‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 124 sur 138 · Nouv. franc, j lî, p · texte numérisé non relu

Nouv. franc, j lî, p

2. Plusieurs traits de Mt« première sotee se ittrouveat dtns le début 'des Plaideurs,

de naïveté. Cependant, il faut l'avouer^ si quelquefois Fauteur prévient Molière, le plus souvent il s'amuse aux turlupinades de Tabarin ^ Son dom Japhet, le cacique des fous» reste, en définitive, un triste personnage, et en dépit de l'intarissable gaieté de l'auteur, on regrette devoir dans sa comédie plus de verve et d'esprit que de goût et de sens. Mais les auditeurs de Scarron n'étaient pas si difficiles. Le jeune Louis XIY les encourageait à l'indulgence en faisant jouer devant lui V Héritier ridicule trois fois en un jour (a). A l'exemple du prince, la cour applaudissait aux bouffonneries de Scarron, et la mode s'en mêlant mettait le comble à sa renommée. Malheureusement, cette renommée était mal étayée ; le jour où l'engouement du burlesque cessa, elle ne put plus se soutenir, et l'on rebuta l'auteur de Japhet comme poète adonné à un genre justement condamné, sans songer à ce que ses comédies pouvaient encore avoir de durable et de boa. Quelques intéressés s'avisèrent seuls de dégager l'or pur de cet impur alliage, mais ce fut pour le lui ravir. L'auteur du Barbier de SévUley des Jeux de f amour et du hasard, et surtout Molière*, se sont souvenus de Scarron, et lui ont dérobé le plus précieux de son bien. Ainsi dépouillée du peu qui lui restait, sa gloire de poëte comique a péri tout entière : en 1 656 • elle était florissante , et Segrais pouvait la proclamer, sans craindre d'être démenti. Plus tard il n'en eût pas été de même. Boileau, vengeur du bon goût, fustigeait le burlesque, et renvoyait le Typhon (1644) aux lecteurs de la province. Segrais ne se rendit pas à cet arrêt :

1. En 1661, la Fontaine écrivait à Maucroix, à propos de la comédie des Fâcheux :

Nous avons changé de méthode :

Jodeiet n'est plus à la mode , Et maintenant il ne faut pas Quitter la nature d'un pas.

[Belation éPune fête de Vaux.)

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