DES ÂBTS ET METIERS
5® Vernir tes papiers de tenture.
D'abord on encollera le papier avec la composition suivante :
Dans douze litres d*eau, faites bouillir pendant trois heures une livre de rognures de parchemin à petit feu ; passez à travers un tamis de crin , et quand la dissolution sera en consistance de gelée ^ battcz*la avec la brosse pour la rendre liquide , et appliquezen une première couche à froid bien légère et bien égale. Attendez qu*elle soit bien sèche ^ et doonez-en une seconde pareille.
Le tout étant bien sec 9 appliquez le vernis en dçuz couches; et, si c'est en hiver, faites faire bon feu dans Tappartement, afin de sécher promptement.
4* Vernir iea fera et balcons extérieurs.
Broyez à Thuile grasse du noir de fumée et de la terre d'ombre, détrempez-les ensemble à Tessence, et donnez-en une première couche ; lorsqu'elle sera sèche 9 étendez-en une ou deux faites de noir de fumée et de vernis gras; enfin donnez-en une der* nière de vernis pur à Tesprit-de-vin ou à l'huile grasse 9 suivant que l'objet est placé à l'intérieur ou à l'extérieur.
5* Manière de polir, lustrer , eniever, etc., etc., (es couleurs et les vernis altérés.
Le vernis 9 quelque bien appliqué qu'il soit^ ne
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formera jamais une surface parfaitement lisse 9 si on ne fait dis(>araître les petites éminences ou aspérités au moyen du poli.
Pour polir les vernis gras 5 quand la dernière couche sera bien sèche * réduisez en poudre impalpable de la pierre-pooce que vous tremperez dans Teau ; prenez-en avec un morceau de serge 9 et frottez la surface légèrement et bien également; continuez à polir avec un morceau de drap blano imibibé d'huile d'olive et de tripoli en poudre très-fine ; essuyez Touvrage avec des linges doux quand il sera sec; lustrez avec de la poudre d'amidon ou du blano de Bougival f en frottant avec la paume de la main et essuyant avec un linge.
Les vernis à l'esprit-de-vin se polissent de mème^ à la réserve qu'on ne frotte pas avec de la poudre de pierre-ponce.
On rafraîchit les couleurs et vernis lorsqu'ils sont couverts de crasse ou de poussière , avec une lessive faite avec de ia potasse ou des cendres gravciécs, que l'on compose de la manière suivante :
Faites tremper dans six litres d'eau de rivière trois livres de potasse et une livre de cendres gravelées, et faites subir à ce mélange un bouillon ou deux dans une marmite de fer. Cette lessive est très- forte et très-pénétrante.
Un quart de litre de cette lessive dans un litre d'eau 9 donne un liquide assez énergique pour dissoudre les crasses qui peuvent se trouver sur une peinture. Il faut bien prendre ses précautions pour étendre cette eau également. Trois ou quatre minutes après ^ on lave la surface à grande eau de rivière 9
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pour emporter les impuretés de la lessive; car, si elle séjournait trop long-temps sur les couleurs , elle finirait par les corroder ^ ainsi que le vernis. Quand la surface est sèche, on donne une ou deux couches de vernis.
On appelle raccorder, Topération par laquelle on donne à une portion de surface la même teinte absolument qu*ont les couleurs qui sont autour. Il faut beaucoup d'art pour que la couleur nouvelle s'accorde parfaitement avec l'ancienne y et qu^elle ne change plus. Pour opérer avec quelque certitude, il faut tâcher de découvrir quelles sont les matières qui composent l'ancienne peinture, et suivant quelle proportion elles ont été combinées entre elles. On composera sa teinte de la même manière « seulement on tiendra le ton un peu plus clair. L'on mettra moins d'huile, parce que les couleurs se ternissent et se dessèchent avec le temps.
Lorsqu'on veut détruire une couleur pour en substituer une autre, le plus sûr en général est de tout enlever, soit que l'on veuille peindre à l'huile une pièce qui Test déjà en détrempe, et réciproquement, soit enfin qu'on veuille substituer une détrempe à une autre détrempe.
Pour détruire tout-à-fait les couleurs et les vernis, il faut imbiber le sujet de lessive, et en étendre plusieurs couches pour qu'elle puisse pénétrer jusqu'à la surface que la peinture recouvre; on lave ensuite et on enlève les couches de couleur avec des grattoirs. Quand le bois qui vient d'être dépouillé est bien sec, on le repeint en suivant les procédés ordinaires.
45o LES SECRETS MODERNES
Si les anciennes teintes ont été données à Thuile^ et si l*on veut en donner une autre du même genre, il suffit de détruire les vernis jusqu^à la couleur. On repeint avec des matières broyées à Thuile et détrempées à l'essence 9 puis on applique deux ou trois couches de vernis. Nous dirons qu'il faut détremper ces nouvelles couleurs à l'essence, car si on les employait à l'huile 9 elles donneraient une odeur désagréable; mais en employant de l'essence, la nouvelle peinture n'a pas plus d'odeur que si elle avait été appliquée sur un lambris neuf, parce que l'essence 8*évapore facilement par l'efTet du vernis dont on couvre les couleurs.
6"* De ('emploi des couleurs au vernis.
Avec du vernis à l'esprit-de-vin ou à l'huile grasse, on fait des teintes presque aussi belles que celles qu'on obtient en détrempe , vernie^ polie : à la vérité elles n'ont pas la durée de la peinture à l'huile , polie ; néanmoins elles ont assez de consistance pour qu'on puisse en Jouir pendant un espace de temps considérable. Cette façon de peindre est un peu plus coûteuse que les deux autres, parce qu'elle exige un emploi considérable de vernis : elle est d'ailleurs plus difficile à exécuter, parce que, le vernis séchant promptement, on n'a pas le temps d'étendre la couche aussi également qu'on le désirerait; ce qui fait que les teintes varient souvent entre elles, surtout si la surface que l'on peint ainsi est d'une étendue considérable; mais aussi à prine a-t-on le temps de désirer : point d'inconvénicns, point d'incommodités à craindre.
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L*on peint au vernis des lambris d*apparteniens , des meubles, etc.
Les encollages et les blancs d'apprêt étant appli* qués, on prend deux onces de couleur que Ton délaie dans un quart de litre de vernis , et Ton donne une première coucbe sur le blanc d'apprêt ; pour la seconde couche , on met seulement une once de couleur dans une même quantité de vernis. Enfin, la troisième couche se compose d'une demi- once de couleur, toujours dans un quart de litre de vernis*
On a soin de frotter chacune de ces couches, lorsqu'elle est sèche , avec un morceau de toile neuve et rude. Comme les couleurs au vernis sèchent trèsrapidement, on peut donner les trois couches eu un jour. Pour donner à Touvrage plus de brillant, on pose une quatrième couche, dosée comme la troisième ; on peut aussi la donner au vernis pur.