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Démoearës est Yob^e, et cependant une tendresse sincère vit au fond de son cceiu*. Segrais Ta andysée avec sa jBnesse 4»rdinaire : vmdtés d'attachement, dépits, colères, retours soudaiiui» enfin tous les mouvements et sopbismes de la passion y sont décrits au naturel et arec délicatesse. Au reste, la partie galante de Fourrage offre presque partout ces qualités, jet quand même la vérité locale y est ofifensée, l'auteur ra* cbète ce défaut par l'agrément du récit. Mlle de Scndéry n'a rien écrit de mieux en ce genre.
Malgré ces aventures galantes, Segrais a la prétention de fsôre un roman historique : c'est à ses yeux le meilleur moyen de rendre instruc^f ^ un genre déjà si agréable. Mlle de Scudéry va plus Idn et trouve un roman historique « plus utile » qu'une histoire^. Sord avait raison d'être d'un avis contraire : « C'est plutôt le nu)yen d'oublier l'histoire, quand on la saurait, que de la chercher dans ces sortes de livres.... Les auteurs de tels livres savent si peu les coutumes des nations, qu'ils les décrivent toutes de même manière'; » il ne manque qu'un haut de 'chausse, dit Sord, à ces héros antiques pour être tout à fait à la moderne. La Bérénice de Serais est dans ce cas ; les faits réels et les fausses couleurs s'y heurtent trop souvent. Ainsi l'on y trouve des récits copiés presque textuellement dans Tacite^ f et la plupart des personnages du roman sont empruntés à ses Annaks. Puis, à côté de ces Romains ou de ces barbares, on voit des mœurs de ruelles. Il eût mieux valu faire le contraire : inventer avec moins de scrupule encore des personnages et des faits secondaires, à la façon de Walter^ott, mais laisser aux héros l'esprit de leur temps et leurs mœurs véritables. A ce prix, te roman historique peut avoir une certaine utilité ; car il donne une peinture exacte des moBurs et du génie des peuples, c'est-à-dire, de ce qui doit être surtout mis en lumière dans leur histoire.
1. tfouv, franc, f *• I» P- 18.— 2. Conversations ^ X. II, p. 44,