NOIRS
Hoir anivial.
Toutes les substances organiques, soumises à l'ac^^ lion delà chaleur rouge» en vases clos, se décomposenfen fournissant un certain nombre de produits volatils, et laissent pour résidu une pliis oi\ moins grande quantité de charbon oui s'offre sous divers états, suivant la nature de la matière d'oii il provient.
Pendant le4ig-temps ou ne recherchait les os provenant de la viande de boucherie, qu'autant qu'ils pouvaient servir dans la tabletterie ; ceux de» chevaux abattus , ou des animaux morts abandonnés dans les campagnes, étaient perdus, ou quelques parties seulement avaient un emploi. Depuis que Tap* plication du charbon animal au travail du suer» donne lieu à la consomms^tîon de si gran.des quantités d'os, les idées^ont bien changé.
Tous les os ne sont pas également bons et productifs au même dipgré dans la fabrication du noir animal; les os longs sont préférables; mais on est forcé d'jemployer tous ceux qu'on peut se procurer ; il y a même disette de cette matière.
Les 09 sont formés d'une matière organique et d'un mélange de phosphate et de carbonate de chaux. Quand on les chauffe au rouge dans des vases cIos> il s'en dégage des gazs carbonique, oxide de carbone et hydrogène carbooé^ de Teau, des produits UuiU^
3o8 LES SB€BBT8 MQDB&irBS
du caflHmate et de Tacétate d'ammoniaque^ et le résida dans les vases dîstillatoires est formé de sels de chanx et de la portion de charbon^qui n'a pu être en* irafnée à Pétat de produits volatils par Thydrogëneet Toxigëne. C'est ce résidu qui constitue le noir animal et dont la propriété décolorante semble être due à Tétat terne du charbon produit par la division qu*a proculrée le résidu salin des os; tandis que le charbon que fournit la matiëj^p animale, isolée par le mdjfen des acides, est brillant et à peine décolorant, de même que le charbon de bois.
Les produits pyrogénés qui se dégagent dans la distillation des substances animales ont une odeur trèsinfecte, qui se répand au loin, et rend extrêmement incommode le voisinage des fabriques de noir â*os, quand ces produits ne sont pas brûlés' le plus complètement possible. •
Les os, tels qu'ils sont livrés au fabricant, renferment une grande quantité de graisse que Ton extrait en les faisant bouillir avec de l'eau avant da distillation des os.
Ce produit, d'une valeur beaucoup pFus considérable que le noir animal lui-même , ne fournirait à h distillation qu'une quantité extrêmement faible de noir charbonneux.
Pendant l'extraction du suif de ces os rances et vieux^ il se dégage une buée très-fétide. On extrait^ terme moyen, en graisse, 5 pour ^/o du poid^ des os» L'opération du débouillage dure deux heures à peu près. Ce sont les os longs qui fournissent le plus de graisse. La quantité de uoir animal qu'on obtient de la distillation des os dégraissés est d'environ 5o p. *"/#.
DBS AHTS ET MBT1EB8. 3og
Le noir animal est toujours employé à l'état de
Ïoudre, plus ou moins grossière selon Tusage auquel n les destine.
Propriétés ëécoUrantes du noir animal.
Le charbon animal décolore incomparablement plus et surtout plus promptement, que le noir végétal.
Si le noir qui doit servir à la décoration des sirops est renfermé dans des cylindres susceptibles de résister à une forte pression , et si , après avoir épuisé son action, comme on le fait habituellement, et l'avoir lavé à Teau chaude, on Tabandonne, à une température élevée^ à la décomposition putride et qu'ensuite on le soumette à un lavage convenable, les produits de Faltération des matières étrangères sont enlevés, et le noir reprend ses propriétés décolorantes, à tel point qu'en renouvellant cette aetion, il devient possible de se servir jusqu'à trente fois, et plus, du même noir sans y rien ajouter.
Noir d'itnprtSHon.
On Tobtient dans la préparation du bleu de Prusse par Taction des alcalis sur le sang, la corne, ou d'autres substances animales. La grande division à laquelle il parvient lai aie tout Téclat quand il a été broyé à Teau et pulvérisé ensuite à sec.
Noir de schiste.
Un certain nombre de schistes hUutnvu^xn.^^'^
3lO LBS BSCinS MOBURKi
sent, lorsqu'on les distille, un résida qui jooit de propriétés décolorantes très-marqnées, et que l'on peat même comparer à celles da poir animal; Tan ' ceux qui donnent les meilleurs résultats est celai de Menât, département du Puy-de-Dôme» que Ton exploitQ en grande quantité dans ce but ; mais on re^ proche à ce produit, la saveur désagréable qu*â communique fréquemment aux sif^ops.
