ART
Da Dessin Photosénlqae #
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Procédé par lequel ks objets naturels peuvent êlrt dessinés par eux-mêmes et sans le secours du crayon de l'artiste ;
Paa h. Fox TALBOT ,
membre de la société royale «
(Lecture faile k la SociClé Royale de Londre« , en
Janvier 1839).
lTaà.m\ SUT VexlTa\\. iou-ai «çat VkV^tutu^.
BBft ARTS ET MfrriFRS. ffy
ART DU DESSIN PHOTÛGéNIQUir.
Au milieu de Tespèce de fermentation inlellecluelit <iui disliogue le siècle où noua vivons , avec la rapi-' dite des communications, he nombre et Tactivité des, organes de la presse, rien n*est aussi commun que les questions de priorité* Parmi le grand nombre de^ personnes qui cultivent un art ou une science, la même idée a dû frapper plus d'un cerveau à la fois, et lorsqu'une découverte un peu remarquable en a. été la conséquence, elle Fe trouve fréquemment mûrie en méme-lemps etproclamée sur plusieurs points, différents^ Nous venons d'en voir un nouvel exemple dansTart nop veau qui fait \b sujet de ce mémoire. IL peine à Paris, Ai. Ân^) go avait-il annoncé à TAcadémie des Sciences de France que M. Dàguerre ét^it parvenu à faire rçproduire.à volonté, sur un papier préparé dans ce biit, les dessins de la chambre obs* cure, quVm allemand annonçait dans la Gaztit$ ^ dugsbourg ^ ^VQÎr ^ k la première nouvelle qu'il en avait reçue, découvert le procédé de Tauteur. Mais le principe de dessiner ou reproduire une image au moyen du'nîtrate d'nrgenl avait été appliqué, il y a plus de vingt-cinq ans, par sir H. Davy , tandis que le secret de la découverte. de AK Dàguerre, c'est de fixer sans altération et de conserver l'image produite, ci qoe {'écrivain allemand ne prétend pas avovc ^
ftctuée.
%^6 tËê SICftBTS MOOIEirif
Une concurrence plus redoutable est celle dv M. Talbot. Ce savant se présente» en effets avec une collection considérable de dessins qu'il appelle photo* giniquesy ou produits par la lumière^ faits sous toutes séries de combinaisons variées, et qui sont par euxicênies, et indépendamment de ses allégations dignes d'ailleurs de toute créance, une preuve matérielle du temps écoulé depuis la découverte, faite par lai, d'^on procédé analogue à celui de Al. Daguerl'e.
Dès le printemps de i834, Tauteur eut l'idée d'ap' pliqucr à Tari du dessin la propriété que les chimistes avaient reconnue au nitrate d^argent de se colorer lorsqu'il est en contact avec les rayons violets de la lumière (i). 11 pensa d'abord à.répandro sur une feuille do papier une suffisante quantité de nitrate d'argent, et à mettre ce papier au soleil en plaçatot devant lui un objet donnant une ombre bien définie. Il devait se produire une image qui ressemblerait en quelque manière à l'objet interposé, puisque les parties ombrées du p&pier devaient naturellement rester blar.clics. L'auteur pensait néanmoins ne pouvoir conserver ces dessins que dans un porte-feuille, et devoir se borner à les examiner à la clarté des bougies, car celle du jour devait nécessairement les détruire en noircissant le reste du papier.
(t) Il aélé rêconou rcrcmment par M. Scanlan, qne ce n*e8l qo'eo
contact avec un corps combustible qae le nitrute d^argent noircit ft la
lumière, et quVnrermé aussitôt qu'il est fondu dans un flacon boacbé
. à rémérif il cunicrw, même au soleil, sa couleur blanche. Le contact
, ûë$ doigts ou rcoTcloppc d'un papier qu'on enléTe ensuite, autEUent
'^ûnr lui dqnoer l9 propriété de ikouelc.
