‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 54 sur 138 · Pétrarque a fait trois sonnets sur un gant tombé · texte numérisé non relu

Pétrarque a fait trois sonnets sur un gant tombé

mot que sa gloire lui défend de prononcer. Et l'amant, où mettra-t-il la sienne? A se taire, ou, s*il parle, à mourir. « Cette défense m'est bien rigoureuse, car enfin la chose en est arrivée aux termes que je ne saurais vivre sans vous aimer, ni vous aimer sans vous le dire, ni me taire sans mourir *. ^ Mourir, tel est le refrain de presque tous les vers à Iris, des sonnets et madrigaux de ruelles. En vérité, on y parle plus souvent de la mort que dans les plus graves traités de Sénèque, sans compter les prisons, les feux, les martyres destinés à amener ce beau dénoûment. C'est une lie peu fortunée que l'Ile amoureuse décrite par Sarrasin ! Si encore les habitants se contentaient d'y extravaguer. Mais non ; ce pays de braquerie est encore un lieu de supplices. Les soupirs, les pleurs, le bruit des chaînes, voilà ce dont résonne ce charmant séjour. Sortons-en bien vite. Segrais lui-même n'a fait qu'y passer, et les gais refrains de ses chansons nous appellent. Ici tout est naturel et franc ; point d'amour de convention, ni de soupirs funèbres, < poussés de la rate, » mais des sentiments et un langage vrai. C'est le secret du succès dont elles jouirent.

La cour le vit et fut charmée De ses délicates chansons.

Huet * leur rend hommage avec tous ses contemporains ; il en loue la gr&ce, la douceur, et ses éloges sont bien mérités.

Depuis qu'à Philiste Mon cœur j'engageai, Tantôt je suis triste, Tantôt je suis gai.

Ainsi s'en vont mes amours Avecque mes plus beaux jours.

Un plaisir qui passe Gomme un doux zéphyr,

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