Àkionéef III
t)à^*midtre8} il aura cmx des gens fertoenx; et IMessus, Segiiiîs morattee lol-méme atee une graidtë qui fkiit un peu sourire ; « Gomme les jemies gens sont plutôt toudiés de la passion àe l'aniour, ils ont toumé m. habitude d'excuser toutes les fautes que l'amour &it foire.... mais, pour en parier fraïKdiement, est-ce que notre morale est meilleure T Ifest«* ce point que nos mœurs sont corrompues? etc. <.. » Ces principes sont ezcdlentSy et la force de ce discours justifie le mot de Segrais^ qui disatt n'avoir jamais lu Vir^e sans être de?«»u meilleur. L'exemple d'Anchise touché de ki foudre pour s'être glorifié des bonnes grâces de Vénus, bii donnait encore une forte leçon de discré^n. Kbis, avouons-le» Ënée lui raseignait mal la fidélité.
Cet £née^ si dur avec Didon, a cependant un cœur bien sensible ; on le souMterait mdns tendre aux larmes et un peu plus à l'amour. En vain Segrais allègue les pleurs des héros de romans, quand leurs amours sont traversées. Ces pleurs, loin d'avoir mauvaise grâce, portent avec eux leur excuse, et attestent une sorte de faiblesse qui ^d même aux Ames les plus fieras. Si Ckmdé, à Rocroy, en face de l'in&nterie espagnole, eût senti son cœur défmllir, qu'aurait-on pensé de lui ? £t cependant, au moment de quitter Mlle du Yigean, ce héros tomba en faiblesse, et nul ne l'en trouva moins magnanime. Il 7 a des larmes qui se font admirer : celles de Xerxès, à la vue de tant de millions d'hommes destinés à mourir avant la fin du siècle; d'Alexandre eniiant la gloire d'AcbiUe; de César songeant aux exploits d'Alexandre, larmes héroïques, auxquelles ne ressemblent guère celles que fait verser à lâinée la peur d'une tempête, ou la prévision de maux à venir. Segrais résout cette difficulté comme presque toutes les autres, en invoquant la piété du héros. La piété, tel est le trait dominant de son caractère, et celui que Yirgite a mis le plus en lumière, comme s'il avait pressenti que cette qualité devait un jour le justifier de tout défaut» Énée, le pieux fils de la mère des Amours, demeure inébranlable et
dor 0(Hnme un rocbar devant le» tourdiantas prières de Di* don^ parce que sa piété Foblige à obéir aux dieux. Il pleure Gaïèle, il pleure JPalinurei il plaire à la vue des tableaux où sont peints les derniers travaux de Troie, parce que la piété lui fût un devoir d'aimer sa nourrice, de gémir sur un compagnon privé de sépulture^ de chérir le souvenir de sapatriei n laisse Pyrrhus égorger Priam, par piété filide ; il quitte imprudemment son armée et va implorer le secours d'^vat>dre, afin d'exécuter les ordres du dieu du Tibre. Le tendre Ènée voue A la hadie du sacrificateur huit jeunes garçons par piété : il doit satisfaire aux mânes des siras et de Pallas; il eût été impie, s'il n'avait été cruel. Enfin il lutte avec des armes endianté^ contre un adversaire que la Terreur épouvante, sous la forme d'un oiseau fmièbre. C'était un secours divin dû à son^ insigne piété* Énée est donc la piété même, et à plus d'un égard» il s'en est bien trouvé. Mais ce n'est pas tout pour un héros d'épopée d'avoir une moralité exemplaire ; il doit aussi justifier d'un caractère poétique et inté* ressent. Celui d'Ënêe i'tet sans aucun doute. Cependant, sans accepter le jugement un peu bi^i cavalier de Saint-Ëvre^ mond (a), convenons avec Itii que la criticpi&e de Segrais est ici trop indulgente, et qu'Achitte, avee ses violences, l'emporte en beauté poétique sur le pieux fils d'Anchise.
Mois où trouver dans Homère un caractère semblable à celui de Didon, un livre semblable au quatrième livre ? « De quelque galanterie dont on se puisse piquer aujourd'hui^ je crds que les plus agréables inventions de notre siècle ne peuvent être préférées à l'artifice de cette déesse pour rendre Kdon amoureuse d'ïnéà '. » La galanterie n'est rien encore l « Virgile était aussi Mivant qu'on le pouvait être dans toutes les tendresses qtû foût les délices de la poésie de ces deniers siècles..». U n'y a pas un seul de teus les mouvements que l'amour peut exciter dans un cœur que le poète