DBS AETS ET MBTIEaS. .Ij{^
Les preaiiers essais de rauteur ayant modifié ses idées et ouvert uu bien pliis large champ à ses espé** rances, il voulut counaitre s*il avait élé prévenu, et si les archives de la science contenaient quelques données sur de semblables travaux. 11 en tiouva^mais de très-vagues; la méthode avait élé tenléc, mais il ne paraissait pas que personne eut suî\î Tidce bien loin^
La mention la plus explicite du fait qirait pu découvrir iM. Talboty est à la page 170 du premier valiime du journal de Tlnstitutiou Royale, dans laquoUc on lit que Tidéefut mise en avant par M. W'edgwood, et qu*une longue suite d^expéricnces faites par lui et sir H. Davy n'eut pas une heureuse issue. Voici comment s*exprimc à, co sujet Tillustre chimiste, dont U nom rappelle tant d'autres brillantes découvertes.
f La copie d'un dessin, dès qu'elle est obtenuci doit se conserver dans un lieu obscur. On peut bien l'examiner à l'ombre, mais ce ne doit être que pour peu de temps. Aucun essai entrepris pour enipêchcr les parties incolores de noircir à la lumière, n'a pu réussir. On les a couvertes d'une couche do vernis blanc, mais cela n'a pas détruit leur pouvoir de colo* ration. Lorsqu'on fait passer les rayons du soleil au travers d'une gravurd sur du papier préparé, les parties blanches sont lentement copiées, mais la lumîèro traiismibe par les parties d.versemcnt ombrées est rarement assez nette pour donner à la copie la rcsscm- Uance que produiraient des intensités différentes de teintes.
• Les images produites par la chambre obscura . ^ •rtété trouvées trop indistinctes sur Ve uvui^^ ^^vt^
l80 IiES BIGSiTS HODBERU
genïy pour former un dessin même dans un temps assez prolongé. Copier ces images a été le principal objet de M. Wêdgwood, mais toutes ses nombreuses expériences n'ont pu réussir. »
Il y avait de quoi être découragé» en voyant l'illustre maître déclarer ainsi riûsuccès complet de ses propres recherches, et M. Talbot avoue qu'il aurait abandonné lui-même cette poursuite comme chîmé*' rique, s'il n'était parvenu à fixer l'image produite par l'effet de la lumière» de manière à la garantir de toute détérioration j avant que d'avoir eu connaissance de Tcspëce d'impossibilité d'y parvenir qu'avdit cru entrevoir sfr H. Davy.
Il continura donc ses expériences» et eut lieu d'être surpris du nombre considérable d'effets divers que peut produire Temploi de procédés légèrement modifiés» et du temps souvent considérable qu*exige leur entière manifestation. Ainsi, des images de cetto nature, qui semblaient très-bien conservées à l'expiration d'une année, se sont pourtant un peu altérées dans le courant de l'année suivante. Aussi crut-ll nécessaire de ne point se hâter de faire connaître son procédé 9 et de s'assurer par un examen assidu si le temps n'avait pas une influence lente mais certaine sur les dessins photogéniques, et s'ils ne devenaient pas ainsi graduellement et uniformément -colorés. Une expérience de cinq années lui parait suffisante pour ôter toute inquiétude de cette nature, et il a conservé, pendont tout cet espace de temps» un asseï grand nombre de ces dessins sans qu'ils aient éprouvé d'altérations, pour oser compter sur lesoooaiùawas çu'il a tirées de ses eipériencet.
BBS AETS BT BUSTIBBfi. iSl
Les images obtenues sur le papier préparé au nitrate d'argent sont blanches par elles-mêmes^ mais le fond sur lequel on les obtient est diversement et agréablement coloré.
Telle est la variété dont le procédé est susceptible , qu'en changeant seulement les proportions et quelques détails de manipulation, on peut aisément obtenir les couleurs suivantes : bleu de ciel^ jaune, rose, bran de diverses nuances^ noir.
Le vert seul manque, à l'exception d*une teinte foncée approchant du noir. La variété bleue est d'un charmant effet, assez semblable à celui des figures blanches sur un fond bleu, que présentent certaines poteries de Wedgwood. Cette variété d'ailleurs se eonserve d'elle-même et peut se garder dans un porte* feuille^ toutes ces nuances sont des combinaisons chimiques différentes, mais que les chimistes n'ont pas jusqu'ici suffisamment distinguées.
Les premiers objets auxquels l'auteur appliqua son procédé, furent les plantes de son herbier ou des plantas fraiches, qu'il parvint à représenter également bien avec les nervures des feuilles, les poils des diverses parties du végétal, etc. y etc.
