TISSUS INCOMBUSTIBLES
Note sur (a propriété qu'ont tes suéstances salines de rendre tes tissus incoméustibies ; par M. Gay- Lussac.
Nous entendons ici par tissus incombustiblea» non les tissus qui seraient à Tabri de toute altération par le feu^ mais ceux qui, par leur nature particulière ou par des préparations convenables5 prennent feu difficilement, ne brûlent point avec flamme > s'éteignent d'eux-mêmes , et ne peuvent propager la combustion.
Les tissus de laine ou de soie, et en général ceux de nature animale, sont peu combustibles; tandis que ceux de chanvre , de lin et de coton , prennent feu très-aisément , et se consument avec une étonnante rapidité. C'est par conséquent les tissus de cette nature qu'on doit chercher plus particulièrement à rendre incombustibles.
On rend un tissu incombustible, et on borne sa destruction par la chaleur à une simple catcination, en garantissant sa surface du cônjtâct de Tair, et en mélangeant avec les gaz combustibles que la chaleur en dégage, d'autres gaz qui ne le soient pas ; car on sait très-bien qu'un pareil mélange , dans des proportions convenables, ne peut s'enflammer.
On remplit aisément la première de ces conditions en couvrant le tissu d'un enduit incombustible quelconque, tel qu'une matière terreuse, une substance saline; mais, comme on ne doit point lui ôter sa
DBS Â&TS BT MBT1BB8. 4^^
souplesse 9 ni changer sa surface , on est très-borné dans le choix des enduits.
£q effet , un enduit ptireonent terreux 9 à moins qu'il ne soit en couche très-épaisse 9 n'empêche pas suffisamment le contact de Tair, à cause des nombreux interstices que laissent entre elles ses particules, et la combustion du tissu qu'il recouvre n'en fait pas moins des progrès très-rapides. C'est pour cette raison que tous les sels qui se réduisent en une substance terreuse parla calcination, comme l'alun 9 le sulfate de zinc 9 etc. 9 et même ceux qui ne se fondent qu'à une température élevée 9 comme le sulfate de soude, le sulfate de potasse, etc. 9 ne forment point des enduits efficaces , et n'empêchent pas la combustion de se propager, à moins , comme nous venons de le dire , qu'on ne les emploie en couches très-épaisses. Les meilleurs enduits seront ceux qui jouiront d'une grande fusibilité ; car leurs parties se collant ensemble à la première impression de la chaleur , couvriront exactement toute la surface des tissus, et empêcheront l'air d'en approcher. C'est ainsi qu'il est impossible de brûler entièrement, même dans le gaz oxigène, une couche mince de bore : à peine sa surface est-elle brûlée et changée en acide borique , que la combustion s'arrête 9 parce que cet acide entre en fusion.
Parmi les substances qui présenteraient la condition dont nous venons de parler, il y en a plusieurs que leur déliquescence ou leur propriété corrosive doit faire exclure : tels sont la plupart des acides , les alcalis, le phosphate acide de chaux, qui est d'ailleurs très-efficace en raison de sa grande fusibi-»
4ia IMê 8ECAETS U0DfilKE8
lité) la diflsolation de chlorure de calcianiy qui ne se dessèche jamais complètement à Tair libre, etc.
Oo satis&it aisément à la seconde eonditiou dont nous aTOQS parlé pour rendre les tissus plus înoombostibles, en les imprégnant de matières volatiles , non combnstihles, oomme par exemple d'hydrochlo* raie ou de sulfate d^ammoniaqne. Non-eenlement les vapeurs de oes sels empêchent U combustion des gas Inflammables aveo lesquels elles se mêlent^ en les rendant trop rares ; elles Tarrétent encore en absor* bant beaucoup de chaleur pour prendre Tétat élastique , et en abaissant ainsi la température aa-dessous du terme nécessaire à la combustiout
Telles sont les principales conditions que Ton doit chercher à remplir pour rendre les tissus incombustibles : chacune d'elles peut suffire isolément ; mais, réunies, le succès sera beaucoup plus certain. Nous allons maintenant faire connaître les substances qui, ensployées comme enduits, ont le mieux répondu à notre attente.
Pour apprécier le degré d'incombustibilité qu'une substance peut communiquer à un tissu, nous en avons pris une quantité telle , qu^elle contint un poids constant de substance anhydre ( privée d^eau)^ savoir : 25 grammes, et nous avons fait une dissolution occupant le volume de aSo grammes d*eau, ou le double lorsque oette quantité de liquide n'était pas suffisante pour dissoudre toute la substance. Mous avons employé pour nos essais deux espèces de toile. Tune de chanvre très-épaisse, et Tautre de lin beaucoup plus fine, et nous avons pris de chacupe un poids constant de trois grammes* Chaque échantillon
»1S àXtè EX MÉTlEBa. 4>3
de toile imprégné de djîMolution 9 poi» detaéohë ». a été présenté à la flamme d'one bougie^ tous une inclinaison d*eDviroa 4^ defgrés^ paroe qae c*était dans cette position qti*an logeait noueux de son degté d'încombttstibiHlé. Noos ferons remarquer c|iie la même quantité d'un sel ne prodoit pas le même effet sur des toiles de fîneese différente ; elle arrête la cmn^ bostion de la plus grosse bien atant celle de Taulre. Il est facile d*en trouver la raison.
Essais dafis lesquels chaque ichantiitonde toile ^ du poids de trois grammes , a été mouilU avee trois centimètres euées de dissolution saline, et a par. conséquent retenu ofl grammes de set , ou 0^1 de son propre poids (i).
Hydroohlorate et sulfate d'ammoniaque. La flamme s'est soutenue, quoiqu'ayec peu dlnteosité, hors de celle de la bougie. Nous ne parlons ici que de la grosse toile, la remarque générale que noos avons faîte nous dispensant de citer chaque fois la seconde.
Tartrate double de potasse et de soude. La flanmie se soutient bien hors de celle de la bougie.
Carbonate et phosphate de soiuie. Ces deux sels ont peu d'efficacité.
Chlorure de sodium et de potassium» Ces deux
(x) Lors^pu 1m dissolutions occupaient un vokimo 4e Sso gnaunoi d'eau, chaque échantillon de toile a et4 mouillé avec 6 centimètres cuhes, afin «lue la quantité de matière saline f&t la même pour tous.
4l4 l'^S SBGRBT8 tfODBBVBS
sels diminuent peu la combustibilité de la toile : il en est de même de l'acétate de plomb.
