‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 42 sur 138 · BaiUet, Jug, des Savants y V, 401 et sqq · texte numérisé non relu

BaiUet, Jug, des Savants y V, 401 et sqq

bibliothécaire» Ainsi les deux plus illustres sociétés littéraires de Gaen se. disputaient le docte Segrais, et cette érudition du protecteur de l'académie qui , d'abord^ faisait ombrage à l'université, servit à resserrer les liens des deux compagnies. La réputation de Segrais savant était donc bien établie. Hais ce qui doublait le prix de son érudition , c'est que jamais il n'en abusait. Chez lui, point de ces airs impérieux qui troublent la liberté des entretiens littéraires ; point d'entêtement à soutenir son avis ou à combattre avec aigreur celui d'un adversaire. Segrais avait été l'ami de ce.parfait honnête homme qui, pour toute réponse, disait doucement à son contradicteur : c Monsieur, vous êtes de ce sentiment, et moi je suis d'un autre. » Ge sont là, je l'avoue, des façons de parler peu faites pour les académies, et les séances y seraient bien courtes et souvent stériles, si chacun y respectait avec tant de discrétion, sinon d'indifférence, les sentiments d'autrui. Segrais n'avait pas soumis ses notables à un si sobre régime ; mais du mot de la Rochefoucauld il avait tiré et retenu cette maxime qu'il ne faut pas croire renfermés dans sa seule tête toute science et tout jugement. Il était érudit , mais de l'aveu de ses confrères ,• érudit modeste et docile. Une fois pourtant, une seule fois, il s'oublia, et sa mauvaise étoile voulut que ce mouvement indiscret lui fit perdre un ami.

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