‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 95 sur 138 · Sonde puen (Catalle); Qf« huitidme églogue î · texte numérisé non relu

Sonde puen (Catalle); Qf« huitidme églogue î

Voie evÈL TOI lé§er, discret amant de FloM^ Porte mon humble offrande à Tobjet que j'adore.

Une idylle si naïve, si vraie, a dû être faîte moins d'imagination que de souvenirs (a).

La sixième églogue décrit encore une scène d'amour, maïs cette fois d*amour tragique. Ce n'est pas ici une tendresse à s'amuser h des roses, des fruits ou des boucles de cheveux ; c'est la passion et toutes ses fureurs ^ Ce berger est fou de douleur ; il va peut-être attenter à sa vie, mais Texcèsmôme de ses transports vient à propos lui faire perdre connaissance : invention malheureuse, due à un désir indiscret d'étendre les limites d'un genre naturellement borné. Gomme si Virgile *, successeur immédiat de Théocrite , eût craint de le voir déjà s'épuiser, il l'aj^ait enrichi de beautés élégiaques (2% 8«, 10% égl.), allégoriques (6) (!'* égl.), épiques (Silène) ou d'un lyi-isme élevé (PoUion). Seg^ais voulut à son tour varier un thème tant de fois répété, et ouvrir des vdes nouvelles. D'abord, à l'exemple de Yauquelin, il avait mêlé l'églogue pure et l'idylle cultivées séparément par Théocrite. Ce mélange avait de bonne heure rajeuni la poésie bucolique en France, et Boileau l'avait consacré 4e son autorité en confondant l'églogue et l'idylle dans de communs préceptes. Aussi disait-on indifféremment les églogucs ou les idylles de Segrais, et cela sans révoquer en doute sa qualité de vrai poète bucolique. De plus, il avait fait de l'églogue et de rélégie deux sœurs«étroitement unies, et donné la variété des mètres lyriques à leurs chansons. U avait encore prêté h, ses bergers des passions un peu agitées et troublées par ta douleur *, afin d'empêcher la pastorale de se traîner, comme l'aurait voulu Rapin, sur l'éternelle description de la sérénité de l'âge d'or. Mais de là aux éclats d'un désespoir tragique, il y a loin, et jeter au milieu de riantes campagnes un misérable dont la douleur forcenée inspire moins

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