Sulfates de zinc, de fer, de magnésie , de soude. lies toiles imprégnées de ces sels ont brûlé presque avec la même facilité que dans leur état naturel.
Essais dans iesqueis chaque échantiUon de toiie a été imprégné d'une quantité de dissolution sor Une double de celle employée dans les essais précédens,
Hydtochlorate et sulfate d'ammoniaque. La ombustion ne s'est plus propagée sur la grosse toile ; seulement le cbapbon , mis à nu par la chaleur de la bougie , est resté rouge quelques instans. La toile de lin brûle encore avec flamme; mais elle a peu d'intensité et s'éteint facilement.
Phosphate d'amm^oniaque. Ce sel a rendu la grosse toile incombustible , mais pas tout-à-fait aussi bien que le sel ammoniac ( hydrochlorate d'ammoniaque). La toile de lin brûle encore avec flamme hors de la bougie : il a été nécessaire de l'imprégner d'un tiers de son poids de phosphate d'ammoniaque pour la rendre tout- à -fait incombustible ; il faut moins de sel s'il est avec excès d'acide. Il est à remarquer que le charbon de la toile ne conserve aucune incandescence hors de la flamme de la bougie, parce qu'il est enveloppé d'acide phosphorique : les gaz seuls, développés par la chaleur, entretiennent principalement la combustion.
Mélange de sel amm,oniac et de phosphate d'ammoniaque à parties égales^ te mélange de ces sels
DBS ARTS ET METIBa^. 4*^
a donné un très-bon résultat : le charbon n'est pas resté incandescent 9 comoie avec le sel ammoniac seul 5 et la toile de lin n'a presque pas donné de flamme dans celle de la bougie y el s'est éteinte aussitôt qu'elle en a été retirée.
Borax. A rendu les deux toiles incombustibles ; mais leur charbon conserve do l'incandescence hors de la bougie 5 et peut se rallumer par le souffle.
Mélange dû sel ammoniac et de borax à parties égales* Ce mélange est très-efficace : les deux toiles n'ont présenté aucun indice de combustion hors do la bougie.
Borate d'ammoniaque. Réussit aussi très-bien.
Tartrate de potasse et de soude. N'empêche pas la grosse toile de brûler avec flamme; la combustion se propage même par le charbon seui^ qui brûle comme de l'amadou.
Sel marin. La grosse toile reste enflammée hors de la bougie, même avec june proportion triple de celle employée dans les premiers essais. Les autres sels dont nous avons parlé n'ont pas donné des résultats plus satisfaisans : il en faut des quantités considérables pour rendre les toiles incombustibles ( à moins qu'on ne les laisse dans un air humide où les sels dont elles sont imprégnées commencent à tomber en déliquescence ) , et alors elles ne sont presque plus propres à aucun usage.
Il résulte de ces essais que rhydrochiorate, le sulfate, le phosphate et le borate d'ammoniaque, le borax (borate de soude), et quelques mélanges de ces sels , sont les substances les plus convenables
4l6 LES SECEETS MODERKBS
pour rendre les tissus incombustibles » sans altérer leurs qualités. Plusieurs autres suhstanees îouiaseot s^ns doute de la même propriété ; mais la théorie que nous en avons exposée servira à la fols de guide pour les applications qu'on en pourra faire ^ et pour des recberches nouvelles. Il est à peine n^eft^ure de faire remarquer que les bois briilant beaucoup plus difiBcilement que les tissus , il faudrait les im-* prégner de beaucoup moins j^ç matines saUnre9 pour le^^ rendre inoombusUbles.
Camposition pour tes rouleaux qui rempiaeent aujourd'hui tes halles d'imprimerie.
Les rouleaux en gélatine qui , depuis quelques années, ont été presque universellement substitués^ dans les imprimeries , aux balles ou tampons en cuir , ont le grave inconvénient de se durcir considérablement dans les temps secs et chauds. Le technical Repasi* tory donne ^ pour ces rouleaux , la con^position sui« vante, qui> assure- t^on , pare à cet inoonvéntent.
On fait tremper pendant quelques heures , à Teau froide, huit parties de bonne colle-forte; lorsqu'elle a absorbé beaucoup d'eau et qu'elle est bien gonflée, on U fait dissoudre au bain-marie, sans ajouter d'eau. On écume ; on enlève le vase de dessus le feu , et on incorpore dans la oolle sept parties de belle mélasse 9
préalablement chauffée. On remet la matière dans le bain-marîe , on agile long-temps pour opérer un mélange bien exact. On laisse sur le feu environ une demi-heure ; on laisse ua peu refroidir ensuite, et on verse la matière dans les moules ; elle y reste dix heures en hiver et plus long- temps en été.
Les vieux rouleaux peuvent être refondus avec une légère addition de mélasse.
,. etio gira»ffft
êité et de» attgf«er^ dei issecic».
Vcrmig four U A«û.
Oo cmnmeiice par doancr à b sorCKe do bob
on beao poli . bien égal snrtoat . parce qQ€ le Ternis ferait moins reisortir les Teices des portions demeoréen plu% ^ossières.
Composition du ternis.
On fait dissoudre uoe certaine quantité de gomme laque très-pure ( la proportion de lalcool est double en quantité de celle de la laque); on expose le mélange à 100° centigrades, et on le remue pendant troiff heures, ou plutôt jusqu'à ce que la dissolution ait acquis la consiKtance d'une gcire. Jamais ce Ternis ne se fend, ni ne se gerce, comme la plupart des autres.
On mélc deux parties de ce vernis à une partie
DBS IILTS ET ItéTIBRS. 4 19
d*haile d'olive ; ensuite on donne une légère couche au bois 9 et on le frotte avec une pièce de linge fin , formant une espèce de palette, et on emploie la plus grande force possible dans la pression. On observera qu^il est nécessaire de suivre toujours en ligne droite les fibres et les veines du bois. On le laisse sécher ^ puis on recommence la même opération trois ou quatre fois, c*est-à-dire jusqu^à ce qu'on ait obtenu le résultat que Ton se propose.
Voici maintenant comment l'on donne le lustre si brillant qu'on remarque particulièrement sur ces tables anglaises^ qu'on ne peut se défendre d'admirer^ tant elles sont éclatantes de poli et d'éiéjgante propreté.
On trempe un morceau de linge fin dans un mélange d'huile d'olive et de tripoli^ et on frotte le vernis jusqu*à ce qu'il ait acquis le plus bel éclat possible ; cependant ou termine toujours l'opération du frottement avec un morceau de cuir très-moelleux.
