DES ABT8 ET METIERS
oant avec les principes (|u'il contient ; ou bien qui étant colorés de leur nature , perdent cette couleur quand on les étend sur le bois, et lui en procurent une autre; cette méthode a été la moins étudiée^ ellô est par conséquent la moins connue : cest cependant celle qui est susceptible de donner les meilleurs ré^ suitatfl ; 3. en laissant au bois sa couleur naturelle, et' la couvrant seulement de vernis colorés selon lef mianceii que 1 on veut produire ; cette troisième ma* nière est rarement mise en pratique.
Examinons d'abord la première manière 9 qu'ott peut à proprement parler appeler teinture»
Le rouge est le plus communément mis en usage; le goût dé Tacajou ayant dominé, il est naturel qu'on, ait fréquemmecit tenté de l'imiter. Les bois qui par leur texture et par leur composiiion chimique se prêtent le mieux à la coloration en rouge imitant l'acajou, sont le noyer qui a le grain et le pointillé du mahogany : convenablement traité, l'imitation est parfaite, au chatoiement près; mais tous les acajous n'en jouissent pas eux-mêmes , et dépend presque constamment du sens dans lequel les billes ont étt débitées. L*érable, le hêtre, le merisier qui,parfoia| chatoie; le cerisier, le guignier, le maronnier, le grisard, prennent bien aussi la teinture.
Pour la plupart des teintures, il est prudent, avant d'étendre la couleur sur ,les bois ou de les plonger.' dans le bain, de les préparer à cette opération en les mettant tremper dans l'eau de chaux; pour le mérU sier et quelques autres bois de cette nature, c*esl même une nécessité absolue. Après ce bain de-chauz» il faut laisser sécher les t>olB et les brosser forteoDtQii
l56 tBS SECllETS VODEBHES
Certaios bois, par celte seule opération, reçoivent déjà une teinte plus fon'îée, mais dans tous les cas ils deviennent bien plus aptes à recevoir ultérieurement la teinture. Celte immersion préparatoire des boi» peut être remplacée, et doit de nécessité l'être pour certains bois, par un trempage dans le vinaigre t ou dans de Teau alunéé, ou dans de Tacide sulfuriqud très-étendu d'eau, ou môme dans Feau seconde fai» ble. Le gaz hydrogène sulfuré (acide hydrosulfuri» que) facilite aussi Topéralion en faisant pénétrer la couleur très-avant dans les bois les plus compactes^ C'est pourquoi dans les préparations à la teinture en noir on emploie avec avantage le sulfure d*arsenio mêlé à deux parties de chaux vive, sur lequel ou verst environ huit parties d*eau bouillante.
Rocou.
De toutes les teintures en rouge, c'est l'emploi du rocou qui est le plus simple ^ et c'est la teinture la plus usitée. Le rocou se trouve tout préparé dans le commerce, en pâte consistante. On le traite par l'eau bouillante pour le diviser. On met dans le bain plu» ou moins de matière colorante, suivant la nuance qu'on désire. Cette couleur bien employée produit dans le bois une teinte rouge jau&àtre qui paraU bien naturelle. i
Garance*
Oa la prend en poudre et on la fait infuser daaa " mu médiocrement cbaûde» pas bouillante. Le bolpp
DfiS ARTS ET liETlfeBS iS^
avant d'être plongé dans le h-iln de garance^ doit être alucé.
Orcanette,
Oo fait chauffer de riiuiie de lin, et oti y jefte des pÎDOées d'orcanette, plus ou moins, suivant la teinto désirée^ il ne faut pas que Thuile soit très-cliaude. Celte couleur s'étend au pinceau, et u'e&ige dans le bois aucune préparation.
Orseille*
Colore en ronge violet ou en rouge éclatant selonles préparations. Le bain de Icint'ire i^e fait à Teau simplement tiède : hi Ton dé.sire la teinter violette, il faut au bain joindre un neiJe; pour |e rouge vif, il faut remplacer Tacide par un alcali. Dans un cas comme dans faulre, le bois doit avoir préalablement été aluné. Si Ton veut obtenir un rouge brillant, on verse dans le baiu de la dissolution de sel dY*tain en petite quantité.
Bois de campèche*
Teint en rouge, lorsqu'on fait macérer les bois dans Teau bouillante, dans laquelle on amis du campécho réduit en poudre, ou «implemeut en nicpus copeaux, on obtient des nuances plus on moins foncées sui- Yant les quantités de campéche employées. Les teintes peuvent varier en ajoutant au bain de campéche diverses autres matières colorantes.
iSS LES MGMET8 MOttEAlU
Bois de Brésil.
