‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 11 sur 168 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Au milieu des discussions auxquelles donnaient lieu, à bord, toutes ces questions intéressantes, notre temps s'écoulait si agréablement que nous ne descendions même pas à terre lors de nos escales dans les tristes villages de Mersina, Alexandrette et Lattaquié. Mais nous avons tous été visiter pieusement Rhodes et sa rue des Chovaliers, si caractéristique et qui rappelle si bien l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. C'est une rue en pente, bordée, de chaque côté, de maisons sombres et massives, à portes basses, surmontées de grands écussons taillés dans la pierre ou dans de^ plaques de marbre, et l'imagination n'a pas grand travail à faire pour se représenter les chevaliers sortant pesamment armés et se rendant sur les murs pour repousser les assauts des musulmans. C'étaient de vaillants cœurs ceux qui, au nombre de quatre mille cinq cents soldats et six cents chevaliers, soutinrent pendant cinq mois les efforts de cent mille hommes, commandés par Soliman le Magnifique, et, après en avoir tué quinze ou vingt mille, obtinrent, à bout de ressources, la plus honorable des capitulations. Le 1^^ janvier 1523, Villiers de l'IIe-Adam quitta la ville à la tête des débris de cet ordre qui, pendant deux siècles, avait fait de. Rhodes le boulevard de la chrétienté en Orient, et qui, sept ans plus tard,

fut installé par Charles-Quînt dans Tîle de Malte. Tous ces souvenirs joints à Faspect verdoyant de nie de Rhodes, qui fait piaisir après l'aridité de TArckipel, et la charmante réception que nous a faite M. Salzmann, chargé par le gouvernement français de recherches archéologiques, tout cela nous rappellera souvent la bonne journée que nous y avons passée.

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