‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dansChapitre 36 sur 68 · MU · texte numérisé non relu

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9«^ KftS fneCRETS MODEBK»

11 ne sera ici qnestioD que de l'emploi des êoU in* d'igénes dans rébénisterie; c'est la partie de cet art U moins généralement connue ; et c'est cependant încoutestabiement là plus digne de notre attention.

I..esbois indigènes spécialement propres an placage Hont : la loupe de frêne, la loupe d*aulne, la loupe d*urme, Torme tortillard, la loupe de chêne, la loups d'érable, le houx, Tif, le noyer, la loupe de noyer.

Loupe de frêne,

Kiitré plusieurs variétés on eu distingue troiH principales, dont les caractères sont assez tranchés pour être classés séparément : la loupe blanche^ la rousse^ la hrune. Outre ces trois loupes, il se rencontre beaucoup de bois métis, participant de la nature de deux de ces espèces ou même des trois ; il serait dilEcile de décrire toutes les nuances, leâ trois principales ont droit à fixer Tattention. Certaines contrées produi- Kcnt naturellement des frênes loupés sans que Tari y concourre eu rien, tandis que'OSms d'autres localités les frênes sont tous de droit Hl. Les trois qualité» de loupe que nous venons de signaler se rencontrent quelquefois sur le même arbre. Alors l'arbre entier est loupé, et il n*y «i absolument que les branchei menues qui soient de droit (îl. Dans ce cas la loupe blanche se t'"' ' *'rs à Textérieur de Tarbre; U

loupe ;V *^^ ^^^* ^^ ÏL^wï ; ta loupe

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brune dans lia cOBiir p.ir le bas dn .tronc. Celle 4ernîère ii*a pas fidlurellement celte couleur de cooo que nous lui voyons^ elle ue rucquiert que lorsque le» madriers onl séjourné quelque temps dans doH (Visses remplies d'eau croupie ; si un arbre n^cst pas eiilièrement traversé, c.*est-à*dire s*il conserve dans le cœur des parties fil droit, c'est la loupe blanche qui d'abord se produit, puis la jaune se forme au'do^soqff de la blanche. Le dessin de la loupa blanche est plus frisé que celui de la rousse, et enSn celui-ci plus frisé que celui do la brune; après cet état de t'arbi^e la pourriture se manifeste aucxur, c'est ce qui fait que la ioupe brune est raremenl saine; mais qu'assez ordinairement elle est traversée par des veines pourries assez nombreuses pour s'opposer à ce que celte loupe puisse fournir de grandes feuilles de placage. Aussi est^-il rare qu'elle soit employée dans i'ébénisterie, ce sont les tourneurs qui en font plus volontiers usage, n'ayant pas besoin d*avoir sains et exenipt» de trous des morceaux aussi volumineux. Quant à la ioûpê jaune^ c'est plutôt un frêne tortillard qu'une loupe proprement dite ; néanmoins elle sert dans I'ébénisterie, (quelquefois comme bois de placage , mais le plus souvent comme bois massif; on en fait des bois de chaises et de fauteuils, des pieds de table, etc. , Qsages pour lesquels il faut un bois nerveux et résistant : elle doit sa couleur à l'eau pure.

C'est la loupe blanche qui est éminemment bois d« placage. Aussitôt débitée elle doit être serrée dans un lieu bien sec ; si on la laissait à l'humidité elle jaunirait et. perdrait beaucoup de sa valeur. Une lou^% blanche est ordinairement saine, c'cal v\n«bo\A v^ora^r

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veau encore dans toute sa viguecrr s il n'est pas besoin au surplus ie la laisser sécher plus dHin an ou dixhuit mois avant de l'employer; Une loupe de première qualité est celle doni la couleur est la plus blanche : assez ordinairement il s'y rencontre cependant quelques nœuds roux et des places teintées en bleu clair; ces accidents sont loin d'être des défauts^ si, d'ailleurs , la loupe est d'un petit dessin, bien frisé, bien tigré. Quand une loupe possède tootes ces qualités, il faut s'efforcer de les bien conserver, et ne lui donner artificiellement aucune couleur, SCS teintes naturelles suffisent.

