‹ Section du nerf radial: dans les fractures de l'extrémité inférieure de l'humérusChapitre 7 sur 19 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Section du nerf radial consécutive à une fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus — Suture nerveuse — Guérison.

(Hopital de la Charité.

service du D’ Nové-Josserand.)

Les renseignements antérieurs à l'entrée à l'hopital el

‘consécutifs à la sortie de la malade m'ont été fournis

avec la plus grande bienveillance par M. le D' Fromont (de Saint-Lothain), qu'il veuille bien agréer 1c1 l’expression de ma sincère gratitude.

Fillette âgée de sept ans. Père et mère bien portants. Rien de particulier dans les antécédents personnels.

Le 12 juin, à la suite d’une chute sur l'angle saillant d’un petit mur, elle se fracture l'humérus au niveau de la région sus-condylienne.

Le lendemain, application d’un appareil silicaté. Au deuxième ou troisième jour environ après ce traite-

. ment, l'enfant accuse une douleur spontanée très vive

au niveau de la région dorsale du pouce. Le médecin traitant, craignant une compression trop forte exercée par l'appareil, coupa avec ses ciseaux l'appareil à ce niveau. Malgré cela, la douleur continua, et quinze jours après l'enlévement de l'appareil silicaté, on constatait les faits suivants: l'articulation est légèrement gonflée, les mouvements de flexion de l’avantbras, pronation, supination se font un peu et sont douloureux.

À la région antéro externe du pli du coude existe aussi une douleur vive à la pression, douleur du pouce et de la partie dorsale du premier espace interosseux.

Il est impossible à ce moment d'affirmer qu'il existe une paralysie des extenseurs.

Vu les douleurs très vives au niveau de l’articulation, application nouvelle d’un appareil silicaté et enlèvement définitif le septième jour; le gonflement de l’articulation a disparu; les mouvements se font mieux, sont moins douloureux, mais les douleurs à la pression : dans la région antéro-externe du pli du coude. de la partie dorsale du pouce et du premier espace interosseux sont toujours vives. L'extension de la main sur l’avantbras paraît amoindrie, mais ce symptôme attirant peu l'attention ,onrecommande aux parents de faire exécuter chaque jour et pendant quelques instants des mouvements articulaires. Le médecin traitant revoit l'enfant trois ou quatre Jours après et constate, outre les symptômes précédents, la persistance d’une douleur vivedans la région dorsale des deuxième et troisième interosseux. En outre le poignet paraît davantage fléchi.

A partir de ce moment l'hypothèse d’une lésion du

Lo a es

nerf radial, telle que pincement ou compression se présente à l'esprit.

Une opération paraît nécessaire et l'enfant est amenée à l'hospice de la Charité où l’on constate les faits suivant{s :

Le coude est en flexion moyenne et présente à la vue une légère déformation consistant dans une saillie de la région sus-condylienne.

Pas de déviation des axes: l'extension est obtenue à peu près complète, la flexion n'atteint pas l'angle droit.

Au palper, on sent la fracture sus-condylienne ; le fragment supérieur est senti en dehors, son bord tranchant affleure la ligne du pli du coude; le fragment inférieur, comprenant les saillies épicondyliennes et épitrochléennes,est déplacé presque directement en dedans.

La région antéro-externe est le siège de douleurs vives provoquées à la pression.

On constate une paralysie radiale à laquelle ne parüicipe pas le long supinateur.

Atrophie notable de la main malade.

Pas de troubles sensitifs.

Opération le 23 juillet. — Le tronc du radial a été complètement sectionné par l’arête vive d’un fragment osseux; les deux extrémités nerveuses renflées sont à une certaine distance l’une et l’autre.

Résection à la petite gouge de la partie saillante de l’arête. La consolidation est complète. Avivement des

deux bouts nerveux et suture.

Suites de l'intervention. — Les suites immédiates

Roue de l'intervention furent simples et la malade sortit quelques jours après de l'hôpital. Rentrée dans sa famille, l’enfant fut soumise à des séances de massage et d'électricité. Ces séances eurent lieu régulièrement pendant un mois, mais les travaux agricoles firent négliger un peu le traitement au bout de ce temps.

Cependant à ce moment les muscles légèrement atrophiés ont repris leur volume, ou à peu près, et sont surtout moins flasques.

Le 11 octobre, l’enfant fait remarquer à sa mère qu’elle peut étendre la main; et, en effet, l'extension du poignet se fait bien, mais les doigts sont encore fléchis dans la main.

Au bout de quatre ou cinq jours l’extension des doigts et du poignet est complète.

De plus, la nutrition de la main se fait mieux; la peau de la région dorsale a repris sa coloration rosée.

Le 20 octobre on constate les faits suivants :

1° L'extension de la main sur l’avant-bras.

2° Les muscles de l’'avant-bras sont raffermis.

3° L'atrophie est insignifiante et disparaîtra par le massage el l'électricité.

4° La nutrition de la main est parfaite.

Le 30 octobre, la guérison paraît complète.

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