Ce bois donne une très-belle teinture si on le fait bouillir pendant deux heures environ dans une quantité d'eau eu rapport avec la teinte qu'on veut obtenir : la proportion ordinairs est en poids^ râpure ou copeaux de bois de Brésil, i ; eau, ip. On variétés teintes, savoir : en poupre^ en y adjoignant le bois de Gampéche à là quantité d*un tiers, et lorsque le bois a été téral et est bien sec, en le mouillant légèrement avec de leau dans laquelle on aura fait dissoudre un peu de perlasse ; les proportions de ce dernier bain «ont 5 4 grammes de perlasse pour un litre d'eau* Après avoir appliqué cette dissolution, on attendra qu'elle ait produit son effet avant que d'en appliquer une seconde; car elle pourrait foncer beaucoup trop la nuance, si l'iipplicution n'était pas modérée» et la couleur pourpre étant dépassée ne pourrait plus être rétablie. Pour avoir la teinte rose par le bois de Bré* sii, on fait entrer dans la décoction, de l'ammoniaque. Ou laisse infuser le bois dans ce baîu pendant au moins quarante-huit heures ; on tire au clair, puis on fait chauffer la liqueur jusqa'à Tébuliition ; on étend sur le bois à teindre^ ou mieux on immerge si cela est praticable. Lorsque le bois a été teint de cette manière, et avant qu'il ait séché, on le mouille avec une eau alunéc. Ainsi faite, la nuance sera d'un rose très- foncé ; mais on peut adoucir la teinte et la i>endre de plus en plus tendre eu forçant les doses de vJasse ei d'alaa.
1^8 AAT8 ET METIEBS. 1^
DébouilU de laine écartate.
On nomme aiusi im3 teinture que l'on fait au moyen de rognures de laine teinte en écarlate. On fait bouillir un kilogramme de ces rognures dans huit litres d*cau; le seul soin à prendre est d'observer Tinstant où la laine a déchargé sa couleur, et de cesser Tébullîtiou h celte époque, -passé laquelle la laine reprendrait cette même couleur. Ce bain colore les bois en très-beau rouge.
BteU'iournesoL
• Pour faire ce bain, on suivra, en grlEind comme en
petit, les indications qui suivent : éteindre une poignée de chaux dant un litre d'eau, et ajouter deux hectogrammes de tournesol; faire bouillir pendant ane heure environ. Etendre, cette liqueur sur le bols en plusieurs couches successives selon la teinte plus ou moins foncée que Ton pourra désirer.
BUu par le bols de campêche.
Dosage : 25o grammes de râpure de campêche par litre d*eau employée, et un peu d'oxide de cuivre. On laisse bouillir pendant une heure. Il faut répéter les immersions du bois dans ce bain. Cette teinture bleue est peu stable, elle est sujette à tourner au verdàtre à la longue.
îndigo.
On bi oie l'indigo le plus finement ço«a\\A&>^^Q\i^
l40 LB8 8EGBET8 MODBEMI^
expose au soleil ou à une chaleur douce do t>ain de sable, de Tacide. sulfurique conceulré ; dans cet acide on projette de \§ poudre d*indîgo jusqu'à consistance de boniUio; on remue pendant quelque temps; et enfin on laisse le vaisseau exposé à la chaleur de l'eau bouillante pendant plusieurs heures ; la quantité qui forme le mélange doit être ddns cette proportion , acide sulfurique 8^ Indigo i. Après que le vase aura été retiré du feu, et bien complètement refroidi, ajouter autant do potasse en poudre qu*il aura tté employé d'indigo ; on mêle bien le tout, et on laisse reposer un jour ou deux. Pour se servir de cette matière on la délaie dans l'eau afin de Tamener à la nuance que Ton désire : employée sans eau elle serait trop foucée , et d^ailleurs altérerait le bois. Mettre le bois infuser dans la dissolution, qui le pénètre assez profondément, surtout si le tissu du bois n'est pas très-compacte. Mais celte teinture n'agit que lente* ment.
Dissolution de cuivre.
Etendez sur le bois une dissolution de cuivre rouge dans l'acide nitrique , puis ensuite mouillez plusieurs fois successivement avec une dissolution d'alcali. Cette couleur est peu durable.