Quand il s*agit de porter une loupe blanche à la scierie, l'ébéuiste doit réfléchir long-temps, et la retourner en tout sens pour voir de quel côté 11 convient de l'attaquer, afin d'avoir les feuilles les plus grandes. Il faut remarquer une chose, c'est que selon qu'on la fera scier, une loupe donnera des feuilles frisées ou flammées. Si Ton tient plus à la beauté du placage qu'à la grandeur des feuilles, il faut toujours que le côté ronceux, noueux, frisé, soit le côté coih serve. On sacrifie dans ce cas le côté flammé. Si la loupe est cubique, ou à peu-près, il y aura deux côtés frisés et quatre flammés ; cet effet a lieu parce qoe dans le côté frisé les nœuds sont coupés transversalement, tandis qu'ils sont coupés suivant leur fil daos les côtés flammés, il faudra donc alors couper toutes les feuilles transversalement afin de les avoir toutes frisées.

Quant à la loupe jaune, peu importe le côté par le^* quel elle est présentée au sciage, parce que c'est pla-«

DBS ▲HTS BT MÊTIBlt* ^Ail

tôt UD bois tortillard qu'un bois loupeua, tt qum iof'f fre le même aspect de tous les côtés.

Si 1-uu voulait- colorer ou teindre^ ce bois^ il fav* draîtuser des moyens qui- ont été indiqués ci-devant à l'article coloration des bois* Mais si Ton veut conserver la couleur naturelle, il faut poncer à Teau, an lait, ou avec le suif : le poncé à l'huile fonce touiours trop la couleur. S'il s'y trouve des crevasses, il y fknt mettre des pièces; c'est une opération - assez «y*licate.

La loupé tTaulm est plus rare,^ on ne la trouve presque jamais toute sciée en placage cbtz les marchands de bois de travail, on l'achète en billes à prix débattu, caria valeur dépend de la finesse du dessin. Gomme la loupe de frèoe, la loupe d*aulne a deux aspects; le frisé et le flammé. Dans l'ébénisterie c'est ce dernier aspect qui est préféré, 11 a dans la loupe d'aulne uu charme qu^il n'a pas dans la loupe de frêne ; les palme» en sont soyeuses et reflètent un peu la himière. La loupe d'aulne n'est jamais blanche^ diverses teintes contribuent à rembellîr , à côté d'ua filet brun m trouve un jaune, ou une vcine'couleur d'acajou; un effet de lumière à côté d'un fond obscur. Dn côté frisé, il est de la nature de ce bois d'être criblé de p0«> tits trous au milieu des nœuds, ce qui nécessite l'emploi d'un grand nombre de chevilles. Aussi, commt nous venons de le dire, est-il rarement employé du côté ronceux. Il ne faut pas croire néanmoins que ces chevilles nuisent à la beauté ni à la. solidité du placage, elles tendent même à augmenter la pre« mière et à assurer la seconde : ces ohevilldsara^éêi figurent des nœuds, d'une couleartraQcliéftrtX^iX«tA;^

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Irant dans le bâlî, elles concourent avec la colle à maintenir le placage; mais elles sont un grand surcroît de travail pour l'ouvrier et rarement Tacheteur consent à lui eu tenir compte.

: On voit peu de grands meubles d'aulne, rarement ces lo opes sont assez considérables pour fournir de grandes feuilles,, elles sont d'ailleurs profondément sillonnées, et sur une loupe épaisse on tire bien rarement vingt feuilles saines ; c'est fort malbeureuz, car cette loupe est bien certainement l'un des plus beaux bois qu'on puisse voir : comme il est souple et lâche de lissu, il n*exige pas des bâtis aussi solides que la loupe de fténe qui jouit d'une grande force de dé* traction.

La loupe (forme.

On confond sous cette dénomination la loupe d'orme réelle et l'orme tortillard : il convient cepeodaut d'en faire la distinelioUir On nomme loupes d'ormes vraies ces bosses, ces protubérances arrondies qui croissent par superfétation sur les vieux ormes; elles sont produites, dans le principe^ soit par la piqûre de certains vers, scit par une maladie de l'arbro par suite de laquelle la suDstance médullaire qui sépare les couches annuelles du bois s*épanche et s*extravase au -dehors; bientôt un nombre considérable de scions prennent nai^^sance sur cette protubérance et contribuent à l'alimenter et à y attirer la sève : ces petites branches s'é'oulfeut mutuellement, aucnne ne peut prendre assez de force pour donner de Técaui9ai.«Bt 4 1^ e^ve épaochéei çt Tétait nornaal peut

