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MARCHE ET DURÉE

La maladie se manifeste par des crises, par des accès douloureux ; la durée de chaque crise varie entre une, deux heures, plusieurs jours ou même plusieurs semaines. Les accès se reproduisent tantôt spontanément, tantôt à l'occasion d’une contusion, de la pression du corset, de l’exploration de l’organe malade; à la suite des émotions morales violentes, de la fatigue ; aux approches menstruelles ou pendant la période.

Il est rare que la douleur se montre dès le début avec une grande intensité; elle commence ordinairement par une sensation de chaleur, de fourmillement^ puis elle va en augmentant d’acuité jusqu’à ces douleurs térébrantes dont nous avons parlé.

Les accès reviennent à des époques indéterminées ; dans un cas, cependant, ils se sont reproduits très régulièrement en même temps que les accès d’une fièvre intermittente sous l’influence de laquelle ils paraissaient se manifester.

Observation XVIII.

L’année dernière, je donnais mes soins à unejeune dame espagnole atteinte de fièvres intermittentes contractées dans la province d’Oran. A ma troisième visite, elle me fit remarquer la dureté de son sein, et l’exagération de son

volume. Il y avait de la chaleur et de la douleur qui se propageaient jusque sous les aisselles. Frappé de cette observation, je pensais que la fièvre ne devait être que symptomatique de l’engorgement des glandes thoraciques que je devais combattre afin de le faire disparaître. Communiquant cette réflexion à la malade, elle me répondit : Cela ne m’arrive que pendant mes accès ; une fois passés, il ne me reste plus qu’un peu de douleur, et j*en prévois le retour au moment où elle se fait plus vivement sentir, avec l’augmentation de leur proportion peu remarquable dans mon état de santé, ce que j’ai remarqué plusieurs fois.

En effet, l’administration du sulfate de quinine, continué plusieurs jours, fit disparaître cette hypertrophie si fréquente dans la rate, le foie, et non encore signalée dans l’organe dont je viens de parler. J’ai communiqué ce fait à plusieurs de mes collègues à Alger : tous m’ont répondu qu’ils n’avaient jamais eu occasion de le vérifier. Il a été communiqué à l’Académie de médecine, où il a passé em tièrement inaperçu. (Ferrus. Gazette des hôpitauXj 1846, n° 90.)

L’accès passé, les parties qui ont été douloureuses restent engourdies ou bien sensibles, et ce n’est qu’au bout de quelques jours que toute douleur cesse. Pendant l’intervalle des accès, il n’y a pas de souffrances, la santé des femmes est parfaite et elles se croient tout à fait guéries de leur affection lorsque l’intervalle des accès est très long. Ainsi, dans un cas de Fortoul, la douleur se reproduit cinq ans après sa première apparition. D’autres fois, pendant l’intervalle de ces accès, il reste une douleur sourde.

Voici l’observation de Fortoul :

Observation XIX.

Névralgie de la mamelle. Réapparition de la douleur cinq ans après V extirpation d'une tumeur.

Mme L..., 34 ans, a été opérée il y a cinq ans, à l'hôpital Cochin, par M. Desprès, d’une tumeur au sein gauche, du volume d’une petite orange; cette tumeur avait été très douloureuse dès son début ; les douleurs avaient disparu après l’opération.

Depuis deux ans, elle ressent de nouveau des douleurs dans la mamelle gauche; ces douleurs reviennent par accès* assez éloignés, mais fort douloureux et inquiètent beaucoup la malade qui croit que la tumeur revient.

En examinant le sein, on trouve sur la région interne, depuis le mamelon jusqu’au bord du grand pectoral, une cicatrice linéaire, large de quelques millimètres seulement, non douloureuse.

Quelques lobules de la glande, où plutôt de la portion qui en reste dans la partie droite du sein gauche, paraissent un peu durs, mais sans augmentation notable de volume.

La malade est d’une mauvaise santé, nerveuse et mal réglée. Un de ses frères est épileptique.

Aucune tumeur apréciable ni au toucher ni au palper.

Nous avons cherché à savoir quelle était la nature de la tumeur enlevée; la malade dit se souvenir que M. Desprès la présentait comme un adénome du sein.

Elle suit en ce moment un traitement par le bromure de

potassium qui, jusqu’ici, n’a produit aucun résultat. (Th. de Fortoul .)

La maladie persiste pendant des mois, des années presque sans rémission (Cooper) ; Rufz a traité une dame qui en souffrait depuis vingt ans.

L’affection ne paraît pas réagir sur les fonctions de l’économie : cependant, lorsque les crises douloureuses sont très intenses et répétées, les malades perdent l’appétit, ont des troubles dyspeptiques, maigrissent, deviennent hypochondriaques. On pourrait sè demander si ce dernier état n’est, pas antérieur aux douleurs, plutôt que d’en être la conséquence.

Velpeau cite l’exemple d’une jeune dame chez laquelle une tumeur du sein droit, grosse comme une lentille, produisait des douleurs si violentes, qu’il en résultait presque chaque jour des accès de convulsions épileptiformes (loc. cit., pag. 263). Boyer opéra une femme d’une tumeur très douloureuse du sein, qui était le point de départ d’accès d’hystérie : les douleurs et les accès cessèrent après l’opération (Aroh. gén, de méd., 1830).

Birkett signale la possibilité de l’avortement sous l'influence des crises douloureuses.

Les tumeurs douloureuses du sein (tumeurs irritables), dit À. Cooper, cessent, quelquefois, d’être douloureuses spontanément et peuvent même disparaître ; mais d’autres fois, malgré la disparition de la tumeur, soit spontanément, soit à la suite de différents modes de traitement, les douleurs persistent. < ,

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