L'idée de travail s'attache naturellement à un effet d'exécution très-minutieux et complet, et il semble bien plus difficile de rendre par le dessin les mille fleurs d'un agroslis avec leurs^oils capillaires, cha- •nne d'eiles pourvue d'un calice bifide que Ton ne pent voir qu'à la loupe, qu'une large et simple feuille deehtae ou de châtaignier. Mais par le procédé pho-> togéniquet l'un ne coûte pas plus de peine ni de lampe qne l'autre, et Tezacte reprësenlavlou ^ \»^'
tin Ltê 8EGECT8 ItODEBHtS
les deux 8e retrace par la puissance saos limites de la chimie naturelle 9 dans le même espace de quel-^ que/; secondes.
Pour donner une idée de rexàctitude minutieuse d6 rimitiitiou, M. Talbot raconte qu*ayant reçu l'image d^une dentelle d^un dessin assez compliqué, il la montra à plusieurs personnes à la distance d'un mètre, et leur demanda si la ressemblance n'était pat parfuitti. Mais personiie ne voulut croire que ce fût un dessin, et chacun maintînt que c'était la dentelle elie-niéme qu'on lui montrait.
La beauté des images produites par les premiers e8« sais de l'auteur, lut rendait encore plus pénible leur destruction subséquente par l'action continuée de U lumière, et il résolut de tenter de nouveaux efforls dans le but de parvenir à les conserver.
II remarqua que le nitrate d'argent noirci parla lumière n'est plus le même corps chimique qu'il était auparavant. £n conséquence, si uns peinture produite par les royons solaires est ensaile soumise à quelque procédé chimique, il est clair que la partie colorée ei la partie blanche en éprouveront nécessairjment des effets dtÛércnts, et il e.%t probable qu'a^ près une semblable action, les changements ordinal* res produits par la lumière sur le nitrate d'argent ne se feront plus apercevoir, ou tout au moins n'arriveront pa^ h coiifondreTunc avec l'autre les portions colorées avec celles qui ne le sont pis. Les: 'premiers essiis pour trouver la méthode préservative dont U r'agisKair, n'eurent pas de succès ; mais bientôt l'au* It^ur fut assez hèut*éûx pour découvrir n3n seulement tin feulf mais deux qaoyeus d'arriver à ce résultat»
htS ARTS ET IfÈTlftSS. l89
L'un àe»^ deux est plus souvent employé par lut, parce qô^il exige moins de délieatesse dans sont usage. .^
Le changement chimique que l'auteur appelle fffo^' eèdê préservatif est beaucoup plus efficace qu*on n'au*^ rait pu Tattèndre. Le papier qui était auparavant si sensible à la lumière y devient tellement iudilTéront, qiue Tauleura montré à la Société Royale des échan-^ lillons restés complètemeut blancs après Texpositioiir pendant une heure aux rayons d'un soleil ardent.
Ainsi se trouva résolu le merveilleux problème de fixer d'une manière permanente ce qui est proverbiallement le plus fugitif dans la nature, l'ombre elle-* même, cet emblème universel de ce qui est passager. Ainsi l'on reçoit sur le papier une ombre destinée à ne durer qu'un instant, elle s'y fixe, s'y atUche, et ne pent plus même être altérée en la rejettant dans les rayons solaires qui devaient ne la produire que pour nn moment.
