‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 75 sur 138 · En 1652. (Cf. Mémoires de Mademoiselle, ^. II, p · texte numérisé non relu

En 1652. (Cf. Mémoires de Mademoiselle, ^. II, p

3. Mémoires j t. II, p. 209 et sqq. Rencontre dans une hôtellerie de Mademoiselle et d'un jacobin. i

clftré sa qualité. Cette princesse était « fort remplie de la grandeur de sa naissance ; » mais le comte de Glermont, futur héritier delà maison de Bourbon, n'était pas un parti à dédaigner *. Agnès pensait « qu'elle ne ferait rien qui fût contraire au service de son père, si par son accueil et par un bon traitement elle pouvait obliger un si brave chevalier d'entrer dans les intérêts de sa maison. » Et en effet le parti des princes (grâce à Mmes de Chevreuse et de Longueville) s'était accru de cette manière de plus d'un allié. Sur ces entrefaites, le duc de Clarence (le Prétendant), chassé de ses États, vient demander un asile à la cour de France. Les charmes d'Agnès le séduisent à son tour % mais si bien qu'il en conçoit une jalousie furieuse contre le comte de Clermont. La peinture de cette jalousie fait le mérite principal de la nouvelle. Segrais y excellait, et d'ailleurs, si l'on en croit ce qu'il dit de l'Alphonse de Zùiidey les originaux ne manquaient pas '. Clarence en était si possédé qu'il ne craignit pas de calomnier Agnès et de révéler à son rival de prétendues liaisons avec elle. Le comte, désespéré, éclate en injures contre la perfide; la malheureuse, frappée d'un si rude coup, tombe évanouie; son père remmène à la campagne, et quatre jours après, on annonce à ses deux amants qu'elle est morte de douleur. Son corps fut déposé dans un magnifique cercueil, au milieu d'une chapellg du palais. Cependant, Clarence, déchiré de remords, ne connaissait plus le repos. Il se rend auprès du comte, qui pleurait l'infidèle au pied du cher mausolée, et lui avoue sa trahison : « Écoute, 6 trop crédule rival..., apprends que tout ce que je t'ai dit est faux. Je suis un traître, un lâche, un imposteur! J'ai supposé les lettres que je t'ai montrées ; elles sont fausses comme ces faveurs dont tu m'as

1. On sait que Mademoiselle avait plus d'une fois convoité l'alliance de M. le Prince, et particulièrement en 1653 : la femme de Condé était alors dangereusement malade.

2. Le Prétendant courti^ longtemps Mademoiselle dans Tespoir de rèpouser. (Cf. Mémoires de Mademoiselle.)

Page 1