CHAPITRE XIV
qui est extrêmement originale et que Ton met en œuvre dans ce que Ton nomme \e^ placer diggings, consiste à laver, à faire disparaître au moyen de puissants jets hydrauliques, des collines entières de terre aurifère; Teau entraine les parties les plus légères et elle ne laisse que les corps les plus lourds et surtout For, dont on se saisit alors facilement par l'amalgamation. Ce' second moyen, très-répându encore, devra être abandonné bientôt aussi faute de terres exploitables dans de bofines conditions.
C'est sur le quartz que se concentre de plus en plus l'attention, car c'est là aujourd'hui qu'est surtout la réussite. Il s'agit de trouver, soit dans les flancs d'une colline, soit dans les couches souterraines, une veine favorable dont on réduit le minerai en poussière au moyen de pilons mécaniques pour arriver à en extraire l'or par le mercure. Ces mines de quartz exigent de grands capitaux, aussi sont-elles conduites d'ordinaire par des sociétés d'actionnaires; ce sont des affaires qui n'ofl*rent presque jamais de juste milieu, elles sont où très-productives ou tout à fait désastreuses, et les fluctuations dans les cours des actions sont des plus considérables. Il faut ajouter aussi que les lois de la Californie sont fort curieuses pour tout ce qui a rapport aux mines, et qu'elles prê-
tent la main aux spéculations les plus répréhensibles.
Le pays, déjà très-joli aux environs de Grass- Valley, esl devenu bientôt magnifique au fur et à mesure que nous montions les pentes de la sierra Nevada. Le chemin de fer, achevé sur tout ce parcours, s'est engagé successivement dans plusieurs belles vallées où des pins séculaires ont pris possession des moindres espaces laissés libres par d'immenses blocs de granit. Je me souviens surtout du magnifique spectacle qui, au sortir d'un tunnel, s'est déroulé tout à coup à nos pieds : nous dominions une immense vallée, silencieuse, grandiose, vierge encore de Tenvahissem^ent de la race blanche, et où, me rappelant les romans de Cooper, il me semblait que j'allais voir se passer sous mes. yeux quelqu'une des scènes du Dernier des Mohicans. Le ciel était clair et pur, l'air était froid, nous montions de plus en plus, et de temps en temps des galeries de bois, protégeant la voie ferrée contre les avalanches et les tourmentes de neige, nous avertissaient que nous traversions des endroits dangereux. Nous atteignîmes, vers midi, le sommet de la passe, à 7,000 pieds de hauteur, mais nous n'étions pas encore au bout de nos exclamations enthousiastes, car nous aperçûmes bientôt, à 500 mètres au-dessous de nous, le lac du