Ou pourrait aussi appliquer ce vernis aux surfaces qui n'ont pas reçu auparavant un beau poli ; mais la dépense serait plus grande ,, parce qu'il faudrait donner des couches plus épaisses, et consommer, par conséquent, une plus grande quantité de matière.
Ce vernis n'a qu'un seul défaut , il brunit le bois ; mais ce lui est un mérite de plus , quand on l'applique à l'acajou , au noyer, au frêne, au merisier, etc.
/^%Q LES SKGRBT$ 1IODEJUW0
VernU pour te 1foi$ « qui vésiaU. à Haoi'hn (U Vtou
La fabrication de ce vernia ask yknpk^ el iSacile) 'sâ0f^l que son u^a^e^; eo voici la recette : O9, preud»
Une livre et demie dliaile de lin , Cinq ooces de litharge pulvérisée/ Trois once» àe minium pnlvérité»
On fait botiillir TiiiHiie de lin dans ukb> vase d* cm* vra rouge non étamé 9 en y tenant snapendua dfcyi8>uii petit sac de toile la litharge , la céruse et le miniuMi} et ayant soin que te* petit sac ne toi^he pas te fond du vase. On continue la cuisson juatftt'à ce qtie rimîle acquière une couleur brune foncée» : alors on retire le petit sac, et on lui en substitue ihi second qui eontient une gousse d'ail; on continue la cuisson el on renouvelle la gousse d'ail sept à huit fois. Oa peut mettre aussi les huit gousses d'ail tout à la fois dans le sac, et ou laisse bouillir jusqu'à ce qu'elle» soient hien cuites.
Alors on jette dans le vase une livre d'antbre jaune ou karabé , après l'avoir préalablement fondu dis la -manière suivante : on ajoute à la livre d'ambre bien pulvérisé deux onces d'huile de lin, et l'on: place le tout sur un feu violent. Lorsque la fusion est complète , ou verse la matière encore bouillante dans l'huile de lin préparée, et l'on continue à laisser bouillir pendant deux ou trois minutes, en remuant bien le tout. 0» laisse reposer, on décante ou l'on
filtre la composition ^ et od la conBerve, lorsqui'eile est bien refroidie , dans des bouteilles bien bouchées* La manière d^employeir ce vernis ne présente au* cune difficulté. Après avoir bien poli la pièce de bois sur laquelle on veut rappliquer 9 on donne au bois la couleur qu*on désire : par exemple f pour le noyer, une légère couche d'un mélange de suie avec do Tessence de térébenthine; quand cette couleur est parfaitement sèche» on y passe une couche de vernis avec une éponge fine, afin de la distribuer bien également. On répète ces couches jusqu'à quatre £ems« après avoir eu toujours soin de bien laisser sécher la précédent». Après la dernière CBUch», 00 place la pièce vernie dans une étuve jusqu^à par&îte dessiccation , afin de pouvoir polir sans. crainte. Oo n-'emploie le secours de Tétuve que lorsqtfbn est pressé y dans le cas contraire, ce qui est préférable, afin que le bois n« se: toumeate pas, oit laisse sécher à Vedr libre.
Ce vernis est trèshtransparent, o-est pourquoi nous «rons prescrit de teindre 01» de peindre le bois avant de placer le vernis , par la laison que les nuances que Ton veut donner au bois dépendent de la pve- Viîère couche que Von passe après Favoir poUw II faut observer aussi de ne passer la première coucIm de vesnis quelorsqm la «ouleur est parfoitement sèche*
Descniption des procédés à employer pour composer et fabriquer (c vernis d'or ou doré, des* tiné à être, appliqué sur le laiton ou U bronze , V argent et Vétain.
On conn^ depuiis long-temps mi6 tfqueur â la-
4s a LBS 8EGBBT8 MODEaHBS
quelle on a faussement donné le nom de vernU an* gtais.
' La recette de ce vernis, perfectionné en France^ n'a encore jamais été. imprimée. Il y a quelque temps qu'un fabricant de pendules m'en demanda la composition : je la lui envoyai; il en fut très * satisfait , et nous en fit les plus grands éloges. Nous avons vu des bronzes couverts de ce vernis ^ qui faisaient tellement illusion que beaucoup de personnes s'y sont trompées et les ont crus dorés.
On prend ,
Karabé ou ambre jaune, ou succia. «... 3 onces.
Gonune laque en grains 3.
Gomme-gutte , lo grains.
Sang-dragon. . ..aj lo.
alcool à 36o de Baume* 3 livres la onces.
Verre en poudre a onces.
Toutes ces substances en poudre sont placées dans un vase de verre d'une capacité au moins quadruple , sur un bain de sable, ou mieux au bain-marîe, à un feu très-doux. L'orifice du vase est fermé d'un morceau de parchemin mouillé qu'on lie bien avec une ficelle. On fait au milieu de ce parchemin un petit trou avec une épingle qu'on y laisse. On agite de temps en temps le vase. On met d'abord l'alcool , le verre et le karabé ; on laisse chauffer en remuant jusqu'à ce que le Larabé soit dissous ; ensuite on y verse les autres substances^ et Ton agite jusqu'à leur parfaite dissolution ^ excepté le verre , qui n*est là que pour augmenter les surfaces , et empêcher les résines de se tasser çt de se brûler.
On se servira aveo beaucoup d'avantage d'un
DES ABTS ET uilIERS. 4^5
alambic à baîn-marie décrit par Tingry , dans son Traité théorique et pratique sur Tart de faire et d'appliquer les vernis, tom. i, p. a^a. Cet instrument est très-commode 9 il est armé d'un agitateur, et on doit remployer quand on opère en grand.
Lorsque les substances sont dissoutes ou à peu près 9 le vernis est fait. Il faut ordinairement quatre à cinq heures pour la première opération , c'est-à-dire la dissolution du karabé dans Talcool. Il en faut autant pour dissoudre les autres substances. Après ce temps on laisse refroidir les vases , et on laisse reposer pendant quatre à cinq jours. On tire à clair, et Ton passe le marc à travers un linge fin. On tieni les bouteilles bien bouchées.
Mamère d^appliquer ce vernis.
La fabrication du vernis n*est pas difficile ; il ne faut que de la patience et un peu d'adresse : tout Tart consiste dans son application.
Il faut que la pièce de cuivre soit bien polie , et même mieux que le poli ordinaire , dans toutes les parties qui doivent être brillantes ; mais dans celles qui doivent rester mates^ il faut seulement l'adoucir avec soin et sans traits. On la fait chauffer lentement. La chaleur que la pièce doit avoir est telle , qu'on ait peine à la supporter avec le dessus de la main. On fera en sorte que la chaleur soit égale dans toute la pièce.
