II. — CALCUTTA
Calcutta sert de port d'importation et d'exportation à l'immense et fertile vallée du Gange. Elle est l'intermédiaire de tout le commerce extérieur de quelque chose comme 100 millions d'habitants, et il n'est pas étonnant que les statistiques de Tannée 1867 lui attribuent les chiffres qui suivent :
Pour l'exportation F. 550 millions.
Pour rimportation en marchandises. ... u 400 — Pour l'importation en argent et en espèces. u 175 —
L'exportation comprend :
Pour l'opium 180 millions.
Pour le coton brut (environ 400,0110 balles). . . 70 —
Pour rindigo F. 60 millions.
Pour le riz « 50 —
Pour la soie « 30 —
et mille autres articles tels que les jutes, les graines oléagineuses, le sucre, le thé, le salpêtre, les peaux, les laques, la cire, etc.
Cette exportation se fait principalement sur la Chine pour l'opium, sur l'Angleterre et ses colonies pour les autres produits. La France n'y figure que pour une valeur de 25 millions de francs.
L'importation, outre un grand nombre d'articles secondaires, parmi lesquels je ne veux citer que les métaux et le sel, se signale surtout par le chiffre énorme de :
250 millions de francs d^étoffes de coton.
C'est l'Angleterre qui fournit l'immense majorité de toutes ces importations; la France n'y participe que pour 5 millions de francs.
L'élément natif joue à Calcutta un rôle beaucoup moindre qu'à Bombay dans le commerce extérieur. Les affaires étrangères, à l'exception de l'opium, qui est plutôt du domaine des maisons natives et de quelques riches Arméniens, sont presque toutes entre les mains des Anglais, des Allemands et des Suisses. La France est représentée par une excellente agence du Comptoir
d'escompte, par les Messageries impériales et par MM. Robert et Gharriol, dont le haut crédit prouve une fois de plus que nous pouvons réussir à l'étranger. Je n'ai pas besoin de dire que ce n'est pas une maison française, mais bien plusieurs d'entre elles, qu'il nous faudrait à Calcutta.
Pour passer une revue complète de l'Inde, je devais rattacher à cette portion-ci de mon rapport un examen rapide des nouvelles possessions anglaises en Birmanie, et parler du commerce de Rangoon, de Moulmein et d'Akyab. Malheureusement je n'ai pas eu le loisir de visiter ces villes, et je ne puis en dire qu'une chose, c'est que déjà elles donnent lieu à un commerce d'exportation considérable en riz (6 millions de piculs, un pîcul égale 60 kilogrammes) et en bois de construction, et qu'elles promettent de contribuer, elles aussi, à l'avenir superbe de l'empire indien.