Personnage de Tiflr^e. —2. T. I, p. 478^ Cf. p
nière : « N'est-il pas vrai, BémocarèSi me dit^elte, que vous « vous exerciez seulement, et que vous vous prépariez pour « lui aller redire toutes ces belles choses avec plus de polic tesseetd'om^ent? » Et voyant que je ne lui répondais rien, tant mon courroux m'avait transporté : « Quand ainsi « serait, me dit-elle, que Démocarès m'eût donné ces belles « assurances avec sincérité, ce ne sont que des paroles, et vous avez des lettres, et des lettres données avec adresse^ » disait-elle pour me railler encore d'une nouvelle sorte. Et ainsi elles continuèrent entre elles une contestation qui cer-* tainement eût été agréable à un autre que moi, et entrèrent dans une dispute très-divertissante pour savoir ceUe qui vé^ ritablement avait mon cœur. Aucune des deux ne voulut s'ot charger. Toutefois, malgré l'éloquence de Junie et la vivacité de son esprit qui lui fournissaif un nombre infini de raisons pour s'en défendre, Gomélie l'avait sibien combattue, qu'elle lui avait fait avouer qu'en effet c'était elle que j'aimais davantage. Mais elle ne voulut jamais y consentir; et, s'étanjt épuisée d'excuses, par une nouvelle façod de me maltraiter, elle changea le sujet de leur controverse pour conclure que je n'aimais ni l'une ni l'autre ; et ensuite elles mirent en délibération si quelque autre belle m'avait véritablement captivé, ou si en effet je n'aimais rien ; et elles continuant tellement à me désespérer qu'enfin, sans avoir jamais eu la force de leur répondre, je me levai, et voulus m'en aller. Mais l'une et l'autre ne voulurent pas me le permettre ; et me flattant alors tontes deux & l'envi l'une de Tautre, me jurèrent qu'eUes ne me laisseraient point sortir que je ne les eusse assurées que je n'aurais plus de dépit contre elles, ajoutant ensuite mille caresses comme l'on en ferait pour adoucir un enfant. 3e me trouvais si sensiblement outragé que toutes leurs flatteries ne calmèrent mes transports qu'avec une très-grande peine*. »