DES im £T llàTlER». S&5

à*autaDt moius se rétablir que la sève épanchée recouvre incessamoient cea nouvelles pousses sur. lesquelles de nouvelles ne tardent pas encore à croîtra à chaque nouveau printemps : une écorce épaisse recouvre rensemble,. et la végétation de la loupe se continue régulièrement, c'est une vie particulière entée sur la vie de l'arbre : ainsi se forment ces loupes. Quant à Vorme ioriUlardf c'est rarement à la nature qu'il doit son existence : c'tst la main de rhomme qui le produit. On nomme <^^ar(/^ fies ormes qu'on étéle tous les ans pour les empêcher de s'élever au dessus de certaines limites. L*arbre ainjsi arrêté dans son développement, prend en grosseur l'accroîssement qui lui est refusé en hautieur , et il se forme une succession de trognes impidutées les unes sur les autres; le &ï du bois se trouve contrarié* tortillé en tous sen?, il ne se produit plus aucune bran * che capitale; ce ne sont plu» que de faibles jets qui ht renuuvclleut chaque printemps. Ainsi se forment les ormes toriiUàrds, Le bois en est rouge dans les pi incipaux conduits, un aubiev blanc les sépare det^ conduits voisina, ces alternatives de bois fait et d'aubier sont oause que la pourriture envahit souvenjt l'arbre jusqu'au cœur, et qu'il s'y forme des log;cs qui détruisent l'homogénéité do la masse. L'orme tortillard est beau par ses nuances variées, par son fil contourné, mais il n*est point plein comme Ui loupe, et il. est bicuplus diffîcile des*en procurer des morceaux saii^ d'un certain volume. Sauf cet inconvénient, il offrirait à l'ébéniste une belle matière à grands dessins, de couleurs variées, Irès-propres & la confection des^randu meuhlea. La d\Q\c^\x^ ^^3^

»96 vu SMiCTi MODIim»

avoir rend ces meubles fort chers, et en général oo préfère ceux tirés de la ioupoi encore bien cpie leur eoalenr uniforme et aombre^ et ieur -petit dessin soient moins appropriés à cet emploi. L^orme torlil» lard a encore un autre défaut, c'est que le placage qu'on en fait est sujet à se'lcTer, à se boursoufQer sur le bâti. M aïs si après beaucoup de peine et beaucoup d'atlentîon un ouvrier est parvenu à faire un meuble avec ce bois bien choisi , il a fait une des choses les plus belles qu'on puisse trouver en ébénîsterie.

Les meubles en loupe sont rares également : le placage est criblé de trous, il faut une multitude de ebevilles; mais aussi ces meubles sont solides.

Il y a deux espèces de loupe d'orme. Tune à grands dessins; c'est la plu» commune, la plus propre À fiiire des menblcs ; elle est moins sérieuse dans sa cooleur : Taulrc espèce est tout-à-f»it frisée; elle se rapproche à sy méprendre du bois d'amboisse» et elle peut être employée aux ixièmes usages. Cette loupe est rare, le grain d\i buis en est fin et serré; ce n'est plus le bois chauvreux de l'opuie, mais elle est difficile à po^ lir, en même temps qiie très-agréable à travailler. En ponçant il faut prei^dre les précautions enseignées plus haut à Tocj^asion de la loupe de frêne blan** che, afin dV;vlter de foncer la couleur; car le seul point par lequel la loupe d'orme pèche, c'est par la monotonie de sa teinte rembrunie.

La toupe de chêne n'est point commune on France,

on en trouve cepenrlaut dans quelques Contrées de la

Bretagne et du côté de» Pyrénées ; celle qu'on f-m-

ploie nous vient de Russie, elle arrive eu grandes

femileg roulées ; ceWe lou^e ^t Uès«frisée , à petits

DBS A&T8 ST MinEftS. fif

dessins; ton défaut est d*élre d*uoc nuAoce trop unl*forme; le cbône^ par sa nature, est (rès-fiicile à tb^ lorer par les acides, on peut donc îaclïùtnttWfàM disparaître cet incotivénîent, et donner depiuS'Iiatif*' tons à certaines parties de cette loupe. ' î ' ^

La loupe du chénc au liège a beaucoup de rappoMs avec celle jaune du frêne et elle a sur celle-ci l'avantage de n'être pas pointillée ; c'est un bois peu connu dans rébénislerie, et dont cependant elle pourrait tirer un bien grand parti; car il est plein, ferme, homogène, résistant ; mais peut-être ne pourrait-on pas en trouver assez pour satisfaire aux besoins de la consommation. La loupe dyeuse ou chêne vert, est' moins régulière, elle se rapproche plus de la nature' ilu bois de chêne ; elle se colore très-fuciléineht par^ les acides; elle pourrait aussi^ dans les petits meti^

blés, tenir un rang distingué.

