DES IBIS ET MÉTIËIIS
ment et uniforDiément, ou même on se conleute de la laisser s'égoutlcr d'elle-même. La soie, le catoD, le chanvre, le lin, ne demandent qu'a être plongés dans la liqueur teignante; ils s'itaprègnent très-aisément. Il faut bien les exprimer.
Le suKure d'arsenic est susceplible de donner aux étoffes toutes les nuances imaginables, depuis le jaune doté le plus clair jusqu'au jaune souci- Celle belle couleur a le précieux avantage do ae conserver indéfiniment avec tout son éclat, et d'avoir une plus grande durée (|ue les tissus eux-mêmes. Elle résiste en effet à tous les agens,sî ce n'est aux alcalis; mais cet inconvénient est bien compensé par les autres avantages que cette couleur présente : elle pourra servir très-avaiilageusement pour la fabrication des tapisseries de prix, des velours et autres étoffes d'ameublement qui ne sont pas dans le cas d'être lessivées ni savonnées, et pour lesquelles la fixité des couleurs est une des qualités les plus précieuses.
Je pense que la modicité du prix de cet ingrédient, et l'extrême facilité de son application , en propageront l'usage chez les teinturiers. La dissolution ammoniacale de sulfure d'arsenic pourrait encore être employée dans la fabrication des papiers peints.
Essai manufacturier (U -l'indigo, pour en reconnaitre ta valeur vénate.
Les substances étrangères qui se trouvent ordinairement en m<^'lauge avec l'indigo , s'y rencontrent dans la proportion de 55 à 60 pour cent : c'est de i'oxiUe do fer, de i' aiwaïiiie , des phosphates de
55£r LES SECRETS HODEBRES
chaux et de magnésie , des carionates de cet hases; du sulfate de potasse, de l'acétate, du chiorure de potassium, des principes cotorans unia à une matière animale et à un acide végétai. M, Chevreuil , dans SOD grand travail sur l'indigo , a coostatë ces fails.
D'après cela, on cooçoit combieD il devient important d'offrir au consommateur des moyens d'apprécialion. Déjà nous avons fait remarquer que tes caractères extérieurs pouvaient Être ïni'ullîsans, et que tel indigo qui se présentait sous un aspect défavorable, pouvait être néanmoins de fort bonne qualité. Il faut donc, pour élre bien guidé dans le juge^ ment qu'on doit porter, avoir recours aux méthodes analytiques ; et, sans aucun doute , le moyen le pluscertain serait de traiter successivement les divers échantillons d'indigo, par l'eau, par l'alcool et par l'acide murialique. IHais ce travail, tout simple qu''il est pour le chimiste même le moins expérimenté, ne l'est point encore assez pour celui qui n'a aucune habitude quelconque de ce genre d'essais ; il est donc à désirer qu'on puisse se servir d'un procédé plus expédîlif et plus facile. Or, si l'on réQéchit que parmi les substances étrangères contenues dans les indigos ordinaires, ce sont surtout les particules terreuses, salines et métalliques que l'acide muriatique soustrait, qui les font varier entre eux, et qu'en général elles forment à elles seules plus des deux tiers des matières étrangères, alors on sentira la nécessité de porter son attention principalement sur ces deraièrei substances, pour ces sortes d'indigos. Mais remarquons encore que ce sont précisément les mêmes
•DES A-ETS ET «illEKS. 35j
qui composent le résidu de la calciDalion de l'indigo, et nous en devrons ûécessaircmcnt conclure qu'en faisant inoiuérer des poids i^gaux des divers échantillons d'indigo qu'on veut soumetlre à l'examen, et qu'on suppose avoir été également desséchés avant de les peser, les poids des résidus se Irouveront sensiblement dans le même rapport que les valeurs respectives des échantillons. Ce moyen d'évaluation, si simple et si facile dans son exécution , donne j dans beaucoup de cas, une approximation suQisanle.
Quelques praticiens préfèrent essayer l'indigo par l'acide sulfurique, et voici comment ils procèdent ; Ils opèrent, ainsi que dans le cas précédent, sur des quantités égales d'indigo semblable nient desséchées, puis ils traitent chacune d'elles par des poids égaux d'acide sulfurique concentré (8 à lo parties) : le tout étant bien délayé, exposé à une même température, etc. £n UQ mot, les dissolutions étant achevées, puis étendues d'une même quanlilé d'eau, on prend un volume égal de chacune de ces f>olulions, et l'un en fait l'épreuve par une même solution de chlorure de chaux. Les quanlilés de chlorure nécessaires pour la décoloration sont entre elles dans le même rapport que les richesses des échantillons soumis à l'épreuve. Celle méthode, qui, au premier aperçu, paraît trèsrationnelle, est néanmoins sujette à quelques graves incoovéniens que nous devons signaler; et d'abord, il est certain que ce genre d'essai se trouve rarement d'accord avec l'emploi, eo sorte que tel indigo quf aura été jugé, par cette méthode, riche en matière -colorante et de fort bonne qualité, fournira quelque-
fois des résullaU désavaalageux en leinlure, et réciproquement.
