‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 3)Chapitre 46 sur 54 · DES ARTS ET MÉTIEBS. 56S · texte numérisé non relu

DES ARTS ET MÉTIEBS. 56S

les mol(!cules, pour qu'il puisse ëlrc plus facilemeut attaqué par les agcns qui doivent en opérer la Boluliûn. Voici de quelle manière on opère celte division mécanique : On commence par disposer plusieurs baquets, dans chacun desquels on met de 'jS à 3o kilogrammes d'indigo, et par-dessus on verse (rois ou quatre seaus d'eau chaude. On laisse ainsi l'iudigo sUmbiber jusqu'au lendemain ; alors on délaie , et , quand le mélange est assez uniforme, on l'introduit par petite quantité dans un moulin à meules iiorizontales, assez semblable au moulin ordinaire du moutardier, dont on a eu soin d'écarter les meoles au moyen d'une vis de pression qui passe au travers de la meule du fond, qui reste immobile; et, a t'aide d'une lanterne, on met en action la mcnie supérieure. A mesure que l'indigo est broyé davantage, on rapproche de plus en plus les meules ; et , lorsque tout est réduit h peu près à la consislaace de l'huile, on ouvre un robinet et on laisse couler le mélange sur un tamis de crin qui se trouve posé sur un baquet destiné à servir de récipient : on reprend sur le tamis les particules les plus grossiëreH qui y sont restées , et on les broie do nouveau.

Quelques teinturiers prétendent que, si l'on conserve ce mélange pendant plusieurs jours avant de s'en servir, il subit une espèce de fermentation, devient plus épais, et fournît un meilleur produit. Il est probable que cet effet n'est que le résultat d'une pénétration plus intime de l'bumidité qui divise davantage l'indigo, et le rend par cela même d'une solubilité plus facile;

366 LES SBGHETS KOOERRKS

, Lorsque Tindigo est broyé ^ il ne s'agit plus que de monter la cuve; et pour celle dite cuve d'Inde ^ on en distingue deux différentes, savoir la cuve à chaud, et la cuve à froid : celle-ci s'emploie pour le coton , et la première pour la laine.

jUt cuve d'Inde qui doit marcher à chaud est for^ môe ordinairement d'un vase cylindrique en cuivie, garni d'un fond en ciment, et entouré d'une maçonnerie dans l'épaisseur de laquelle est pratiqué un fourneau dont la .cheminée cirouleautpi^ de la caye. Pour la monter f on cheiait de preUnonce un eanvuedi , afin qu'elle soit en éjtat de marcher dès, Us ptremiers jours de la semaine suivante. On commenee ,par remplir la cave d*eau i et l'on en élève la pstwférur ture jusqu'À 60"* à 70"* ; alors, en supposait la ouve de â|000 litres de capacité environ 9 on ajoute 4^ l^i* logrammes de potasse, i5 kilogrammes de garance ^ et autant de son ^ on pallie à diverses reprises^ c'està-dire qu'on agite à l'aide, d'un longràble, pour ramener à la surface toutes les substances qui tendent à se déposer; on laisse ensnile tomber )a chaleur, de manière à ce qu'elle soit d^cendue, le dîmapche matin, )tisqu'à 52** ou $5* ; c'est jatloi^s qu'o« ^ajctute i5 kilogrammes d'indigo i^onlii, et l'on pallie d*heure en heure«

Le troisième jpur^ c'est-^à-dire le lundi nsatio , la cuve conserve encore 4e 42"* à 4^* ; ou pallie de «onveau ) et après demi-heure de repos elle peut être mÎMC en œuvre , si4out a bien mai?ché. Il est d'aiUeurs facile de s'en apercevoir aes caractères suivaos : la couleur du bain doit être d'u»asf0zbtau ^ert, eo

DES i.BT3 E-r MÉTIEB8. 36?