La loupe (Térable, comme la loupe de frêne btâiietiô, présente deux aspects, Tun flammé, Tautre fi'iséf , elfe jouit d\in lustre, d'un brillant que n'a p^s la loupe de frêne; elle est très-susceptible d'être alrtificîeffement colorée parles acides et surtout par l'at/Mb nitrique qui lui donne des tons noirs, fauvei^ ot'*'rdiigè' sombre, qui en relèvent la beauté; cette loupe se trà-' Taille facilement ; elle est l'objet d'une branche de commerce assez considérable. Cependant depuis* qbflf l'Amérique envoie ses belles loupes blanches brgêii- * tées et son érable moucheté^ la louf>e ihdigéno aperdu de sa vogue. Il n'est pas rare de trouver âes érables entièrement loupeux, mais alors, àsVé2 ordt* naîrement du moins, ils sont creux au cœur, l'érà-'^ ble étant no bob liant en même lem^« c^^ \iqlt ^^r

22S LSfl SBCIETS MODCIIIIBS

iQ^peprarlicipede ces qualUés, elle donne un placage fo)idc; employée massive^ elle se prête à toutes le» «najj^s^d^œuvre; sous ce rapport elle est supérieure à. lflij^}fpp.^d*9LVi\nef qui est plus riche.en couleur malf qui a*a pas pour tous les cas oix on veut remployer nidâsive» assea de consistance et d*adliérence aw

Autrefois on oe trouvait le houx que sous taille^ d'arbuste ; mats depuis que le goût des couleurs tendrcs.a prévalu, il a été mis dans le commerce de trèsgross^à billes de ce bois : on en a vu de près d'un

mètre de diamètre»

Le ho jx fournit un placage pleîu et uni. On ne le gardç iaoïais en grume, parce qu'il jaunirait ; il convienl de le faire débiter aussitôt qu'il a un peu sué spu eau de végétation, q.ui est considérable.

.Ji'i/ destiné au placage doit être choisi parmi les niorçeaux rouceux ou noueux. Quant à Tif uni, il ne s'emploie que massif. Il y a des ifs très-gros d'un beau rouge au cœur, et dont le fil est tellement conto»4rii.é qu'il iuiîle assez lorme tortillard par sa conte^tprûji.pQivr la couleur, les accidens de lumière, le lustre, 4c poli qu'il est susceptible de recevoir, l'if n'a point de ivival. Le vernis prend de lui-même sur Tif et s'y conserve plus loug- temps que sur aucun autre bois; mais le placage çn est cassant et sec; s'il a été m^l vernis ses couleurs brillautes pâlissent; il faut donc bçaqcoup de soins, dç savoir^ d'attentiop, pQur.

DIS AITS BT HitlEE»^. %ig

faire un bon meuble en if. L'ouvrier trouve rarement son compté à cette fabrication difficile^ si on la com^ pare an travail de Tacajou qui est si facile.

£# noyer.

Nous entendons parler icfdu no;^er noir^ veiné» que le commerce tire particulièrement de l'Auvergne, el qui est devenu Tobjet d'une spéculation assez import ante. Le beau noyer est, au surplus^ difficile à (rou-^ ver et toujours d^un prix assez élevé. Quant au noyer blanc f on remploie massif. Le noyer fournit de gran* des feuilles de débit, quelquefois bien saines; les veines qui en font la beauté sont disposées de manière qu'il est presque toujours possible, au moyea des raccords, d'en former des dessins assez réguliers.- Fn vieillissant, ce placage prend une teinte fosée qui ajoute encore à sa beauté. Il ne faut ppint essayer do colorer ce bois, naturellement d'une teinte assez foncée, au moyen des acides^ ils y produisent un effet désagréable; mais si on lui donne une légère teinte rose, au moyen d^un peu de terre de Sienne, broyée bien finement et délayée dans Thulle de noix ou rhuile de lin, on peut obtenir absolument l'effet d» r&cajiou.