EoCui, il est encore une autre méthode d'easaî usitée par quelques praticiens éclairés , et qui mérite toute considération, parce qu'elle ne consiste que dans la répélition en petit du procédé d'emploi en grand , et qu'il n'y a point alors de raiiou pour que ce qui est jugé bon dans un cas ne le soit pas dans l'autre. Ce procédé consiste à faire dissoudre en vase clos, dans ino parties d'eau, iS parties dépotasse du commerce, puis d'y délayer 6 parlies de chaux vive récemment délitée; on agite le tout à diverses reprises, et l'on y uioule enfin 6 parties d'orpiment et 8 parlies de l'indigo qu'on veut essayer; on agile de nouveau, et jusqu'à ce que toute la couleur bleue soit disparue; alors on laisse reposer, et lorsque la liqueur est parfaitement claire, on la décante dans un autre vase ; on rince le dépôt avec une petite quantité d'eau, et l'on tire à clair de nouveau. Ces deux liqueurs étant réunies, on les agile fortement et long-temps au contact de l'air ; et quand tout l'indigo se trouve régénéré, on le recueille sur un filtre, et l'on pèse pour connaître le poids réel de matière colorante contenue dans l'échantillon examiné.
• Je ne connais point , dit U. Chevreuil , de procédé qui puisse seul être employé pour déterminer la valeur respective des indigoi du commerce ; aussi, toutes les fois que j'ai à en essayer, je les soumets à quatre épreuves. Je commence, dans tous tes ca§, par les sécher à la température de loo degrés. Ils
DES ARTS ET HÉTIEBS. 35g
perdent en général, par ce moyen, de 3,5 à 5,5 pour 100.
) Je fais brûler, dans une petite capsule de pla- <îne, ■ gramme d'indigo, pour déterminer la proportion de la malière inorganique.
> La proportion de cendres qu'on obtient le plus ordinairement est de 7 à 9, 5 pour 100.
M Les proportions minima et maxima , mais qui ne se présenteut que rarement, sont :
Sulfate d'indigo essayé par ic chlorure.
> Pour être aijr de bien attaquer les indigos que je veux dissoudre dans l'acide sulfurique, je mets 5 grammes de chacun d'eux dans des flacons à l'émeri, avec 45 grammes d'acide sulfurique concentré; îe fais chauffer pendant deux heures au bain-marie, je laisse refroidir, et j'ajoute 200 grammes d'eau.
• Je prends un centimèlre cube de cette liquenr, auquel i'ajoute 3i centimètres cubes d'eau, et je déterniioe combien il faut de centimètres cubes de chlorure de chaux pour la décolorer.
• Du sulfate d'indigaterie pure , pris pour type, exige a5 oenlimètres cubes de ma solution de chlorure pour te décolorer, tandis que le sulfate ii'vTi4.\^ïi ivi.
56o LGS 8ECR
commerce, le plus pur que j'aie reacootré, exigeait aa ccutimèlrca cubes du même chlorure, et le plus mauvaiti lo ccutimëlrea cubes seulcmeat.
TBOISIÈBIB ÉPBKirTE.
Sulfate d'indigo essayé par la laine et ta toie.
* Je prends i centimètre cube de sulfate d'indigo, je J'étends de 3o centimètres cubes d'eau, et j'y tiens plongé pendant lo heures i gramme de soie et i gr. de laine.
* J'épuise ainsi la matière colorante, en répétant l'expérience avec de nouvelle «oie et de nouvelle Jaine, et toujours en employant i gramme à chaque fois.
■ Il est évident que le meilleur indigo est celui qui teint le plus d'étofTe, et donne la couleur la pins haute et la plus brillante.
QDATBIÈUE ÉPBEtIVE.
■ Je fais une éprenvc analogue en désoxigénant l'indigo par le sulfate de fer, sous l'induence de la potasse, et eu y leignanl ensuite de la soie et de la laine.
■ Ce n'est qu'en ayant égard à ces différentes épreuves, cl surtout aux trois premières, que je prononce sur les qualités respectives des iadîgos que
PuTificalion de f indigo.
L'iadjgo gui se trouve daas le commerce contienl
DES ABTS ET MÉTIEBS. 56l
beaucoup de matières étrangères ; les unes sont terreuses, les autres sont de nature vdgétale : elles s'élèvent quelquefois à J du poids de l'icidigo; au nombre de ces impuretés, se trouvent priucipalemcut une matière inune et des parties lerreuries qui nuisent beaucoup à la beauté de la couleur. 11 est alors important pour les teinturiers de savoir purifier les mmivais indigos, principalement quand on doit teindre avec l'indigo dissous dans l'aeide sulfurique ; iusqu'à présent on ne connaît que les cinq procédés euivans:
1° ÉiuUiiion dans i'eau.
On pulvérise l'indigo et on le fait bouillir, renfermé dans un petit sac, jusqu'i ce que l'eau ne se leigno plus en jaune. Ce tTaiteoient n'eulÈve que la matière colorante jaune, ainsi que les sels solubJes. A la Hn on fait reposer, on lave et on sèche.
2° ÉéuiUtion dans ta tessive.