Lorsque la pièce est bien polie et bien adoucie, il faut la frotter avec un linge bien propre et fin , et ne plus la toucher avec les doigts ; sans cette précaution,
4i4 1^^ sumiTt mmiENjw
on ferait des tackes qu'il serait ensuite impotiible d'enlever.
On verse nn peu de vernis dans no godet; on j trempe un pinoeau large, de poil gria biea fin et bien doux; et^ après Tavoiff nn peu essuyé sor In bord du godet, on le passe, sansTappuyer beaucoup, sur toute la pièce. Cette opération dtiit êtpc Cailc ama adresse , afin que les reprises ne paraissent pasi, qa'U n'y ait point d'ondes ni d'autres taches sur l'eannage, mais que le vernis soit appliqué bien égalcawDt par tout* Les ouvrageade cuivre tournés, et que roa.ver-' nit à chaud sor le tour, téussîssent toajouffs pfaia facilement. Cependant, pour peu d'habitsHle qn*on en ait , on parvient à vernir bien uniment les grande» surfaces planes.
Si Ton a fait quelque» ondes en passant le vernis , on peut y remédier , du moins en partie , en approchant la pièce du feu.
Si Ton désire que la couleur de la pièce soit pins haute et ressemble mieux à celle de l'or,. on pourra y passer de suite deux, trois, ou même quatre ceuches de vernis ; mais il faut alors que la pièce soit un peu plus chaude, surtout si elle est grosse ou massive*
Si Ton ne peut fure chauffer la pièce ^ soit à cause de sa figure irrégulière , soit qu'on craigne de la dé^ ranger de sa justesse, ou dans ses; divisions, ou dans ses assemblages; ou bien qu'on craigne de la iaâpo voiler , on pourra alors passer le vernis sur la piècatoute froide. On l'approcherr. ensuite du feu ,. afin qu'elle en reçoive une chaleur suffisante^ pour contribuer à faire mieux égaliser le ¥cmis< et à redonner tout le lustre à la pièce.
DIS ÀSlTS et ItiTIERS. 4^^
Il faut beaucoup de soin pour faire chauffer une pièce plane d'une grande dimension , principalement lorsqu'elle a été bien écromë^ et surtout si elle porte des divisions comme un grand graphomëtre^ par exemple. Toici la manière de s'y prendre : Après qu'on lui a donné, devant un feu un peu éloigné « un petit degré de chaleur qu'on supporte aisément sur le dessus de la main oû>ur la joue, on la vernit avec toute l'attention et la diligence possibles : on la remettra aussitôt devant le feu , pour faire mieux étendre le vernis , et lui faire revenir la transparence» et par conséquent le lustre.
vPour les mats, il est bon d'avoir deux ou troi»
espèces de vernis d'or qui ne diffèrent entre eux que par la dose de gomme-gutte et de sang-dragon qu^on y incorporera. On doublera dans l'une, et Ton trî« plera dans l'autre les doses de gomme-gutte et de sang-dragon. On se servira de ces deux derniers vernis pour dorer sur l'argent ou sur l'étain.
Quelque peu d'exercice et d'habitude > et surtout beaucoup de propreté et de goût ^ rendront bientôt maître dans cet art qui ne présente aucune grande dif&culté.
Lorsque ce vernis vient à se saliv» on le lave avec de Teau tiède et uji linge fin ; mais on ne doit jamais le frotter avec aucune poudre à polir , telle que le blanc d'Espagne, le tripoli, la pierre- ponce » le rouge , etc. ; ces poudres enlèveraient le vernis et mettraient le cuivre à nu. Il faudrait ôker toute la couleur, et vernir de nouveau.
426 I.B8 SÈGBETS HODERKKS
Préparation et application de la laque sur le
cuivre.
Les deux préparations suivantes sont les plus économiques de toutes celles dont on fait usage. Elles ont eu outre Tavantage de recevoir les différentes couleurs qu'on veut leur donner.
Laque ordinaire pour le cuivre, l'étain, etc>
On se procure de la laque en grains de la première qualité. Après l'avoir bien nettoyée dans l'eau et fait sécher, on la réduit en poudre grossière 9 ensuite on la fait dissoudre. Voici les proportions :
Six onces de la poudre.
Deux pintes d^esprit-de-vin.
On met le mélange dans un vase d'étain ou dans une bouteille de verre bien bouchée, qui ne doivent être remplis qu'à moitié.
Après avoir fortement remué le mélange , on le place près du feu ou dans une étuve pour hâter la dissolution. On Je remue six ou huit fois par jour, pendant deux ou trois jours. Vingt-quatre heures suffisent à la partie insoluble pour former son dépôt. Lorsque la dissolution est claire , on la transvase doucement dans une autre bouteille , pour s'en servir au besoin.
Cette laque convient à tous les ouvrages communs en cuivre f en étain, etc. Sa teinte est d'un jaune
rougeâtre qu'on augmente en mettant plusieurs couches Tune sur l'autre.
Appliquée sur le bronze , cette laque lui donne une couleur de terre brunâtre.
Laque fine et pâte»
Au lieu des grains, on emploie dans cette autre préparation des écailles de la laque la plus transpa-^ rente, bien lavée, sèche, et l'esprit- de-vin le plus rectifié.
On réduit ces écailles en poudre grossière , et od tise, pour la dissolution, du procédé déjà indiqué; mais on la passe à travers un épais papier brouillard. Ce qui reste dessus n'est bon qu'à jeter.
Ces laques ne perdent rien de leur qualité en vieillissant, si on tient les bouteilles bien herméti* quement bouchées.
Lorsqu'on ne colore pas la dernière espèce, elle est à peine visible sur le métal ; cependant elle lui donne un vernis très-brillant qui conserve son éclat durant plusieurs années.
Addition des couieurs.
1° Dans une pinte d'esprit- de-vin , i ^ once de ra-* cine de curcuma , et i ao grains de gomme adragante. La dissolution s'opère en deux ou trois jours. On remue souvent. En augmentant la dose de la gomme, on donne plus de force à la dissolution.
2° La même quantité de curcuma, sans gomme, produit un jaune léger et beau.
4^8 LB9 8EGEETS MODEEHES
S"" I ^ once de safran produit , sans gomaiej un brun rougeâtre. Si on ajoute une égale quantité de ciiircuma » on obtient un jaune éclatant.
