‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 90 sur 138 · Parnasse réformé de Guéret, p · texte numérisé non relu

Parnasse réformé de Guéret, p

2. Boileau donne de meilleures règles, mais en 1674, seize années nprès la publication des Églogues de Segrai^.

ges de la postérité : < U semble qa*ii soit incompatible d'écrkre pour ce siècle-^i, et pour ceux qui sont à venir. * C'était donc beaucoup risquer. Heureusement, en dépit des petits-mattres, ses églogues ont encore de quoi plaire aujourd'hui, et l'auteur ne se flattait pas quand il écrivait à Huet : c Une belle et jeuneChimène qui animerait le peu de génie qui est en moi, et un grand mattre.... çui le soutiendrait et dirigerait, me pourraient faire parvenir à quelque gloire, s'il y a en France à faire des églogues ^ » Oui, même en France, on en peut faire, et Segrais l'a prouvé. Sans doute^ ses églogues n'ont pas la fraîcheur champêtre et la simplicité du poète de Syracuse ; mais si jamais bergers d'églogues ont dû se faire pardonner de ne pas plus ressembler aux personnages de Tbéocrite que les Ârcadiens chanteurs de Virgile aux durs Sabins des Géorgiques, ce sont assurément les bergers de Segrais. L'étude critique de ses églogues en offre le témoignage.

Segrais les a toutes* puisées à la même source, l'amour. Tbéocrite et Virgile avaient pourtant donné au genre des limites moins étroites (a); mais les imiter eût été, aux yeux de Segrais, un coup d'autorité trop périlleux. Ses contemporains goûtaient peu ce qui n'était que rustique, et à la place de petits drames naïfs, de scènes gracieuses empruntées à la vie des bergers ou à la nature, ils demandaient au poète bucolique de peindre leur passion favorite. A l'exception d'un seul « très-peu voluptueux , » tous les poêles la célébraient à l'envî : Segrais mêla sa voix à cet hymne universel'. Gomme la source de ses vers était vive, il réussit du moins à dissimuler l'uniformité de la matière. L'esprit s'épuise vite à

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