La lessive caustique agit plus que l'eau (on procède comme avec l'eau pure) (i). La lessive dissout la matière colorante jaune , les matières résineuses et beaucoup de matières mueilagineuses ; mais n'agît
(i) Sur m pirtln d'indigo oa peut prem
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peint sur la matière colorante. Cependant, quelquefois celle- oi perd un peu de son éclat , ce qui est ât<^ tribuë à la présence de parties terreuses^ et que Ton peut dissoudre en traitant à la fin par un peu d*acide muriatique. L'écume muoilagineuse qui se fomae contient un peu d'indigo que Ton |^t séparer^ et vendre comme indfga de qualité inftrieure<
Lorsque l'indigo a été fratehement prédpité, la lessive en dissout aussi un peu.
On a principalement reconunandé 6e procédé pour la purification de l'indigo de pastel; et^ d'après Boxburgh,^on l'a récemment employé dans les Indes (i).
y T'raiUmet^ avec Vaddc iutfutiqut étendu.
Ce procédé a été fecdnàmandé |[>ar Cossigny et Roxburgh pour Tindigo fratehement précipité, afin d'en rehausser la couleur.
4"" Traitement avec Vaeide muriatique.
On pulvérise l'indigo, on l'arrose avec l'acide muriatique^ et on le lessive avec de l'eau quand l'action de l'acide est terminée. Ce procédé a été indiqué par Hermstaêdt ; il est avantageux en ce que l'acide muriatique ne peut pas dissoudre l'indigo, et qu'il sépare toutes les matières terreuses. Il est encore plus avantageux qUànd l'indigo a d'abord été purifié par l'eau.
(t) M. de Puymanrin vecommaiidnt de séparer d*Abord IHndigo Terdfttre, et de le fiiire fermenter ftvtec de Fétu dé 90a (h matière TerU i^taît détndte) , tt de faire ensnsta bouillir «t«c d« U lei8|fe.
5° Par désoxigénution.
M, Roard a indi[|uë le procédé suivant poor purifier l'indigo du pastel el de l'anil. On diasout l'indigo dans une dissoliilion de fer. à laquelle on ajoute de la potasse; on soutire la dlKsoIuliim claire ^ et on l'agile à l'iiir. L'indigo dissous s'osigène et forme une écnme que l'on lave avec de l'acide muriatiqiie et ensuite aveo de l'eau. On obtient uliisi un indigo très-pur; mais ce procédé est laborieux, cher, et il n'est pas encore démontré que l'indigo n'éprouve aucune altération sous le rapport de la solidité et de la couleur.
Cuve d'indigo pour 4a teinture en iteu.
11 en est de l'indigo comme de toute autre substance tinctoriale; il ne peut se combiner avec les fibres organiques dans la teinture, qu'autant que ses molécules ont été atténuées ou dissoutes par un véhicule approprié. L'acide sulfuriquc concentré est le seul liquide qui puisse le dissoudre en quanliié notable, lorsqu'il est à l'étut de solidité et de cohésion que nous lui connaissons. Cet agent énergique , qui corrode et charbonue la plupart des substances végétales, limite son action sur l'indigo à une simple solution ; ou du moins l'altération produite est si légère , que la plupart des propriétés de celle précieusa substance tinctoriale y sont conservées dans leur in té grité. Néanmoins, toute minime que peut être cette altération chimique, ou plutôt celte simple modifi-
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cation 5 elle sùflBt cependant pour diminner Taffinité de l'indigo et nuire à sa solidité : aussi en teinture n'a-t-on que rarement recours à cette solution acide, que dans les ateliers' on nomme éiûu de Saxô, ou de camposùion*
Les alcalis, sous ce rapport, offrent beaucoup plus d'avantage, bien qu'ils ne puissent dissoudre rindigo qu'à l'aide des corps désoxigénane qu*on leur ..ajoute., et qullui Ibnt perdre sa couleur bleue. G'^est ,à ces solutions alcalines d'indigo que Ton donne le nom de cuve dans les ateliers de teinture; nom qui, à proprement parler, ne devrait appartenir qvi'au vase même qui les contient. Il y en a de eompositions différentes ; on. les distingue sous les déao^ minations de cuve d*Inde, cuve au pctstet, cuve à Vurine. Les alcalis qui servent de dissolvans pour ces cuves sont le plus ordinairement la potasse ou la chaux; quelquefois aussi on emploie la aouda et l'ammoniaque. Au sentiment d'un assez g^and nombre de praticiens, la cuve d'Inde, c'est-à-dire celle où la potasse sert de dissolvant, offre plus d'avantage que les autres., non -seulement parce qu'elle est plus expéditive et plus économique, mais encore paroe qu^on peut la faire marcher sans interruption ou l'arrêter à son gré, et enfin parce qu'elle est, suivant quelques teinturiers, plus facile à gouverner. Nous commencerons donc par en donner la description; mais auparavant nous indiquerons quelques dispositions générales qui «^'appliquent à Tune et à l'autre de ces compositions,.
En supposant qu'on ait fait choix de l'indigo qu'on :VjBut employer y il faut de toute néicessité en atténuer