4^ 1 ^ once de vert de vessie, et ^ plate d'espritde-vin. En ajoutant quelques gouttes de Tune des trois premières préparations t on obtient un jaune verdâtre très-brillant.
S'' ^ once de gomme-gutte , et | pinte d'e4>rit-de« vin y donnent un jaune éclatant.
6° I once de gomme-gutte* i 2 onoe de goaune adragante , et 2 pintes (Tesprit-de-vin , donnent une belle couleur d'or.
On tient ces couleurs dans des bouteillea. Lors» (}U*on veut en faire usage 5 on en verse quelques gouttes dans le vernis ^ jusqu^à ce qu'il ait prii U teinte qu'on veut lui donner.
81 l'on a une grande quantité de matière à employer 9 quelques gouttes de plus ou de moins suffir sent pour changer les nuances; il est indispensable de mesurer ou de peser exactement tes quantités de laque et de couleur.
Manière d^appiiquer le vernis.
Le métal est bien nettoyé, brossé et frotté. Ensuite on le chauffe, soit en l'appliquant sur un fer ardent , soit en l'exposant à un feu de charbon de bois jusqu'à ce qu'on ne puisse qu'à peine le manier. On y applique alors, avec un pinceau de poil de chameau ( d'un pouce de large au plus et de | de ponce d'épaisseur), une couche très-légère, mais très-égale du mélange^ avec ou sans couleur. On ea ajoute.
DIS A&T8 BY MéTIERS. 439
Tune sur Tautre^ tel nombre qa'on Jtut, en recommençant chaque fois à chauffer le métal pour durcir la gomme.
Il faut surtout opérer dans un lieu où il ne se trouve aucune poussière.
Si« en appliquant le vernis, aveo ou sans couleur, quelque partie de la surface se trouvait gâtée y il serait inatiie do chercher à faire quelque rajustement. Le seul moyen est de recommencer Popération , comme si ou n'avait rien fait; car jamais les taches ou les défauts ne pourraient être nettoyés ou réparés proprement.
Le procédé à employer dans ce cas est bien simple. ( L'on se rappellera qu'il s'applique aussi aux pièces dont le vernis est usé y et qu'on veut remettre à neuf. )
On fait bouillir le métal pendant quelques secondes dans une dissolution de potasse. Celle-ei doit être dans la proportion d'une once pour une pinte d'eau. On le lave y ou le fait sécher , et on vernit de nouveau.
Composition d'un vernis pour ta bijouterie et ies
ornemens.
L'inventeur, M. F.-J. Knowolys , de Trinity «Collège, à Oxford, spécifie ainsi l'objet de sa patente, prise en i8a6.
Proportions des matières :
Argent. o i/a onct.
Caivre. 3 onces.
430 LBS SECBETS MODEBNES
Quand ces deux métaux sont iâcorporés par la fusion > on y ajoute par degrés ,
Plomb t . . 5 onces.
qu*on remue avec une spatule de bois, pour en assurer bien le mélange.
On ajoute ensuite dans cet alliage 9 en le remuant continuellement , jusqu'à ce que Tesédant du soufre soit entièrement volatilisé >
Soufre» X livre 8 onces.
Sel ammoniac » o i/i once.
On verse finalement cette matière dans un vaîs^ seau (dont le fond est couvert d'une certaine quantité de fleur de soufre) > on le couvre, et on le ferme le plus soigneusement possible; et quand la masse est froide , on la fond de nouveau pour en former des lingots. Toicî Tusage qu*on en fait:
On réduit en poudre la quantité qu'on veut employer, et l'on en forme une sorte de pâfe (c'est Texpression de Tioventeur) avec une forte solution de sei ammoniac dans l'eau.
On remplit les ciselures du métal qu'on veut plaquer avec cette même solution, et ensuite on les garnit bien avec la pâte métallique.
Puis on expose le tout dans une moufle, à une chaleur suffisante pour fondre Talliage , qui s'incruste fortement, et pour toujours, dans les ciselures, dont il faut gratter et polir les surfaces.
L'inventeur dit que cet alliage , qui a une couleur intermédiaire entre celle de l'or et de l'argent, s'ap-
DES âhts et UBTIBES. 4^1
plique principalement aux ouvrages faits avec Tuu ou l'autre de ces ^étaux.
Fernis maitaquabU.
On doit à M. John Oxford d'avoir découvert que la naphte^ ou Thuile essentielle du goudron de char« bon de bois, purifiée et saturée de chlore, se convertit en une huile fixe de couleur rouge-clair, et s'épaissit au point de se coaguler par un temps froid. Une partie d'huile, deux de blanc de plomb, une de chaux épurée, et une de charbon de goudron , broyée» ensemble , forment une peinture qui résiste aux divers agens qui attaquent les sujbstances sur lesquelles elle est appliquée , et suffit pour mettre les boiseries à répreuve de la vermoulure et autres détériorations, ainsi que les palissades ou les ferrures qui en sont chargées. Cette application des goudrons extraits de la distillation des bois, est indiquée dans divers ouvrages publiés depuis quelques années.
Fernis noir imitant celui de ta Chine.
Ce vernis s'obtient en mettant dans un matras une certaine quantité de goudron bien pur; on le fait cuire jusqu'à ce qu'il soit transformé en une masse dure, compacte et noire : alors on y verse peu à peu de l'essence de térébenthine, jusqu'à ce que la composition devienne convenablement liquide^
Il ne faut pas confondre plusieurs substances qui se trouvent dans le commerce, avec le goudron; celui-ci est extrait des pins cl sapins par la combustion de ces bois.
439 LES 8BGABTS fltODERlIBS
DIFFÉ&BNS VB&BIS.
Campasiêion deê vernis.
Il faut casser en petits morceaux toutes les matières solides qui eotreot dans la composition des vernis et les bien nettoyer ; il faut aussi bien prendre garde qu'elles ne chauffent pas trop. Gomme les substances dont se composent les vernis sont très* faciles à enflammer, et qu'elles exhalent en outre ata odeurs très*pénétrantes, il serait imprudent et incommode de composer un vernis dans un lieu clos, et ob le feu pourrait prendre aisément. On fera bien de transporter les appareils .dan» la campagne eC d'opérer en plein four , afin de voir et d'observer distinctement ce qui se passe pendant la conibinaisoo des matières. Si celles-ci venaient à s'enflammer^ on couvrirait le vase qui les contient avec plusieurs doubles de toiles humides, qu'on doit toujours avoir sous la main.