Indépendamment de ce procédé conservateur ^ ftl. Talbot a remarqué que dans certaines circonstances dont il lui était impossible de se rendre un compte exact, le papier ordinaire de nitrate d'argent pouvait, le dessin une fois produit^ se conserver sans altération, pourvu quil ne fut pas exposé aux rayons directs du soleil. De sorte que sans qu'on en pût trop démêler la cause, certains dessins se conservaient très-bien pendant une année ou deux, tandis que d^autres devenaient entièrement noirs dans très-peu de temps. Il ignore si, par une élude minutieuse do ces circonstances, Fou 'pourra arrivera se passer du procédé préservatif; mais comme ce ^toeè^^ ^\^
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donner peu de peine et qu*il permet d^ezposer les dessins même à 4a lumière du soleil 9 il est probable que l'on trouvera toujours plus convenable d*y avoir recours. Néanmoins en voyage il pourra être commode au naturaliste d*employer ce papier à durée incertaine, de jeter ainsi une image rapide de Tobjet qu*ît n'aura pas Tintention de conserver et de remettre ce dessin dans son porte-feuille, oii il restera su^ fisamment distinct pour être consultée Le défaut de ce papier est surtout que le fond est en général iné-. galy ce qui n'a pas de conséquence lorsqu'on ne recherche que Futilité et non la beauté ou la correction d'un dessin*
La première application qui se présente à faire de; riogénieux procédé photogéi/iqiie, c'est celle des portraits en silhouette. La méthode ordinaire de suivre à la main l'ombre produite, est sujette à de grandes incertitudes, qui rendent La ressemblance assez difflcite. On ne pourrait imaginer rien de plus net et de plus précis que les portraits en silhouette obtenus sur le papier préparé , au moyen des rayons folaires.
On obtient aussi des dessins très-agréables, en ex* posant du papier préparé aux rayons du soleil qui ont traversé des vitraux peints, en prenant la précaution de noircir la partie du verre non colorée, comme oa le fait poor les lanternes magiques ordinaires. Il faut que lesvîtraux ne contiennent ni jaune ni rouge foncéi car ces couleurs ariêtent les rayons violets de la lumière qui sont les seuls doués de l'action chimique. Le dessin qu'on obtient ainsi ressemble plus peutêtre ^a^aucuD autre à Tœuvre originale de l'artiste.
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C'est dans ces cas>là que Tauteur a retrotivé des ap« parences de couleur, mais il avoue n'avoir pas eu le temps de suivre ces expériences, qui donnaient des indices de variété de tons.
L'auteur vient ensuite à une application fort importante de son procédé reproducteur d^images à celles qui sont formées dans le microscope solaire.
On sait que les objets dont cet admirable instrument nous permet d'examiner les détails, curieux et surprenants qu'ils sont pour nous, sont souvent très compliqués; l'œil peut bien en saisir Tcnsemble, mais ce n'est qu'avec peine que le crayon parvient à rendre ces minutieux détails de la nature dans leur prodigieuse variété. Aussi a-t-on rarement tenté de les reproduire par des dessins ordinaires, et si on l'a fait, ce n'est qu'au prix d'un immense travail.
Mais ne serait-il pas possible de recevoir la peinture surun papier qui en conservât Tempreiote, et de laisser ainsi la nature substituer elle-même son inimitable crayon à celui de l'artiste, rebuté par la difficulté d'un sujet si compliqué?
La première tentative fut sans succès. Après une heure d'exposition à un beau soleil d'une image fort nette sur du papier préparé au nitrate d'argent, aucune trace de dessin ne s'était produite. Mais en variant et étudiant de nouvelles métho^fes de préparer le papier pour le rendre impressionnable aux rayons solaires, M. Talbot parvint après beaucoup d'essais  en découvrir une qui donnait un produit infiniment plus sensible qu'aucun de ceux qu'il avait employés jusqu'alors.
Lorsqu'une feuille de ce papier f^vV W ^^^Ci^<^ «imW
tSO lis SSGEfiTS MODBAHEë
bUj est placée dan» une chambre sombre, et qti*oii y projelte Timage d*uii objet mis dans le champ du microscope polaire, on trouve après uu quart-d*heiire qu'un dessin exact de Timage a été produit. La déper-^ dition de lumière qui en serait la conséquence empêche d'employer de trop forts grossissements. 9J. Talbot en a obtenu cependant de 17 fois la dimension linéaire, soit 289 fois la dimension de sur* face, et même quelques autres de grossissements eoeore plus considérables. Par ce moyen il a conservé avec une parfaite netteté» des cristallisations microscopiques qui n'auraient jamais pu être reproduites par le crayon d'un artislCé
Quoique M. Talbot paraisse loin de penser qu'il soit arrivé à produire le papier le plus sensible qu'il fût possible de préparer, et qu'au contraire, il se persuade qu'il y a encore beaucoup de perfectionnements à y apporter, il est pourtatU arrivé aux résultats suivans :
Si l'on met une feuille de ce papier près d'une fenêtre, non point exposée aux rayons directs du so-* leit, mais au contraire dans un*} direction opposée, le papier commence immé'iiatement à se colorer, aussi si l'on prépare ce papier de jour, il ne faut pas le laisser découvert, m.'iis aussitôt qu'il est Hui, l'enfermer dans une armoire ou un tiroir pour l'y laisser sécher, ou bien le dessécher la nuit à la chaleur du feu. Avant de se servir de ce papier pour dessiner (|uelque objcl, l'auteur l'approche d'ordinaire de la lumière pendant quelques instants, pour lui donner une légère teinte qui lui permet de juger si le fond t3t bien égal. S'i^ nz»i.i»it tel à, la première tpreuve> il
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le sera d'ordinaire aussi d^ms le résultat final. Mais 8*il présente quelque tache qui ne prenne pas la même teinte que le reste, il faut rejeter la feuille, qui, au lieu d'offrir un fond noir uniforme nécessaire à la beauté du dessin, préi>enterait au contraire de larges taches blan'shes, insensibles à la lumière et qui dé* truiraieat l'effet cherché.