La ioape de noyer.

Ce n'est que. récemment que ce produit naturel a élé exploité par l'industrie. Les meubles qui en pro* viennent sont vraiment superbes. Fleurie et radiée^ . cette loupe se prête à de& dessins ma^^i(\^^%

grands pour Je meuble ; co n'est point un frisé poin* tillé comme celui de la loupe de frèae,.ce sont des fleurs ou rosaces liées en bouquets par des veines ondulées. Malheureusement cette loupe est encore excessivement rare.

(Voyez Tarticle coloration des boU).

EGAILLE FONDUE.

L'écaîile fondue n'est pas, ainsi que son nom semblerait Tlndiquer, de Técaille qui, amenée à Tétat fluide par la chaleur ou autre moyen quelconque, pourrait é(re versée dans des moules pour y recevoir les formes que Tinduslrie voudrait lui donner. Il ne s'agit en effet que du procédé suivant qui difi%re beaucoup.

On râpe les morceaux d'écaillé trop petiis pour ser*. vir à la fabrication dans leur état naturel, on rassem* ble les ràpures, et les déchets résultants de la préparation des soudures d'écaillé en plaque, et on les met un peu humides dans un moule cylindrique en cuivre, dans lequel entre exactement et à frottement un noyau de cuivre ou piston sur lequel s'exerce l'action de la presse, lorsque lo moule y a élé placé entre des plaques de fer chauffées. L'élévation de température qu'y éprouvent les râpures d'écaillé mouillées les ramollit et les fait se prendre en une masse compacte que la pression graduelle de ta presse, à mesure dn ramollissement, rend de plus en plus dense. Après réiroidi^semcnt de tonte la masse, soit en la tenatit

DIS ABTS ET METIERS. a3f

exposée à Tair libre , soit en la plongeant dans Peaa froide, la galette d'écaille ainsi obtenue est rapée de nouveau ayec ane râpe plus fine, remise dans le moule et traitée de la môme manière que la première fois. Cette opération se répète plus ou moins suiyant le degré de finesse qu'on veut donner à Técaille fondue. Lorsqu'on a atteint le degré jugé convenable, on tamise les râpures et Ton tient séparées chaque natare de gi'osseurs. On prépare également de la même manière la .cornet et ses râpures entrent près» que toujours dans li fabrication des objets vendus comme écaille fondue; cette addition contribue même à la souplesse et à l'élasticité de ce produit qui, naturellement, serait trop cassant, et ne diminue pas son éelat extérieur sensiblement quand la proportion de corne n'est pas trop grande : l'écaille fondue ne jouissant d'aucune transparence, assez peu importe la matière qui j est interposée.

Pour mettre en œuvre cette écaille fondue, on en moule d'abord des plaques plus ou moins épaisses , suivant le besoin, et dans lesquelles on découpe ensuite les diverses parties qui, étant réunies et soudées, fourniront un couvercle on un fond de boîte, etc. Ces plaques sont moulées, et pour économiser la matière, voici comme on procède :

On saupoudre le fond du moule avec de la râpure d'écaille très -fine, puis on y interpose une poudre qui l'est moins, puis enfin de la râpure de corne. Si les deux côtés de la plaqtie doivent être vus dans l'ob* jet à confectionner, on met par-dessus la couche de râpure de corne, de la râpure moyenne ^'écaille 9^- ; par-dessuf le tout de la i apure ttte-^Q\ «)»xk t^««^^

»39 LftS 8ECKST8 M0I>fiAXft9.

la plaque d*uoe 'pièce de cuivre qui doit entrer exactement et à froltemeut daus le moule, et Ton dispote sur cette pièce une nouvelle plaque d'écaillé, en surperposant ainsi successivement des couches de râpure de corne et d'écaiUe. On peut faire entrer jos* qu*à dix plaques dans le même ajoute à la fois , en interposant toujours une pièce de cuivre entre chacune d'elles.

