raymond.
M. Raymond, professeur de chimie à Lyon, trouva, il y a quelques années, le moyeu de teindre la soie en bleu, en la trempant dans une dissolution de prus.<)iale de potasse, après l'avoir combinée avec l'oxide de fer; c'est-à-dire eu formant du bleu de Prusse de toutes pièces sur la soie elle-même.
Le bleu Raymond est une découverte d'autant plus
précieuse, qu'auparavant on ne cotinaiasait aucQD moyen d'obtenir cette nuance sursoie; car on sait que les beaux bleus foucéa bon teint se font à la cuve, et qu'ils n'ont iamais d'éclat; el que les bleus de ciel, qui s'obtiennent avec la dissolution d'indigo, ne peuvent jamais atteindre le ton du bleu de Prusse. On fait subir à la soie, pour la teindre en bleu haymoiid , quatre opérations successives, savoir : la cuite, le bain ferrugineux, le bain de prussiate, et ravivage. Eu supposant la soie déjà cuite (voyez l'article ilanchtment de la soie), on la lave à grande eau, puur enlever tout le savon qu'elle pourrait contenir ; on la passe ensuite dans un bain fait avec une partie de sulfate de fer , une demi-partie d'acide nitrique , et une quantité suûisante d'eau : la soie s'imprègne de fer, se colore en jaune; et, quand ou juge la nuance convenable, on lave de nouveau à la rivière, et on donne deux battures pour enlever l'acide le plus exactement possible. Le jauoe devieut alors plus éclatant. Après ce lavage, on passe la sole dans une dissolution bouillante de savon, et l'on emploie de préférence la dissolution qui a servi à la cuite de la soie écrue , parce que la matière gommeuse qu'elle contient atténue un peu l'action du savon , et conserve mieux ce qu'on appelle le maniement de ta soie, c'est-à-dire cette espèce de cri qu'elle ;^ît entendre quand ou la presse entre les doigta. Lorsque la teiute de la soie est devenue d'un roux Irts-foncé, on la relire de la chaudière ; on la porte de nouveau à la rivière, où on lui fait subir deux ballures, pour la débarrasser complètement du saron qu'elle peut retçuir. Alors on prépare un bain ,
CES l&TS El MÉTIERS, 343
dans lequel on met une livre de prussiale de potasse cristalliBé, par livre de soie à teindre; on dissout avec quantité suffisante d'eau, puis l'on ajoute de l'acide sulfurique iusqu'à ce que le bain soit Bensiblement acidulé. Une trop grande quantité nuirai^ beaucoup. Après quinze à vingt minutes, la soie se trouve suffisamment teinte , et il ne reste plus qu'à la rincer et à lui donner l'avivage, qui consiste à la passer dans un bain d'eau pure, à laquelle on ajoute une très-petite quantité d'urine putréfiée , ou mieux de l'ananioniaque; mais alors il est bon d'ajouter un peu d'acide acétique, dans la crainte que l'alcali ne soit trop énergique. I.e bleu acquiert, par CM avivage, un peu plus d'éolat, et une légère teinte violette.
Éoartate.
Tous ceux qui ont écrit sur la teinture en écarlate, conviennent d'abord qu'il est impossible de fixer d'une manière invariable les proportions relatives des différentes substances qui entrent dans la composition de cette couleur, et il est bien aisé de s'en convaincre en réfléchissant qu'elle n'a aucun type certain. Les uns la préfèren t avec une nuance plus iau< nâtre, d'autres veulent que le rouge y domine; ceuxci aiment mieux une couleur plus nourrie , et ceuxdà une teinte plus affaiblie. Ou voit donc que , pour salisfaire à tous les goûts, il faut nécessairement faire subir quelques modilications au procédé général, et l'on y est encore obligé par les différences qui existent entre les quantités de matière ouloranle,
UODGRITES ^^^^1
contcDues dans les diverses cochenilles. Ainsi, les doses que nous allons iodiquer n'ont rien d'absolu , et elles devront être variées suivant l'occurrence. En général, on emploie, pour chaque livre de drap on de laine, une once de cochenille, deux onces de crËme de tarlre, et un gros de dissolution d'étain. Reste à savoir maintenant comment on doit procéder; mais avant de l'indiquer, nous dirons quelqites mots et du choix qu'on doit faire des matij;res premières, et des précautions qu'il faut prendre pour réussir.
On sait d'abord que toule nuance délicate nécessite un grand degré de blanc et de netteté dans l'étofTe qui doit la recevoir; et l'écarlalc est peut-Êlre, de toutes les couleurs , celle qui exige le plus de soins sous ce rapport. Ainsi, tout ce qui peut contribuer à écarter les substances étrangères doit être scrupuleusement observé.
L'eau qu'on emploie à cette teinture a besoin d'être bien limpide et bien pure, car toute matière qui s'y rencontrerait viendrait se réunir aux molécules colorantes, et ne pourrait que nuire à leur éclat. Les sels terreux ou métalliques sont eux-mêmes susceptibles de ternir celte belle couleur, parce que leurs bases sont Ordinairement entraînées en pFËcipilalion avec la matière colorante déji^ unie au mordant. Il convient donc de faire choix de la meilleure eau dont on puisse disposer, ou de l'épurer, si la localité n'en présente pas de convenable. Les moyens que les teinturiers emploient dans ce cas le (>lus habitucllcmenl, ne son! pas sans doute les meilleurs auxqiiels on puisse avoir recours ; car ils se réduisent