PLOMBAGINE
On désigne sous ce nom, et aussi sous ceux de gror phite^ mine de plomb grise ou noire, etc., etc., un composé naturel d'une grande quantité de charbon et d'un peu de fer, que Von trouve, surtout en Angleterre, avec assez d'abondance dans les terrains primitifs. Il y a beaucoup de choi^ans ce produit ; la belle plombagine, douce, onctueuiPet d'un beau gris*noir très-brillant, est assez rare ; ce n'est même qu'on
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iB6ule province de TAugleterre qui en fournisse en quantité notable.
On emploie la plombagine à \in très-grand nombre d'usages ; nous avons déjà parlé de quelques-uns. Mêlée en poudre fine avec de l'huile^ on en recouvre le fer et la fonte pour les empêcher de s^oxider, et leur donner de Téclnt; avec la graisse, )a plombagine pure et douce» est peut-être le lubriBcatif le plus efficace et le plus économique pour diminuer les frot-^ temeuts dans les machines à rouage. On remploie réduite en poudre et pétrie avec de i'argile, dans la fabrication de creusets très-réfractaires, et qui résistent le mieux aux changements subits de tempéra-^ ture.
Mais le principal usage de cette substance » et qui la rend vraiment préciense, c*est Inapplication que de temps immémorial les anglais en ont faite pour la confection de leurs excellents crayons à tracer les li« gnes. La plombagine du comté de (^umberland est celle qui convient le plus éminemment à cette fabrication, elle donne les meilleurs crayons gris que Ton connaisse. Les masses de plombagine qu'on extrait dans cette localité étant' très-homogènes, il n*y a d^autre préparation à leur faire subir, pour en fabriquer des crayons, que de les diviser à la scie, d*en former des petites baguettes qundrangulaires qu'on insère dans la régole du bois de ces crayons. Les crayons plus communs sont le produit des déchets dans le sciage, que l^on pulvérise très-finement, dont on forme une pâte liée avec de la gomme ou de la gélatine, et qu'on substitue, après les avoir sciées, aux rognons naturels extraits du sein de la terre. ^
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POMBIES DE TERRE.
Divers produits qu'on en rôtir êy et diverses appUceim
On prépare un badigeon très-économique en allant à de la bouillie cuite de pommes de terre, deo fois son volume de craie délayée dans l'eau et panée au tamis. On peut y ajouter des ocres rouge oc jaune, du noir de charbon, etc., pour obtenir diverses nuances et imiter la couleur naturelle des pierres.
Kerchoff , chimiste russe, a démontré que la réaction du gluten de froment sur la fécule de pomme de terre comme sur toute autre , convertit ceilCsCi^ ^ i'aido de i'eau et de la chaleur^ en une matière solu- ))le sucrée, susceptible d'éprouver , par son mélAAgè avec la levure, une fermentation vive^ de laquelle résuite la formation de Talcool. Dès-lors il a été facile de concevoir ce qui se passe dans l'opération des fabrications d'eau-dc-vie de pommes de terre. Cette opération se borne en effet à déterminer aussi la conversion de la fécule en matière sucrée.
Une des applications récentes les plus utiles des pommes de terre, consiste dans leur emploi pour prévenir les incrustations que forment les eaux séténiteuses dans les chaudières destinées à la production de la vapeur; cette application utile, non seulement pour jetarder l'altération des chaudières^ est encore un des moyens les plus efficaces pour préve* nir les e:[;plosions. On n'avait naguère d^autres
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moyens d^éviter ces terribles accidents^ que de net- ■ loyer les cliaudières avant que la croûte formée par le dépôt deTeau fût trop épaisse. Ces nettoyages» nécessairement très-fréquents, étaient fort pénibles, et ^interrompaient d'ailleurs le travail utile des machineêf lorsqtt*une observation due au hazard, fit cesser ces graves incouvénients. Le procédé consiste à introduire dans la chaudière, avant d*allumer le feu, des pommes de terre coupées par quartiers (environ i5 à %o kilogrammes pour la chaudière d'une machine à Tapeur de la forcé de ao chevaux); la chaudière peut alors fonctionner pendant quinze jours au moins et un mois au plus, sans être soumise au nettoyage, suivant que l'eau est plus ou moins chargée de sel calcaire et de silice.
Préparations alimentaires ^ gruau , farine ^ semoule, obte^ nus des pommes de terre cuites.
On lave d'abord les pommes de terre à grande eau, en les faisaiâ rouler dans un tonneau qui tourne sur son axe et iP moitié rempli de pommes de terre; on renouvelle le liquide à deux ou trois reprises, jusqu'à ce que l'eau en sorte parfaitement claire; on fait ensuite cuire les pommes de terre à la vapeur ; on les épluche à la main,, et une à une afm d'éviter qu'elles ne se téfroidissent ; on les écrase au fur et à mesure» en les frappant légèrement avec une pelle» puis on les étend en couche mince sur des nattes de laine, ch elles subissent, à Vair libre, pendant douze heures, un premier degré de dessication.