DIS ABtê BT KiflBli. 3l I
OPIVH.
L'opium est un sac épaissi fourni par les capsules du pavot blanc (papaver somniferum album). Les essais heureux qqi ont été récemment tentés en Angleterre pour la culture du 'pavot et la récolte de l'opium^ nous- engagent à insérer ici la notice qui suit sur les plantations de pavots et les récoltes qu'elles fournissent dans les contrées de l'Asie. Cette notice, extraite d'une Revue anglaise , éveillera peut-être la spéculation chez quelqu'un de nçs propriétaires de terres, surtout dans le midi de la France ; et encore avec plus de probabilité de succès dans notre colonie de l'Ai* gérie.
Malgré les indications de la notice que nous publions , un grand uombre-4'auteurs affirment que la plus grande partie de l'opium livré au commerce s'obtient en pilant les oapsules encore vertes et même la partie supérieure des tiges de pavots, en les exprimant et faisant évaporer à siecité le suc qu'elles fournissent.
On trouve dans le conmierce français trois sortes d'opium : V^iutn de SmyrtUf ï opium d*^Eg}pU et l'opium de CoHStantinopU.
De toutes les espèces, oelle de Smyrne est la plus estimée. L'opium de l'Inde a comparatiremeut peu de valeur. On y récolte une énorme quantité de ce produit, qui est ou consommé presque en totalité sur les lieux ou exporté à la Chine , au Japon et dans les lies de la Sonde. *
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CT7LT17ES DE rOPZITlC»
à Afioum-Kara-Hissar (Asie Mineiure).
Un savant voyageur, £. Charles Texîer, correspondant de riustitut , adresse de Constantinopie une lettre datée du 18 janvier. L*împortance de la culture de Topium dans le Pakalik de Kara-Bissar a surtout attiré Tattention de Tauteur. C'est du Mousselim de la ville qu'il a reçu tous les renseignements, ainsi qu'une petite^calsse de la graine du pavot cultivé dans cette province, et un échantillon de l'opium qu'il produit. Peut-être quelques essais dans un département de la France ou en Afrique amènerontils des résultats satisfaisants : alors on pourrait donner plus d'extension à une branche d*agriculture qui dans l'Asie Alineure est une source de richesse.
Le territoire d'Afîoum Kara-Hissar (le châteaa noir), est de formation d'épanchement trachytiqne* La ville est assise partie dans la plaine , partie sur le penchant d'une chaîne volcanique qui court de l'est à l'ouest. Une vaste plaine de 40 kilomètres de long offre à l'agriculture un développement favorable.
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Des Ilots trachytîques soulevés de distance en distance ^ depuis la hauteur de 80 mètres jusqu'au simple volume d'un tumulns , abritent plusieurs parties de cette plaine. Ce phénomène géologique mérite d'être observé.
La nature du terrain de la plaine de Kara-Hissar est principalement une argile grisâtre assez homogène et ne faisant pas pâte avec l'eau. Les variantes sont un sablo noir volcanique recouvert d'une couche épaisse d'humus. A peu de distance de la ville, du côté. de Touesl) on commence à trouver la craie qui constitue la chaîne septentrionale qvi clôt cette plaine.
La culturedu pavot dans le Pachalik, dont la ville de Kara-Hissar est le chef -lieu, s'étend dans plusieurs pachaliks. On commence à 4'apercevoir dès qu'on a franchi les montagnes de Kédous (de ranciennè Phrygie Epiclète.) Depuis ce lieu jusqu'à Kara-Hisàar, les grandes formations sont toutes volcaniques y mais les terrains de culture varient et montrent que la nature du terrain n'est pas une condition absolue de la quantité des produits.
La température de ces contrées est très-modérée l*hiver;il n'est pas très^rare de voir la neige rester plusieurs mois sor la terre ; on n'y voit natlre aucune des plantes qui viennent sauvages sous des latitudes plus hautes, et qui sont cependant l'indice d'une zone tiède, comme l'agave, le oactus^ etc. qui pullulent en Corse f[[^n Italie , et même dans le midi de la France.
Si pendant quelques mois le thermomètre s'élève jasqo^à aS 00 3o** R., cette chaleuT u'a ^we^^^V m. vl\
3l4 LES 8ECRET8 MODERNES
fluencesur la récolte dcropium, pui8qu*eUe est terminée eu juin. Pendant le séjour de M. Texier à Kara-Hissar, du 2 au 6 juillet, le thermomètre u*a pas varié entre 10 et 1 a degrés R.; il faisait froid.