raison d'une petite portion, d'indigo non dissous qui nage au milieu de \i liqueur jaunâtre; on voit de plus Qotler à la surface de ce bain une lleurée bleue et cuivrée , qui se soulève avec les bulles , les envC' loppe , et tes retient pour former des groupes imitant des rochers d'un assez bel aspect. Les chefs d'atelier qui sont chargés de diriger cette opération, et uus- [jueU on donne le nom de guesUrons , reconnaissent aussi le bon étal de la euve, à l'odeur particulière qui n'en dégiige, à l'inlcnsilé de ta couleur qui parait à li^ surface , à l'efTet que produit dans le bain une certaine quantité d'air qu'on y introduit à l'aide d'un choc subit, ou simplement de l'insu fila lion. Enda , pour mieux s'assurer encore si la cuve a atteint sou laaximuni de concentration , ils y plongent un petit échantillon de laine, auquel on donne le nom de éourgeon ; ils pallient imruédiatement , laissent déposer de nouveau pendant demi-heure, teignent un autre bourgeon ; et, si les deux échantillons sont bien de même nuance, on juge que la cuve ne peut produire davant.ige. Dans le cas contraire, on continue de pallier et d'échanlillouner, jugqu'.^ ce qu'il y ait égalité de nuance dans les deux derniers bourgeons. Arrivé à ce point , on met en cuve et l'on continue de pallier de temps à autre, )usqu'.k la Pin du quatrième jour, où l'on fait la première regreffe, c'est-à-dire où l'on ajoute une nouvelle dose d'iogrédiens, qui, pour cette fois, forme les deux tiers de la première proportion; et l'on continue ces additions de deux jours en deux jours, et constamment en quantité égala à la deuxième, sauf la potasse qu'on diminue à chaque fois de ak. 5oo. Après ciac\ te-

568 LES 8ECKETS MODBRUES

greffes (i) , c'est-à-dire après avoir ajouté successive' ment jusqu^à 55 kilogrammes d'indigo et i5o kilogrammes de potasse , on cesse de mettre de Tindlgo , parce que la cuve commence à se surcharger de trop de parties hétérogènes, et (|u'elle ne fournit plus une aussi belle teinture : alors on ne cherche plus qu*â l'épuiser; c'est ce qu'on appelle la mettre en déétanchi, opération qui consiste à regreffer toujours dans les mêmes intervalles, mais en ajoutant seulement de la potasse, de la garance et du son. La première de ces regreffes se fait avec 7 k. 5oo de potasse ^ a k. 5oo de garance et autant de son; pour les suivantes, on diminue encore à chaque fois la potasse; et enfin , lorsque la cuve annonce qu'elle ne contient plus que fort peu d*indigo , on fait une dernière regreffe avec 1 ou a kilogrammes de chaux vive, pour rendre la potasse un peu plus caustique, et. lui donner l'énergie nécessaire pour dissoudre les dernières portions d'indigo qui auraient pu échapper.

Il est inutile d'observer que , tant que la cuve est eu action , on a soin de la maintenir à la température de 4^"" à 45'', qui a été reconnue la plus favorable pour la teinture : cependant on la diminue un peu à mesure que la cuve se dégrade.

MM. Cappelet etSèbe, fabricansà Elbeuf, ont eu l'idée de chercher à réhabiliter la solution alcaline des cuves épuisées, c'est-à-dire à la rendre apte à la création de nouvelles cuves , et il parait qu'ils y sont

(t) Dans plusieurs aleiierc on se liâle davantage dViiver à rëpuisemenl de la cuve, parce qu*elle est dUEcile à conduire,, et Ton ne fait que trois regreffes au lieu de cinq, quelquefois laèaie deux.

Ces kbta et métiëks. 56g

parvenue, et qu'il§ diminuent par-là de moîlîë la consommation de la potasse, qui sa maintient à un prix élevé : ces messieurs ont pris pour cet objet un brevet d'invention,

La cuve au pastel , encore ustlée daas un grand nombre d'aleliers, parce qu'elle sufSt quand on n'a pas besoin d'un travail prompt et considérable, et qu'elle est d'ailleurs plus facile à gouverner; cette cuve, dis-je, se moule dans un vase dont les parois latérales sont en cuivre et le fond en ciment, comme pour la précédente. En supposant ce vase d'une capacité de 4 à 5,000 litres , par exemple, on y délaie , avec une pctile quantité d'eau, 5o kilogrammes de pastel concassé, ou de vouède , lo kilogrammes de garance , et mémo quantité de sou et d'indigo exactement bi'oyé par les moyens indiqués ci-dcasus. Dans quelques ateliers on y ajoute un peu de gaude ; puis on verse sur ces matières la quantité convenable d'eau bouillante, et l'on pallie avec soin : et, quand le tout a été brassé pendant environ une demï-beure, on laisse rasseoir le bain ; et dès que la masse commence à fermenter, ce qui a lieu lorsque la température etit ramenée vers ^5° ù 5o°, on ajoute 5 à kilogrammes de cbaux qu'on a préalablement délitée, eu l'arrosant avec un peu d'eau. On pallie de nouveau , et de temps à autre. On juge que le bain est bon à mettre en travail , quand on obtient une belle écume ou lleurée bleue en beurlant la surface du liquide avec le rdble. Arrivé à ce point, on pallie encore une fuis ou deux, puis ou met eu cuve.