Ce papier qui est si sensible à la lumière diffuse» Test encore beaucoup plus aux rayons directs du so<* leil. Telle est la rapidité de l'effet produit, que Ton peut dire que le dessin est achevé en même temps que commencé. En cherchant à se faire une idée exacte de la durée du temps nécessaire dans le cas où l'on emploie les rayons solaires, rauteur, après^ plusieurs essais^ s^est assuré qu*il ne faut pas au-delà d*one demi- seconde pour obtenir une esquisse fort nette des objets à dessiner.
Une des applications dont M. Talbot a retiré leti produits les plus remarquables par leur beauté, c*est l'emploi du papier préparé pour conserver les effets obtenus au moyen de la chambre obscure. Il fut con« duit à essayer cet emploi par le succès qu'il avait Ob'* tenu avec le microscope solaiie. Il construisit uns sorte. de, chambre obscure avec une grande boite» et au moyen d\me bonne leulille « il recevait Timage de. Tautre côté de la boite sur un papier particulière** meot sensible. L'appareil placé au soleil^ vis-à-vi^ d*un bâtiment bien éclairé, fut retiré une heure aprèF, et le papier présenta une C'>pîe fort nette du bâti« oient» dans toutes ses parties qui n'étaient pas dant l'ombre. Après quelques essais , l'auteur s^aperçut qa*U fallait moins de temps et que les Ttoxx\VaXi.ivm»&
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plus parfaits avec de plus petites chambres obscures, et il en construisit plusieurs avec des lentilles à court foyer. Les dessins produits semblent l'ouvrage d*un artiste lilliputien ; ils sont parfaits de détails , mais si petits qu'il faut en quelque sorte les examiner à la loupe. Il s'est attaché à reproduire soua toutes ses faces, dans Tété de i835> la maison de campagne qu'il habite, et dont l'ancienne et remarquable ar** chitecture la rendait susceptible de beaux effets, et il semble se complaire en pensant que cVst la pre^ mière maison qui a fait son propre portrait, H mettait tout autour de rédifice, un certain nombre de chambres obscures, dans chacune desquelles il plaçait un papier préparé qu'il ajustait au foyer de la lentille, et une demi-heure après, il trouvait une représentation en miniature de chaque face du bâtiment, et des objets avoisinants.
Il est clair que ce procédé extrêmement simple, peut être d'un grand secours au voyageur ignorant Tart du dessin, ou à l'artiste lui-même pressé par le temps* En disposant plu^sieurs chambres obscures dans des localités convenables, il rapportera facilement de riches matériaux qu'il pourra plus tard mettre en œuvre, sûr de n'avoir néj^ligé aucun détail.
Des statues et des bas-reliefs éclairés d'une forte lumière, ont également donné à M. Talbot de bonnes représentations au moyen de la chambre obscure.
Enfin, il a (appliqué sa méthode avec succès à copier des dessins, des estampes et même des manuscrits, pour cela, il met l'estampe en contact intime ifvec lépapt^r nréparé, ce dernier étant plaoé du c4lé
DES AETâ BT HiTIEIS. 189
de la gravure. Il faut que la pression soil bien égale et le <îQi>(act parfait pour reproduire nettement les hachures de Torigin al.