Mais une condition nécessaire pour assurer la qualité des produite et Tabondance de la récolte, c*e8t l'absence des pluies fortes ou continues pendant la dernière moitié de mai et juin, parce que Peau fait couler Topium, et une seule pluie soutenue pendant quelques jours peut nuire immensément à une 1^coltc. (i'est donc sous ce rapport qu'il faut principalement rechercher le pays où Ton veut établir àen cultures.
La graine de pavot «e vend à Kara-Hissar, par mesures de 60 oques à ao paras l'oque , c'est-à-dire 5o piastres, ou 8 fr> 10 c. Toque de Constantinoplej égale à 1 kilogramme a5o grammes.
On commence en décembre à travailler la terre^ par le moyen du hoyau; lorsque les terres ne sont pas si fortes que celles de Kara-Hissar.» on emploie la charrue. Ces sillons doivent avoir une largeur su£Ei- Kante pour qu'on puisse circuler librement dans le champ sans eudommagerles tiges. Ce sont plutôt des sortes de plates -bandes de 1 mètre 553 millimètres de large» séparées par un petit sentier.
La graine de pavot se sème comme le grain en réglant le mouvement de la main sur celui du pied. On a soin de semer clain Ainsi une oq|& de graine est suffisante pour ensemencer une surface de ^0 mètrei de côtéy. c'est-à-dire 1,600 mètres carrés.
:leê pays favorisés, l'irrigation se fait par ca-
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naux, à Kara-Hissar, oo Tcittend de la pluie. Aussi celte aDnée, qui fut d*une grande sécheresse, ne fournit guère que la moitié des opiums de Tannée précédente. Trop d'eau rend Topium plus sujet à se gâter et à se moisir.
Très*pea de fours après que la fleur est tombée, des faomuiès et des femmes se rendent dans les champs, et fendent horizontalement la tète des pavots, mais en ayant soin que la coupure ne pénètre pas à Tinlérieur de la coque. Il en sort aussitôt une substance blanche qui s*écoule en larmes des bords de la coupure. Ou laisse le champ en cet état toute la journée et la nuit ; le lendemain, avec de larges couteaux, on va jrecueillir Topium autour des têtes de pavots ; déjà il a acquis une couleur brune qui augmente à mesure qu'il se dessèche.
Une tète de pavot ne donne de l'opium qu'une fois, on n'en retire que quelques (grains.
Une première sophistication que reçoit l'opium vient de la part des paysans, qui ont soin , en le recueillant, de gratter légèrement l'épiderme de la coque pour augmenter le poids. Il y a déjà là au moins 1 /i a' de substances étrangères.
L'opium ainsi réoolté eut sous la forme d'une gelée gluante et grumeleuse ; on le dépose dans de petits vases de terre et on le pile eu crachant dedans. M. Texier ayant demandé pourquoi on ne prenait pas la peine de mettre de Teau, les paysans répondirent que Teau ferait gâter i'upium.
On l'enveloppe ensuite dans des feuilles sèches, et c'est en cet état qu'on le livre au commerce.
Lu graine des payols qui oat fouTi\\ Vot^vi^sl kaX
3l6 LES 8BCBETS MODERNES
également bonne pour ensemencer l'année sulvan te.
Autrefois le commerce de Topium était libre; depuis quatre ans, le sultan s*en est réservé ie monopole; mais il s'est établi aussitôt une contrebande qui lui enlève à peu près le liers des produits.
Il achète cette année l'opium au prix de 5o piastres les taps de a5o drachmes. La première année^ il en a donné 56 piastres^ puis 4^* Malgré cette élévation excessive des prix, il ne peut parvenir à empêcher la contrebande. Cette année il n'a recueilli que 75^000 taffés d'opium. Les autres années^ il en recevait i5o,ooo.Il est difficile de croire que la saison soit la seule cause de cette énorme différence.
Cette mesure inconsidérée qui ruine ie commerce de Smyrne sans enrichir le sultan ne parait pas, malgré les vives réclamations des négociants, devoir toucher à son terme. Malgré une telle vexation, les habitants prétendent qu'ils voient ce monopole avec plaisir, attendu qu'ils sont toujours certains de vendre leurs produits à des prix qui les contentent, car ie gouvernement achète tout Topium récolté et au même prix. Il n'y a q^i'une seule qualité en récolte, quelque soit le pays d^où il provient.
Il est défendu, sous les peines les plus sévères, d'en vendre à qui que ce soit ; ce n'est qu'avec une peine extrême que M. Texier a pu en obtenir quelques drachmes. Les produits de l'année sont ensuite portés à Constantinople où le gouvernement les vend sur le pied de 180 à aoo piastres Toque, c'est-à-dire ce qui lui coûte 80 piastres, encore a-t>on soin de le falsifier ifiibol d'Arménie ou d'dutres terres.
DEb ARtS ET METIERS. 3l^