Les vases dans lesquels on renferme, soit les matières qu'on destine à la composition des vernis, sott les vernis eux-mêmes, lorsqu'ils sont faits, doivent être bien propres et bouchés soigneusement. Pour purifier le vernis, on le passe à travers un tamis de soie ou un linge fin.
Les vernis se font dans des pots de terre vernissés et neufs; on en change à chaque nouvelle composition.
a° Vernis à Cesprit-de-vin, La sandaraque et le mastic purs sont les bases de
DM AmT8 It MJ&tIBM. ^53
la plupart des verofs à resprit-de-vio. Il faut, avant de procéder à la composilion , ôter soigneusement les matières étrangères qui pourraient se trouver mêlées à ces substances, et rejeter même les morceaux qui ne seraient pas transparens; puis laver les autres à plusieurs reprises aveo une lessive bien claire , composée d*une livre de potasse dans quatre litres d*eau bien propre : quand ces morceaux seront secs, on les lavera à Tesprit-de-vîn. C'est ainsi qu'on les prépare pour les vernis clairs et les vernis gras.
La dose des substances pour les vernis à Tespritde-vin est de six parties de mastic, trois parties de sandaraque, trois parties de térébenthine de Venise, pour trente-deux parties d'esprit-de-vin.
On peut n*employer que de la sandaraque ; maïs alors il faut porter la dose jusqu'à dix parties.
Les vernis à l'esprit-de-vin se font tous au bainmarie, c'est-à-dire que le vase dans lequel on fait dissoudre les matières est placé dans un autre qui contient de Teau en ébullition. C'est la chaleur de cette eau qui, étant entretenue constamment au même degré , fait entrer les résines en fusion , et facilite leur combinaison avec i'esprit-de«viu.
11 est bon que le vase dans lequel on fait dissoudre la sandaraque ne soit plein qu'aux trois quarts , afin que la mixtion puisse bouillir et se gonfler en liberté, et sans se répandre par-dessus les bords. On laisse chauffer jusqu'à ce que la sandaraque soit entièrement fondue; ce que l'on connaît quand , en remuant la matière avec une spatule, on n'éprouve plus de résistance. Il faut alors jeter la térébenthine , qu'on 11. \^
4^4 ^^ SECRETS M0DEBNE8
aura fail fondre en même temps au baiii-marie, dans ie Tesprit-de-vîn; on laissera incorporer le tout pendant huit ou dix bouillons : le mélange sera parfait lorsque le fluide offrira une résistance égale sur tous ses points à la spatule.
Si, après avoir passé le vernis, il se trouvait encore des morceaux de résine qui n'auraient pas éprouvé une fusion complète , il faudrait bien se garder de remettre le tout sur le feu pour les faire fondre ; cette nouvelle cuisson ferait perdre au vernis de son éclat.
Avant d'employer le vernis, il faut le laisser reposer au moins pendant vingt-quatre heures. Cet espace de temps est suffisant pour qu'il puisse déposer et se clarifier.
Le vernis à Tcsprit-de-vin veut être employé tout de suite; car, si on le garde long-temps, il graisse, jaunit et devient ambre. Si cependant, par une cause quelconque, on avait du vernis altéré, on pourrait lui restituer à peu près toutes ses qualités, en y ajoutant un peu d*espril-de-vin, et en lui faisant subir quelques bouillons. Il faut bien prendre garde de ne pas verser trop d'esprît-de-vin ; il vaut mieux, pour plus de certitude, en ajouter à plusieurs reprises.
F émis htanc pour tes appartemens. Faites dissoudre dans un litre d*e$prit-de-vin une demi-livre de sandaraque, incorporez-y ensuite six onces de térébenlhine de. Venise.
Vernis iflanc qu'on peut polir» Faites dissoudre dans un litre d'esprit -de- vin deux onces de mastic en larmes, une dcnii -livre de sandaraque > et une
once de gomme élémi ; incorporez-y ensuite quatre onces de térébenthine de Venise.
Vernis demi-éianc. Un litre esprit-de-vin , demi* livre de sandaraque, six onces de térébenthine de Suisse,
Vernis pour les boiseries. Esprit-de-vin un litre, demi -livre de sandaraque , deux onces de gomme laque plate, quatre ,onces de colophane; puis six onces de térébenthine de Venise.
Si Ion veut vernir en rouge , on met plus de gomme laque, moins de sandaraque^ et on y ajoute du sang- dragon.
Vernis pour détremper tes couieurs. Esprit-devin un litre , mastic en larmes deux onces , sandaraque deux onces; puis quatre onces de térébenthine de Venise.
Ce vernis détrempe bien les couleurs , pourvu qu'elles soient broyées très-fin; mais il n'en faut dé« tremper qu'autant qu'on peut en employer sur-lechamp , parce que le vernis les fait sécher promptement.
Vernis commun.
Sandaraque o Idlogr. aSo grammes.
Tër^ntbine claire. ..... p . • o sgo
Alcool A 3a degr<$s i ooo
Vernis transparent.
Sandaraque en pondre. . . . • . o kilogr. »5o frammtf
Ibstfe en larmes. • ; o 64
Térébenthine claire o sa5
Alcool i 33 degrés. ..«••.. 1 oee
436 tfeS 8BG&BT8 MODERVES
Vernis Manc.
Sandaraque blanche. o kilogr. 5oo grammM.
T<$rébentliine limpide o 190
Alcool à 33 degrés. 060
Vernis siccatif étane.
Mastic mondé. o kilogr- xgo grammes.
Sandaraque. ..,...•.. o gS
yerre pilé o laS
Térébenthine de Venise o 96
Alcool à 33 degrés. x 000
Dissolvez à chaua» piau»ez au coton. Ce vernis sert pour les cartons , etc. -
Vernis hianc qui se polit.
Mastic en larmes pulvérisé. . . . o kilogr. 64 grammes.
Sandaraque en poudre o a5o
Résine élémi pure o 3a
Térébenthine fine. .' o ia5
Alcool I 000
On applique ce vernis sur les fers et on le polit avec de la pierre-ponce.
Vernis transparent à la copaie.
Alcool «aturé de camphre. o kilogr* ia5 gnunmtf.
Gopale en poudre . . o
Résine elémi., ^ . . «
Alcool. % « ^^
Autre vûmis à (a eopate.
Copale fondue. • . . oUlogr. g6 grammes.