De ta teinture des bois en jaune»
Diverses substances sont susceptibles de teindre les
bois en jaune : la gaudc, la graine d'Avignon, le bois
' ,. /âUBCf le quercitrouj le curcuma, le fustet, la gomme
DfiS ARTS ET HériBAS. l4l
gutte, etc. Ce qui vient d'être dît pour les autres teintes est applicable à la teinture en jaune. On obtient les jaunes des nuances désirées, 8oit en mêlant ensemble deux ou un plus grand nombre des substances, soît en étendant d*eaù plus ou moins les décoctions, soit cndn en multipliant davantage les couches au pince.iu ou'les immersions. La gomme-gutte ne 8*applique pas à i'eau/elle doit être dissoute dans Tessence de térébenthine ; le rocou, pour donner la nuance rouge-jaune, doit être mis sur le feu et fait bouillir pendant un quart*d*heure avec de la bonno potasse, à poids égal des deux ingrédiens; quant à la teinture degaude, elle sera beaucoup plus belle si ou ajoute dans le bain un peud'oxide de cuivre ; enfin le baiîi de bois jaune sera d'une meilleure couleur par l'addition d^une petite quantité de collé de gants ou même de colle forte ordinaire. On donne promptement une teinte jaune aux bois en répandant dessus de Tacide nitrique étendu de beaucoup d'eau.
Teinture des bois en verU
La meilleure manière d'opérer est d'^fouter de Tépine-vînette à la dissolution de pastel , de tourne- «ol du d'indigo. On aura également une belle teinture Tcrte sur bois en faisant dissoudre du vert*de-gris flr.cment pulvérisé dans du très-fort vinaigre : ônj ajoutera du sulfate de fer, et Voh fera bouillir le tout éleodu de deux litres d'eau par livre de matière, pendant un ^ûart-d'heure.
En général) les verts, comme \ea aM\te« ^<^>q\^^\%^
l49 LES SBCaBTS HODEBIHES
peuvent se modifier en proportionnant les couleiirt constituantes à la teinte désirée >
Teinture des bois en noir*
On fera bouillir du campéche dans Teau, et lors* qu'elle aura pris une teinle violette ^ on y mettra uo peu d*alun. On étendra cette décoction surle bois pendant qu*elle est chaude. Le bois se trouvera coloré en violet. Alors on fera sur tfn feu doux. Infuser de la tournure ou de la limaille de fer dans du vinaigre : on fera bien d'y ajouter un peu de sel marin. Le bois, après avoir reçu cette deuxième application, sera d*un noir foncé ; on peut d'ailleurs foncer la teinte , en recommençant avec une couche deci^mpéche, puis une couche de la dissolution de fer dans le vi« naîgre, et ainsi de suite alternativement.
La deuxième manière de colorer les bois consiste à les humecter avec un acide qui fonce et rehausse leur couleur naturelle 5 et quelquefois même la change totalement^ ou leur en donne une telle qu'on peut la désirer.
Les acides jusqu'actuellement essayés avec le plus de succès, sont : lacide nîfrl(|ue^ Tacide acétique et Tacide pyroliqueux. Les loupes de frêne, dVrable^ d*aulne, de buis, et certains bois moirés et ronceus reçoivent, dés acides, un aspect tout différent de.celui vqu*ils avaient primitivement. Partout où le bois se présente sur bout, dans le tissu spongieux qui sépare les couches concentriques, facide. pénètre plus pro« fondement, tandis qu'il laisse dans leur teinte natu* relie les eniroits durs qu'il n'attaque que faiblement.
1>B8 AATS Et MÉTIEBS. l43
Il Boffît, pour les bupes d*aulne et de frêne blanc, de les humecter avec du fort vinaigre, ou avec de Tacide nitrique très* faible, pour leur communiquer une feinte verdâtre qui n'est pas sans agrément. En généra] il faut éviter les teinles foncées, qui finissent près* que toujours par noircir complètement.
Quapt au troisième moyen de coloration des bois« qui consiste i les couvrir de vernis de diverses nuan« cesy on n'en- dira rien ici, parce que dans le fait ce D^est pas une vraie teinture»
COPIES DES ECRITURES, (multiples),
11 parait que c'est à Franklin qu'on doit les premières tentatives pour reproduire filusleurs épreuves identiques d'un écrit quelconque, sans recourir au procédé Ane copie à la plume. Son procédé, communiqué par lui à Rochon qui la reproduit, dans son mémoire sur Tart typographique, consistait à écrire sur papier doux avec uuAsncre fortement gonamée, qu*on saupoudrait, pendant que récriture était encore fraîche, avec de Féméri ou de la limaille très-fine de foute de fer : puis, renversant le papier bien séché «ur une planche de cuivre rouge ou d*étain, on faisait passer entre les rouleaux d'une forte presse en tailledouce ou d'un laminoir, dont la pression forçait chaque lettre en saillie sur le papier, à se mouler en creux dans le cuivre ou Télain, dont on pouvait alor» tbtenir des épreuves comme on Je fait dune planche gravée en taille-douce.
