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Poitiers. La fantateie est donc m libre et impunie, et elle ne le serait pas» si Féemain s'avisait d'atlribuar un caractère ou des actions imaginaires à d*ilfaistres personnages qui ont ^èen aux regarda du public éi sous les yeux de l'iustoire. Dira4Km que TéloignaBeat des temps et des lieux ajoute à l'attrait piquant de la fiction! Segrais n'en orott rien. Pour être moim éloigné, le pont de Sûnt-Gloud est aussi propre que le pont de la Bouteresse (heptaméron) à produire des ayentures, et si l'on satait^n trouter d'extrêmement naturelles, de tendres, de surprenantes , c je orois que nous les aimerions autant passées dans la guerre de Paris que dans la destruction de Troie. » Sur ce fondement, les intrigues des N¨les française se m^ent ou font allusion à divers incidents de la Fronde. Qndquefois S^^is fdnt de quitter l'histoire contemporaine et de remonter jusqu'au moyen &ge. Mais* ce n'est qu'un ingénieux artifice. Ainsi, dans la cinquième nouyeUe, il a Pair de raconter tout bonnement un épisode du règne de Cbarles TI, relatif aux divisions des maisons ile Bourgogne et de Bourbon. Mais en réalité, Agnès, fille du duc de Bourgogne, est Mademoiselle ; le comte de Glermont, allié des (hiéans, est M. le Prince. U n*y a pas à s^y méprendre. TouteftHS, ces analogies sont si finement mises en ceurre, et les deux époques si bien ajustées, que l'on est tenté de se demander quelle est celle qui a servi de calque à l'antre. Vous croyez être à Bruxellea avec la fiUe de Jean sans Peur î Voua êtes à Oriéans avec la fille de Gaston. Ce |M-ince, chassé d'Angleterre, « royaume fort sujet aux grandes révolutions , » est saifô doute Richard II , obligé de signer luimême sem arrêt esk I3d9. Non, c'est Gharies I*', dont le fils , échappé à la tempête qui a bouleversé sa maison, est venu se réfugier à la cour de France. Les troubles de Paris, excités en 141 a par la haine mutuelle des Bourguignons et des Armagnacs, ressemblent fort aux séditions de la guerre des Princes, et les dames de la cour de Mademoiselle, anciennes frondeuses, ont de bonnes raisons de ne pas se laisser trom-
per à ces récits à double entente. « Le rapport que ce malheureux siècle des divisions de Brargogne et d'Orléans peut avoir avec tout ce que nous avons vu de nos jours, eût ai« sèment fourni de quoi faire de grands raisonnements ^ » Mais ils n'auraient pas été de nature 'à égayer la cour de Saint-Fargeau « ni en particulier Mademoiselle, à qui l'expérience devait arracher plus tard cet aveu : « En exerçant ces sortes de vengeances , l'on se venge bien contre soi-même. » Segrais n'a pas la maladresse d'insister. S'il rappdle de si tristes aventures , c'est qu'elles ont été mêlées pour Mademoiselle de mémorables prouesses , et que dans cette âme glorieuse ce souvenir seul efface bien des ennuis.
La princesse Aurélie, au château des Six-Tours, était entourée de la plus aimable société : c'étaient Frontenie* (Mad. de Frontenac); Gélonide (Gillone d'Harcourt, comtesse de Fiesque) ; Aplanice ' (Mad. de Yalençay, sœur de Mme de Ghàtillon et fiUe de Montmorency-Boutteville, qui périt sur l'échafaud); Silérite (la marquise de Mauny, fille de Pierre Brûlart, marquis de Puisieux); Uralie (Mme de Ghoisy, dont le mari était chancelier du duc d'Orléans). Les portraits de ces dames servent de gracieux préambule aux Nouvelles françaises. On remarque suriout ceux de Oélonide, d'Uralie et de la princesse.
Portrait de Gélonide. — « L'air galant est le partage de Gélonide. L'agrément qui est en elle la fait plus belle qu'elle ne l'est encore , quoique son teint, ses yeux, sa grande blancheur, la propreté * de sa 'personne, la liberté et la proportion de sa taille, la rendent remarquable entre celles qui le sont le plus. Mais toutes ses actions plaisent; l'accueil obli-