‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 85 sur 138 · Lettre du P. Fr. Martin à Huet, 10 février · texte numérisé non relu

Lettre du P. Fr. Martin à Huet, 10 février

sous mon nom, est aussi d'elle '. » Pourquoi dire alors lua laide ? Elle est sienne « pour la disposition du roman où les règles de l'art sont observées avec grande exactitude. » En d'autres termes, il a fait pour ce charmant ouvrage ce qu'il demandait à Chapelain de faire pour ses hymnes futurs. Il a aidé Mme de Lafayette à le « concerter; » il en a tracé le plan, arrêté le dessin et disposé les matériaux selon les règles du poème héroïque. Au dix -septième siècle , un roman n'était régulier qu'à ce prix. Ainsi Zaïde dut se plier à la règle de l'unité d'année ', recevoir des épisodes, respirer les beaux sentiments et montrer le vice puni, la vertu récompensée. A ce dernier égard, Zdide ne prête pas plus à la critique que la Princesse de Clèves, Ce sont deux romans « sages,» et les plus rigoureux jansénistes en permettraient plutôt la lecture que celle de la réponse du P. Daniel aux Lettres provinciales*.

Si Segrais n'avait contribué à la composition de Zaide que par le plan régulier qu'il se flatte de lui avoir donné, ce serait bien peu de chose ; mais plusieurs des fictions de l'ouvrage sont dues à son invention. Il serait difficile autrement d'expliquer ce passage du Segraisiana^ : « M. le Prince avait voulu lire ma Zaïde, et j'ai trouvé qu'il était mieux informé que moi de la scène de mon ouvrage, connaissant parfaitement les personnages que j'y ai introduits, tant de l'Espagne, de la France que de l'Egypte, de Chypre et d'Asie, quoique ce fdX dans un siècle dont tout le monde n'était pas obligé de savoir l'histoire. » Les analogies de Zdide avec les Nouvelles françaises sont un nouvel argument en faveur de Segrais. Gomme les Nouvelles françaises, ZcMe mêle la poésie et l'histoire, les aventures réelles et les imagi-

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