Four teindre le colon eu bleu, on fait habituellement usage d'une cuve montée à froid, et dont 1»

S;0 LES «ECBETS MODEBNBa

compositiou est beaucoup plus simple que la pràcédente ; od n'y emploie ijiie li'ois sulislaaccs, qui sont : le aûlfale de fer, la ehuus eL riiiJigu. Ou concasse le sulfate, ou di^lilc b chauï, on broie l'Indigo; le tout est ensuite di^layé daun l'eau de Iji cuve, et , après l'avoir palliée peudant plusieurs heures de suite, on la laisse reposer deux jours avmit de la nieltre eu oeuvre. La chaux cE l'iodigo s'emploient ù parties égales contre la paitie de eulfale de fer, el pour une cuve d'ei)viroii i.oou litres, on met de G à 8 kilogrammes d'indigo.

La conduite de ces cuves est irès-facile; il luffit d'y eulretenic un pelït excès de <;haux Telativemeiit à la proportion de siilfalo de fer qu'on y aioute avec uu peu d'indigo, pour l'alimeuler à mesure qu'elle s'affaiblit.

Ou obtient aussi une dissolution Irësactive d'indigo, et dont on fait uu usage absez Tréqueut dans la fabrication des toiles peiutes , en faisant chaufl'er ensemble parties égales d'indigo , de potasse et d'orpimoDt, a pallies de chaux cl 3o a 40 parties d'eau: celle disBolutioD s'upÈro avec une grande promplîtude, et peut être employée prcsiiuc iuioiL'diateoieat, pour imprimer ou tuitulre au pinceau.

Nouveaux procédés pour fixer des couleurs sotidlê sur coton, (II, soie, taine, paiitt, tta. ''

Nous allons donner d'abord la composition des ingrédiens qui forment la base An celte méthode.

Métal OU alliage n" 1. Trois livres de plomb et anc once d'argent fondus ensemble.

DES ABTS ET uillEHK. 3^1

Métal n° a. Six livres d'étuin en saitmong, fondues aussi avec une once d'argeul.

Dissolution a" i. Ou met dans <tc l'acide niiiriatiquo le métal n° I , et on l'y laisse peiidanL quatre ou ciuq jours ; ou y jette ensuite 1« métal n" a , el on laisse la liqueur en dissoudre autant qu'elle peut pendant quatre ou cinq jours : on fait la niénie chose pour le cuivre et le sulfate de cuivre qu'on y ajoute ensuite) et qu'on y laisse pendant le même temps.

Dissolution n' a. Dans une soluiiou do quatre onces de sel ammoniac sur quatre litres d'acide nitrique, on met dissoudre le méial n° a, jusqu'à ce que la liqueur s'épaississe. On laisse reposer quatre ou cinq jours avant de s'e n servir.

Dissolution a" Z. On fait dissoudre dans de l'acide nitrique le métal n" i ; on y ajoute de la tournure de cuivre ou du sulfate de cuivre alternulivenient, jusqu'à ce que la liiiueur commence à s'épaissir. On peut eu faire usage aprËs quatre ou cinq jours.

Dissolution a° 4- Dans de l'acide nitrique, faites dissoudre le métal u° i , et du fer ou du sulfate de fer allernalivement, et ccshcz d'en ajouter quand la liqueur commencera à prendre de la consistance. Laissez reposer comme ci-dessus.

étendez ce mélange du quart de son poids d'eau , et ajoutez un demi-litre d'une forte liqueur de sumac, de noix de galle, de mirobolans ou d'avclanédo. Ajoutez aussi de l'uluu à raison d'une once par lilF& de liquide. ,__^ ^ i ..,,;. . ■(

3^9 LES 8ECBET3 MODEESES

Teinture à i'aidt de ces préparaUons prétimi^

naires ou mordons.