On fait avec cette écaille dite fondue^ une foule d'objets fort élégants d*uu beau noir de jais et d'un poli parfait* Ce poli s'obtient sur toute espèce d'écallle naturelle ou fondue, au moyen d*un frottement prolongé avec de la pierre-ponce très-fine, du tripoli employé d'abord à l'état humide et ensuite à sec ; pour les objets porlaut des bas- reliefs ou des dessins guillochés, ou ne polit pas de l x même ma-^ nière; ici le poli s*obtient par l'emploi d'une ràpure excessivement fine et par des moules dont les surfaces jouissent elles-mêmes d'un poli parfait*

Des incrustations sur écaille^

Ce mode d'incrustation s'exécute comme suit : on prend du fil d'or, ou simplement de cuivre doré, que Ton contourne à l'aide de pinces de manière à pro* duire un fragment du dessin qu*on a en vu. Ce frag* ment s^applique sur l'écaillé, au moyen d'une légère eouche de gomme adragant. On dispose successive* Mient autour ou à càié les autres fragments du dessir^ dans lequel entrent souvent de petites plaquettes d*une nacre très-mince naturellement et amincie çiJCQfe par Vadïof} de la meule; c'est ce qu'on désir

tts Arts et uetibb^ %i%

gne généralement sons le nom de burgos^ et dont les teintes et les reflets sont beaucoup plus vifs et plus variés que ceux de la grande nacre ordinaire. Lorsqu'il 8*agit de lignes droites un peu longues, on creuse ordinairement un sillon dans Técaille, à l'aide d*un burin , pour y loger le fil métallique, dont sans cette précaution il serait difficile d^cmpécher le dérangement. Lorsque le dessin est terminé^ on remet la pièce dans le moule où elle a été fabriquée, et au moyen d*une forte pression, aidée de la chaleuri ou fait pénétrer dans Técaille ramollie tous les fils métalliques ou les pièces de burgos qui forment le dessin et qui s'y trouvent désormais solidement incrustés et retenus par la contraction que subit Técaile en se refroidissant.

On fait encore quelquefois usage d'une autre e^ pèce d'incrustation dont les ingénieux procédés produisent de charmants cflets. Dans un premit^r moulage, soit en écaille fondue, soit en écaille naturellci l'écaille reçoit du moule des empreintes profondes, formant divers dessins. On introduit ensuite dans ces sillons de la râpure d'écaille colorée, €t très-fine, qu'on y entatfse fortement, puis on essuie bien tonls la surface, de manière qu'il n'y reste de râpure colo« rée que dans les sillons. On remet la pièce dans un autre moule e\ictement des mêmes dimensions, et portant, &oit un giUochés, soit des dessins en relief» qui se raccordent parfaitement avec ceux qu'a pro-^ duits le premier moule. Il résulte de ce second motK lage des dessins d'une autre couleur que le fonds, et qui produisent des effets étonnants. Quant à la colofatiQode la râpure d'écaillé^ il suffît pour la \;rQduÂx%v

^Sd LES SECRETS MODBSHES

?eati> au contraire, change considérablemeni i ei devient même quelquefois noir. L'ioiportauee de ce fak^esllrès-grande^ si Ton observe qu'eosuîle il devient impossible de peindre sur le verre rouge nou* veauy puisque la chaleur nécessaiie pour y faire fondre les couleurs i*altérerait. Pour obvier à cet inconvénient, on a recours à Tartifice suivant : on peint sur du verre rouge ordinaire la nuance que le fond exige, et on applique ensuite par-dessus le verre rouge, de oianiërQ que la peinture dans ce cas con« siste en deux plaques.

L*auteur de ce mémoire fait observer que le corps avec lequel les anciens verriers coloraient leur verre icn rouge était le proloxide de enivre; cependant Tajialyse qu'en a faite Coopcr lui a fourni aussi un précipité abondant de chlorure d'argent ( lune cornée }.

On croit ordinairement, et Cooper admet, que le cuivre fournil le verre dans la peinture sur émail. Cette indication est juste pour ce qui regarde les productions obtenues avant M. Ch. Muss, qui employait, lui aussi, Toxide de chrome pour se procurer les verts, et qui éloignait eiiticrement le cuivre. C'est ainsi que dans la préparation des couleurs sur émail, je n'emploie ni fer, ni manganèse. Coopcr re-^ marque que les nouveaux procédés suivis dans lei différentes verreries ne sont aucunement sufilsauts et complets. Or, on p. ut admettre avec justesse que cette observation s'applique également à Tart si beau et si intéressant de Li peinture sur émail. Ceux qui ont écrit sur Tart de rémailieur confondent la pein- ^ureiur éaaail avec celle kw verre ou 8;;r porcelaine |

t>£b A&TS Et JlETiEES. aSf

quoique ces trois arts soient aussi difTérents que leurs produits : (des vitraux peîats, un vase richemet^i orné et une belle peinture sur émail.)