Sandaraque. ..•.*•... o tgo
Blastic par. • • o g6
Tërébentbine pure. <..... o 80
Verre pilé. o xsS
AlcooL I 000
On rapplique ftur métaux ^ chambranles ^ moiré métallique, etc.
Vernie saupiô et MUant.
Sandaraque. okilogr. igo grammes
Résine élëmi o ia5
Résine animée. • - o 3a
Camphre. . • . • o x6
Alcool. « • I 000
S*appHqne sur boiseries et cartons.
Vernie cotoré.
Sandaraque* . o kilogr. aSo grammes.
Résine laque plate. ....... o G4
Colophane o i95
Térébenthine claire. ...... o 190
Alcool. X 000
Ce vernis est rougeàtroi et s'applique sur bois ou métaux.
Vernis jaune d'or.
Résine laque en grains. okilogr. laS grammes.
Sang-dragon en roseaux. o laS
458 LES dBCBBfS MÛl^ERKBS
Rocou o kilogr. laS gramme».
Gomme-gutt«« .'.«'• . • • « o ' '■' laS
Safran g&tinais. o 3a
Alcool 5
On l'applique sur bois et métau3c« . ,
Autre vernis d'or.
Résine laqae en grains. . . . * . o kilogrv ât9o.graitmts*
Saocin en poudre o $4
Gomme-gutte. o 64
Extrait aqueaz de santal rouge* . . • : ■ 'a
Sang-dragon en roseaux. . . . . o 4
Safran o a
Alcool 1 laS
On porpbyrîse les résines, qu^on mêle aux teintures de safran et de santal. Ce vernis s'applique sur métaux. . ,.
Vernis à dorer.
Corcuma en poudre. ....... o kilogr. 34 grammes.
Safran o 1
Gomme- gutte. . . .' o 24 ■
Sandaraque p 64
Résine élémi o 64 ■
Sang-dragon en roseaux o 3a
Résine laque en grains o 3a
Alcool o 6a3 '
Faites une teinture de safran et de curcuma; passez; ajoutez le reste pulvérisé, décantez le vernis. Il s'applique sur les métaux pour leur donner une couleur d'or.
BBS AftTS ET MBTIEAS. 4^
Vernis rouge,
Sandaraque o kilogr. ia5 granniM.
Résine laque en grains. ..... o 64
llaslic en larmes. . • o 3a
Benjoin amygdaluXde o 3a
Térébenthine o 64
Alcool X «o»
Ce vernis s'applique sur les bois d^acajou^ de rose, de prunier, eto.
Observations. Les résines molles se dissolvent bien dans Talcool , mais les bitumes et la gomme copale résistent à l'action dissolvante de ce liquide. La copale se dissout mieux quand Talcool est chargé de camphre ; ou bien on la fait fondre au feu dans un vase , puis on la verse sur l'eau , où elle dépose une huile dont la présence s^opposait à sa solubilité dans l'alcool. Les bitumes ne se dissolvent bien que dans Tessence ou les huiles grasses.
3® Vernis à V huile grasse.
La résine copale et le karabé {succin) sont en général les bases des vernis gras. La copale s'emploie pour vernir les fouds clairs; le karabé, plus dur et phis foncé, convient pour les couleurs sombres. Ces deux substances se fondent à feu nu. On peut également les dissoudre dans Thuile ; mais comme elles n'entrent en fusion dans ce liquide qu'au moyen d'un feu très-violent, elles y prennent une teinte brune. €omme chaque espèce de matière fond à un degré de chaleur particulier , si on en met plusieurs ensemble dans le même vase , il arrivera que les plus
44^ ^^ 8EGRBT8 M0BEB1IB8
fusibles seront brûlées 5 quand lés plus réfractaires oommenceront à se liquéfier ; il importe donc de les exposer sur le feu , chacune dans un vase séparé.
Les matières étant fondues, on y incorpore l'huile très-chaude en la versant petit à petit , remuant en même temps le mélange avec une spatule; après quelques bouillons on laisse refroidir, et les matières étant encore tièdes , on y jette de Tessence de térébenthine 9 laquelle doit être en plus grande quantité que rhuile. La dose est ordinairement le double de rbtiile. Moins il y a d^huile, plus le vernis est dur et prompt à sécher; cependant il faut qu'il y en ait toujours une certaine quantité, sans quoi le vernis se gercerait.
Le vernis gras se perfectionne en vieillissant, mais il s'épaissit ; ou lui rend sa fluidité en y ajoutant un peu d'essence , et en lui faisant subir quelques bouir Ions au bain-marie.
En été la température de l'air est assez élevée pour faire sécher le vernis dans environ vingt- quatre heures. En hiver on est obligé de faire du feu dans l'endroit où se trouvent les objets vernis, sans quoi la dessiccation serait trop lente.
Vernis à ta copate.
Gopale o Idlogr. 5oo grammes.
Huile grasse. • . . . . o aSo
Essence o 5oo
Vernis au karabé^
Karabë ( succiiif ou ambre jaune ). . o kilegr. 5oo grammes.
Huile grasse 35o
Essence o »5o
DBS AITS kT MiTlEftS. 44f
Femiê gras camtnun*
Hnile gratse o kilogr. 5oo grammes.
'Gopale I 000
t ooo
Il faiit d'abord faire fondre la oopale5 puis y ajouter rhuile et ensuite Tessenoe* Ce vernis s'emploie sur les lampes , le fer ^ etc.
Fcmis imitant VicaHU*
Huile grasse x kilogr. 5oo grammes.
Copale o ç5o
Essence o «jSo
Térébenthine fine o 187
Ce vernis est long-temps à sécher; il se polit avec la pierre-ponce fine»' ensuite avec du tripoli et de rhuile.
Vernis noir pour Us ferrures-
4'aites fondre séparément le bitume de Judée, colophane 9 karabé; mêlez après la fusion; ajoutez de rhuile grasse et ensuite de l'essence 9 avec un peu de noir de fumée.
Vernis gras à Vor.
Faites fondre séparément : karabé, 8 onces; résine laque , a onces ; mêlez » et ajoutez une demi-livre d'huile de lin cuite séparément | et ensuite xxvi^ Vxsx^
44» l'Es SKGRBTS MOBERHES
d^essence que vous aurez préalablement colorée en j faisant fondre au feu ou au soleil^ aussi séparément, de la gomme-gutte, du safran, du sang-dragon et un peu de rocou. C'est en combinant ces matières diverses, à différentes proportions, que l'on obtient le ton de Tor qu'on cherche.
4* Ftrnis à Vessence.
frémis pour les tableaux.