A. Jaune paille sur coton ou sur soie. Passez les marchandises dans le mordant no 5 y lavez-les, et donnez-lear la couleur avec la gaude seule, ou f ointe au quercîtron ou au fustet. Lavez de nouveau, séchez, et passez dans une forte solution rouge ou dans une dissolution de deux livres d'alun et une livre d'acétate de plomb sur quatre litres d'eau alcalisée avec deux onces de perlasse. Après avoir lavé les marchandises, repassez-les au bain de couleur, rincez et séchez.

B. Orangé et rouge. Le procédé est le même jusqu'au second bain de couleur, auquel on substitue un bain de garance seule , bu jointe aux ingrédiens Jaunes; on rince ensuite et on fait sécher. La proportion de garance est plus forte pour le rouge que pour Torangé , et dépend de la nuance que Ton veut obtenir.

€^ Fert. On teint le coton et la soie en bleu d'indigo, clair, foncé, ou moyen, suivant la nuance de vert qu'on veut produire , et on finit par le procédé ci-dessus A , jaune paille.

D. Œillet ou cramoisi-rose. Passez l'étoffe dans le mordant d*^ 5, rincez, et donnez un bain de liqueur (le galles , sumac , etc. ; lavez et séchez. Passez encore l'étoffe dans le mordant n* 5, rincez et colorez avec la cochenille.

£. Rouge sur coton ou éearlate sur soie. On trempo Tétoffe ou le fil dans le mordant n^ 5, on

DES iMS ET MÉTIEnS. 373

rince et on donne enguile un bain d'oiiu foric li((iieur de galles I sumac, etc.; ou lave et on lait sécher. On répète CCS deux immergions el on passe une troisième fois dans le mordant ; nprës quoi il u*y a plus qu'à sécher et à colorer avec la cochenille.

F. Écartait *«r colon. On suit le même procédé que pour le rougo, si ce n'est qu'on fait une immersion de plus dan» le mordant et dans la liqueur du Huinac, galles ou antre.

G. Noif sur fil de eoton. Dans quatre litres de liqueur de ferraille, faites bouillir deux onces de vert-de-grIs. Colorez les Tile en bleu d'indiga moyen, rincez et séoliez. Passez-les d'abord dans lo bain de sumac, <Ic galles, etc. , et ensuite dans le mordant n° 5. Après les avoir bien lavés, repassez-les dans le luèmc bain de sumac, etc., rincez et séchez;. Passezles alors dans la liqueur ou mordant de fer n" 4i éteaduQ de son poids d'eau; séchez, rincez, et faites sécher de nouveau. Colorez ensuite dans un bain de garance et un peu d'infusion de galles. Quanti les fils seront secs, lavez-les, passez-les dans la dissolution de fer u" 4 déjà employée, et avivez la couleur en donnant un autre bain de garance et de galles.

H. Olive sur toile et sur fit de coton. On plonge la toile ou le fil dans le mordant n° 5 , cE ensuite dans le bain de sumac, on rince et l'on fuit sécher; on donne ensuite un bain de liqueur de fer n" 4 , étendue de deux à six parties d'eau, suivant la nuance; on rince, on fait sédier, et on donne un bain de gaude ou un bala faible de garance et de galles.

J. Brun cramoisi et pourpre sur coton et sne

soie. On immerge le coton ou la soie dans le mordant n** 5; et 9 après Tavoir rincé ^ on Tengalle dans un bain faible de galles , de ^umac» etc. ; on lave et on fait sécher: on donne un bain composé de deax parties de liqueur rouge(i)y et une partie de liquear de fer n*" 4* Pour le pourpre foncée on étend ae bain de six parties d'eau , et, pour une nuance claire ^ on rétend de cinq parties > on y repasse les marchasdises ^ on les rince après les avoir fait sécher , et on termine par un bain de eocheniUe ou de garance, eu de Tune et de Tautre.

J. Cramoisi et grenat» Prenez {Uus de liqueur rouge et moins de liqueur de fer, c*est-à^ire un demî-lit^e de liqueur de fer sur quatre litres de li«queur rouge; passez au bain de coohenilie ou de garance , ou au bain de lune et de Tautre; pincez et séchez.