L*émail est une substance qui a pour base un verre blanc et parfaitement transparent. Si à cettJ base on aîoute une petite. quantité d'oxided'or, de cuivre, de cobalt ou d'autres métaux, il fournit un émail coloré tratisparent. C'est cet émail que Ton applique sur l'argent, Tor, et dont on se sert pour rcmbelllssement des tabatières, pendules et autres articles analogues, avant rapplicatioii de l'émail, on grave dans le métal plusieurs dessins qui, par la réflexion de la lumière, produisent de si beaux effets. Quelquefois ces pièce^^ de bijouterie émaillées sont en outre ornées de portraits qve Ton place sur un fond Iransparent, derrière lequel se trouve de Tor gravé, lequel répand ensuite sur Timage un reflet considérable. L'effet le plus beau que, dans ce cas, l'on puisse obtenir, est celui que les émalllours nomment opaU^ On communique la couleur laiteuse à cet émail au moyen de roxided^àrsonio.

Si à ce dernier on ajoute de l'oxide d*étain ou d'antimoine, il en résulte un émail opaque. J'ai pré* paré avec de l'oxide d'antimuinc un émail qui était plus blaric que les produits des fabriques étrangères, et qui possédait à un haut degré Taspect de la cire, ce \u\ danS; le temps a été si rjBcherché pour la. fabricao tionr dés -cadrans do montres. Cependant la subs^ lafiéè'AlifqiiellcVéïiiair doft ôrxïiàîiltemçxa %^ c«^-

l38 LES SBCftiTS MOOBIHIS

leur blanche el son opacité» est Toxide d*é« tain (i).

On peut dire qu*en fait de conlenrs sur émail, nos devanciers étaient d*une extrême pauvreté; mais heureusement les découvertes de la chimie moderne nous ont offert des matériaux suffisants pour sortir de cet embarras. Parmi les métaux qoi^ il y a peu de temps encore, n'étaient connus que des ohimistesy et qui étaient considérés comme de simples objets de curiosité, la platine, rurane^le chrome, seront maintenant préparés pour la palette du peintre émailleur. Avant fiotroduction de Toxide de platine, faite par H. Muss, on ne connaissait pas de brun sur émail d'une intensité suifisante, et s'il arrivait qu'à l'aide de certains mélanges on parvint à obtenir cette teinte, elle changeait infailliblement lorsqu'on l'exposait de nouveau au feu, elle devenait plus foncée, et prenait Taspect de Targile. Au contraire l'oxide de platine fournit sur émail un beau brun, indestructible, transparent, et qui n'éprouve aucun changement par le feu.

Cooper a observé qu'avec Toxide noir de platine, on pouvait obtenir un noir très-inteux, propre à la peinture sur émail. J'ai fait beaucoup d'expériences à

MO

(1) On prépare dans lea Teireries de Londres vue subatance qui* 4ana lo commerce, porte le nom d'émail de Terre (glaas-énameD et qui doil aon opacité et ses caractères particuliers à l'oxide d*arsenic. Elle se présente sous la forme d'une matière tftreuse, rude an toècher, facile à broyer, d*nne fusibilité facile et d^une icooleur lrèf< blanche : oa remploie à ta fabrkaUon des ctdraiii do moBtiM srdi- Ming, efciM «le.

BBS khTê n MTIBRS. %Zg

ce Bùjety et j*ai va^ qu'à la vérité on obtient un noir, mais ce noir n'a jamais rintensité désirable.

On ne peut obtenir dans le commerce des couleurs propres à la peinture sur émail, celles que Ton vend comme telles ne sont bonnes que sur porcelaine*

Bl. Erougniarty dans son travail sur les couleurs de fiasioti^ prétend que tous les oxides qui ne contiennent qi>e peu d'oxigène^ et qui ne le retiennent que faiblement, sont impropres aux couleurs de fusion, parce que Taction de la chaleur le leur font perdre. Cependant ceci n'est pas exact, car aucune couleur n'est aussi indestructible au feu que celles produites par la platine« Gooper a déjà observé comme un fait d'un haut intérêt que l'oxide de platine, qui seul est si facilement décomposable; peut, lorsqu'il est fonda avec l'émail, èiie exposé à la plus forte chaleur sans se décomposer.

