‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dansChapitre 5 sur 68 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

Tou' fermentées renferment en plus

antité, une substance particu-

DB0 ijlTS Et MUBTIBAI. 7

Uère^ identique, quand ellQ a été séparée : c'est

l'alcool.

A Télat 4e pureté parfaite > Talcool^ coanu alors sous le nom à^alcool absolu » a une densité de , 7947 à la température de iS"*, (feau étant 10) son odeur est suave 9 sa saveur brûlante; il a tant d'afipinité pour Teau. qu'il raccoriiit les tissus animaux» et produirait* mort si on en ingérait une certaine quantité à la fois dans Testomac : il bout à ^B"" 4^9 brûle avec une flamme îaune sans déposer aucune suie ; il n'est pas encore prouvé qu'il paisse affecter la forme solide sous l'influence d'une très-basse température; les résultats annoncés à. cet égard n'ayant pas été comprimés par des expériences incontroversibles. ' C'est toujours à l'^at de mélange avec une plus ou moins grande portion d'eau, que l'on trouve l'alcool dans le commerce; la distillation à laquell^n soumet les liqueurs fermentées n'en séparant i^Hl^'^l' cool absolu.

Un phénomène fort remarquable, et qui est peutêtre destiné à d'utiles ^hjications, a été observé en Allemagne par Sommering : si on remplit presqu'entièrement d'alcool faible un vase que l'on recouvre avec un morceau de vessie, on trouve que Talcool, par un temps sec et chaud (4o <" environ de température) s'est concentré. Cette expérience, qui senoJ)le renverser toutes les notions acquises^ peut donner un résultat encore plus tranché en se servant d'une vessie eotière pour renfermer l'alcool. On prend une vessie de bœuf ou de veau que l'on fait tremper quelque temps dans l'eau, puis on la lave et la corroie avec soin 9 on l'insuflle, et après l'avoir dépomlUe ^c^ ««&

8 118 SEGEBTS VOBBftirSS

vaisseaux 5 on lie las deux uretères» et on la retourne pour séparer les mucosités qui la tapissent dans son intérieur. On la laisse sécher à l'état d*insufflatîon, et on y donne» avec une dissolution de colle de poisson, une couche à l'intérieur et deux à l'extérieur. Quand elle est sèche, on la remplit presque entièrement d'alcool faible, et après avoir lié le col , on la suu^nd au-dessus d'un poêle ou d'un bain de sable, de manière à ce qu'elle soit à une température de 4o à 5o "*. Si l'alcool marquait 99 à 5o ® à l'aréomètre de Baume, après trois ou quatre jours il est parvenu à l'état anhydre » d'après l'auteUr; mais des expénences répétées plusieurs fois par divers savans, semblent prouver que Taloool retient encore a ^/o d'eau.

Une vessie préparée cqpme il vient d^étre dit, peut servir plus de cent fois; à la fin cependant elle devient dure ^^oriace au point de n'ôtre plus perméable à rhui^P.

On rencontre plus particulièrement l'alcool du commerce à deux états différents de concutrates; sous l'un il est usité comme boÉ^B, tandis que sous Tau* tre il sert à diverses préparations. Il est indispensable, pour le succès de ces opérations, et surtout pour connaître la valeur vénale de Talcool , de déterminer son degré de force ou de spirituosité avec une grande précision : c'est au moyen des aréomètres qu'on y parvient; mais, outre que ceux qui, sous différentesformes, ont été successivement employés, offrent des dégrés arbitraires qui sont loin de représenter les quantités absolues d'akool contenues dans les liqueurs que l'on essaie, une <;ause d'erreur extrêmement grave s'offre dans leur emploi, le changement

BEd A&TS BT MBTIB&S» g

de densité relatif à la température à laquelle on opère. Les transactions commerciales qui se font sur les espritSf exigeaient des moyens plus exacts que ceux que Ton possédait; c'est à M. Gay-Lussac qu'on les doit. Une loi a réglé que le droit sur les esprits serait perçu d'après la quantité en centièmes d'alcool vrai qu'ils renfermenti et a prescrit l'usage de Valcoomètrê Gay- Lussàc.