On pane te pAte ainsi obtenue dMift "^ik ^q,t\sà»^*^
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loir» ou dans un cylindre en tôle peroé de troiUi et surmonté d*une trémie , afin de diviser la pâte plus également et de multiplier les surfaces en contact avec Tair atmosphérique; on étend ensuite les pâtei sur des châssis de canevas bien tendus, dans uneétave à courant d*air , où la température doit être élevée jusqu'à 60 ou 70"* constamment.
Lorsque la dessication de la pâte est terminée» on la porte au moulin, et là » en écartant plus ou. moini les meules et passant 4e produit broyé dans des tamis ou dans des bluteaux dont la toile est plus ou moins serrée, on obtient des produits de diverses grosseurs , auxquels on donne les noms de gruai, farine, umoule, etc.
Sirop de fécule d$ pommes de terre.
On introduit dans une chaudière en plomb| i^ooo kilogrammes d'eau que l'on porte â rébullition ; alors on y ajoute ]5 kilogrammes diacide sulfjifjque à 66% préalablement délayé dans 3o kilogrannnes d'eau. On agile, pour répartir également J'acide dans toote la masse, puis on attend que l'ébullition se manifeste de nouveau; à ce moment, le feu étant en pleine attivité, un homme saisit le râble en boiset commence à agiter toute la masse liquide par un mouvement circulaire. Un enfant ajoute par cuillerées d'environ un demi-kilogramme chaque, qu'il verse par le troa du couvercle , toute la fécule (45o à 5oo kilogrammes), en ayant le soin de ne pas trop se presser, afin ^ue ia réaction s^opère à chaq^ie additioui qpie l'ébnl*
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iition ne 6*arrète pas, et qae le liquide ne devienne pas épais.
L*additîon ainsi graduée permet à Tacide d'agir en grande 'masse sur une très-petite quantité de fécule à la fois. La saccharification de chaque portion ajoutée s'opère en un instant, et dès que la totalité a été délayée dans la chaudière» Tapération est à peu près terminée. Afin cependant d'éviter qu'une petite portion de l'amidon échappe à la réaction de l'acide, et rende le liquide visqueux, on fiouiient encore l'ébuU Iition pendant huit ou dix minutes : toute la masse doit être alors presque diaphane et très-liquide, en en remplissant un verre à boire, on aperçoit à peine une teinte ambrée. On couvre alors la grille du foyer avec du charbon de terre bien mouillé, et on laisse la porte ouverte, pour refroidir.
Dès que l'ébullition a cessé , on commence à ajouter la craie pour saturer l'acide : il en faut à peu près autant que d*acide employé ; mais comme la craie varie dans sa composition , surtout à cause de l'eau qu'ielle contient, ainsi que de l'argile et du sable qui s*y trouvent mêlés en plus ou moins grande quantité, on ne peut fixer d'avance un dosage certain , et il devient indispensable de reconnaître le degré de saturation à l'aide du papier de tournesol. Il vaut mieux un excès de craie qu'un excès d'acide.
Quand on a reconnu une saturation complète^ il faut séparer le sulfate de chaux., formé. Pour cela on laisse déposer le liquide pendant environ une demiheure ; on enlève tout le dép6t au moyen d'pne cuiller en bois large et profonde; on port^c^ d^^^vogi
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des filets pour égoutter et rendre ce qu'il peut enoore contenir de liqueur saccharine.
Le liquide filtré est porté dans une chaudière peu profonde, où on le fdit évaporer à peu près à la moîlié de son volume : alors il doit marquer à l'aréomètre de Baume outre a5 et a8^. On y ajoute du charbon animal pour le décolorer, à la dose du vingtième du poids de la fécule employée; on agite bien toute la masse siropeuse pendant quelques minutes^ puis on projette dedans du sang battu avec 5 pattiei d'eau 9 pour clarifierc
Dans le travail en grand, on obtient de loo parties de fécule sèche^ ou i5o de fécule humide, i5o parties de sirop à 5o degrés de Baume, représentant enviroD loo de sucre sec.
Saccfiarifîcation de la fécule par le malt.
On pèse 80 à 90 kilogrammes de fécule sèche , ou lao à 127 de fécule égouttée, que Pon place dans une cuve de la capacité de 19 hectolitres; ou délaie cette fécule dans deux fois sou poids d'eau. Fendant qu'elle est encore en mouvement, 011 fait arriver, en un filet peu abondant, 5 à 600 litres d'eau bouillante ; lors*que le tout est bien délayé sous forme d'empois clair, on ajoute 20 à a5 kilogrammes d'orge mallée et réduite en farine; on brasse fortement, puis on laisse en repos pendant trois ou quatre heures, k celte époque de l'opération, le liquide a pris la saveur trèssucrée; on ajoute alôl^s une quantité d'eau suffisante pour completter 110 kilogrammes, et la température 4e ce moût étant de a^o t, a5% on y ajoute une livre
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de levure épaisse et récente» délayée dans quatre litres d*eau froide ; on brasse, puis on laisse la fermentation se développer. Quand elle est achevée, on peut distiller.