Mastic laré purvérisë o kilogr. 875 gramoiM.
Térébenthine limpide o 4^
Camphre o 16
Verre blanc pilé • o 160
Eatence de térébenthine i ^So
Décantez de dessus le verre pilé. Ce vernis s'applique par couches sur les toiles peintes à Thuile.
Vernis pour ies gravures.
Dans un litre d'essence , jetez quatre onces de mastic en larmes, que vous y ferez fondre à petit feu ; après la fusion , retirez le vase de dessus le feu , et jetez-y deux onces de la plus belle térébenthine, que vous ferez bouillir pendant 8 à lo minutes; passez à travers un linge fin , et après avoir laissé reposer pendant deux jours, renfermez dans une bouteille qui aura été lavée avec de l'essence, et que vous tiendrez soigneuseoient bouchée.
DBS ARTS ET MÉTIEBS. ^ifi
Vernis d*or pour tes hois , tes métaux $ Us cuirs*
Résine laqae en grains o Idlogr. isS grammei*
Sandaraque. . . * o laS
Sang-dragon en roseaux o i6
Curcuina o a
Gomme-gutte o a
Térébenthine pure o 64
Verre en poudre. ...•.•• o i6o
Essence de térébenthine. . . . • x ooo
Mettez d*abord le ourcuma et la gomme'-guttc dans Tessenee; faites comme à Fordînaire pour le reste.
Vtmis d'or à la copale.
Essence de térébenthine épaissie à Pair o kilogr. s5o grammes.
Copale en poudre o 4^
Autre vernis à la copale.
Huile Tolatile de lavande o kilogr. 64 grammes.
Copale en poudre o 3a
Essence de térébenthine o xgo
Ce vernis est solide et brillant.
Vernis pour détremper les couleurs.
Estenceé 1 litre.
Mastic en larmes. . • « taS grammes.
Térébenthine i5o
Ce vernis ne sèche pas très-promptemqnt; il donne de l'odeur^ mais il a beaucoup de qualité. Les couleurs qu'on veut détremper avec doivent être broyées
444 l'Es 8EGRBT8 MODBBHBS
à rhuile, ou mieux encore à ressence. Le vert d'eau est plus beau détrempé avec le vernis qu'employé à rhuile.
Vernis, dit de Hollande , pour détremper te vert»
de-gris.
Ce vernis est composé d'un litre d'essence dans laquelle on a fait fondre a5o grammes de térébenthine de Pise» et autant de galipot, qu'on passe par un linge fin.
Vernis pour tes toiies métalliques*
Huile Tolatile de lavande o kilogr. po gramme».
Camphre o 64
Essence de térébenthine bouillante. . . o aSo
MANIÈRE d'employer LES VERNIS.
i"" Principes générattx.
L'endroit où l'on opère doit être à l'abri de toute poussière autant que possible. La pièce ou surface qu'on vernit ne doit pas être humide» ni poudreuse, ni sale. Ordinairement le vernis s'étend à froid; cependant il importe que la température du lieu soit un peu élevée. Aussi doit- on allumer des fourneaux dans l'endroit oii l'on fera sécher les pièces vernies. Four le vernis à Tesprit-de-vîn , il ne faut qu'une chaleur douce et modérée; aussitôt qu'il la sent, il s*étend et se polit de lui-même. Le froid lui fait perdre son poli ; la trop grande chaleur le &it bouil- Jonner»
DBS A&TS ET MiflïRS. 44^
Le vernis gras s au contraire » peut supporter aisément la chaleur dHin four très-échauffé. Gomme on ne peut pas renfermer toutes sortes de pièces dans un si petit espace f pour les mettre à un degré de chaleur aussi élevé 9 on fera usage des réchauds dits de doreur s que Foo présentera successivement à toutes les parties de la surface vernie.
La couche du vernis ne doit être ni trop épaisse, ni trop mince; dans le premier cas elle se ride en séchant ou sèche trop lentement. Si elle est trop mince 5 au contraire, le moindre frottement la détruit. Chaque couche doit être parfaitement sèche avant d'étendre la suivante; s'il arrivait que le vernis, après avoir été appliqué, fût terne ou qu'il n'eût pas partout le même éclat, le plus court et surtout le plus sûr serait de l'enlever.
On applique les vernis à l'aide de pinceaux de poil de blaireau , de forme large et aplatie , ou avec des pinceaux de soies de porc très-fines. Lorsque le vernis est trop épais, on l'éclaircit suivant qu'il est à rhuile ou à Tesprit-de-vin, en y mettant de Tessence ou de l'esprit- de- vin. Il faut avoir soin de nettoyer les pinceaux aussitôt qu'on a cessé de s'en servir : si par négligence on avait laissé sécher le vernis dessus, il faudrait les tremper pendant quelque temps dans le liquide qui a servi à délayer le vernis.
On emploie ordinairement un quart de litre de vernis pour chaque couche d'une toise carrée de superficie; mais si c'est du vernis gras ^ on en dépense un peu moins.
Si le sujet sur lequel on veut appliquer le vernis était tout nu, ou s'il était de matière spongieuse et
446 LES 8ECBBT8 M0DBRRB8
absorbante f il faudrait avant d*étendre le vernis dessus, lui donner un encollage à froid. .
On fait ordinairement usage du vernis à Tesprît- | de-vin pour les intérieurs. On choisit ]e vernis gras pour les objets exposés aux iniurcs du temps.
Si le sujet que Ton veut vernir est peint en détrempe, il faut lui donner un encollage, sans quoi ie vernis pourrait ternir les couches de couleur. Cette précaution est inutile potir les surfaces peintes à rhuile seulement; il suffit qu*elles soient bien sèches et bien propres.
a** Manière de vernir tes hoiseries^
Lorsqu'on a une boiserie richement sculptée , ou formée de comparlimens, dont la pureté des contours serait altérée par dès couches épaisses de couleur, ou enfin dont le bois a par lui-même une certaine beauté, on ne la couvre pas de peinture, maison se contente de la vernir.
Pour cette opération, pulvérisez et faites infuser dans de Teau, suivant le ton de la couleur que vous cherchez, de Tocre de Rut ou ocre jaune, de la terre d*ombre et du blanc de céruse. Ne mettez de ces matières dans une dose quelconque de colle de parchemin , que ce qui est nécessaire pour donner la teinte désirée, remuez bien le tout, et après l'avoir passé à travers un tamis, donnez-en deux couches bien étendues à froid; quand elles seront sèches, appliquez dessus deux couches de vernis à Tespritde- vin.