Supposons que la température à laquelle nous déterminons la densité d'un liquide composé d'alcool et d'eau, soit constante; si l'aréomètre dont nous faisons usage était construit de manière que chacun de ses dégrés indiquât un centième d'alcool, nous trouverions directement la proportion d'alcool par Taflleu- ▼ement de Tinstrun^ent jf mais la ten^pérature venant à varier, Taflleuvement aura lii^u au même degré pour des quantités diflférentes d'alcool , et inversement, la même quantité d'alcool ne donnera pas toujours le même degré suivant le sens dans lequel la température aura varié. Si par une suite d'expériences exactes, on a déterminé les variations de densité correspondantes aux diverses températures, les tables qui auront été dressées indiqueront exactement les quantités d'alcool vrai pour une température quelconque.

Pour bien faire comprendre l'usage de ces tables , usage qui est extrêmement important, nous ne pouvons mieux faire que de citer quelques uns des exemples donnés par M. Gay-Lussao.

Pour déterminer la quantité d'alcool, M. Gay-Lussao prend pour terme de comparaison Palcool pur, en volume, à la température de iS"" cexiW^^^^

10 LES 8BCEBTS MODBENES

(la^Réaumitr)^ et représente la force atcooUquefar cênt centièmes^ Ou I'ùnite.

Cooséquemment la force d'un liquide spiritueux est le nombre de centiètnes, en volume, d'alcool pur que le liquide renferme à la température de i5® centigrades.

L'alcoomètre centésimal est gradué à cette température de iS"", et son échelle est divisée en cent parties ou dégrés, dont chacun Yèprésente un centième d'alcool ; la divbion O"" correspond à Teau pure , et celle 100'' à l'alcool absolu ; plongé dans un liquide à iS"" de température, il en fait connaître immédiatement la force. Par exemple, si dans une eau-de*vie à la température de iS"" il s'eafônce jusqu'à la divisiou 5o, il indique que la force de cefie eaù-de-vie est de 5o centièmes, c'ést-à-dire qu'elle contient 5o 7ode son volume â^alcool vraL Dans un liquide, où, dans les mêmes circonstances, il s'enfoncerait Jusqu'à 86, il indiquerait une force de 86 centièmes; etc., etc.

Les dégrés da Talcoomètre indiquant des centièmes d^alcool, prennent le nom de dégrés curtésimaua ; on les écrit en plaçant à droite et au-dessus du chiflfre qui les exprime, la lettre c,; c'est ainsi qu'on les a inscrits dans toutes les tables ; mais, pour le calcul, il est préférable de les appeler centièmes, et de les écrire comme des fractions décimales.

On obtient immédiatement les quantités d'alcool dans des liquides spiritueux, par les indications de rinsltument, en multipliant le nombre qui exprime le volume du liquide spiritueux, par la force àe ce liquide.

DBi'jUTS ET KÉlIfiES. 11

Par exemple 9 une pièce d'eau- de-Yie de 634 ^î^^es ^ de la fcTCi de 55 c.^ ou o, 55.

^MMP

Contient 3 4 ^ Htr* 70.

Une pièce à^esprit de 728 litres» de la force de

86<» 4 c. au 864.

Contient ^P > 8 litr.. 992 d'alcool.

Quand le liquide spiritueux n'est pas à la température de 15^* centigrades, il faut réchauffer avec la main, s*il est pluç froid , et le refroidir, en plongeant dans de Teau de puits récemment tirée» s'il est trop chaud, le vase qui le renfern^e. Mais comme ce moyen pourraîit encore donner lieu à des erreurs, M. Gay-Lussae a calculé des tables de correction qui permettent de déterminer exactement le degré d*une liqueur i^lcoolique quelconque » et à toute température, sans aucun calcul, et par la seule observation du degré alcoométrique indiqué par l'instrument : remploi de ces tables est d'autant plus important, que les variations de température altèrent à la fois le degré et le voliime du liquide spiritueux, et que les variations dues à ces deux causes peuvent élever à \AsiA de d^wiA

12 LES SBCUTg WODElimSS '

pour^etit de la valeur du liquide spiritueux , et cela dans les limites de o<* à So"" de température.

