‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 131 sur 168 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

ner aux Japonais le temps de s'armer et de mettre leurs côtes en état de défense. Le premier traité américain fut signé; il ne donnait toutefois que des avantages très-restreints : la permission aux navires de se ravitailler à Hakodadi et à Simoda, et la faculté pour les États-Unis d'établir un consul dans ce dernier petit endroit. Mais en 1858 M. Townsend Harris, alors consul à Simoda, sut profiter habilement du voisinage de la flotte anglo-française que la guerre de Chine avait amenée à Tientsin et il obtint, malgré une nouvelle résistance acharnée du prince de Mité, la conclusion d* un second traité beaucoup plus complet, et qui servit de modèle peu de temps après à ceûl que la France et l'Angleterre vinrent réclamer à leurtour. Ce traité était à peine signé que le taïkoune mourait subitement et sans enfants, mettant ainsi le prince de Mito au premier rang des prétendants au shiogounat. Le régent Ikammo-no-kami, ennemi des Mito, accusa aussitôt celui-ci d'être l'instigateur du crime, et il réussit à le faire bannir dans ses terres. C'est à la suite de ces événements qu'au mois de mars 1860, par une matinée pluvieuse et alors qu'Ikammo-no-kami se rendait au palais, entouré comme d'usage par une nombreuse garde d'honneur, on vit subitement dixsept des plus fidèles soldats du prince de Mito

sortir on ne sait trop d*où» se frayer un chemin sanglant jusqu'au gotaïro, lui trancher la tête et s'enfuir avec ce trophée hideux que sept ou huit d'entre eux, les seuls survivants, allèrent déposer aux pieds de leur seigneur et maître. C'est ainsi qu'au Japon un sujet fidèle venge Tinjure faite à son prince.

25 octobre.

Je devais m'embarquer le 25 septembre, mais au dernier moment je me suis décidé à prolonger encore d'un mois mon séjour dans ce charmant pays. Cela m'a procuré l'occasion de parcourir tous les environs de Yokohama, d'aller à Kanasawa, à Kamakoura, au Daïbouts, de visiter enfin Yokoska et Is' grand arsenal qu'y construit, pour le gouvernement japonais , un corps d'ingénieurs français sous la direction remarquable de M. Verny.

Aujourd'hui, je dis décidément adieu au Japon, je vais prendre la ligpe américaine qui traverse tout l'océan Pacifique, et, si tout va bien, j'espère arriver à San-Francisco dans vingt-deux jours.... Vingt-deux jours sans voir la terre, ce sera long !

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