‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 110 sur 138 · OEdipe excepté · texte numérisé non relu

OEdipe excepté

lie^ de la société précieuse à lacpielle mesdames de Lafayette et de Sévigné, Larochefoucauld et Ségrais ataient été mêlés jadis. Aussi, quand Racine parut et commença d'inquiéter Corneille, tous les anciens amis de rhAtèl Rambouillet s'attachèrent à soutenir la gloire du vieil athlète. Les uns se plaisaient à retrouver dans ses comédies le bel esprit raffiné et Famour précieux dont ils étaient touchés ; les autres, tout pleins des idées d*héroisme que les grands romans flattaient en eux, applaudissdent aux prouesses chevaleresques, aux amours magnanimes de ses personnages. Ces prouesses et cet héroïsme étaient empruntés à Rome, et surtout à l'Espagne. Or, si Racine et Bolleau admiraient dans Corneille le génie romain de préférence au génie espagnol, les auteurs de ?aïde les goûtaient également tous les deux, et célébraient ainsi Corneille à plus de titres que ne faisait la jeune école. Chez Segrais cette prédilection devint , comme chez Mme de Sévigné, une partialité passionnée. En vingt endroits il abaisse la renommée de Racine devant celle de Corneille. Corneille est le père du théâtre français; il a feit Racine, comme Malherbe tous les poètes lyriques qui Font suivi*. C'est l'argument favori des partisans du vieux poète. Pontenelle le répète sous toutes les formes, et Huet, dans ses mémoires, dit sèchement de Racine : « H a suivi les traces de Pierre Corneille, le prince des poètes tragiques de cette époque. » Le disciple n'a pas surpassé le maître, « quoi que ses partisans en veuillent dire. » c La matière lui manque.... il y a plus de matière dans une seule des scènes de Corneille qu'il n'y en a dans toute une pièce de Racine. » Corneille se savait beaucoup de gré de ce mérite, et il estimait ses pièces selon que l'agencement des matières lui avait plus ou moins coûté*. Heureux Racine d'avoir donné â ses tragédies des qualités plus solides que la multiplicité des

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