Les fablesy dressées avec beaucoup de soin par M. Gay-LussaC;» sont aussi faciles à employer que les tables de multiplication ordinaires ; elles donnent le moyen de faire la correction des indications de l'aicoomètre^ quand la température est au-dessus ou audessous de i5*9 celle du volume des liquides spiritueux dans les mêmes circonstances, et l'évaluation de la force de ces liquides en dégrés centésimaux et en dégrés de cartier. Nous citerons quelques exemples de leur emploi.

1,000 litres d*une eau-de-vie dont 2a force apparente est de 44 centièmes à a^ centigrades de tempé-^ rature, doivent être ramenés à uM^npérature de i5''. La table indique 49 centiënSj^ur la force; mais en passant de a° à iS'' le liquide a augmenté de volume, et donne 1,009 litres; le produit de leur multiplication est 494 litres 41 9 qui indique la richesse^

Si le liquide eût été à 25*' et eut niarqué 55 centië-^ mes, en s*abaissant à iS"" de température, les i^ooc litres n'occuperaient plus que 993 litres, et le degré serait 49 centièmes 5; en les multipliant oh trouve que le liquide représenterait 4B6 litres 55 d'alcool vrai.

Quand un liquide spiritueux dont on a mesuré la force dans une localité et pour une température don« née, est transporté dans une autre où la température est différente, le volume a varié : il s^agît de reconnaître la force réelle de ce liquide pour constater s'il n'a pas été altéré; on y parvient facilement. Supposons qu'un esprit de la force apparente de 80 centièmes et

y DES AE1S ET HBTIBES. l3

d'une force réeliè de 8d centièmes 6 , soît expédié d'un lieu oii la température était de 6% pour un autre oii elle est de a5% la force apparente étant alors de 85 centièmes 4 1 on en cherche la force réelle qui est de 8a centièmes 5, qui coïncide avec la première; on cherche en même temps si le volume est resté le même, et on trouve que les volumes correspondant à 6" et a5^ sont 19O09 et 990^ dont la différence, à peu près de 19 sur 1,000, donne l'augmentation de volume que l'esprit éprouve en passant de Tune à l'autre.

Si le volume du liquide est différent de i00| on muliiplie la richesse par ce nombre , et on divise par loo ; ainsi, on a 647 litres d*eau*de-vie à 54 centièmes pour afo""; pour en déterminer la force, on trouve pour^ 100 litres 5a, et pour 647 100 ; Sa litres : : 647 : â?

— 5aJX647 ,^ , ,,

es 536, * 44,

On pourrait négliger les variations de volume occasionnées par les changemens de température , qui , pour les extrêmes de o"" à 5of , s'élèvent à 3 centièmes : on en tient facilement compte comme nous l'avons fait voir.

Les esprits à divers dégrés peuvent être obtenus par des mélanges d'eau et d'alcool pur, ou d'esprit à divers dégrés; cette opération est connue sous le nom de

mottillage.

Si par exemple, on a 1,000 litres d*esprit à 86 cen» tièmes, ou du 86, et qu'on veuille en faire du 5o> on trouve qu'il faut ajouter 761 litres 4'eaw, e\ V^ti ^-

l6 LIS 8ECRVT8 MODBINBS

laoge. Quand le mélange est bien fait^ on le verse dans un vase do terre, et on y ajoute un peu de mucilage de gomme adragant pour en former, une pâte très-molle en agitant le tout avec un morceau de bois; on y plonge alois, une i une , les allumettes que Ton a placées par Textrémité opposée dans du sable.

L'usage s'étant introduit de colorer ces -allumettes en rouge ou en bleu» on mêle & la pâte un peu de cinabre ou d'indigo.

Si les fleurs de soufre élaienl acides » comme cela arrive très-fréquemment , il faudrait préalablement les bien laver et les sécher.

Tout récemment M. MercLel vient d*apporter à la fabrication de ce genre d'allumettes une modification remarquable » pour laquelle il a pris un brevet ; au lieu de se servir de bois pour les confectionner , il fait usage de bougies filées très-fines qui, par le moyen d'une machine y sont coupées de longueur dans un peigne qui en maintient un grand nombre à la fois > et qui sert à les plonger dan^ la pâte pré^^ée» et à les contenir pendant la dessication.