K. Brun. Gomme pour le cramoisi, si ce n^est qu'on emploie un litre de liqueur rouge aur quatre de liqueur de fer«

Pour teindre sur laine, on emploie les mêmes procédés que nous venons de décuire pour la teinture de la soie.

L. Jaune sur éois, paUips corne. Mêlez quatre parties de la dissolution a* 2 à une de la dissolution ïk° 5. Laissez-y tremper les matières l^space de deux heures; et, après 1^ avoir bien lavées, colorez avec la gaude seule, ou jointe au quercitron ou au fustct. Lavez et laissez sécher. . -

(i) Yojwi U'tpifmièc» ree*ll« mtrqpitfe A.

Impression sur coton.

H. Pourpre. On prépare une décoclian de campèche marquant 6" ù l'ar^omèlro ilc Itochetln , et une décoclion de coclienilie, à raison de qualre onces sur quatre lirres d'eau qu'on fait réiluire à moitié. On fait digérer durant quatre ou cinq jours une demilivre de garance et deux onces de galics pulvérisées dans quatre litres d'eau.

On prend cinq litres de la décoction de campêche, un litre de celle de coclienilie , un litre do la Nointion de garance et de galles, «t on épaiNsit le mélange avec l'amidon ou la gomme adr,ig;inle. Quand on emploie l'amidon, on eu preud une livre pour chaque litre de liqueur; quand on épaissit avec la gomme, on en ajoute jusqvi'ï ce que le tout ait pris une consistance convenable.

Ou môle sis parties do la solution n" t à une partie des solutions n° s et n° 3, et on y ajoute deux gros d'alun par litre de liqueur.

Enlln , on ajoute un litre de ce mélange avec quatre litres de la couleur épaissiQ, et ou s'en sert pour imprimer. On avive la couleur avec de t'eau légèrement acidulée par l'acide sulfuriquc, et on lave.

M. Cramoisi imprimé sur colon. Versez dans qualre litres d'eau et agitez pendant deux jours,

deplon:

** AlcalissE la solution par deux oncea de perlas<:c,

&^6 liCS 8EC&ETS MODEEHKS

ek agitez de temps à autre pendant a4 heures. Épais" sissez la couleur avec la gomme de Sénégal , et ajoutez-y un seizième de litre de la solution n"* a. Servez* vous-en pour imprimer 5 et, trois ou quatre jours après, passez rétoffe au bain de fiente , et rincez-la. bien. Avivez la couleur dans une décoction de co«chenille et de garance /à raison de quatre onces de chaque pour une pièce de toile de a5 aunes. Lavez ensuite avec un peu de soUi sans trop chaîner Teau et sans retarder Topération.

Impression sur coton g laine et soie^

O. Moi^e chimique. Solution no s , a litrei;

Solution no 3, i.

Solution no 4, » i/>.

Dans ce mélange, vous mettrez une livre de gâ-^ rauce et deux onces de galles en poudre que vous agiterez fréquemment pendant a4 heures. Après avoir décanté ou filtré , vous jetterez dan^ la liqueur claii^ autant de cochenille qu'elle pourra en dissoudre en a4 heures, et vous remuerez souvent. Yous tirerez la liqueur au clair, et Tépaissirez convenablement avec la gomme adragante. L'impression étant faite, vous laverez la toile, 4^ heures après, à Teau claire. Lorsque vous imprime^ sur une étoffe de laine , vous la passez deux heures à la vapeur avant de procéder au lavage.

P. Jaune chimique sur toile de coton. On fera une décoction de quercitron, de graines de Perse, ou de graines d'Avignon , ou de toutes ces substances mélangées^ laqu^dUe devra marquer 4*"* On en épais*

LES ARTS El UÉTIGDS. 3^7

sira 4 lilres avec la gomme adraganle ou l'amidon, et on y ajoiilera un demî-lilrâ de la dissoliitioa n° i ; on Ëëchera l'éloDc iœprinnéc à iidc chaleuc douce pendant a4 heures, et on la rincera à l'eait,

Q. Vert chimique sur toiie de coton. Dans la solution u" i , on verse du lileu de Prusse broyé irèafîn, jusqu'à ce qu'elle prenne de la coiisislaiice , et on l'agite bien pendant irois semaines. On mêle parties égales de ce bleu et de la couleur employée pour te jaune chimique. On épaissit à la gomme adragante pour l'appliquer sur la loile; on fait sécher doucement l'étoffe imprimée pendant a4 heures, et on la rince à l'eau.

