‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 103 sur 138 · DISCOURS ACADÉMIQUES · texte numérisé non relu

DISCOURS ACADÉMIQUES

Quand un auteur a de l'esprit , il est intéressant de l'étudier en dehoR» même de ses principaux ouFfages, et ses naoindres opuscules sont marqués d'une empreinte peu vulgaire. Telfi sont les discours académiques de Segrais. Il en a pr<moocé ta'ois, son discours de récef^tion (26 jiun 1662) ; une harangue à Colbert sur le rétablissement du Commiui" mus de l'Académie (1674); une réponse à M, Guérin qui

âvâit complimcnlé rAcadémie française au nom de TAcadémie de Soissons (27 mai 1675). On peut à Tavance deviner ce que sont, à certains égards, ces trois morceaux. Le genre académique est soumis à des lois assez ingrates , et observées au dix-septième siècle avec une scrupuleuse fidélité. Ainsi, réloge et ses magnificences bientôt emphatiques, le style périodique avec ses agréments artificiels, y fleurissaient comme une plante dans son terrain natal. Segrais ne pouvait échapper à ces défauts de bienséance , mais son esprit l'aidait à les atténuer. L*éloge du roi, lieu commun de toute la littérature de ce règne, était le point capital, et aussi le point délicat. Parmi les mille vertus ' du prince, à laquelle s'arrêter pour être sûr de bien choisir? Quelle adresse et souplesse d'esprit nécessaires à qui se piquait de toucher l'endroit le plus sensible, et de donner un nouvel appât à des louanges usées! Segrais s'était peu exercé à ces séductions délicates, et, en dépit du vers de Boileau, qui était peut-être à la fois un éloge et un conseil d'ami:

Que Segrais dans Féglogue en charme les forêts,

notre poète avait rarement chanté le nom de Louis. L'Athis, les poésies diverses et les six premières églogues, composées en partie sous la Fronde , avaient été publiées avant la mort de Mazarin, et au lieu d'un jeune prince de vingt ans , le poète y célébrait plus volontiers Mademoiselle, sa protectrice et véritable reine. Plus tard, il fut avec le roi moins avare de son encens, et il lui dédia sa traduction de ï Enéide (1668). Mais les discours académiques devaient surtout dédommager le prince de la lon«;ue parcimonie du poète.

En 1675, dans sa réponse à M. Guérin, Segrais le régala magnifiquement. Ce n'est pas un panégyrique, c'est un dithyrambe en son honneur. Aussi les murs de l'Académie durent-ils se réjouir, sinon s'étonner, en entendant l'orateur chanter le prince , et « cette physionomie

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