‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 89 sur 138 · Vauquelin, préface des IdiUiet et P(»toralet · texte numérisé non relu

Vauquelin, préface des IdiUiet et P(»toralet

les bergers quî les remplacent, forts de Taveu de Lamotte, tranchent des mômes airs, et chantent leurs belles en galants pourvus d'une tabatière debel-esprll*.

Telle était au dix-septième siècle la théorie la plus accréditée de la poésie bucolique*, et Segrais n'a pas toujours su s'affranchir des défauts qu'elle lui imposait. Il les condamnait pourtant, et dans la préface des églogues, il se reproche de ne s'être pas attaché c à une entière imitation des dioses antiques, comme à la règle la plus juste que l'on puisse choi* sir. » Mais que faire? c C'est un assez grand déplaisir d'être assuré qu'on fait bien, et d'avoir le malheur de ne pas plaire.... Si une chose est écrite avec conduite, avec grâce et avec naïveté, tous les demi-beaux esprits qui n'y voient point le brillant des fausses pointes, ou qui ne se sentent point piqués par quelque figure fausse comme leur sens, ne font pas grand cas de l'ouvrage, ni de l'auteur. » Segrais n'a pas le courage de braver ces mépris, et ne se soucie guère de rester sans lecteurs,

Et de ses tristes vers admirateur unique.

S'il avait osé braver le goût du temps, et suivre fidèlement les pas de Théocrite , qu'auraient dit ces enjoués, ces doucereux qui chagrinaient Corneille, intimidaient Racine, et dont, avec Molière, l'intrépide Boileau seul eut raison? Segrais, séduit au bruit flatteur de sa renommée, transige avec leur méchant goût, par faiblesse, mais avec colère. On le voit au mécontentement où il est de lui-même, et dont il se venge en relevant avec vivacité le mauvais sens de ces faux oracles, écoutés « dans le cabinet de la reine et dans ces superbes ruelles où l'on juge si souverainement de tant de belles chosçs que l'on n*y entend guères. » Néanmoins, Segrais met une approbation si aveugle en balance avec les suffra-

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