£n mettant au soleil cet appareil, les rayons de lumière traversent la gravure partout, excepté là où ils sont arrêtés par les lignes opaques du dessin. Il se produit en conséquence une exacte copie du sujet gravé ou dessiné. Le temps nécessaire pour obtenir un effet complet, varie selon le degré d'épaisseur du papier de l'estampe; mais quelque épais qu'il 8oit| pourvu qu'il laisse passer un pevi de lumière, Ton peut être assuré de réussir. Un papier épais exige environ une demi- heure. L'auteur a copié de cette manière des gravures précieuses très-délicates et compliquées, remplies de petites figures, et chaque détail était rendu avec une icimitablc précision.
L'effet de la copie était fort agréable quoiqu'il fut absolument opposé à celui de l'original, puisqu'il substituait les clairs aux ombres et vice versâ^ mais il était de nature à donner des idées utiles aux artistes sur remploi de l'ombre et de la lumière.
On pourrait craindre que Testampe originale ne fût endommagée par sa pression contre le papier préparé, mais cela n'arrive jamais, pourvu qu'ils soient tous deux complètement secs. Dans le cas même oh quelque tache se serait faite sur la gravure, il est facile de l'enlever par une application chimique qui ne nuit en aucune manière au papier.
L'auteur, après avoir ainsi obtenu une copie parftitement exacte, mais renversée, d'une gravure ou d'un dessin, a voulu faire un pat de plus, ^\. T«^tcydolre Jei clair» et les ombres dans le\iT atxat\%e;c^^xi
igo US 8IGEBTS KODEIRn
primUif; poar cela, il commence par rendre inaltérable au soleil le papier qui contient la copie renversée d'une estampe qu^il veut reproduire absolument semblable à Toriginal ; puis il s'en sert pour obtenir, par le même moyen, avec une autre feuiSie de papier préparé, une seconde copie dans laquelle tes clairs et les ombres renversée de nouveau se retrouvent précisérient comme ils étaient dans le dessin primitif. Ainsi l'on peut reproduire à peu de frais ces gravures antiques et précieuses qui sont recherchées dans les coUections, mais qu*îl ne sérail pas possible de fairs graver de nouveau.
M. Talbot revient, en terminant son mémoire, sur la singularité qu*il a observée dans certains papiers, qui, préparés de manière à être extrêmement sensibles, se trouvent pourtant, à Tessai, n'éprouver aucun changement par Taction du soleil. Quelquefois sur la même feuille, préparée en apparence de la même ma* niëre, se font apercevoir des espaces à lignes bien dé* fînîes, qui restent parfaitement blancs et inaltérable^, tandis que la moindre lumière fait rapidement noircir toutes les parties voisines. Souvent les tâches sont d*un bleu céleste pâle, entourées de lignes d*aii blanc éclatant, que fait encore mieux ressortir U teinte noire de Tespace qui vient immédiatement après. L'opinion de l'auteur est que cette anomalie est due à ce qu'on appelle l'équilibre instable. Parle procédé suivi, l'on doit obtenir l'une ou Tautre de deux combinaisons chimiques définies, et lorsqu*on vient près de la limite qui les sépare, c'est à des circonstances très-peu importante» et difficiles à saisir qu'est due ' de l'une {>\uiôi <\v\^ c^Ue de l'autre.
DBS ÂBT8 ET METlSlS igt
Ce sont des composés à proportion fixes, et léuirs pro* priétés sont fort différentes, comme l'expérience est irenue le prouver.
Telle est en substance la relatipn lue par M. Tàlbot à la Société Royale de Londres, de se» travaux et de ^es résultats. Non plus que M* Daguerre, ou iei lavans qui ont signalé sa découverte, il ne fait connaître explicitemant les procédés qu'il a employés. lise
eontente de les indiquer de manière à mettre facile»
nent sur l\ voie ceux qui voudront répéter ses expériences ; la base est une solution de nitrate d'argent, et il nVstpas difficile d'imaginer l'emploi de réactifr chimiques propres à décomposer ce sel sans toucher à la partie noircie, et à arrêter ainsi, instantanément, l'action de la lumière sur les parties du papier qui doivent conserver leur blancheur. Sans doute pluf d*ua physicien et plus d'un chimiste sont, dans ca moment même, à l'œuvre pour chercher à retrouver les procédés, et répéter ou varier les curieux résultats qu^op annonce.