Les allumettes de M. MercLel présentent le trèsgrand avantage de pouvoir servir à la fois à se pro» curer de la lumière et à la conserver pendant quelque temps.

Pour obtenir de la lumière avec les allumettes oxygénées, chacun sait qu'il faut en plonger l'extrémité préparée dans un bocal renfermant de l'amiante hu-^ mectée d'acide sulfbrique concentré. L'emploi de ces allumettes n-est pas faciledans l'obscurité ; c'est pourquoi M. Uerckel a imaginé de placer son bocal sur un ressort à boudin, et au lieu d'un bouchon, de faire

DBS ARTS ET MÉTIBK8« I7

pour b col qui est rodé à cet effet, sur une lame d'un corps élastique attachée au couvercle de la botte : par ce moyen le bocal est ouvert et fermé sans aucune précaution.

ABÇENÏ.

^ Le nitrate d'argent (argent dissous dans Tacide nitrique) teint en noir les substances organiques ; on peut s'en servir pour marquer le linge d'une manière solide; pour cela il ne s^agit que d'imprégner la place avec un peu de dissolution de potasse; on laisse se* cher, et on écrit ensuite avec une dissolution de nitrate d'argent à laquelle on a ajouté un peu degommd pour la rendre légëreruent visqueuse ; on expose à la lumière» et on lave après vingt-quatre heures. . Fulminate d'argent. On dissout une partie d'argent dans vingt parties d'acide nitrique à i, 36 de densité j, et l'on ajoute à la dissolution refroidie et par petites portions y 37 parties d'alcool à o, 85 ; on chauffe peu à peu au bain de sable, et on porte la liqueur jusqu'à rébullitioji ; on la retire aussitôt qu'il se forme un précipité, l'action devenant si vive, que la liqueur serait projetée au-dehors du vase ; on y ajoute » à diverses reprises, une quantité d'alcool égale à la première : la poudre, de noire devient blanche; on étend la liqueur d'eau ^ on la jette sur un filtre , et on lav^ bien ; mais cette matière détonne aveo tant de violence qu'il ne faut pas la fa«re tomber aveo un tube. (11 y a d^s exemples de personnes qui ont été tuées en q^4<>

iS • tE8 6E6RET8 MODEElftfiS

tant de cette^ maoiëre) , ni même avec une barbe de plume ; on courrait les plus grands dangers en cherchant à la renfermer dans un flacon. On la laisse se dessécher à Tair sur du papier.

C'est avec ce sel qu'on prépare des cartes qui fulminent, quand on les approche de la chandelle ^ ou qu'on leur fait éprouver un frottement brusque et violent. Quelques grains de fulminate sont placés dans une carte dédoublée que l'on recolle avec un peu de gomme.

Les bonbons d la cosaque se préparent d'une manière analogue : on a des bandes de papier sur les-* quelles on colle aveo un peu de gomme, du verre en poudre grossière ; on répand un peu de fulminate audessus du point où se trouve le verre , et sur la partie gommée» et on an réunît ueux, de fiorte que les par* tics d'argent soient près Tune de l'autre sans se toucher : quand le tout est desséché 9 en tirant en sens inverse les deux extrémité^ des bandes de papier, l'argent fulmine violemment.

On fait aussi des bombes avec quelques grains de cette poudre que l'on insère dans de petites boules de verre soufflées à la lampe, sur l'ouverture desquelles on colle un peu de papier. Jetées à terre, ou comprimées sous le pied, ces boules font entendre une violante détonnation.

On connaît une autre espèce d'argent fulminant, qui n'est gpère plus tactile. C'est le produit de la dissolution de l'oxide d'argent dans Pammoniac ; la liqueur, qu'on laisse évaporer spontanément à l'air , laisse une substance noire, brillante. Cette même combinaison

DKS HTS Ef AinEkS. Igl

fulmm^nte se forme aussi quand on verse de Tammonîac, et ensuite de la potasse dans yn sel d'argent.

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