‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 91 sur 138 · Lettre à Huet · texte numérisé non relu

Lettre à Huet

2. A Fexception de la septième et de la huitième égiogue. L'une est un éloge allégorique de la paix, et Tautre célèbre les louanges d'Adélaïde de Bavière.

3. Parmi les idylles de Tbéocrite, Louis. XIV avait surtout remarqué la Quenouille j la plus galante; et Racine préférait à toutes les autres la Pharmaceutria, qui est la plus passionnée.

dire de jolies choses ^ mais non lo cœur à s'épancher, et Segrais, dans ses églogues, se contente le plus souvent d'écouter son cœur. C'est là sa muse inspiratrice ; elle dicte, et il écrit. Lui-même se rendait volontiers ce témoignage : les passions de ses bergers sont les siennes , et il a cultivé la pastorale , plutôt afin d'exprimer ses sentiments, que dans l'espoir de quelque approbation ^ Ses bergers s*en ressentent, et ont un plus solide mérite que ces vertus pastorales, timidité flatteuse, langueurs élégantes, dont se piquent les Céladons vulgaires; leur passion est sincère et s'exprime en vers d'une douceur touchante :

Doux et beaux sont les jours que Ton passe en aimant 1

Sur ce vert alizier vois ces deux tourterelles Se chercher, s^approcher et trémousser des ailes ; Si Tune des deux fuit, soudain l'autre suivra, Et tant qu'elles vivront ce plaisir durera.

Aminte, approche-toi de ce plaisant bocage, Entends de ces oiseaux Tagréable ramage.

Ce qu'ils chantent la nuit, ce qu'ils chantent le jour, Aminte, tout cela ne parle que d'amour.

Chantez, petits oiseaux : nul danger, nulle crainte N'interrompe jamais votre amoureuse plainte.

Chantez, petits oiseaux, et puissé-je toujours Avecque vous chanter mes fidèles amours.

Cette quatrième églogue, sorte d'hymne à l'amour, respire une tendresse où n'atteindront jamais les faiseurs d'églogues poudrées et mouchetées :

Leurs vers sont de l'eçprit et les tiens sont du cœur.

Gallus, dans son désespoir, voulait se retirer au fond des antres les plus profonds; de même le berger de la cinquième églogue :

Lieux sauvages et solitaires, Pe mes tristes ennuis les seuls dépositaires ;

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