P. S. Nous allions livrer cet article â CimpresHon^ lorsque nous avons reçu copie (Tune lettre écrite par iH. Ta/- M d M, Chrisiie, et lue le a i février dernier â la Société Royale de Londres.
Dûns cette lettre^ il fait connaître les procédés qu'il a sui" tiSf I. pour préparer le papier photogénique, a. pour y fisêr U dessin d'une manière permanente.
U choisit le meilleur pajiîer à Icllre!^ îlowVV^Xi^
IQS tB8 SECRETS MODBERES
terre offre de si excellentes qualités. Il le plonge dans une solution légère de sel marîn^ essuie de manière à bien faire pénétrer partout le liquide, et, sur un des côtés du papier seulement, il étend une dissolution de nitrate d^argent étenduQ de six à sept fois son poids d'eau, il sèche au feu, et le papier est achevé pour tous les effets ordinaires, l^ne certaine propor* tion des sels donne le maximum de sensibilité au papier. Préparé de cette manière, il est très-bon pour dessiner les plantes. Les rayons du soleil passant au travers des feuilles, dessinent exactement les plus petites ramifications des nervures. Lavé avec une dissolution de sel marin, et séché, ce papier perd une grande partie de sa sensibilité à la lumière, surtout s'il est préparé depuis quelques semaines ; mais si on Timbibe alors d'une nouvelle quantité de.nitrate d'argent, il devient au contraire, beaucoup plus sensible qu*auparavant. C'est en répétant à plusieurs reprises ces lotions alternatives que M. Talbot prépare le papier propre à la chambre obscure. Il y a un point maximum de sensibilité qu'il ne faut pas dépasser, sans quoi le chlorure d'argent formé sur le papier noircirait de lui-même, et sans lumière visible; le papier serait alors trop sensible. Lorsque bon nombre de feuilles sont prêtes, M. Talbot coupe un morceau de chacune d'elles, marque ces morceaux de numéros correspondants , et les expose pendant un quartd'heure à la lumière diffuse : comme il y a toujours des différences individuelles, il choisit les plus sensible» pour les effets les plus déiicais.
AtTf ST HiniBS* ig5
Ponr fixer les images, M. Talbot essaya, t.ins grand soccèsy rammonîaqvie cl d*atitres réactifs. EnVni il trouva, dans le iodure depotasMum en dissciluliou assez élendue pour qu'elle n'attaque pas les parties voisines, un mo^eii de décomposer tout le clilonire d*ar» gent non altéré. Il se forme un iodure tl*drgeiit que n'attaque point la luniîèie même du soleil. On ar* rive par le Idtonnement à la meilleure proportion à employer. Ainsi fixés, les dessins sont beaux et dura* blet.
Une autre méthode est de les tremper dans une solution concentrée de sel marin, qui, comme nous l'avons vu, diminue la sensibilité du papier jusqu'à ,1a détruire tout* à «fait. Au soleil les parties blanches prennent une teinte lilas pâle, et restent ensuite inaltérables. Lès dessins conservés par l'iodure de potas* siam ont quelquefois dans leurs parties blanches une couleur jaune de primevère pâle, couleur q li devient an feu d'un jaune vif de gaii de, pour reprendre sa teinte primiti\e en refroidissant.
On voit que le procédé de M. Tnlbot consiste bi^n & profiter de la piopriété du chlorure d'argent , de noircira la luinière et de rester blane à l'ombre; d'oii il suit que les parties éclairées do pay**ai;e so'it précisément les points obscurs dans son dessin. Haii^ selon nous, cela ne doit guère nuire à l'effet et à la ressemblance, parce que, dans un autre moment du four, les ombres et les clairs doivent se retronver dans la réalité ce qu*ils sont dans la copie. On ob-
IQ4 ^^ «EC&BT8 MOMiVBf
fient ainsi un effet exactement contraire pour la distribution de la himîëre à Félat du paysage au moment oii on le lixe sur le papier y. mais aussi qui sera presque exactement semblable au mtaie paysage peut-6Cre quelques heures après.