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tiaires. Comme Segrais, Mme de Lafayeite se platt à peindre l'amour sous de mélancoliques aspects ^ ; tous deux en re^ présentent vivement la douceur, mais plus vivement encore les déplaisirs. Chez Tun et Tautre la jalousie joue un rôle considérable, et aboutit quelquefois à des catastrophes sanglantes. Alphonse j(^iménès * tue son ami comme d'Âremberg le comte d'Àlmont ; et si Ton veut entrer dans le détail des fictions, le déguisement de Zabelec^ la prédiction du tireur d* horoscope à Zaïde, le naufrage de la barque de Zaïde et de Pélime, les enlèvements par les pirates, ces divers moyens employés dans les Nouvelles françaises appartiennent vraisemblablement à Segrais. Enfin cet Âlamir si fidèle à son inconstance ne rappelle-t-il pas le Démocarès coquet et volage de la Bérénice ? Et la discussion galante entre dom Garcie, Aamire et Consalve* n'esl-elle pas un souvenir des divertissements d'Aurélie?
Quand mèaie Segrais n'auiait pas contribué directement aux romans de Mme de Lafayette, il faudrait toujours reconnaître qu'ils lui sont dus en partie. Les Nouvelles françaises servent de transition entre les compositions romanesques de d'Urfé, de Mlle de Scudéry et les romans familiers, intimes de Mme de Lafayette. Elles ont rendu possibles ces derniers ouvrages, comme les exercices littéraires du salon de la marquise de Sablé ont provoqué les Pensées de Larochefoucauld ; comme la littérature des Portraits a mis Labruyère sur la voie de ses Caractères. C'est là un titre incontestable, dont il faut savoir gré à l'auteur des Nouvelles françaises.
Toutefois, quoi que Segrais ait pu faire, la part de Mme de Lafayette reste de beaucoup la plus belle, set le poète eût été bien présomptueux de dire : t Zaïde est faite, il n'y a plus qu'à l'écrire. » A Segrais reviennent le dessin général, Tagencement des parties, les inventions ingénieuses ou galantes;
1. Cf. V Histoire deZénohie etrÀthis, — 2. Zaide, 1. 1, p. 335. 3. ZaidBy 1. 1, p. 154.
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k Laroçbefoucavdd, Im pendéen ^t les maximes» oa qu'il ; a de fort et de plus grave. Mais mae maio de femme pouvait seule écrire despages si délicates et û touchantes. Si le penseur ou l'académicien avait pris la plume, malgré Tédbange des pensées et des sentiments des trois amis, l'ouvrage n'aurait pas eu la même beauté, le même cbarme. Qbacun d'eux y a laissé son empreinte à divers titres, mais celle de Mme de La&yette domine^ Ils 7 ont mis leur esprit ou leur sav(»r; elle y a mis tout son coeur (a) t