‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 12 sur 168 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA SYRIE. — BEYROUTH, r— BA A LBEC. — DAMAS. — BANIAS. LA H^R DE TIBÉRIADE. — N A ZA fl ETH. — K APLOI) SE.

â4 octobre.

J'espérais pouvoir débarquer à Tripoli et me rendre aux ruines de Baalbec en traversant la portion du Liban où se trouvent les cèdres; j'ai dû y renoncer à mon grand regret, Tripoli ne présentant jusqu'ici aucune des ressources nécessaires au voyageur qui désire former une petite caravane; on n'y trouve ni drogman, ni cuisinier, ni tentes, ni selles européennes, et c'est donc de Beyrouth que partent tous les touristes. Or aller de Beyrouth aux cèdres eôt un détour de trois jours, et mon temps est malheureusement compté par les départs des bateaux à vapeur; je le regrette, car, s'il ne reste qu'une douzaine de ces arbres réellement séculaires, il n'en est pas moins intéressant de visiter ces vieux monuments naturels.

contemporains du clélug-e, et dont les^ plus imposants mesurent jusqu'à 13 mètres de circonférence.

Je me suis donc arrêté à Beyrouth, où le comte de Perthuis a bien voulu me dresser un contrat, en toutes règles et par devant le consulat de France, avec un Arabe qui s'est engagé à me fournir, pendant les vingt jours que doit durer notre voyage, tout le confortable que comporte un campement, le tout au plus juste prix, et surtout au milieu d'une avalanche de protestations de désintéressement : ces Arabes semblent être le peuple le plus bavard de la terre ! Et voilà comment il se fait que, ce soir, j'écris mon journal, accroupi sur un tapis de Perse, au centre d'une tente très-convenable que nous venons de planter dans les environs de Zahleh. J'entends, à quelques pas de moi, mon drogmanAchmet causer dans une seconde tente avec mon cuisinier et nos moukres (muletiers), ou plutôt je les entends parler tous à la fois; enfin autour de nous sont nos chevaux et nos mulets qui se reposent d'une marche de dix heures et me convient par leur tranquillité à suivre leur exemple.

Je ne tarderai pas à le faire, mais je veux noter d'abord, la réception intéressante que nous venons d'avoir chez un chef maronite, avec lequel nous

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