Impression du rowje sur la soie teinte en jaune ■par le procidé ci-dessus.

(a). Faites uue décoction de coclicm'lle marquant 4° à l'aréomètre ; dans une partie de cette décoction . ajOLilez de l'alun ou un peu de mordant n° 5, jusqu'à ce qu'elle vire au cramoisi ; laissez reposer et filtrez dans une toile très-fine de coton ou de laine. Dans 4 litres de cette décoction, jetcï une livre d'alun, 1 livre de crème de tartre, 4 onces de verl-de-gris, ou, au lieu de vert-de-S""'», 5 onces de sulfate de cuivre; faites chautfer pour favoriser la dissolution; jetez-y ensuite plus ou muins de laque en écailles, suivant l'intensité de la couleur, et épaississez avec la gomme de Sénégal.

(b). Faites une forte décoction de boit* de Brésil qui marque 4" à l'aréoinilre , et servez- vous- en comme de ta cochenille dans la préparation cidessus (a). ' ,

57S LB8 8EGBET8 MODEENia

(c)« Faites de même une forte décoction de bol» de Brésil marquant 4*^9 que vous traiterez aussi comme dans (a) et dans (p).

Pour imprimer 5 vous fere» de ces trois ceuleur» épaissies, un mélange par p^irties égales ou inégales, suivant les diverses nuances que vous voudi*es produire ; a4 heures après rimprcssion , vous paseerez^ la toile à la vapeur Tespace de 4 heures, et vous la laverez.

E. Rouge el noir $ur ta même âoiejmine. Épaississez une décoclton de campècbe, donnant d^ i IV réomètre 9 avec la gomme de Sénégal : à 4 Uîre» de cette couleur, ajoutez un demi-litre de la dÎMoiotion n* 4» 6t un quart de litre de la dissolution n^ 3. Imprimez, séchez, passez à la vapeur, et lavez comme ci-desàus.

S. Teinture nanfdn ^r cutané fil (m toile.

Étendez le mordant n^ 5 avec une dendi-partie d^eau ; et, après y avoir passé les fils ou la toile, lavez bien, et engallez dans un bain de galles, sumac, etc. Remettez les marchandises dans le mordant n"" 5 ; lavezles et passez-les enfin dans de Teau chaude, après quoi vous les ferez sécher.

SeU d'étain employée dans la teinture 9 etc. (Préparation. )

L'étain forme avec le chlore deux chlorures, qui sont l'un et Tautre fort employés dans les arts : on les désignait autrefois sous les noms de muriate et de tnuriate sur^^xigéné d'étain i on les nomme maintenant protO' chlorure et deuto-cMorure d'étain.

I>BS ABtS ET MEtlCBa. »79

Ce dernier a élé aussi penJant long-lenips appcld iiijueuv fumantG de Lihaviiis , et Taiitre eht encore coiiim sous le Doru de sel d'élain. C'est un des principaux murdana cin[]L(iyé9 en teinture; on s'en sert surtout pour les couleurs rouj^es, dont ii rehausse beaucoup l'éclat ; il entre encore dans la préparation du pourpre de Ciissius, pour pciulure sur porcelaine et émaux.

Four obtenir le protO'Chlorure d'élain, on dispose sur nn grand baiu de sable plusieurs lerrincs ou cucurbitesen grès; on place dans chacun de ces vases r^tain en grenaille deslini^ à ropi;ration , et l'on y verse un peu d'acide inuriati(|ue dans lei|uel on brasse u[i peu la grenaille , afin qu'elle puisse avoir le contact simullané de l'a ir et de l'acide ; après plusieurs heures, on ajoute l'acide nécessaire pour compléler 4 parties de l'étain en grenaille. Il se produit une vive effervescence d'hydrogène , chargé d'un peu d'élain, qui lui communique uni; odeur Irès-désagréable. On agite de temps en temps aveo une baguelle de verre : on continue ainsi tant que l'acide conserve beaucoup d'i^uergie; mais on commence à chauffer le bain de sable sil6t qu'on voit que l'eftcrvescence ne se produit plus i|uc faiblement, malgré l'escès de grenaille contenue dans la liqueur. On augmente progressivement la chaleur, et ou la soutient jusqu'à ce que le liquide soit suffisamment saturé et évaporé ( à 45" environ ) : on laisse reposer pendant quelques heures, puis un tire à clair dans des terrines propres pour laisser cristalliser. Vingt-quatre à trente heures après, on décante les eaux-mères et on les fait évaporer pour obtenir