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Plus récemment Cadet Devatix reproduisît le pro*cédé de Franklin sous une autre forme. Gomme lui, il écrivait avec de Pencre fortement gommée, mais an lieu de saupoudrer récriture avec de Téméri, c'est avec la gomme en poudre qu'il opérait. Lorsque tout était fort sec, il faisait tomber la gomme non attachée ou dissoute dans Pencre de Pécriture» et il restait sur le papier une écriture dont le relief était suf* fisamment prononcé, alors il fixait la feuille ainsi écrite sur une Surface parfaitement unie, telle qu*0D marbre ou le fond d*iine assiette ; ensuite il coulait dessus une couche du métal fusible de Darcet, et se procurait par ce moyen une planche métallique gravée en creux, qui, après le lavage, lui donnait le moyen de tirer des épreuves en taille-douce.
Mais celui qoi le premier a donné unn véritable importance à cet*art, c'est le célèbre Watt, qui, dès l'année 1780 prit à Londres un brevet poui^e procédé qui va Olrc décrit, et dont les prétendues inventions qui, poslérîcin'ement ont été prônées, ne sont que des modiGcations plus ou moins ingénieuses.
L'encre avec laquelle flfcî^înal doit être écrit, se compose des ingrédiens suivants : quatre litres et demi d'eau de source, 680 grammes de noix de galle d'&Iep, 226 gtammes de sulfate de fer, 226 grammes de gomme arabique, 1 13 grammes d'alun de rochei le tout pulvérisé et infuiié , pendant six semaines on deux mois, dans Peau , avec ta précaution de remuer fréquemment le flacon. On filtre ensuite à travers no linge, et Pon tient l'encre bien bouchée pour l'usage*
Lorsque Pécrit à copier est sec, on place surl'écriiùre une feuille de papier mouillé très-mince^ aprèi
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avoir eu la précaution de maintenir celui-oî quelques moméns entre deux étoffes pour lui enlever Thumi* dite superflue. On le pose ensuite sur une planche re* couverte d'une feuille mélallique bien dresi»ée, et on recouvre le tout de plusieurs feuilles de papier snr«-^ montées d'un morceau de drap. Cela fait, on intro^ duit la planche ainsi chargée entre les rouleaux d'une presse en laille-dou^ce» ou sous la platine de tout autre presse puissante, et Ton serre suffisamment pour opérer une juxta-posilioù complète delafeuiile écrite avec la feuille mouillée.
Moins d'une demi-heure suffît pour iqu'une partie de l'encre de l'écrit original s*en détache pour adhérer au papier mouillé; et bien que l'écriture soit renversée sur celui-ci, ou peut la lire dans son sens véritable, sur le revers de la feuille, à cause de sa transparence, rimpression paraissant faite des deux côtés.
Si Ton veut obtenir une épreuve d'un noir plus foncé que celle qui serait donnée par le procédé cidessus, TVatt conseille de mouiller le papier miuce avec le liquide suivant : prenez vinaigre distillé 900 grammes; faites dissoudre aS grammes de sel sédatif de Borax; ajoutez-y ii3 grammes d'écaillos d'huîtres calcinées à blanc, et soigneusement nettoyées de leur croiile brune. Secouez fréquemment le liquide pendant a4 heures, puis laissez -le reposer jusiju*à ce qu'il ait déposé son sédiment. Filtrez la partie limpide à travers le papier non collé dans un vase de verre, et ajoutez-y 67 grammes de la meilleure noix de galle d'Alep bleue, concassée; placez le liquide dans un iieu chaud, secouez -le fréquemui^uv ^^"Gljii. 1
i4fi I.E8 &BGB1ET8 MOBBlirBë
dant a4 heures; filtrez de nouveau par le papier Joseph^ et ajoutez^ après la fiUratioD, nn litre d'eau distillée. Laissez rcpo'^er pendant 24 heures; et filtrez de nouveau^ si le liquide manifeste quelque tendance à déposer encore. Watt ajoute qu*on peut remplacer le vinaigre par tout autre acide 'végétal, la noix de galle par Técorce de chêne ou tota autre astriog^Dt végétal, et enfin toute autre matière susceptible de noircir ou de se colorer fortement avec les sels de fer; enfin on peut remplacer les écailles d*hut très par toute espèce de terre calcaire pure.
On peut préparer d'avance son papier a^ec ce liquide et le lafsser sécher après Tcn avoir mouillé. Lorsqu^on veut 8*en servir, il suffit alors de le mouiller de nouveau avec de l'eau pure.
Le principal peifectionnement qu'on ait apporté au procédé de Watt consiste dans l'emploi d'une bonne encre qu'an a fait concenlierpar Tévaporalion, et à laquelle on a ajouté un peu de sucre.