‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dansChapitre 26 sur 68 · CORNES A LANTERNES · texte numérisé non relu

CORNES A LANTERNES

Moyen de se procurer des feuilles de corne polies^ sans recourir au dressage ni d aucun frottement.

Dans une espèce de cadre ou de virole métalliqxie, de la dimension des feuilles à polir, on place siicct-ssivement des plaques de cuivre d'une ligne d*épaisseur, bien polies des dijox côtés , et les feuilles de €erne qu'on veut polir; les deux plaques de cuivre

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exlrêmestont beaucoup plus épaisses que les autres ^ et la virole peut contenir une douzaine de feuilles'de corne ainsi disposées entre les plaques dé cuivre. Le cadre ainsi diargé est placé sous une presse en Ire des plaques de fer chaudes , et l'on serre fortement. Au lieu d^employer des plaques chaudes, il est préférable de mettre la presse toute chargée dans Teau bouii' lante, et ensuite dans Teau froide. On obtient ainsi des feuilles parfaitement polies^ et sur lesquelles il suiBt de passer un peu de blanc d'Espagne avec la paume de la main ou un tampon de laine, ce qui les fait sécher promplement.

Lorsqu'on veut avoir des feuilles de dimensions plus grandes que celles données naturellement par la corne de ranimai, il faut réunir ensemble plusieurs morceaux, au moyen d'une opération qui ■ prend le nom de soudage, bien qu'il ne faille pas ^ comme dans la soudure ordinaire des métaux, employer de corps étrangers. On fait bouillir les feuilles de corne, maintenues entre des tasseaux de bois, afin qu'elles ne se courbent pas, puis on les- laisse refroidir avant de desserrer les tasseaux. On taille en biseau les par* ties qui doivent se joindre, en se servant à cet effel d'un grattoir à tranchant vif, ayant bien soin de ne pas toucher, avec les doigts ou aucun corps gras, les biseaux ainsi préparés, qu'on snperpose l'un sur l'autre, et qu'on maintient dans cette position en les entourant avec des fils serrés les uns contre les autres, jusqu'à ce que la jonction en soit entièrement recouverte, ou mieux encore avec des bandes de papier jqu'on colle en les croisant, procédé qui offre l'avantage de ne pas laisser d'empreinie 6\tt \i c^tTi^ ^\^V

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la soudure. Les parties à réunir par la toudàre sont ensuite placées entre les palettes chaudes d'une pince cl on les serre dans un étau.- On peut aussi , lorsque les dimensions de la feuille sont grandes, se serrir à'ùne pi'esse et de deux plaques de cuitre convena'blement chauffées» On laisse refroidir le tout, on desserre, et Ton trempe la feuille de corne dans Teau froide. On ragrée alors la soudure avec un grattoir à tranchant bien vif, ayant soin dé ne faire mouvoir d*abord cet outil que dans le sens de la fe<iîlte dont le biseau est en-dessus, jusqu*à ce qu'où ait atteint la feuille de dessous ; autrement on risquerait de décoller les deux ()arlie8. Lorsqu'elles sont bien de niveau, le grattoir peut ensuite être promené dans tous les sens. On adoucit ensuite la pièce avec de la pierreponce finement pulvérisée, et on termine le poli avec du tripoli de Venise bien broyé et lavé.^

CoâKEs POUB LiNTERNis fabriquées ovcc la peau du ventre de la seiche dite margaiie,

La margatte est très-commune &ur les cotes de FraucCj uolammeat sur celles de Tancienne Bretagne; on la pèche ordinairement en juillet et août.

Après avoir enlevé la peau du ventre de ce poisson qui a ordinairement l^p^îsscur du doigt, on lave les morceaux obtenus d'abord dans Teaa dé mer, puis &n les laisse (^goutter. Dans cet état, ils front tendres au toucher, excepté dans riulérieur qui a plus de résistance et qui doit former les feuilles. Au bout de quelques jours, quand l'atmosphère est chaude, les Vtfreeauj s*amollisscul ; 'd-ors on Ic^ entasse dans des

barrîqufïs.oii ils peuvent eiveore secouëerver qud<|.Ujt temps.

Pour les façonner, il faut avoir plusieurs cuvea* dans lesquelles on les lave. à l'eâu douce, que Ton a soin de lenouveller jusqu^à ce qu'elle sorte claire. Ce n'est qu'après un parfait lavage que l'on parvient à rendre ces feuillets transparents.

Lorsqu*ils sont devenus bien propres, on les étend

dans une étuvc où on les maintient très-lendus par des crochels en bois ou en fer ; puis on chauffe Tétuva pour faire foudre la graisse; à mesure que cctta graisse diminue, le feuillet s'amincit et devient transparent.

Après que les feuillets ont été ainsi dégraissés, on les met à tremper dans l'eau claire pendant quelques jours; ils s'amollissent; et s'ils contiennent encore quelque graisse , on les remet à l'étuve. On répèle cette opération jusqu'à ce qu'ils soient devenus assez minces Bans être cassans, ce qui s'obtient par lafu'* sion et par l'enlèvement ooinplet de h. graisse.

Les feuillets varient de grandeur selon que l'animal est plus ou moins gros.

Pour les faire cartonner et leur donner un beau poli, on les presse entre des plaques de cuivre bien polies, après les avoir enduits d'un vernis de térébenthine préparé à l'esprit-de-vin.

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