58o £ES 8EGEBT8 M0DEERE8

une nouvelle cristallisation : cette manipulation est réitérée tant qu*on obtient descrbtaux; inais souvent les eauxHnères prennent une telle densité qu*il ne peut plus se former do cristaux. 11 convient alors d'y faire passer un courant de chlore : on les éleod ensuite d'un peu d'eau , et Ton obtient de nouvelles levées de cristaux. Les dernières eaux*mères peuvent servir à faire le deuto-chlorure.

On achève d'égoutter et de sécher le sel d'étaio en mettant les terrines pendant quelques heures dans une étuve modérément chauffée. Gomme ce sel a'al* tère très-promplement au contact de l'air» il est essentiel de le renfermer dans^des cruches bien bouchées aussitôt qu'il est suffisamment sec.

Ce proto -chlorure d'étain est blano : il cristallise en octaèdres assez volumineux; mais, comme dans le commerce on est habitué à Tavoir en petites aiguilles 9 il faut rapprocher assez les dissolutions pour qu'elles se prennent presque en masse par le refroidissement.

Le deuto-chlorure d'étain a été substitué avec avantage au sel d'étain ordinaire ^ dans certaines circonstances , et l'on en fait un assez fréquent usage» surtout pour les écarlates. Autrefois on le préparait en faisant chauffer en vaisseaux clos un mélange de 2 parties d'étain réduit en poudre très-fine » et 6 parties de sublimé corrosif (deuto-chlorure de mercure)* également pulvérisé. Dans ce cas, portion de Tétain s'allie au mercure et reste dans la cornue; autre portion se combine au chlore et se volatilise. C'est ainsi qu'on obtenait ce liquide anhydre, qui répand beaucoup de fumées blanches et épaisses quand on

DES IDTS El MÉTIGES. SSl

lui donne le contact de l'air, et que Ton connaît sous le nom de iigueur fumante de Libavius.

Mais ce procédé serait trop dispendieux pour la préparation en grand du deulo-chlornre. Il est inulile, pour le besoin des arts, qu'il soit aussi concentré et aussi pur; on se contenic donc de faire passer pendant quelque temps un courant de chlore dans une solution de prolo-chlorure ou sel d'ëlaiii ordinaire ; et , quand elle est arrivée au point de ne plus colorer qu'à peine la dissolution d'or^ on la fait concenirer convenablement pour son emploi. On peut aussi l'obtenir, et même plus facilement, en traitant l'éfain par l'eau régale.

Long-temps avant qu'on ait su h quoi s'en tenir à cet égard , on préparait dans les ateliers de teinture des dissolutions d'étain dans des espèces d'eau régale ; chaque teinturier faisait mystère de ses doses et de son mélange. Voici une des receltcs les plus accréditées : sur 8 parties d'aeide nitrique û 3o° , a|oulfz une partie de sel ammoniac et une partie d'étain fin rubané.

Teinture dex éois indigènes.

Un étraiigercst d'autant plus frappé du lustre et de la couleur de tous les meubles en Angleterre, que les villes étant toujours couvertes plus ou moins d'une fumée noire et grasse, on s'imaginerait que les meubles devraient en être salis. Cela arriverait bien aussi, Irès-eertainement, si te? Anglais , dont le jugement sain se montre jusque dans les moindres choses, n'avaient imaginé de teindre leurs meiyliU*

383 LBS 6BCBBT8 MODERNES

pour les préserver d*un tel inconvénient On ne voit dotic en Angleterre^ même dans les maisons lés plus modestes , que des bois teints^ parttculièremeiit d*ane couleur plus noire que brune, et qui est d*un joli effet 9 surtout quand elle est reletée par quelques dorures vraies ou fausses» dont Tusàge est très-eoiti* mun.

