ÀihiSy édit. in-4, p. 89 etsqq
3. Il feiisait hon d'être de ses amis. Au dire de Loret, eUe avait t une langue qui perçait mieux qu'hallebarde. »
3. Celle qui prend le parti des éyanouissements auprès du lit de mort de la princesse de Conti.
ront touchées des douleurs d'Âthis, ei assurent au berger» eomme au petit ruisseau de la Guigne , une immortelle célébrité.
La lecture du poème achevée, ces dam^> à Texemple des héros de TAstrée, engagent une oonyersaUon demi«*littéraire^ demi-galante ; on pèse le mérite des divers personnages» on juge leurs passions, la délicatesse ou la méchanceté de leurs sentiments. Mais quel que soit Tobjet de ces entretiens, on s'aperçoit d'abord qu'ils sont provoqués par les œuvres d'un poëte spirituel et galant, tendre et délicat. Avec lui le bel esprit a pris droit de cité à Saint-Pargeau. Segrais l'y éveille, le fait aimer, et tout ensemble apprend aux hôtes du château des Six-Tours à admirer, selon leurs mérites divers, quelques-uns de ses auteurs favoris, Malherbe, Racan, le Tasse, Homère. Enfin, dans le particulier (il n'est plus ici poôle bel esprit, mais secrétaire de Mademoiselle), il lui lit la Gazette^ afin de la tenir au courant des principaux événements do l'Europe ; les lettres de M. de Vaux , où se trouvait toute l'histoire du temps^ en particulier la satirique, avec les nou* velles de Paris ; ou encore les Gazutes de Loret et de Bour« sault.
Les hommes de lettres n'étaient pas seuls à divertir Mademoiselle de leur correspondance. Elle avait laissé à Paris des amis qui, n'ïiyant pu ou voulu partager son exil, s'efforçaient au moins.de le lui rendre plus léger. La comtesse de la Suze était du nombre. Sa beauté et son esprit lui avaient permis jadis de prendre une part brillante aux fêtes du Luxembourg; et de son côté Segrais avait, selon toute apparence, fréquenté son hôtel. II y trouvait Subligny, Montplaisir, Pélisson, Mlle de Scudéry, correspondante et amie du poète. Au milieu de ce cercle galant régnait « l'incomparable comtesse, » cette admiratrice de Pétrarque, au moins aussi savante que lui dans les choses d'amour ; cette femme bel esprit enfin, dont les élégies respiraient une tendresse si touchante et si franchement abandonnée. Quand Mademoiselle
eut cfaitté Paris, la comtesse voulut suppléer à l'absetice par le commerce des lettres*. L'abbé de Torches se fait alors son secrétaire ; le duc de Savoie et les poètes ses familiers s'unissent à elle pour regretter la princesse en prose et en vers. Les Nymphes mômes du jardin du Luxembourg s'associent à ce commun chagrin, et déplorent à la fois Téloi* gnement de Mademoiselle et celui de Segrais. Depuis qu'il a quilté leurs bocages, les rameaux ont dépouillé leur verdure.
Les chalumeaux et les musettes Pendent aux arbres de nos bms , On n'entend plus les douces voix, Les beaux airs ni les chansonnettes.
Eh effet, musettes et chansons avaient, avec Segrais, suivi Mademoiselle dans ses terres, et tandis que le Luxembourg gémissait, la princesse et sa cour ne laissaient pas de se divertir. "
Mademoiselle avait même ajouté à ses distractions habi** tuelles des soins d'une nouveauté piquante chez une prin* cesse du sang; elle s'élait faite auteur. A peine arrivée à Saint-Pargeau , on la voit non«-seulement écrire ses mémoires (1653), mais encore imprimer divers opuscules satiriques contre une dame de FouqueroUes, avec qui elle avait eu de vifs démêlés. D'autres fois elle s'avise de couplets et de petits vcrs; à l'exemple de Mme de Front«nac. Mais elle avoue les faire très- mal. Ceux de sa dame d'honneur, au contraire, sont d'ordinaire << fort jolis. » Ifs ne sont pas toujours, il est vrai, de sa façon ; Mademoiselle a bien soin de nous en avertir, et d'ajouter qu'un certain M- Duchâlelet venait sou** vent à son aide. Ce petit mouvement de vanité jalouse est à noter: ne dirait*on pas que la princesse tient à se donner bien formellement son brevet d'auteur? Quoi qu'il en soit, ces divertissements littéraires, auxquels Segrais la portait,
1. Jteaieil de la comtesse âe laSmiu et de P^it^on^ 1614; ^ ?ol.
lui rendaient tolérabljB et même agréable le séjour de Saint- Pargeau. Aussi, quand il lui faudra le quitter en 1657, moitié découragement et dégoût qui suit les longues disgrâces, moitié regret de la douce vie qu'elle mène depuis quatre années dans ses terres, elle semblera ne revenir à la cour qu'avec indifférence. Si encore elle avait suivi son dessein de rapprendre Titalien à Saint-Fargeau M Segrais l'eût aidée à ressaisir ce qu'elle en avait oublié, et grâce encore à lui, elle eût pu goûter ailleurs que dans les imitations de son poëte les œuvres si délicates du Tasse ou de Pétrarque^. Mais elle a négligé une si précieuse étude, et à son grand regret. Ce ne sont pas là des sentiments ordinaires chez des princesses; et certes , avant que les hommes de lettres , mêlés au dixseptième siècle à la noblesse la plus relevée, l'eussent séduite aux œuvres de l'intelligence, peu de dames de la cour se seraient affligées d'être privées à Paris d'un tel plaisir. Mademoiselle s'en afflige et ne manque pas d'ailleurs,' avec sa naïveté habituelle, de faire remarquer, à son honneur, qu'après un exil de quatre années, « peu de gens auraient été fâchés d'aller à Paris pour ne pas lire le Tasse. »
La princesse se trouvait récompensée de ce goût nouveau chez elle des choses de l'esprit : l'héroïne de la Fronde lui devait d'avoir échappé à l'ennui de l'exil. Avant 1653, elle se demandait avec admiration comment une personne de haut rang pouvait se divertir dans un éloignement forcé; il lui semblait qu'être bannis rde la cour condamnait les grands à une condition affreuse. Mais depuis, Saint-Pargeau et les divertissements littéraires qu'elle s'y était ménagés lui avaient bien fait changer de sentiments. Elle avait donc été bien avisée d'accueillir Segrais, et cet officier-là en valait bien un autre. Mmes de Fiesque et de Frontenac avaient été appelées par Mademoiselle à titré d'amies, de confidentes : bientôt elle ne les peut souffrir. Elle les accuse de trahir ses intérêts, et