Celui qui examine les recettes ordinaires des émaux doit s'étonner de voir ces mélanges composés d'une façon si singulière, et il prévoit la ' nécessité de leur simplification, et c'est de cette possibilité que ce qui ftuit va nous fournir un exemple. U a été voté vingt gainées d'encouragement à M. Wyon pour ses recettes scu- la préparation des couleurs sur émail. Une de c«#recetCeS| destinée à fournir du vert^ se comprise comme il suit :

Silice.

Borax.

" Oxl4« de plemfet.

Oxiiltd^sbrABie.

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Voilà la totalité des substances données par hauteur, et qui entrent dans le mélange; quant aux proportions dans lesquelles elles doivent être employées, elles restent tout-à-fait à sa disposition.

Le fourneau d*émailleur, dans lequel on prépare les petites plaques et où on les chauffe, est un espace carré d*une hauteur, profondeur et largeur d'environ 533 millimètres, entouré d*une solide maçonnerie, et qui 8*ouvre dans un conduit vertical, dans lequel se trouve une clef pour régler la chaleur.

Sur le devant, et à la partie supérieure, est an foyer qui consiste en plaques de fer, dans lequel on met et on retire les peintures et les plaques avant et après la chauffe. Le fond du fourneau, s*il est construit pour cet usage, sera recouvert d*une couche de coke d'environ 81 millimètres dVpaîsf^eur, et sur celie*ci on mettra la mouille; Cette deroièie sera tout-à-fait entourée de coke jusques par-devant; une porte eo fer, avec une ouverture de la grandeur du devant de la mouflle, terminera le tout.

Tout le courant d*air qui alimente le fourneau passera la monflle. Les plaques et peintures reposeront sur des plaques minces d'argile calcinée; ce sont ces plaques que dans les arts on a coiitume d'appeler planches» Quand le feu commencera à s'activer, 00 mettra peu à peu les dessins^ après qu'ils auront été séchés sur les plaques de fer , sous la mouflle , où les planches reposent sur le coke. Naturellement la plus grande chaleur se trouve à la partie inférieure de la mouflle ; la plaque doit donc, pendant qu'elle est au feu, être retournée, pour être chauffc^c également ds tQ^4g les côtés; ce qui se praW^ue ^V^vd^d'uiae çiuce.

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quand les couleurs sont convenablement fondaesy on retire la plaque, et on la laisse refroidir sur le foyer de fer. Dana ce fourneau, on peut en faire qui aient jusqu'à i35 millîm.èfres de diamètre ; mais pour de plus grands ouvrages^ il faut un fourneau d'une autre construction. Dans ce cas, la moufHe a un fond, la paroi de derrière est fermée par une porte en fer ou en argile réfractaire. Cette dernière se nomme mouffle fermée; celle décrite ci-dessus s*appèlle au con* traire moufHe ouverte. La principale différence consiste en ce que, dans le premier cas, elle est traversée par le courant d^air, tandis que dans le dernier cas ceci n*a pas lieu. Dans le plus grand fourneau, on met le feu tout simplement sur la moufne qui repose sur des grilles en fer, au point que la construction ressemble tout- à- fait à celle du fourneau de réverbère ordinaire. La flamme , après avoir entouré la mouffle, se dirige vers le fond de ce fourneau de fer à sécher. Celui-ci renferme différents bancs; il sert à chauffer les peintures, ce qui est nécessaire pour qu'elles ne se fendent pas au feu comme cela arriverait si on voulait les exposer seulement à la chaleur de la moufHe. Le fourneau est construit de telle mamhrèf que le fond du fourneau à chauffer devient d*ua rouge foncé , tandis que la moufHe prend la température qui est nécessaire pour recevoir les peintores. Cette. époque se trouve indiquée en ce que ^intérieur de la moufHe est d'un rouge orangé; la mouffle a donc à supporter à peu près une chaleur égale à celle nécessaire pour la fusion de la fonte. Au moyen de cet arrangement, les peinture^), si on . les met dans le fourneau lorsqu'il est encore Ct<^\d.>5' m. \^

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roDt chauffées peu à peu, jusqu^à ce qu'elles soient arrivées à cette température où elles peuvent éprourer avec certitude le plus haut degré de la mouflle.

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