J*ai voulu voir par moi-même ropéralion de cette teinture» pour m'assurei^de T^xactitude des réstdtats et des procédés que je vais exposer» et dont remploi est trop peu coûteux pomr ne pas être adopté dans les familles dont la fortune est bornée.

Je dirai d'abord qu'on en fait principalement «sage dans la teinture du hétre> du poirier et do houx; mais ce dernier ne sert guère que pour les petites pièces de^marqueterie• €*est le hêtre qu'on emploie le plus généralement pour les chaises » les fauteuils , les lits, les commodes» etc. » à l'usage des gens du peuple » les riches n'admettant chez eux que l'acajou et d'aulres bois précieux dû Nouveau-Monde.

Les bols qui ne sont ni trop vieux ni coupés depuis un très-long temps, sont ceux qui conviennent le mieux à la teinture; Ton choisit donc de préférence ceux qui sont nouvellement abattus.

Pour rendre la couleur plus durable et plus forte , on expose au froid te bois déjà teint, et on le lait ensuite bouUUr une seconde fois pendant une heure.

On ne fait jamais sécher les pièces teintes qu'à Tair libre, le feu et même it» étuves ne pouvant qu'afiaiblir les couleurs.

On commence l'opération en mettant le bois /rem/>er|>endant quatre ou cinq jours dans de l'eau

DES AHT9 ET MÉTIEBS, 583

très-claire , qu'on renouvelle plusieurs fois oliaque jour, Le bois se décharge dans ce bain de loitt ce qu'il contient do sÈve justiu'à une certaine profondeur; mais on ne le met dans la leinlure que lorsqu'il a perdti loule son liumidilé, afin que la couleur trouve ses pores vides et puisse s'y fiier, ce qui n'arriverait pas s'il n'était pas parfaitement sec.

Procédé pour obtenir un i>eau noir

On met dans une chaudière sis livres de bois de Campèche réduit en copeaux très-minces. On place ensuite te bois qu'on vent teindre dans la chaudière, de manière qu'il puisse présenter toutes ses surfaces au baîn. On prend donc un grand soin de ne pas empiler et presser les pièces les unes contre les autres.

Après avoir fait bouillir le bois pendant environ trois heures, on jette dans la chaudière une livre de vert-de-gris en poudre, une demi-livre de couperose verte (sulfate de fer) et quatre onces de noix de galle concassée. Je ne dois pas oublier de dire qu'on en- Irclicnt la chaudière pleine, en la remplissant soigneusement avec de bon vinaigre de vin rouge.

On ne peut iîxer la durée précise de cette opéralion ; il suffît de dire que chaque jour on fait bouillir le bois pendant deux ou trois heures, jusqu'à oe qu'on le trouve teint au degré qu'on désire.

" Beau Heu.

On fait macérer dans nnc bouteille de verre une

584 l'Es SECRETS MODBRIIBS

livre diacide sulfurique et quatre onces d*indigo de première qualité 5 qu'on a réduit en très-petits morceaux. Lorsque la fermentation commence, on vide le tout dans tfn vase de terre vernissée; et quand la dissolution des ingrédiens est complète > on la jette dans une auge ou baquet rempli d'eau aux deux tiers, où on laisse le bois jusqu'à ce qu'il soit bien pénétfë par la teinture , ce dont on s'assure en y plongeant une feuille de papier, ou, ce qui vaut mieux, un copeau mince de même bois, qui donne des indices certains 4u degré de la couleur. Cette remarque s'applique à tout ce qui va être dit.

Si Ton veut obtenir une teinte plus traDchée et plus durable , on fait dissoudre les ingrédiens ^elques semaines d'avance.

Je dois ajouter qu'on a le soin de faire bonâlir le bois pendant plusieurs .4beures avant de le mettre dans la teinture, pour lui enlever la sève qu'il aurait encore conservée au sortir du bain froid ; et, comme je viens de le dire , il n'est mis dans la teinture que lorsqu'il est parfaitement sec.

Beau jaune.

On donne au boux principalement une beUe couleur jaune, en le faisant bouillir pendant trois heures seulement dans une teinture composée de quatre livres de racine d'épine-vi nette réduite en sciure, et de quatre onces de curcuma, dans quatre gallons d'eau. Il est nécessaire de retourner souvent le bois dans la chaudière.

Lorsque le liquide est refroidi, on y ajoute deux

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